Saturday, December 31, 2011

Citation du 1er janvier 2012


Quand on boit, la première chose qu’on perd, c’est le désir d’arrêter.
Anonyme
Alors, hier, un réveillon à tout casser, et ce matin… la casquette de plomb ? La gueule de bois ? Les boyaux qui tricotent des napperons (air connu) ?
Car le réveillon du nouvel an, c’est le jour où les organes eux, ne sont pas à la fête. Approchons-nous et écoutons-les.
- Oh ! Eh ! L’estomac ! Ici le foie… Tu m’entends ?
- Pas très bien : j’ai comme des spasmes qui m’empêchent de me concentrer.
- Dis donc, qu’est-ce que j’ai pris hier ! Rien qu’à y penser je sens que je gonfle… La cirrhose me guette, c’est sûr !
- Te plains pas, dis donc, si moi, l’estomac, je n’avais pas renvoyé le cognac et tout ce qu’il y avait avec, qu’est-ce que t’aurais pris !
- Et moi, qu’est-ce que je devrais dire ?
- Qui tu es, toi ?
- Moi, je suis le rein droit, et je peux vous dire que des saloperies j’en ai filtré un peu…
- Ah bon ? Tu es le rein droit… Et ton copain le rein gauche qu’est-ce qu’il fait donc ?
- Le gauche, il fait des calculs. C’est un rancunier : il prépare une bonne petite colique néphrétique…
- Il a raison : si on ne se défend pas, ça va mal finir.
- Oui, justement : qu’est-ce qu’on pourrait faire pour éviter ça ? Je sens que ça va recommencer et que je vais encore plus gonfler, et finir par suinter d’alcool et de graisse.
Dis-donc, toi, la conscience, tu n’aurais pas pu faire quelque chose hier soir pour éviter tous ces dégâts ?
- …
- Et voilà : elle dort… Et elle dort sûrement depuis hier : Quand on boit, la première chose qu’on perd, c’est le désir d’arrêter.
- Heu… Bonjour, ici le poumon. Je peux vous dire que si la conscience est dans les choux, l’alcool n’en est pas le seul en cause. Parce qu’hier soir j’ai été envahi par une fumée bizarre qui ne sentait pas comme d’habitude. On aurait dit de l’herbe en feu. Et c’est là je crois que c’est là que tout a basculé.

Bonne année 2012


La citation du jour
souhaite à ses lecteurs une très féconde et très insouciante année 2012…

Car, après 2011, année de la crise, voici 2012, l’année du marteau…

Dites adieu à votre petit cochon : de toute façon, le 21 décembre, ce sera la fin du monde : vous n’en aurez plus besoin.

Friday, December 30, 2011

Citation du 31 décembre 2011

Donnez la liqueur forte aux affligés, et le vin à ceux qui ont de l'amertume au cœur.

Qu'ils boivent et qu'ils oublient leur pauvreté, et qu'ils ne se souviennent plus de leur douleur.

La Bible – Livre des proverbes (ch. 31, proverbes 6 et 7) (1)

Nunc est bibendum, / nunc tellus pulsanda / pede libero … (C'est maintenant, mes amis, qu'il faut boire, et d'un pied libre frapper la terre en cadence)

Horace – Odes (1, 37)

Il y a un temps pour boire, et si ce n’est pas dit dans l’Ecclésiaste, c’est dit dans le Livre des Proverbes.

Donc, ça y est : ce soir, comme chaque année on va boire plus que de raison, et ça parce que la fête nous y invite.

D’ailleurs les romains déjà, selon Horace, fêtaient la victoire (2) en buvant : « tirons le Cécube / Des celliers ancestraux » nous dit-il, et on devine que ces romains-là ne sont pas des petits buveurs…

Donc, ce soir, c’est le temps de boire. Mais, est-ce à dire qu’hier ce n’était pas encore le temps de boire, et que demain – et les jours suivants – ce ne le sera déjà plus ?

Que nenni ! Le livre des Proverbes nous renseigne là-dessus : Donnez la liqueur forte aux affligés – et le vin à ceux qui ont de l'amertume au cœur.

C’est clair : en ces temps de crise, c’est tous les jours le temps de boire. La seule question est de savoir si on choisit le pastis (sans eau bien sûr) ou le pinard.

Je récapitule : vous êtes heureux, c’est la fête : picolez.

Vous êtes malheureux, affligé ou amer ; vous souffrez de votre pauvreté ? Picolez.

Bonne année 2012.

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(1) Deux versions différentes en langue française. A vous de choisir l’une ou l’autre

(2) Il s’agit de la victoire d’Actium, qui a marqué le triomphe de Rome et d’Auguste sur l’Egypte et Cléopâtre.

Thursday, December 29, 2011

Citation du 30 décembre 2011

Aimez ce que jamais on ne verra deux fois.

Alfred de Vigny – La maison du berger.

On se dit : voilà le moment venu de faire nos adieux à l’année 2011… Aimable ou non, de toute façon plus jamais on ne reverra sur le calendrier cette date : 30 décembre 2011…

C’est vrai : mais on peut aller beaucoup plus loin. C’est le 30 décembre tout court qu’on ne reverra plus. Parce que le 21 décembre 2012, boum ! Plus rien ! Apocalypse ! Même que le compte à rebours est déjà lancé.

Au fond, tous ces prophètes de malheur qui régulièrement annoncent la fin du monde ont un mérite : ils nous donnent l’occasion de vivre chaque instant de l’année comme si c’était le dernier.

Voyons un peu :

- D’abord, pour pronostiquer la fin du monde, il faut une date précise. Pas dire quelque chose comme : « Tremblez pauvres pécheurs, car l’Apocalypse n’est pas loin !... »

Mais plutôt quelque chose du genre : « Selon le calendrier Maya, le 21 décembre prochain, la fin du monde aura lieu. »

- Dès lors, chaque jour est le dernier, du moins selon la date : tenez, aujourd’hui, comme nous l’annoncions plus haut, nous vivons le tout dernier 30 décembre. Il n’y en aura jamais plus.

N’éprouvez-vous pas une délicieuse sensation au niveau de l’épigastre ? Quelque chose comme un fourmillement ?

Non ?... Je vois : vous êtes un irréductible sceptique, quelqu’un qui n’arrive pas à croire que va arriver ce qui n’est jamais arrivé.

Dommage… Quoique… On peut vous conseiller quand même quelque chose qui va vous donner cette sensation : à supposer que vous ne soyez pas encore retraité, et que vous en soyez déjà à la dernière année d’activité. Là vous allez pouvoir connaitre cette délicieuse sensation : voilà le dernier jour de congé pour Noël ! Et la dernière galette des rois à la cantine avec les collègues.

Quoi ? On fait une moue dubitative ? On me dit qu’avec Notre-Président, et si on n’en change pas bientôt, cette dernière année risque de mettre longtemps à arriver ?

Oui, mais là ce n’est plus du scepticisme : c’est de l’opposition politique – systématique.

Citation du 29 décembre 2011

Moi, quand je vois certains [fonds de pensions] qui demandent une rentabilité à 20, 25 pourcents et avec une fellation quasi nulle, et cela en période de crise, ça veut dire qu’on casse des entreprises.

Rachida Dati – Interview télévisée par Anne-Sophie Lapix dans Dimanche Plus (26 septembre 2010)


Non, La Citation du jour ne fait pas dans le Bêtisier, elle ne se donne pas non plus pour tâche de vous faire pouffer à bon compte avec les lapsus de nos ministres.

Car, ce qui nous intéresse voyez-vous, ce n’est pas la fellation-inflation de Rachida Dati ; c’est le fait que le public se soit intéressé à cette déclaration seulement parce qu’il y avait un « gros mot » là où on n’aurait pas dû le trouver.

Alors, on peut dire que le bon public est resté enfantin et qu’il s’excite avec les mots qui bravent l’interdit : comme les petits enfants de la maternelle avec leur pipi-caca.

Pourquoi pas ? Mais il y a bien plus choquant : on n’entend rien de la déclaration de Rachida Dati, et on ne retient surtout pas la dénonciation des méfaits de la finance, de l’économie virtuelle qui ruine l’économie réelle et les pauvres gens qui en vivaient jusqu’à présent. Comme si cela ne concernait personne. Comme si le « gros mot » de Rachida était bien plus important que les usines qu’on ferme et les cadence de travail qu’on impose…

Il y a mieux : on dénonce encore en septembre 2010 les fonds de pensions et les méchants traders qui vont avec.

Mais rien des banquiers, qui sont pourtant aujourd’hui au cœur des dénonciations.

Non, tout ce qu’on a à reprocher à nos banquiers, c’est de vouloir nous piquer nos économies pour faire du profit avec. Au fond on en était encore à se méfier des banquiers cyniques de la pub BNP (1974-1980).

Notre innocence a coulé à pic avec la crise de la dette souveraine. On sait maintenant que les banques font du profit avec l’endettement, et que si notre argent les intéresse, c’est surtout celui qu’on n’a pas et qu’on va leur emprunter. (1)

Le gentil banquier d’aujourd’hui ne nous dit plus : « Votre argent m’intéresse ». Il nous dit : « Vos projets m’intéressent »… sous-entendu : « parce que vous allez devoir vous endetter pour le réaliser ».

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(1) Une série de vidéo sidérantes qui commencent ici pour faire le tour de la question. Même si l’origine de ces vidéos reste opaque, leur contenu est vérifiable.

Wednesday, December 28, 2011

Citation du 28 décembre 2011


Le grand saint, alla s’asseoir sur le bord du saloir, il leva trois doigts et les enfants se levèrent tous les trois.

On connait la légende du bon saint Nicolas, celui qui apporte aux petits enfants des jouets avant même que le père Noël ait eu le temps de charger son traineau.

Récit :

Il était une fois un méchant boucher qui avait attrapé trois jolis petits enfants et qui les avait mis dans son saloir.

Trois ans plus tard, arrive saint Nicolas, qui réclame du petit salé, celui qui, justement a été mis au saloir trois ans avant.

Le méchant boucher s’enfuit, épouvanté de savoir son crime découvert, et le bon saint ressuscite les petits qui n’ont apparemment aucun souvenir de leur séjour dans la saumure.

… On peut toujours raconter cette jolie histoire pour endormir les petits, sauf qu’aujourd’hui, ils ne savent plus ce que c’est qu’un saloir – et que vous-mêmes pour le leur expliquer vous allez peut-être vous embrouiller ?

Alors, n’hésitez pas, modernisez l’histoire : remplacez le saloir par un congélateur, et puisqu’on vous le propose, remplacez le boucher par Martine.

Heu... Pourquoi par Martine ? Ça va faire peur aux petits qui vont faire des cauchemars en rêvant que leur meilleure copine va les enfermer dans le congélo : on ne peut pas vouloir ça !

Oui, sans doute…

Toutefois, voilà une bonne occasion de jouer votre rôle de parent protecteur en venant consoler votre petit pendant la nuit et imprimer dans son petit cerveau que vous êtes – vous son papa-maman – son bon ange gardien.

Avouez que c’est gagnant-gagnant.