Elle fait des chemises, et les vend, Et elle livre des
ceintures au marchand.
Elle est revêtue de force et de gloire, Et elle se rit de
l'avenir.
Elle ouvre la bouche avec sagesse, Et des instructions
aimables sont sur sa langue.
Elle veille sur ce qui se passe dans sa maison, Et elle
ne mange pas le pain de paresse.
Livre des proverbes –
Chapitre 31 (24-27)
Réhabilitation de la ménagère. –
Depuis que les statisticiens de agences de publicité nous
ont appris que le cœur de cible de leurs annonceurs était la « ménagère de moins de 50 ans », nous
– les intellos incorruptibles – n’avons cessé d’inventer les pires défauts dont
seraient affligées les femmes issues de cette catégorie socio-culturelle.
--> Les régimes riches en fibres, ce sont elles ;
les séries débiles à la télé encore elles ; la bouteille de Vittel Hépar
dans le sac à main – toujours elles. Et la barquette de lasagnes Findus au bœuf cheval
dans le micro-onde ?
Bref : il est temps de réviser ce jugement
méprisant.
- Déjà, remarquons que la Bible elle-même n’hésite pas à
lui rendre hommage. Quand le Livre des
proverbes cherche à honorer la femme, c’est la ménagère qui est choisie.
C’est elle qui gagne l’argent du ménage par ses travaux de coutures qu’elle
façonne de ses mains habiles ; c’est elle qui, au lieu de pérorer comme
une idiote, ne parle qu’à bon escient. C’est elle qui gouverne tout dans la
maison. Enfin, elle est aimée du Seigneur parce qu’elle ne mange pas le pain de paresse.
- Du coup se trouve éclairée cette énigme que constitue
l’union si stable de certains de nos plus grands philosophes avec leur
servante.
Comme Descartes qui eut pour compagne Hélène Jans, qui
était la servante d'un libraire d'Amsterdam. Il eut d'elle une fille, Francine
dont la mort à l’âge de 5 ans le laissa inconsolable (1).
Et Rousseau qui eut des années durant – et jusqu’à sa
mort – pour compagne puis épouse Thérèse sa lingère de laquelle il eut 5
enfants (2).
Voici comment il célèbre la ménagère : « Une ménagère des champs peut être une femme
charmante, aussi pleine de grâces, et de grâces plus touchantes, que toutes les
petites maîtresses. » Rousseau – La nouvelle Héloïse (seconde
préface).
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(1) Selon Baillet, biographe de Descartes, « Francine, était née à Deventer le 9,
c’est-à-dire le 19 de juillet 1635 ; et selon l’observation de son père, elle
avait été conçue à Amsterdam le dimanche 15 d’octobre de l’an 1634. »
Preuve de plus – s’il en fallait – de l’amour que Descartes portait à cette
femme : lors de la naissance de cette enfant, il se rappelait encore de la
date exacte à laquelle il l’avait conçue.
(2) Qu’il abandonna à l’assistance publique, moyennent
quoi les méchantes langues susurrèrent que Rousseau, ayant une maladie de la
prostate, s’estimait stérile et donc que ces enfants n’étaient pas le fruit de
ses œuvres.
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