Monday, September 09, 2013

Citation du 10 septembre 2013

Il faut beaucoup aimer les hommes.
Marie Darrieussecq – Citation de Marguerite Duras qui sert de titre de son dernier roman 
Marie Darrieussecq joue avec l’étonnant retournement que contient la citation complète de Marguerite Duras. Et en effet, la voici (telle que citée en exergue du roman) : « Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela, ce n’est pas possible, on ne peut pas les supporter. » Marguerite Duras. (1) Pour aimer un homme, il faut prendre le lot : sa beauté, sa force, sa virilité – et son égoïsme, son indifférence à l’amoureuse, etc... 
Bon – je n’ai certes pas l’usage de l’amour des hommes, mais quand même : tous ces défauts ne seraient-ils pas l’inévitable conséquence de leurs qualités (j’allais dire : de leurs vertus). Les défauts des hommes sont-ils donc proportionnels à leurs qualités ? Quelque chose comme l’ombre portée du gratte-ciel qui va d’autant plus loin qu’il est plus haut ?
- Ne nous y trompons pas : le roman de Marie Darrieussecq est un roman d’amour au sens fort du terme. Il nous parle de l’amour d’une femme pour un homme. Il ne s’agit pas d’un règlement de compte de l’amante délaissée qui montre ses plaies pour faire condamner l’homme qui l’a oubliée. Pour elle, la citation de Marguerite Duras est à prendre dans un sens fort – très fort même, puis qu’il s’agit de dire qu’on aime les hommes jusque dans leurs défauts. Que ces défauts disparaissent non par pardon comme on le croirait, mais bien avant, par « absorption » dans la substance de l’aimé. Solange (l’héroïne du roman) aime jusqu’à l’interminable attente que Kouhouesso (c’est le nom de l’amant) lui inflige.
C’est ça l’amour.
J’en vois qui frétillent déjà et qui se préparent à dire à leur bonne amie : « Quand tu me reproche de rentrer tard parce que je suis resté au Bar avec les amis du foot, tu as tort ma Poulette. Sache donc que je suis comme ça parce que je suis un homme. Tu devrais non me le reprocher, mais aimer mes absences et mon odeur de bière quand je rentre. C’est comme ça que je suis ton homme, vois-tu Poulette… » - Alors là, je riposte : je dégaine la théorie du genre !
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(1) Ça me rappelle une citation (anonyme) que j’avais mise en ligne il y a bien longtemps et qui disait : « Un ami, c'est quelqu'un qui sait tout de vous et qui vous aime quand même. » (Voir ici)

3 comments:

Anonymous said...


« Un ami, c'est quelqu'un qui sait tout de toi, et qui t'aime quand même. »
de Kin Hubbard

Coucou Jean-Pierre:Vrai, que l'on aime un tout.

Il nous faut des épreuves ( aux femmes comme aux hommes)...

Bon, il n'est pas question de foot chez moi et... , c'est tant mieux :-)

F' ( istorsai 135A )

Jean-Pierre Hamel said...

Merci pour la précision sur l’auteur de la citation.
Je ne saurai trop recommander le livre de Marie Darrieussecq : reste à savoir si on partage sa conception de l'amour de son héroïne pour l'homme qui l'ignore - amour dont l'objet est tellement absolu qu'elle aime jusqu'à son indifférence...

FRANKIE PAIN said...

tout ce qui méne à la réflection sur l'amour enrichi tant la femme pour y avoir pris une si grande distance, que l'auteure pour y replonger car sans le vouloir dés que l'on met un homme et une femme en presence sur plusieurs chapitres on vient à le rencontrer ce diable de sentiment cornu et en sabot. alors paitre des pensées de l'autre pour tenir la distance necessaire à écrire en plongeant et en reprenant de l'air pour mener l'affaire à bon port pour l'histoire et le plaisir des lecteurs
merci de votre venue sur ma blogsphére et le contenu de votre commentaire
je vous embnrasse jean pierre