Thursday, December 17, 2009

Citation du 18 décembre 2009

Si j'ai de quoi affirmatif et quoi d'autre no comment / Si je baise affirmatif quoi des noms no comment / Des salopes affirmatif des actrices no comment / Des gamines affirmatif de quel âge ooh ooh ooh

Serge Gainsbourg – No comment (paroles - vidéo)

No comment 2

L’art de la provocation a été poussé à son extrême par Serge Gainsbourg, mais on a souvent oublié de dire en quoi il consistait.

La provocation suppose bien sûr qu’on profère un discours scandaleux. Mais on devrait dire plutôt : un discours scandalisant, en entendant par là des propos qui suggèrent, qui donnent à penser ce qu’on ne dit pas. C’est tout à fait évident dans cette autre chanson où Serge Gainsbourg joue là encore avec la curiosité malsaine du public au point de simuler l’inceste avec sa fille Charlotte encore enfant à l’époque (Lemon incest) (1).

Laissons de côté le fait que Serge Gainsbourg ait lui-même stimulé cette curiosité malsaine et retenons l’essentiel : le plus fort résulte de ce qui nous est suggéré, parce que nous croyons d’avantage ce que nous pensons nous-mêmes qu’à ce qu’on nous dit.

Et là ce qu’on retrouve, bien plus que l’art de la provocation, c’est l’art de la manipulation des esprits.

Manipuler les esprits : voilà des mots qui fâchent, mais qui ont le mérite de la clarté. Et bien sûr, on entend facilement que les messages publicitaires en font un usage systématique (du moins quand ils sont bien faits). Mais entendons aussi que les politiques l’utilisent de façon préférentielle.

Plutôt que d’attaquer l’adversaire, n’est il pas plus habile de décrire ses tourments devant une crise (intérieure ou extérieure) suggérant ainsi qu’il ne la maîtrise pas ?

Dire :

- « J’ai beaucoup de sympathie pour X, mais je ne voudrais pas être à sa place pour faire avancer le programme de son parti » No comment.

- « Moi, je suis le DRH du PS » No comment.

Et tant d’autres…


(1) Le vrai scandale ce n’était pas dans les paroles qu’on pouvait le trouver, mais dans la musique pompée allègement chez Chopin (Étude Opus 10 n°3).

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