Wednesday, January 25, 2017

Citation du 26 janvier 2017

La soumission à la morale peut être servile, ou vaniteuse, ou égoïste, ou résignée, ou confuse et exaltée, ou irréfléchie, ou encore être un acte de désespoir, comme la soumission à un prince : en soi, elle n'a rien de moral.
Nietzsche Aurore (1881)

Quel est le ressort de l’action morale ? Comment définir le mode d’action de la valeur morale sur nous ?
Kant estimait que le respect pour la valeur morale, ou du moins pour ce qui la rendait manifeste était le seul sentiment qui soit moral. et qu’il inclinait l’âme devant ce qui la dépasse – à savoir l’autorité de la raison. C’est précisément cela que Nietzsche refuse de reconnaître : pour lui, aucun sentiment, aucune crainte, aucune passion, ne peut être de nature morale. Mais en même temps, aucun autre ressort de l’action humaine ne peut être trouvé, car reconnaître qu’un acte est souhaitable et passer à l’acte relèvent de deux domaines différents.
Qu’est-ce donc que l’action morale, qu’est-ce qui nous fait agir quand on prétend le faire mû par la valeur morale ?
On l’a vu, à moins de faire comme Kant et de donner un statut particulier au respect des valeurs, rien ne permet de résoudre cette question. Que dirait donc Nietzsche ?
Pour Nietzsche, la morale est une question de force : entendez qu’agir moralement, c’est réaliser ce qui a de la valeur, ce qui signife extérioriser sa force dans le monde, se réaliser soi-même, vivre totalement cette pulsion qui nous pousse à réaliser en dehors ce qui en nous cherche à en sortir. Le surhomme serait celui qui n’aurait aucune conscience – pas même morale – qui ne se soucierait pas des autres, ni des effets de ses actions sur les autres ; en revanche il ferait tout ce que lui fait faire la force qui est en lui. Cette force serait celle qui cherche non pas à dominer mais à être pleinement elle-même, quitte en effet à réduire les autres à néant. La morale est l’effet de la volonté de puissance – entendez : de la volonté qui résulte de la puissance (et non de la volonté de devenir puissant).
Si la morale nietzschéenne ne s’intéresse pas aux autres, elle ne s’intéresse pas non plus au moi agissant. Ici, nul narcissisme, nul égocentrisme, encore moins d’amour propre – La Rochefoucauld n’a rien à voir avec cela. Le surhomme ne cherche pas à s’admirer lui-même dans ses belles œuvres.

Dieu est mort a dit Nietzsche : c’est au surhomme de devenir Dieu, et qu’importe qu’il n’ait pas sa puissance ? Ce qui compte c’est qu’il ait la force active du maitre et non la force réactive de l’esclave.

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