Showing posts with label ¤ Anonyme. Show all posts
Showing posts with label ¤ Anonyme. Show all posts

Wednesday, November 08, 2017

Citation du 9 novembre 2017

 Il y a une faille en toute chose, c'est par là que passe la lumière.
Anonyme
Je pensais l’autre jour (à propos de l’argent parti dans des paradis fiscaux grâce à des failles dans la perception de l’impôt) à cette ambiguïté de la faille tantôt comprise comme une fragilité dans un dispositif (la faille de sécurité dans les logiciels) tantôt comme un élément d’espoir comme ce rayon lumineux dans le cachot dont parle notre Citation-du-jour.

La faille quand elle n’est pas la menace d’une rupture (comme la faille de San Andrea – ci-dessous)


est échappée dans une limite, ouverture dans une muraille (comme les « fleurines » qui permettent l’affinage du fromage à Roquefort)



Reste que notre Citation-du-jour affirme que c’est en toute chose que se manifeste une faille. Par exemple ? Dans la falaise, une faille par la quelle s’infiltrer – pour découvrir une Grotte de Lascaux ? Ou dans le caractère « entier » d’un être humain ?

Oui, voilà qui parle un peu plus à nos imaginations : tout homme comporte une faille et c’est par là que passe la lumière intérieure. Et, tant que nous y sommes, imaginons que cette lumière venue des profondeurs, soit issue du foyer d’où rayonne la pensée, l’imagination, les émotions etc… Saisissant, n’est-ce pas ? Mais ce n’est pas fini : maintenant ajoutons le premier sens évoqué : la faille qui laisse filtrer cette lumière est une fêlure, dans le rempart qui charpente notre personnalité psychologique, une fragilité qui menace de dislocation tout ce qui porte notre statut social ; bref, que ce contre quoi nous luttons de toutes nos forces soit précisément ce qui nous enferme dans un déterminisme stérilisant.
N’est-ce pas cela qui explique que nombre d’artistes soient obligés de détruire leur équilibre psychologique, de devenir des alcooliques comme Modigliani, ou de laisser libre champ à leur folie (comme van Gogh ?). Faut-il se détruire come personne sociale pour s’échapper – en soi-même vers le puits d’où rayonne la lumière ?


« Il y a l'autre fainéant, le fainéant bien malgré lui, qui est rongé intérieurement par un grand désir d'action, qui ne fait rien parce qu'il est dans l'impossibilité de rien faire, puisqu'il est comme en prison dans quelque chose. » – Vincent Van Gogh – Lettre à son frère Théo

Monday, October 30, 2006

Citation du 31 octobre 2006

"Il faut 2 ans pour apprendre à parler et toute une vie pour apprendre à se taire."

Anonyme

Je ne vais pas vous refaire le coup du vieux ronchon à se plaindre que les gens parlent trop, alors qu’ils n’ont rien à dire… Depuis Luc (encore lui !), on s’étonne des bavardages ineptes, des propos vides que s’échangent les hommes, comme s’ils n’avaient rien de plus important à faire (1).

Non, je préfèrerais m’adresser à l’homonuméricus que vous êtes (2) : qu’est-ce que vous avez de si important à dire que ça ne puisse attendre d’être auprès de vos amis pour leur en parler ? C’est là, sur le trottoir ou dans le bus qu’il faut, séance tenante, leur faire savoir un tas de choses très intimes. Et puis ça aussi : pourquoi, au lieu d’écrire vos sentiments dans un joli cahier fermé par un ruban (rose, s’il vous plaît, le ruban), vous confiez aux réseaux Internet les secrets de votre âme afin que les gens d’Honolulu ou d’Afrique (oui, d’Afrique du Sud aussi) puissent en prendre connaissance ? Ce qui m’intéresse donc, ce n’est pas la logorrhée mais l’abandon de la vie privée, au point qu’on en est presque gêné d’écouter, ou plutôt d’entendre les dernières nouvelles de l’ami(e) qui s’est fait plaquer ou de la soirée olé-olé de samedi, tu sais quand j’ai fumé trois pétards de suite ? Et rebelote avec le petit denier qu’on m’a refusé à la crèche parce qu’il était fiévreux ; le tête de ma belle-mère, tu l’aurais vu quand je lui ai collé le gamin avant de partir en courant au bureau… Des comme ça, au téléphone, dans la rue, dans les blogs qui racontent la vie de Clémentine, il y en a au kilomètre. C’est ça qui est nouveau.

Y aurait-il une nouvelle conception de la vie privée, avec un nouveau déni de la pudeur, qui abandonne la sphère de l’intimité du vécu, après avoir quitté celle du corporel ?

Moi mon opinion c’est que l’on oublie les gens dès lorsqu’ils sont anonymes, ce qui est le cas des passants dans la rue. Reste que le blog s’adresse justement aux anonymes. Ohé, mes chers lecteurs anonymes, donnez moi votre sentiment là dessus !

(1) « Il faut dire que tous les habitants d’Athènes et tous les étrangers en résidence passaient le meilleur de leur temps à raconter ou à écouter les dernières nouveautés » Actes des apôtres, 17, 21

(2) Il s’agit non d’une perversion de plus mais de ceux qui accordent une place toujours plus grande aux moyens de communication et d’expression offerts par les technologies numériques (j’y inclus le portable et l’Internet)

Tuesday, October 10, 2006

Citation du 11 octobre 2006

Un passant est interpellé par une milice dans une rue de Belfast : « Catholique ou Protestant ? »

Le passant : « Je suis athée. »

Le milicien : « Athée catholique ou athée protestant ? »

Anonyme

- Ça y est ! Oui ! J’ai compris ! Ça veut dire : « Choisis ton camp, camarade, et essaie pas de te défiler. Si t’es pas avec nous, alors tu es contre nous ».

- C’est tout ? Depuis que je vous fais lire des citations qui interpellent et des commentaires qui dérangent, c’est vraiment tout ce que vous avez trouvé ?

Je veux bien essayer encore une fois, mais c’est vraiment la dernière.

Cette histoire pourrait illustrer si besoin en était l’interrogation de ce Troisième Millénaire (1). Peut-on être vraiment, authentiquement, athée, ou bien n’est-on jamais qu’en rupture de ban avec une religion ? Par exemple, je pourrais dire que je suis athée, simplement parce que je déteste les catholiques (ou quelque religion que vous voudrez) : « Athée catholique » ; mais, si vous me proposez de les douces méditations du Bouddhisme ou la soif de néant de l’Indouisme (ou son panthéon si coloré), alors, oui, peut-être que je me laisserais tenter.

Bref, la questions est : « Que faut-il nier (ou : que faut-il affirmer) pour être athée » ?

La réponse n’est pas si simple. Si on dit : il suffit denier Dieu, alors rappelons encore une fois que le Bouddhisme n’implique nullement la reconnaissance d’un être divin. Et de toutes façons, si on met côte à côte toutes les représentations de la divinité, de l’animisme au monothéisme, on a un inventaire à la Prévert ! Suis-je vraiment sûr d’arriver à nier toutes les représentations imaginables de Dieu?

Dirons-nous alors : il faut en plus le refus de pratiquer le culte ? Ou de reconnaître l’autorité des prêtres ? Ou de croire aux révélations du Livre ? Alors reportez-vous à ce que le XVIIIème siècle appelait « religion naturelle » (chez Rousseau par exemple) : le religion est la voix de Dieu qui parle au cœur des hommes. Toute médiation est dénaturation, la refuser, c’est cela précisément être religieux. Voilà tout.

Je proposerai la réponse suivante : le véritable athée est selon moi celui qui refuse de croire à l’immortalité de l’âme. Il est celui qui affirme que la mort est anéantissement, que rien ne survit, et sur le plan philosophique il affirme que la matière suffit à produire l’esprit ; bref c’est un matérialiste. Donc, l’athée n’est pas prioritairement celui qui nie l’existence de Dieu, mais celui qui nie la survie après la mort. Vu ?

- Ouais… Ça m’interpelle grave.

(1) Dont, comme on sait, Malraux avait prophétisé qu’il serait religieux ou qu’il ne serait pas.

Friday, August 04, 2006

Citation du 5 août 2006

Adam a eu au moins un privilège sur tous les maris qui l'ont suivi. Eve n'a jamais pu lui énumérer tous les hommes qu'elle aurait pu épouser si elle l'avait voulu !

Anonyme

Cet « Anonyme » n’est sûrement pas un ami qui nous veut du bien… En tout cas il ne rate pas une occasion de raviver les conflits dans les foyers.

« Tous les maris » à l’exception d’Adam, seraient donc confrontés aux récriminations de leurs épouses, déçues par leurs insuffisances en tant qu’époux. Freud analyse d’ailleurs le rêve d’une jeune femme (1) qui révèle ainsi qu’elle aurait bien pu s’acheter avec sa dot trois maris comme celui qu’elle a épousé : elle s’estime volée. On voit ici que s’inverse la croyance selon la quelle c’est l’homme qui achète la femme (ou si on veut qui l’échange - cf. Lévi-Strauss). En réalité, c’est elle qui conclut la transaction et l’homme devient, entant que mari, un objet de consommation dont on pourrait bien demander le remboursement en cas d’insatisfaction.

Ah !... Rêvons un peu… Etre l’esclave qu’on achète et qu’on attache au pied du lit pendant que l’épousée s’envoie en l’air avec un docker rencontré sur le port… Quel pied ! Ce fantasme masochiste d’une lune de miel très particulière aurait bien pu être inspiré de Sacher Masoch (2). Toute fois, lui ne se serait pas contenté des quelques semaines de la lune de miel : il avait conclu un contrat d’esclavage (durée : 6 mois) avec Wanda son épouse. Un CDD d’esclavage, et voilà.

Revenons à la réalité. Un CDD d’esclavage ? Pfff ! Dépassé ! Un CNE d’esclavage, plutôt, avec licenciement instantané et non justifié ; angoisse de l’instabilité : garantie. Car, voyez-vous le mariage comme engagement définitif ne satisfait plus personne : le couple primordial n’a plus la cote aujourd’hui, même conçu comme un moyen de s’attacher à vie les services d’une servante, ou les ressources d’un ouvrier.

Qu’Eve - ou Wanda - se réjouisse donc : elle peut changer de mari ; quand à Adam-Masoch, il retrouve l’angoisse d’être un esclave licencié.

(1) Sur le rêve, p. 109-110
(2) La Vénus à la fourrure