Saturday, September 17, 2016

Citation du 18 septembre 2016

L'amour, c'est le creuset sublime où se fait la fusion de l'homme et de la femme ; l'être un, l'être triple, l'être final, la trinité humaine en soit… naissance de deux âmes en une…
Victor Hugo – Les Misérables

La théologie, c'est simple comme dieu et dieu font trois.
Jacques Prévert
Trinité 3.
En amour, 1+1=3.
Pour ceux qui n’auraient pas compris, un homme plus une femme qui s’aiment forment un être fusionnel, différent des deux premiers. Nous avons affaire à une synthèse telle que le tout est plus (ou du moins différent) que la somme des parties : ainsi pour qui n’en aurait jamais vu, le vert est inimaginable à partir du bleu et du jaune.
« Naissance de deux âmes en une » – Belle définition de l’amour… Seulement, si nous croyons que cette trinité-là nous met au niveau de Dieu, alors c’est qu’on n’a pas bien compris. Car si l’amour nous augmente, en revanche la Sainte Trinité – le Père, le Fils et le Saint Esprit – ne forme rien de plus que Dieu, puisque Dieu est tel que rien de plus grand ne puisse être conçu ; et rien de différent non plus, pour la même raison. De sorte que Prévert a bien compris quand il dit que la théologie est la science qui explique que Dieu est trois en un. Fermez le ban : il n’y a rien de plus à dire.
Quoique… Si nous n’avons rien de plus à dire de la Sainte Trinité, puisque nous ne sommes pas théologiens, peut-être avons-nous à dire à propos de l’amour, nous qui sommes ou avons été amoureux.

Oui, par l’amour fusionnel apparait bien cet être nouveau qui s’est formé par la fusion de deux êtres qui s’aiment. Dans le Banquet Platon fait parler Héphaïstos, le Dieu forgeron, qui s’adressant aux amoureux sur leur couche, dit : « Ce que vous voulez, n'est-ce pas d'être tellement unis ensemble que ni jour ni nuit vous ne soyez jamais l'un sans l'autre ? Si c'est là ce que vous désirez, je vais vous fondre et vous mêler de telle façon que vous ne serez plus deux personnes, mais une seule, et que, tant que vous vivrez, vous vivrez d'une vie commune, comme une seule personne, et que, quand vous serez morts, là aussi, dans la mort, vous serez réunis de manière à ne pas faire deux personnes, mais une seule ? » (192d-e ; c’est moi qui souligne). La meilleure illustration de cette réalité, c’est Othello, le drame shakespearien, qui la donne : persuadé que Desdémone le trompe, Othello la tue ; mais du coup il détruit cet être-à-deux qu’il formait avec elle, et il se suicide sur sa dépouille.

1 comment:

FRANKIE PAIN said...

très belle digression sur l'amour et l'être fusionnel
je ne reformulerait pas car c'est si bon si clair si explicite ce que vous écrivez riche de lire de voir la délicatesse que vous prenez pour remarquez que peut-être des êtres n'ont pas encore connus, et vous passez à Héphaïstos qui forge ...
Pas mal et le Platon le banquet
et çà avec Victor Hugo et Prévert et Dieu superbe Shakespeare . j'ai adoré.
le contenu et le style
L’autre quand vous écrivez existe.
Merci de tout cela et la délicatesse en plus.
je vous embrasse Françoise