Wednesday, March 06, 2013

Citation du 6 mars 2013


Rien n'est admissible ; sauf la vie, à condition de la réinventer chaque jour.
Blaise Cendrars


Pour sortir du pessimisme II
S’il est vrai que le pessimisme est l’affaire de vieux exténués qui souffrotent toute  la journée et qui trouvent que la vie n’a pas plus de saveur que leur tisane tiède, alors il est temps de (re)prendre la lecture des citations de Blaise Cendrars (1).
Que nous dit-il ? Que pour sortir du pessimisme, il suffit de réinventer sa vie chaque jour. Chaque jour est un nouveau jour, par ce qu’il apporte d’invention, de création, de surprise et d’étonnement.
A chaque matin revient l’impatience de cette vie à inventer en même temps qu’on la vit. Tant de chose à sentir, à dire à écrire à échanger…
Oui, mais – Nous ne sommes pas Cendrars, ni Apollinaire, et encore moins Picasso. Ni poète, ni peintre, encore moins créateurs de génie. Notre énergie nous l’employons à trouver des plaisirs qui suffiront juste à nous faite supporter l’ennui de notre vie. Alors ?
Ce que les surréalistes dont Cendrars a fait partie ont crié sur tous les tons, c’est que l’artiste et le créateur sont là en vous. Simplement ils sont enfoui sous des tonnes de préjugés, de frustration, d’humiliation.
Cette réalité apparait chez ces « artistes » qui ont inventé ces œuvres qu’on appelle « art brut ». Voilà des gens qui n’ont aucune culture artistiques, aucun « génie » proclamé, aucune renommée : leurs œuvres on les retrouve après leur mort, dans les débarras de leur taudis, quand ce n’est pas dans la cellule de leur prison ou de leur hospice d’aliéné.
Ce que des hommes comme Adolf Wölfli,

ou le facteur Cheval

ont réalisé, chacun de nous est capable de le faire, à une condition : celle de ne se soumettre à aucun modèle, et de dire comme Picasso : Je ne cherche pas ; je trouve !
En toute modestie, je propose mon exemple : j’écris pour savoir ce que j’ai à dire.
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(1) Nous ferons silence sur d’autres pages un peu plus morbides.

Citation du 5 mars 2013


A l'origine n'est pas le mot, mais la phrase, une modulation. Ecoutez le chant des oiseaux!
Blaise Cendrars – Blaise Cendrars vous parle

Imaginer l’origine du langage humain est une gageure que les philosophes et les poètes furent sans doute les seuls à tenter : car ou bien il faut imaginer un premier homme inventant seul un langage mais n’ayant personne avec qui communiquer ; ou bien il faut concevoir le langage se dégageant petit à petit d’un système de cris ou de gestes qu’un groupe d’hommes auraient eu en commun avant même tout langage articulé (comme des chasseurs primitifs s’interpelant au cours de la chasse).
Rousseau, dans son Essai sur l’origine des langues (en téléchargement ici) imagine que le langage est issu des passions (et non des besoins) et qu’il fut une variation sur l’expression de ces passions : cris, chants, gestes, tout cela fut l’origine des langues. Les premières langues furent donc chantées avant même d’être articulées et certaines d’entre elles comme l’italien portent plus que d’autres la trace de cette origine musicale.
C’est la même idée que nous propose Cendrars : les hommes, comme les oiseaux ont commencé par chanter pour communiquer. Et comme, pour le compositeur, la mélodie vient avant la mesure, la mesure avant la note ; la phrase, pour qui l’invente, vint avant le mot.
- Pensée de poète, sans aucune garantie scientifique ? Peut-être. Mais au moins vous voilà à imaginer des hommes et des femmes préhistoriques qui se parlent en chantant, au lieu de pousser des grognements de bêtes ou des feulements colériques.
Au fait, aurions-nous de temps à autre des remontées de ce proto-langage ? Des moments où nous retrouverions ces modulations venues du fond des âges ?
Chacun proposera le fruit de ses expériences personnelles : quant à moi j’en trouve une trace dans les modulations de certains râles orgasmiques 

Monday, March 04, 2013

Citation du 4 mars 2013


La contemplation du corps de la femme doit être une réponse rassurante à l'angoisse du monde.
Lucien Clergue
Pour sortir du pessimisme I
Devons-nous regretter que nos magazine d’élégance soient remplis femmes filiformes et chlorotiques ? Les belles femmes de Rubens que même un ouragan n’aurait pas pu déraciner ne sont-elles pas un peu plus réconfortantes ? Avec leurs spacieux bassins faits pour porter des tripotées de bambins, ne sont-elles pas une image de la vitalité et de la fécondité de l’humanité ?
Sans doute, et c’est pourquoi l’auteur de notre Citation du jour nous encourage à contempler le corps de la femme – et cela d’autant qu’est plus intense aujourd’hui l’angoisse du monde. Alors qu’on nous montre constamment des pauvres petites bêtes qui dépérissent suite au réchauffement climatique, des désertifications galopantes du fait de la surexploitation des ressources de la planète, voir dans le corps féminin que la vie continue de pulser, c’est oublier au moins pour un moment la dépression écolo-climatique.
La contemplation du corps de la femme nous rassure et fait disparaitre l’angoisse du monde parce qu’on y voit s’épanouir la vie. Est-ce tout ? Avons-nous bien compris ? Parce que, notez-le, cette contemplation déclenche aussi chez nous, les messieurs, une poussée hormonale qui ne manque pas d’exciter notre vitalité.
--> L’angoisse n’existe que chez les personnes qui sont en manque d’hormones. C’est ainsi que contre l’angoisse, on ne devrait pas prescrire des anxiolytiques, mais bien la contemplation de corps féminins.
Du moins pour nous, les hommes.

Saturday, March 02, 2013

Citation du 3 mars 2013


Les femmes galantes ressemblent à ces torrents qui changent très souvent de lit et que les hasards grossissent dans leur course.
Marquis de Bièvre François-Georges



Le maréchal, marquis de Bièvre (à qui nous devons cette citation) est un écrivain français né le 13 novembre 1747 et mort le 24 octobre 17891 (bio ici)
Il est connu pour avoir été l’un des premiers à considérer le calembour comme un jeu digne des esprit les plus éminents.
Je tiens donc à rendre hommage au marquis de Bièvre avec ce tableau-calembour de Rubens intitulé Les trois grâces (1) (le marquis dans son souci permanent de pédagogie, n’hésiterait pas à écrire : Les trois « grasses »).
Revenons maintenant à ces femmes dont on célèbre les rondeurs : ce sont selon notre auteur des femmes galantes, entendons qu’elles migrent de lit en lit. Mais ce sont aussi des modèles de beauté féminine, puisque tel est le sens que nous donnons aujourd’hui à la grâce.
A la grâce, oui. Mais aux Grâces ? Peut-être pas.
Lisons l’article Wikipédia : Dans la mythologie grecque, les Charitès (en grec ancien Kháritès), assimilées aux Grâces par les Romains, sont des déesses personnifiant la vie dans toute sa plénitude, et plus spécifiquement la séduction, la beauté, la nature, la créativité humaine et la fécondité.
Alors, oui : séduction et beauté – voyez la finesse des traits du visage et le galbe de leurs jambes. Mais aussi vitalité et fécondité : la femme de Rubens peut en effet réunir tout cela dans les formes de son corps, par ses chairs opulentes et ses larges hanches.
Du moins, la femme de l’époque de Rubens (17ème siècle).
De nos jours on demande à la femme d’être à l’image de la beauté et plus du tout à celle de la fécondité. Exit l’opulence de leur postérieur.
 Faut-il le regretter ?
--> Réponse demain.
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(1) les Grâces ou Charites, c'est-à-dire les trois filles de Zeus et Eurynomé (fille d'Océan et de Thétys), Aglaé (brillant), Euphrosyne (gaieté) et Thalie (fleur).

Friday, March 01, 2013

Citation du 2 mars 2013


Les hommes ne se battent pas pour la liberté mais pour le plaisir
Francis Bossus Beautricourt


Rubens – Le jugement de Pâris (1639)

D’abord évoquons l’ambiguïté de cette citation : quand on dit que les hommes ne se battent que pour le plaisir, faut-il comprendre « le plaisir qu’ils prennent à la lutte » ? Ou bien est-ce « le plaisir qui est le but de leur combat » (et non la justice ou la puissance) ?
On me permettra de prendre la seconde solution :
Dans l’Antiquité et sa Mythologie, le casus belli le plus fréquent est le plaisir, c’est-à-dire : la conquête des femmes. Telle fut la guerre de Troie déclenchée pour reconquérir la belle Hélène.
Rappelons l’histoire afin de mieux situer l’origine de la guerre de Troie.
Je passerai sous silence les péripéties du « jugement de Pâris » illustré ici par Rubens : que ceux qui ne connaitraient pas consultent ce lien. Simplement je rappellerai que nombre d’hommes doivent, en me lisant, hocher la tête : « Quand il y a du grabuge quelque part, cherchez la femme ! »
La femme apparait deux fois dans cet épisode : la première comme femme jalouse qui ne tolère pas qu’on lui préfère une autre femme (d’ailleurs, vous mon cher lecteur, laquelle des trois auriez-vous préférée ? Pour information, dans le tableau de Rubens, Aphrodite, au centre, est celle qui fut choisie par Pâris). Puis une autre fois comme femme infidèle qui se laisse enlever par le beau berger délaissant ainsi son mari. Bref : ramener Hélène dans le lit de Ménélas (l’époux bafoué) tel est le but de la guerre de Troie.
Si la guerre est faite pour obtenir les plaisirs de la paix, alors n’est-ce pas quelque chose de réconfortant ? Déjà ça élimine l’hypothèse selon laquelle on ferait la guerre pour le plaisir de la faire : parce qu’alors il n’y a aucune raison qu’elle prenne fin un jour.
Ensuite, on peut se dire que si  jamais on arrivait à jouir indéfiniment des plaisirs en temps de paix ce serait là que la guerre disparaitrait à tout jamais de l’humanité.
Mais alors… la vieille utopie d’une paix perpétuelle pourrait se réaliser ? Et cela dans la jouissance, et peut-être le stupre ? L’alternative serait ou la guerre ou la débauche ?