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Saturday, October 07, 2017

Citation du 8 octobre 2017

Il n’y avait pas d’anormaux quand l’homosexualité était la norme.
Marcel Proust – Sodome et Gomorrhe

Proust avait raison ; la preuve en est que la mythologie grecque n’a pas hésité à attribuer à Zeus des amours homosexuelles – et même pédérastique puisque, lorsqu’il a séduit le jeune Ganymède, celui-ci jouait encore au cerceau (voir ici)
Alors quelle est l’objection à cette affirmation ? Que ces amours sont contre-nature, entendez que la physiologie humaine impose que l’acte sexuel se fasse entre un homme et une femme – un pénis truc qui pénètre et un vagin machin qui reçoit : la nature ne nous a rien offert d’autre. Et ces actes étant contre-nature, il est donc impossible de les valoriser parce qu’ils sont forcément  dépravés et qu’ils doivent entrainer la décadence de l’espèce humaine.
Oui, je sais : Zeus et Ganymede (1)… Mais peut-être est-ce un privilège des dieux que de pouvoir forniquer avec n’importe qui sans se corrompre pour autant ?
o-o-o
La réponse à cette objection consiste à observer que les hommes ne font jamais rien qui soit strictement naturel. Même quand il s’agit d’un acte régi par les lois de la nature d’un bout à l’autre, le sens de cet acte, quant à lui, est attribué à quelque puissance souveraine extérieure à elle, un Dieu, un Esprit, une Pulsion. Pouvait-on autrefois ouvrir une miche sans tracer une croix dessus de la pointe du couteau ? S’attabler sans avoir d’abord récité le bénédicité ? Boire sans verser une libation destinée à la déesse-mère ?
Bon… Mais regardez donc cette représentation de Zeus embrassant Ganymède – son échanson – entièrement nu :

– ça ne vous rappelle rien ? Mais oui : le petit stagiaire bien craquant qui apporte le café dans le cadre de son stage de 3ème. Faut-il donc être Zeus pour dire « Je baiserai les stagiaires si tel est mon bon plaisir », parce que la loi n’est rien d’autre que le plaisir des Dieux et des rois ?
Eh bien ! Nous voici en démocratie et chaque citoyen peut, lui aussi, dire « Mon plaisir est ma loi »
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(1) « Dans le mythe, GANYMEDE est un prince troyen, selon l’Iliade, il est réputé être le plus beau des mortels. Alors qu’il fait paître son troupeau sur le mont Ida de Troade, ZEUS l’aperçoit et, se transformant en aigle, l’enlève pour en faire son amant, et l’échanson des dieux. En compensation, son père reçoit de ZEUS quatre chevaux qu’il tenait de POSEIDON. » (lu ici)

Monday, December 28, 2015

Citation du 29 décembre 2015

L'homosexualité est apparue comme une des figures de la sexualité lorsqu'elle a été rabattue de la pratique de la sodomie sur une sorte d'androgynie intérieure, un hermaphrodisme de l'âme. Le sodomite était un relaps, l'homosexuel est maintenant une espèce.
Michel Foucault
Il ne s’agit ici que de la sodomie des homosexuels, pas de celle « imposée » par les circonstances, celle des prisons ou des équipages de terre-neuvas. Toutefois il reste encore à distinguer entre le sodomite qui, par perversité goûte la jouissance interdite, bravant sans honte  l’anathème divin, et l’homosexuel qui en fait autant non par révolte mais par un déterminisme global. L’homosexuel possède selon Foucault une nature différente de celles des autres, mais qui constitue une variété appartenant à l’espèce, alors que le sodomite est un individu séparé des autres par sa volonté de faire le mal.
Qu’est-ce que ça change, direz-vous ?  Que nous importe que l’homo se fasse sodomiser non pour défier Dieu mais parce qu’il aime ça ? Question mal posée dit Michel Foucault : avec l’homosexualité, il ne s’agit pas seulement de pratiques sexuelles ; et même qu’importe que l’homo fasse l’amour comme-ci ou comme-ça ? Ce qui compte, c’est se qui se passe dans son être total. Que sa psychologie, sa vision de la nature et des hommes soit accompagnée d’une sexualité différente, qu’elle soit non pas celle d’un homme, non pas celle d’une femme, mais celle d’un homosexuel, c’est évident ; mais, avec l’homosexualité, la référence à la sexualité est trompeuse, je dirais même secondaire : elle ne signifie pas une pratique sexuelle, pas plus qu'une position dans la société. Les homos forment une espèce, c’est à dire qu’ils sont de part en part différents de nous – différents, mais complémentaires, au même titre que la femme est complémentaire de l’homme – et réciproquement.  
Tout cela rejoint une réflexion que je me fais fréquemment quand on fait référence exclusivement à la sexualité des homos (Du genre : « Il fait quoi celui-là : l’homme ou le femme ? ») : pourquoi les définir par le sexe ? Serait-il intéressant de nous définir – nous les hétéros – par notre pratique sexuelle ? « Et vous, vous êtes quoi ? Femme  dessous ou femme dessus ? »


Tuesday, June 16, 2015

Citation du 17 juin 2015

Le comble de l'optimisme, c'est un couple d'homosexuels qui achète un landau.
José Artur

Un couple d’homo avec landau : ridicule…Mais ça, c’était avant ! Voilà la réalité d’aujourd’hui :



Dites-moi : cette photo vous choque-t-elle ? Pas du tout ? Un peu quand même ? Allez, parlez sincèrement : est-ce que ça ne provoquerait pas chez vous un sursaut, quelque chose de viscéral et de spasmodique ?
1 – Déjà, on aurait une réaction moins dégoutée si ce couple était fait de deux femmes. Après tout, l’une d’entre elle a sûrement mis au monde ce ravissant bébé, elle l’a bercé, elle l’a allaité comme n’importe quelle maman depuis que le monde est monde. Et l’autre dame à côté d’elle ? Une amie sûrement. Oui, mais elle la tient par le cou, est-ce normal ? Qu’importe, ce qui compte c’est que ce petit soit sur les genoux de sa maman.
2 – Du coup, on est renvoyé à l’impossibilité pour ces deux messieurs de procréer un enfant. Ce petit peut bien avoir l’air heureux choyé par ces hommes : on peut quand même penser qu’il le serait encore plus si on ne l’avait pas arraché à sa vraie maman pour le confier à ce couple contre-nature.
3 – Oui, je sais… Mais quand même : tout le monde a l’air parfaitement heureux sur cette photo : les deux hommes et le bébé – deux mecs et un garçon, ça va faire une sacrée équipe ! D’ailleurs, qui sait si la vraie maman dont on faisait l’éloge il y a un instant aurait été si attentionnée pour lui ? Peut-être l’aurait-elle déposé dans une crèche ou des nourrices mercenaires lui auraient filé son bib’ sans même le regarder. Et le soir venu, la mère, un peu éméchée, l’aurait ramené à la maison comme un paquet de linge sale et elle se serait enfermée dans sa chambre avec un sale type.

Quoi ? Vous vous plaignez parce que maintenant vous avez encore plus de nausées ? Vous avez un estomac vraiment délicat !

Monday, May 25, 2015

Citation du 26 Mai 2015

Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ?
Pape François (en 2013)
Dimanche, l’Irlande a validé par référendum la création du mariage entre personnes du même sexe, contribuant ainsi à mettre en doute l’influence de l’Eglise dans ce pays qui sort à peine d’une grave crise économique et spirituelle (avec les cas de pédophilie de certains prêtres).
Le trouble est à tous les niveaux :
1) Quand le Pape demande « Qui suis-je pour juger ? »
- Mais votre Sainteté, vous êtes le Pape. Si vous, vous ne pouvez juger, qui le fera ?
- Le Seigneur seul peut juger si un Gay est réprouvé du fait qu’il est homosexuel. Donc son homosexualité ne suffit pas pour dire il diffère des autres 
-->  L’homosexualité n’est plus un péché mortel.
2) Et du coup : plus de différence entre un couple homo et un couple hétéro. Ce qui veut dire qu’en dehors du fait que les homosexuel(le)s sont des couples stériles (mais bien d’autres hétéros le sont également) on ne peut plus faire de différence entre eux.
Passant de la morale religieuse au droit, on dira qu’il n’y a pas lieu de leur refuser un droit qu’on accorde aux autres couples. C’est d’ailleurs cela qui a motivé le suffrage positif de beaucoup d’Irlandais : ils ont voté non pas spécialement pour qu’on prenne en compte le bonheur gay, mais bien l’égalité de leur droit avec celui des autres citoyens irlandais.
o-o-o
Maintenant je voudrais calmer un peu le trouble dont j’ai souligné l’existence.
1) L’Eglise irlandaise, malgré la déclaration papale est restée hostile au mariage gay, et le succès du « oui » au référendum irlandais est en même temps un échec pour l’Eglise qui avait fait campagne pour le Non. On a dit que cet échec était une conséquence du scandale des prêtres pédophiles, les catholiques pouvant légitiment douter de la portée morale des admonestations du clergé complice de tels agissements :
- L’homosexualité est un péché abominable, sauf quand il s’agit d’un curé et d’un petit garçon.
Ça ne passe pas !
2) Ensuite, la déclaration du pape François, nous rappelle que l’intention (=chercher le Seigneur avec bonne volonté) est plus importante que l’action (= être gay), soulignant ainsi que François est jésuite.

--> On est dans la cadre de la casuistique jésuite, et ça ce n’est vraiment pas une nouveauté.

Sunday, August 03, 2014

Citation du 4 août 2014


On nous demande si l'on est d'accord avec tel impôt pénalisant les riches afin d'éviter la discussion sur l'inégalité des richesses. On nous contraint à prendre position sur le mariage pour tous pour que nous ne discutions pas de la pertinence de la survie du couple comme seul cadre pour l'amour. On critique l'inégalité des enfants des couples homosexuels pour ne pas penser à celles dont sont victimes les enfants qui vivent dans des familles hétérosexuelles.
Marcela Iacub – Jouir, obéir et autres activités vitales


Les scandales amusent… Ils forment un écran de fumée dont on ne se méfie pas : une « anormalité » est utilisée pour en cacher une autre, bien plus énorme.
On aura reconnu la démarche habituelle de Marcela Iacub (1) :
--> Trois scandales – Trois manipulations.
o-o-o
1er scandale : les richesses. Il ne sert à rien de taxer les riches : ce qu’il faut, c’est qu’il n’y ait plus de riches – plus du tout ; car c’est dès sa source que cette inégalité est scandaleuse. L’inégalité des richesses est l’indice d’une perversion de l’organisation sociale et du rapport des hommes entre eux. Là-dessus, voyez Rousseau (2)
2ème scandale : le mariage gay : il va permettre aux homos de divorcer comme n’importe qui. Dans les années 70 on disait : qui donc veut se marier ? Personne – à part les curés ! Et aujourd’hui ? On veut le mariage pour tous, comme si c’était l’issue la plus heureuse pour deux amoureux.
Car le vrai scandale, ce n’est pas que les homos-lesbi-etc veuillent se marier ; c’est de considérer que former des couples qui s’engagent ad vitam aeternam, quelque soient par ailleurs leurs composants, soit la seule façon de s’aimer.
« Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » : comment réécrire les contes avec le mariage des gays ?
Les enfants, justement :
3ème scandale : Avoir un papa et une maman : Ouiiiiiiiiiiiiiiiii ! C’est le pied ! Alors, ça suffit donc ? La principale violence commise à l’encontre des enfants est-elle donc de les priver des deux parents de sexes différents à leur côté ? Les familles monoparentales apprécieront.
Et si le désir des parents (sexe indifférent, quantité à négocier) d’élever cet enfant-là était la meilleure garantie de son bonheur ?
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(1) Démarche qu’on peut aussi employer contre elle : le scandale de sa liaison avec DSK n’était en fait qu’un moyen pour dissimuler le scandale de la publication du livre qu’elle a tiré de cette aventure… et réciproquement !
(2) Le riche s’enrichit en produisant plus qu’il n’a besoin, ce qui suppose qu’il fasse travailler les autres pour son bénéfice en détournant à son profit les moyens de vivre que la nature avait mis à leur disposition. (Discours sur l’origine de l’inégalité)