Friday, March 14, 2014

Citation du 15 mars 2014



Ne discutez jamais, vous ne convaincrez personne. Les opinions sont comme des clous ; plus on tape dessus, plus on les enfonce.
Alexandre Dumas
Les opinions sont comme des clous ; plus on tape dessus, plus on les enfonce. Qui conque a tenté de dissiper les opinions racistes ou sexistes l’a constaté : on se heurte à un mur, et les arguments les plus rationnels ne convainquent pas, voire même, en irritant ceux qui les profèrent, ils ne font que les radicaliser. Les convictions qui les soutiennent semblent bien résulter d’autre chose que de la pure logique.
Les opinions sont des manières de penser et non des raisonnements : ça veut dire qu’elles reflètent un peu ce que sont les gens, qu’elles sont en quelque sorte attachées à leur nature, à leur personnalité – ou du moins à leur histoire. Les détruire, c’est leur arracher une partie d’eux-mêmes. Bref, elles relèvent de la mécanique des passions beaucoup plus que des mécanismes cognitifs.
Ce qui est vrai des opinions personnelles l’est encore plus des opinions qui viennent du milieu socio-culturel. Parce que le mécanisme est double alors : toute opinion est personnelle : on dit « Je » quand on signifie une opinion ; mais ce « Je » est alors redoublé par un « Nous ».
- Tous les profs de philo se sont colletés à cet obstacle : comment faire accepter que telle  opinion soutenue par un des élèves ne soit pas une vérité marquée du sceau de l’évidence, et donc qu’elle n’ait pas plus de valeur que l’opinion adverse ? Et pourtant, ce sont des gens qui supportent mal qu’on ne pense pas comme eux. (1)
On ne peut pas dépasser vraiment ce problème sauf à montrer que : si la vérité est objective, alors qu’importe ce que pensent les autres ? Qu’on y croit ou pas, ça ne change rien ; en revanche toute opinion nécessite un engagement personnel : il faut se mouiller – et donc qu’il est bon de savoir ce que pense l’adversaire. Soutenir une opinion qu’elle soit morale, religieuse, politique, artistique etc., c’est choisir un camp contre un autre, choix qui est en alternative avec d’autres choix également possibles – choix qui a des conséquences qu’il faut accepter au moment même où on le fait.
-----------------------------------
(1) Rassurons tout de suite ceux qui en concluraient que le prof de philo se donne pour tâche soit d’endoctriner, soit de semer le scepticisme. Son rôle est d’ouvrir les esprits sur d’autres horizons.

No comments: