C'est pour la plupart des hommes un exemple décourageant que la sérénité d'un cochon.
Anatole France
Après les moutons d’hier, voici les cochons.
De quoi le cochon est-il le nom ? (1)
De la paillardise ? De l’animalité ? Du bonheur béat des épicuriens ? De la sérénité ?
Oui, c’est ça : la sérénité. Mais qui de nous aurait y pensé, si justement Anatole France ne nous l’avait pas suggéré ?
Moi, je trouve que ce n’est pas une mauvaise idée. Parce que justement, le cochon est l’animal qui parait n’être jamais inquiet de son avenir, non pas par inconscience animale, mais justement parce qu’il est plutôt content de lui-même.
A-t-on jamais
vu un cochon angoissé ? Ou qui douterait de l’excellence de sa vie ? Personne, et les images qu’on en trouve dans le presse (ici Télérama) nous le confirment. C’est d’ailleurs ce qu’on lui reproche et ce qui en fait un parfait symbole du vice : le cochon est malpropre, paillard, goinfre, et en plus il est content de lui-même. C’est sans doute pour cela qu’Anatole France le juge décourageant.
Faut-il alors considérer que l’angoisse métaphysique – ou simplement le stress contemporain – est la condition pour échapper à la cochonceté ? (2)
Oui, et l’Eglise le sait bien qui a cultivé au cours des siècles la mauvaise conscience, les remords, l’angoisse de la faute.
- Vous voulez cesser d’être un animal repoussant ? Battez votre coulpe ! Enfilez la tunique de cilice ! Si vous ne savez pas pourquoi, Dieu, Lui, le sait !
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(1) Pour paraphraser le titre de l’excellent ouvrage d’Alain Badiou publié il y a 5 ans déjà et qui n’a pas pris une ride – sauf à dire qu’il faudra peut-être le réécrire dans 3 mois et le publier sous le titre : De quoi Hollande est-il le nom ?
(2) Encore une fois, on constate combien il est difficile d’inventer un mot nouveau. C’est ce que je croyais naïvement faire en écrivant de mot ; mais les dictionnaires le connaissaient déjà ainsi qu’on le voit ici.





