Friday, January 27, 2012

Citation du 28 janvier 2012

…est bien fou du cerveau / Qui prétend contenter tout le monde et son père.
La Fontaine – Le meunier, son fils et l'âne - 1668.

- Est bien fou du cerveau… Peut-on être fou d’autre part que du cerveau ? S’agit-il d’une redondance visant un effet comique ? Ou bien « fou » signifierait-t-il ce qui est irrégulier, incontrôlable (herbes folles), voire même « détraqué » (la patte folle) ?
Chacun choisira un sens, sans se soucier de ce qu’en penseront les spécialistes, méprisant les critiques qui ont accablé le meunier et son fils.
- Qui prétend contenter tout le monde et [par-dessus le marché] son père : que signifie donc ce renchérissement final ? S’agit-il encore d’une redondance ? Ou bien « le père » serait-il plutôt une allusion à la Grèce, mère des sciences et des arts – ce qui situerait notre fable dans le contexte de la Querelle des anciens et des modernes ?
Là encore ; ignorons ces hésitations, puisque nous sommes libres, comme nous y invite l’auteur, d’inventer un sens nouveau s’il nous vient à l’esprit.
=> Quelle différence entre ce qu’attend de moi « tout le monde », et puis ce qu’attend de moi « mon père » ?
- Pour « tout le monde », je suis un individu situé dans le présent, soumis aux contraintes actuelles : chacun attend donc de moi une conduite efficace dans ce contexte.
La Fontaine nous montre aussi que ce n’est pas facile de satisfaire tout le monde puisque chacun aura un avis différent (1).
- Pour « mon père », je suis le fils qu’il a voulu, qu’il a imaginé dans un rôle bien précis, comme de réussir ce qu’il a loupé dans sa vie, ou de prendre sa succession dans son métier.
Comme je suis missionné pour une tâche déterminée, voulue avant même ma naissance, je ne peux contenter mon père et en même temps satisfaire aux exigences du monde actuel, tenant compte de ce qui m’environne, de mes capacités réelles, etc…
Ainsi donc, Freud aurait lu non seulement les tragédies grecques, mais aussi les Fables de La Fontaine ?
---------------------------------
(1) Il me vient à l’idée que celui qui voudrait réécrire cette fable aujourd’hui devrait remplacer le Meunier par le sélectionneur de l’équipe de France de football.

6 comments:

FRANKIE PAIN said...

je pense à une phrase de Lewis Strauss
pour exister il faut faire le meurtre du père...
belle jeournée jean père

Anonymous said...

Coucou à Vous...

Folie quand tu me tiens!

Un lien, que vous connaissez sans doute...

http://sergecar.perso.neuf.fr/cours/raison2.htm

J'ai été ... je ne sais pas comment dire, par votre illustration d'hier,je n'ai jamais pensé avant un âge avancé- ...- à cet aspect des rapports entre mes parents, qui pourtant, n'en avait que le nom.... Papa Freud - ...-, seul sait... Que de contrastes avec celui de la Miss !

Rigolote Frankie quand elle dit Jean-Père... !

F' (SCONSCUS)

Jean-Pierre Hamel said...

« pour exister il faut faire le meurtre du père... »

- Si vous souhaitez une formule plus soft :
« Être adulte, c'est avoir pardonné à ses parents » (Goethe) Citation du 13 mai 2006
http://citationdujour.blogspot.com/2006/05/citation-du-13-mai-2006.html

Jean-Pierre Hamel said...

« Un lien, que vous connaissez sans doute... »
- Oui, je l’ai fréquenté il y a quelques années de ça. C’est curieux comme Internet conserve les choses : alors qu’on y voit un perpétuel renouvellement, ces cours de philo qui sont là depuis… peut-être 10 ans, peut-être plus, restent inchangés, inaltérables.

« votre illustration d'hier »
- c’est très choquant en effet, et je crois que notre réaction est à la mesure du refoulement qui s’oppose à sa révélation.
Reste que le problème avec la psychanalyse, c’est qu’elle interprète tout, y compris notre refus de ses interprétations.

FRANKIE PAIN said...

Reste que le problème avec la psychanalyse, c’est qu’elle interprète tout, y compris notre refus de ses interprétations.

si la personne fait la démarche d'aller vers elle c'est qu'elle puisse au fur et à mesurer déverrouiller d'où permettre de livrer des éléments de lapsus et autre échappée , entendue dans cette relation ... et si on en fait le choix , cà libère pas de tout mais permet de vivre un peu moins jugulé et plus heureux

voyez je ne m'étais pas rendue compte du lapsus que relève votre anonymous lecteur

Rigolote Frankie quand elle dit Jean-Père... !

F' (SCONSCUS)

FRANKIE PAIN said...

« pour exister il faut faire le meurtre du père... »

- Si vous souhaitez une formule plus soft :
« Être adulte, c'est avoir pardonné à ses parents » (Goethe)
je vous suis très bien
c'est pas du même registre et l'un est un passage symbolique obligée

et aprés ....la phrase de goethe y tendre y advenir