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Thursday, August 17, 2017

Citation du 18 aout 2017

La différence entre l'amour et l'argent, c'est que si on partage son argent, il diminue, tandis que si on partage son amour, il augmente.
Philippe Geluck - Le succulent du chat (publié le 16/07/2006)

« …si on partage son amour, il augmente » – et puis quoi encore ? C’est vrai : ça fait bizarre de retrouver le Chat, d’habitude si cartésien, céder à la bluette sentimentale.
Quoique… Il est quand même vrai qu’il y a des partages qui, s’ils ne nous enrichissent pas forcément, ne nous appauvrissent pas non plus. C’est même là que se situe la différence entre ces deux principaux partages, ainsi que nous le fait voir l’illustration suivante :

 

S’il y a une forme de partage sans déperdition c’est l’ère du numérique qui nous l’a fait découvrir avec le partage de l’information. C’est vrai que depuis Gutenberg on n’avait pas trouvé mieux pour cela que la publication imprimée. Mais maintenant appuyez sur la touche ad hoc et hop ! C’est parti !

Mais quelle différence avec le partage des ressources ! Voyez ces enfants occupés à mordre dans une tranche de pastèque fraternellement partagée.  Vous remarquez tout de suite la taille de la tranche ? Supposez qu’elle soit simplement normale et alors le partage sera tout de suite moins fraternel. Vous avez même des philosophes, comme Hobbes qui ont fait de refus du partage le moteur de l’histoire de l’humanité. Car, dit-il on n’est jamais sûr d’avoir assez, tant il est vrai que l’avenir demeure incertain. L’homme préhistorique devait dévorer sa proie avant qu’elle ne soit pourrie ; l’homme civilisé a inventé le congelo.

Thursday, October 22, 2015

Citation du 23 octobre 2015

Alors, voilà : comme c'est aujourd'hui mon anniversaire,j'ai choisi de me le faire souhaiter par le Chat de Philippe Geluck.Ca fait ça : 





P.S. Si vous n'en avez rien à faire, vous trouverez ci-dessous la Citation-du-jour habituelle.

Thursday, October 23, 2014

Citation du 24 octobre 2014



Le calembour représente l'unique point de jonction entre un imbécile et un génie.
San-Antonio  – Les pensées de San-Antonio
(...) c'est un spectacle qu'on n'oublie pas de sitôt (comme dirait un joueur de cithare).
San-Antonio – En peignant la girafe
Série San-antonienne – V
Donc : calembour – San-Antonio est-il un imbécile ou un génie ? Voyons un peu.
Quand nous subissons un calembour, comment savoir ce qu’il en est de son auteur ?
On peut essayer comme ça :
            -> Le génie a mauvaise conscience : il s’excuse toujours après avoir lâché un calembour.
            -> L’imbécile rit grassement en vous envoyant des coups de coude dans les côtes : Hein que c’est marrant ?

Et l’auteur du calembour, comment peut-il signaler qu’il n’est pas un parfait crétin ?
Pour échapper à ce risque de confusion, il lui faut compliquer le calembour, qu’il ne soit pas un simple jeu de mot, trop évident. Mais attention ! Il faut qu’il soit compréhensible, sinon c’est le bide total : non seulement on a pris le risque du calembour, mais en plus personne ne le comprend…
Pour trouver le juste le milieu entre le trop et le pas-assez en matière de calembour, on peut compter sur San-Antonio (du moins dans cet exemple) : car il joue sur l’assonance « si tôt/cithare » ce que chacun peut comprendre, mais il dissimule ce jeu de mot dans une parenthèse ! Et on sera conscient du jeu sur les mots parce qu’il n’y a que lui (= le calembour) pour donner du sens à cette phrase – car sinon, que viendrait faire ici le joueur de cithare ?

Autre procédé : le même jeu de mot du Chat de Geluck est soutenu par le dessin qui joue le même rôle : un peu d’étrangeté dûe à la présence de cette cithare est utile pour décrypter le jeu de mots – Mais Chut ! A trop l’expliquer on dégonfle l’effet.

(Cette image est à retrouver dans cet article passionnant sur le rapport entre humour et ironie – on y reviendra sans doute.)

Monday, July 21, 2014

Citation du 22 juillet 2014



Les vieux ont cet avantage qu’ils sont au moins certains d’avoir été jeunes.
Par contre, aucun jeune n’est certains de devenir vieux.
Philippe Geluck – Le chat






Commentaire II
Je ne reviens pas sur mon commentaire d’hier, où je concluais que le Chat s’était fourré le doigt dans l’œil.
… Le doigt du Chat, justement, vous l’avez remarqué ? Regardez-le mieux :

Le doigt impérieux – mieux : péremptoire. Ce que dit le personnage qui dresse ainsi son doigt est sans contestation possible et sans appel. Dans la gestuelle des mains si particulière au moyen-âge ce geste était celui du magistère, et c’est bien ainsi que Geluck nous présente son Chat.
Allons droit à la question qui brûle nos lèvres : quelle vérité est susceptible d’être posée ainsi par l’autorité ? S’agit-il d’une vérité mathématique ? Ridicule ! Ou de celle de la science expérimentale ? Encore moins ! Le philosophe peut-il s’ériger ainsi, doigt levé ? C’est ce que veut nous faire croire le Chat, mais il ne faut pas le croire : le philosophe doit démontrer, et même alors il vous laisse libre d’adhérer ou pas.
Finalement, il n’y a qu’un seul type de vérité qui puisse dépendre de l’autorité de celui qui l’énonce : c’est la vérité de témoignage. C’est le travail de l’historien ou du journaliste que de choisir parmi les affirmations que suscite un évènement, celle qui sera crédible ou pas. La source doit être sûre, autorisée comme on dit. Que Soljenitsyne nous parle du goulag, il peut lever le doigt : on le croira, lui, parce qu’il y est allé et qu’il sait de quoi il parle.
Cela veut dire qu’on doit remonter en amont du témoignage, pour établir qui témoigne et quelle est sa légitimité : l’exemple le plus probant est celui de la Parole d’Evangile.

Sunday, July 20, 2014

Citation du 21 juillet 2014


Les vieux ont cet avantage qu’ils sont au moins certains d’avoir été jeunes.
Par contre, aucun jeune n’est certains de devenir vieux.
Philippe Geluck – Le chat

 
Commentaire I
On envie la jeunesse, en particulier les vieux, ça va de soi.
Mais a-t-on songé que la jeunesse est une époque de la vie emplie d’angoisse. Oh ! bien sûr les jeunes ne se posent pas du tout la question « Pourvu que je devienne vieux ! » Ni même : « Mon Dieu, fais que je vive assez longtemps pour devenir vieux. »
Mais tout de même : quand on est jeune on se soucie de ce qu’on va devenir. On se soucie de l’avenir et de ce qu’il nous réserve. Aurai-je le succès à mon exam’ ? Que serai-je dans 20 ans ? Toujours avec Charlotte ? Et les enfants que nous aurons ? Seront-ils intelligents ou débiles ? Et dans 30 ans, serai-je chauve comme mon père aujourd’hui ? Etc…
Mais le Chat a-t-il raison ? Je veux dire : les jeunes sont-ils ainsi tournés vers l’avenir ? Ont-ils souvent l'angoisse de ce qu'ils seront demain ? Ne sont-ils pas plutôt insouciants de ce qu’il leur réserve parce que dans leur esprit il n’y a pas de place pour autre chose que pour le présent ?
A quel moment de la vie oublie-t-on totalement le passé et le futur pour n’être conscient que du présent ? C’est durant la fête, n’est-ce pas. Oui, c’est quand on danse jusqu’au bout de la nuit, qu’on boit et qu’on fumette sans se soucier de la gueule de bois de demain, parce qu’il n’y a pas de demain – rien qu’un très vaste aujourd’hui..
Et donc : quelle est l’époque de la vie la plus propice à la fête ? La jeunesse n’est-ce pas. Et si la fête est, comme on vient de le dire, conscience exclusive du présent, on devrait admettre que les jeunes – certains d’entre eux du moins – sont eux aussi déterminés par leur seul présent.
Du coup notre Chat se met le doigt dans l’œil quand il prétend que les jeunes s’interrogent sur leur lointain avenir.

Saturday, September 01, 2012

Citation du 2 septembre 2012


Les vacances, c'était la grasse matinée. Trois cent vingt jours par an, et davantage, chaque matin, en se levant avec le jour, il se promettait : Quand je serai en vacances, qu'est-ce que je me payerai comme sommeil !
Simenon – Les vacances de Maigret, 1948, p. 15
L’optimiste se dit qu’un travailleur a droit à 5 semaines de congés par an.
Le pessimiste se dit que des tas de braves gens sont obligés d’interrompre chaque année leurs vacances pendant 47 semaines pour aller travailler.
Philippe Geluck – Le Chat

Spécial rentrée des profs (Prérentrée) (1)
Le public non averti pense que les profs qui se retrouvent le matin de la prérentrée, avant même de se raconter leurs vacances, demandent :
- C’est dans combien de semaine les vacances de la Toussaint ?
… Dites donc ! Vous savez qu’elles ont été allongées cette année ? Deux semaines pleines ! Oui : du 27 octobre au 12 novembre ! On a bien fait de voter Hollande !
Je laisse tomber les malveillants qui imaginent que les mêmes se demandent juste après à quelle date est fixée la prochaine grève : avec la crise, ce n’est plus d’actualité.
Reste que tout cela pose la question du jour : où est la vraie vie ? Dans le travail ? Ou dans les loisirs ? Le Paradis est-il un pays où l’on ne travaille jamais, ou bien un vaste atelier-bureau où l’on œuvre à des réalisations valorisantes, entouré de collègues charmants sous la direction d’un patron (= Dieu ?) tout puissant et bienveillant ?
La Citation du jour vous propose quelques éléments de réponse :
- Les Grecs (ceux de l’antiquité) pensaient que la vraie vie est une vie de loisir, étant entendu que le travail utile à la vie est réservé aux esclaves. Le citoyen peut quant à lui discuter du gouvernement de la Cité et puis aller combattre les ennemis quand ils la menacent.
- Les Puritains anglo-américains considèrent que c’est par les réalisations de son travail que la vie humaine peut mériter d’être sauvée par le Créateur. Le Paradis est donc non pas un Atelier, mais plutôt ce qu’on mérite de trouver quand on en sort.
- Les marxistes pensaient que c’est le travail qui fait avancer l'humanité sur la route de l’histoire, et que c’est lui et lui seul qui élève son niveau de conscience. L’homme étant le produit de sa propre activité, en produisant, il se produit lui-même.
Allez : bon courage !
Et n’oubliez pas de cotiser pour votre complémentaire-retraite.
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(1) Rassurez-vous ! Ce n’est que demain.

Saturday, July 21, 2012

Citation du 21 juillet 2012

Au fond, est-ce que ranger ça ne revient pas un peu à foutre le bordel dans son désordre ?
Philippe Geluck
Tout désordre n'est qu'un ordre différent
Bergson – La pensée et le mouvant (Citation du 17-1-2006)

- Kévin – Range ta chambre !
- Mais, M’man je l’ai déjà rangée hier !
- Comment ça « Rangée hier » ? Tu as vu où sont tes chaussette sales ? Avec tes cahiers – Et ton livre de la Princesse de Clèves ? Sous ton bureau. Un cochon n’y retrouverait pas ses petits.
… D’ailleurs, à part ta PS3, qui est sur ton lit, on ne retrouverait rien ici.
- Ben justement. Si je range je ne retrouverai même plus ma PS3.
- Oh, ça va hein. Je vais revenir et je ne veux plus voir ce désordre.
- Mais tu sais M’man, ça sera pire : ranger, ça revient à foutre le bordel dans mon désordre
…..
Quand on a comme moi pour  projet de vulgariser la philosophie, on se pose la question du genre de langage, que l’on va adopter : relevé ? Familier ? A moins que ce ne soit plutôt la tournure de la pensée qui compte.
Alors, reprenez le dialogue ci-dessus et imaginez que la dernière réplique de Kévin soit :
« - Mais tu sais Maman ça n’est vraiment pas la peine : tout désordre n’est qu’un ordre différent. »
Là, ça ne marche pas – ou pas aussi bien. D’un seul coup Kévin devient pédant (ce qui n’est pas crédible), ou bien impertinent (ce qui est crédible, mais pas comme ça)
Bergson, philosophe, s’exprime dans un ouvrage philosophique. Philippe Geluck, auteur de bande dessinée, fait tenir sa pensée dans l’espace de bulles réparties dans des images. Différence de forme – différence de stimulation pour la pensée.
Mon avis est que la forme est décisive pour ce genre d’exercice. Populariser, c’est entrer dans la forme du dialogue – ou du monologue de stand-up selon les cas (1) – et c’est former sa pensée à l’intérieur de ça.
Simplement il ne faudrait pas imaginer que la philosophie soit intégralement vulgarisable : la construction des concepts suppose forcément à un moment ou à un autre un effort intellectuel.
Alors, à quoi bon vulgariser ? Peut-être pour amorcer le mouvement. Faire comme un teaser.
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(1) Contrairement à Wikipédia, je ne considère pas que le stand-up soit nécessairement un monologue comique.

Tuesday, May 01, 2012

Citation du 2 mai 2012


Je suis pour le partage des tâches ménagères. A la maison, par exemple, c'est moi qui passe l'aspirateur... à ma femme.
Philippe Geluck
La main qui, samedi, tient un balai est celle qui, dimanche, caresse le mieux.
Goethe – Faust

Ah !... Voici un monument (vu ici)  qui réactive le souvenir de cette citation de Goethe, qui nous avait fait bien rire il y a déjà… 3 ans ?! Rire qui s’est un peu étranglé depuis l’affaire du Sofitel New-York où DSK nous a rappellé que la femme de ménage pouvait susciter bien des fantasmes…
Trêve d’ironie je vous prie. Ce monument érigé aux femmes du Burkina-Faso est peut-être à prendre sérieusement – Respectons dans la femme ce qui fait son essence : le travail ménager. La femme qui manie le balai mérite un monument.
Là-dessus certains m’objecteront que la femme vertueuse peut se définir autrement que par ses talents de balayeuse :
- elle peut aussi faire des gâteaux délicieux, ou bien broder comme une fée. Elle peut même avoir comme les hommes des talents artistiques.
- Ou encore : on peut considérer sa valeur morale qui se manifeste par son dévouement, son abnégation de mère et d’épouse.
- Pour finir, elle peut être aussi une sainte, ou du moins une vierge qui dédie sa vie à Dieu.
- On peut même introduire une hiérarchie entre toutes ces qualités, et dire que le progrès de la civilisation se mesure à l’évolution qui va du balai au prie-Dieu.
Tout cela fait hurler les féministes de chez nous. Féministes qui disent que le véritable progrès est dans l’égalité avec les hommes – égalité dans le partage du pouvoir qu’il soit dans la famille, dans la vie politique ou encore dans la prise de décision en entreprise ; les marxistes après les utopistes du 19ème siècle ont écrit là-dessus des choses que je ne saurais résumer (1).
… Mais, bon. Admettons qu’on veuille imposer des valeurs aux femmes : après tout c’est là le lot commun avec les hommes dans certaines sociétés. Reste une horreur : c’est de penser que
- c’est à la femme d’incarner les valeurs ;
- c’est sur elle que repose l’honneur de la famille ;
-  que sans sa vertu, la famille entière – son père, son mari, ses frères et oncles… –  tous sont déshonorés.
--> C’est ça qui justifie tout du vitriolage des jeunes filles jusqu’aux crimes d’honneur.
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(1) On peut lire ceci entre autre.

Saturday, May 21, 2011

Citation du 22 mai 2011

Pourquoi quand je suis couché devant le miroir mes pieds restent du même côté ?

Philippe Geluck – Le chat

Voilà Dimanche ! C’est le moment de se distraire un peu, d’oublier l’actualité et les soucis de l’existence.

Quoi de mieux pour cela qu’une petite Bande Dessinée ? Le Chat de Geluck par exemple, c’est en général drôle sans être vulgaire…

Oui, mais voilà : il arrive à ce Chat – comme ici – de poser des drôles de questions qui ne sont pas drôles du tout – vous me comprenez ? Et là, c’est le casse-tête assuré pour tout le week-end : parce qu'une fois posée, la question ne va pas arrêter de vous trotter dans la tête : oui, pourquoi la gauche et la droite s’inversent dans le cas des mains et pas dans le cas des pieds et de la tête ?

Disons-le autrement : si je devais serrer la main du bonhomme qui me fait face dans le miroir, je devrais lui prendre la main qui est à l’opposé de la mienne, alors que pour être en tête à tête je n’irai pas du côté de ses pieds…

Bizarre…

C’est là que vous appelez au secours : n’y aurait-il pas un philosophe qui traîne dans le coin ? Le quel va vous dire qu’il y a deux espaces : l’un qui est l’espace objectif, qui se définit par la juxtaposition des objets (= deux objets ne peuvent occuper le même espace) ; et l’autre qui est l’espace subjectif qui se définit par l’organisation de la droite et de la gauche, du haut et du bas en fonction du corps de l’observateur. L’image de ma main gauche est bien dans le reflet en face de d’elle (si j’enfile un gant du côté gauche, je constate que c’est bien le cas) ; mais si je considère le bonhomme du miroir comme un observateur, alors c’est là – et c’est là seulement – que la droite et la gauche s’inversent.

Reste que nous y sommes vraiment habitués : tenez, faites fonctionner votre webcam, mettez-vous devant et essayez de prendre un objet sur la table en regardant l’écran. Difficile n’est-ce pas ? C’est que l’image vidéo est redressée et que du coup c’est là que nous sommes désorientés. Et un peu déstabilisé : ce moi-même qui est dans l’écran sans être mon reflet, il est comme indépendant de moi, il fait des gestes en même temps que moi, mais que je ne comprends plus.

Il n’y a pas que le Chat qui se pose de drôles de questions le dimanche en se regardant.