Showing posts with label couple. Show all posts
Showing posts with label couple. Show all posts

Saturday, December 02, 2017

Citation du 3 décembre 2017

L’homme veut être le premier amour de la femme, alors que la femme veut être le dernier amour de l’homme.
Oscar Wilde
Semaine Oscar Wilde I
Affirmer que l’homme veut la virginité de la femme et la femme veut la fidélité de l’homme : comment trouver mieux que cette citation d’Oscar Wilde pour dire cette vérité ? Son sens de la  formule est trop connu et trop admiré pour qu’on redise ici tout le bien qu’on en pense.

Maintenant, ce n’est pas parce que c’est admirablement dit que c’est vrai. Voyons ça :
- Déjà, rien ne dit que la réciproque ne serait pas également vraie.
Certes, on n’imagine pas que les femmes désirent avoir le pucelage du garçon qu’elles sont entrain de séduire. Encore que certains fantasmes le soutiennent on se doute que les « couguars » recherchent plutôt la vigueur du jeune mâle que sa virginité. D’ailleurs vous l’avez remarqué : ici même on parle du « pucelage » des garçons et non de leur « virginité ». La virginité c’est bon pour les filles : elles ont un hymen pour cela.
Oui mais, quand même: les hommes ne désirent-ils pas que la femme qu’ils aiment leur soit fidèle ? Certes, il y a différents types de fidélité : celle de l’épouse qui ne trompe jamais son mari parce qu’elle l’aime ; et puis celle de la femme enfermée dans sa chambre et qui n’en sort que sous la surveillance d’une duègne.
Amour unique ou bien propriété privée, la femme ne doit pas avoir de rapports sexuels en dehors des liens sacrés du mariage !
- Ensuite, voyons ce que la littérature amoureuse nous donne comme représentation idéalisée du couple : n’est-ce pas que les deux amants tombent, pour le première fois de leur vie, amoureux en se rencontrant ? Et qu’ils restent ainsi jusqu’à ce que la mort les sépare ?
Alors, certes on dit bien qu’on ne peut espérer qu’un homme reste puceau jusqu’à ce qu’il rencontre sa fiancée d’amour. Oui, mais chaque conquête du jeune homme n’a été que le brouillon de la rencontre  définitive :

« Dans chaque fille que j’ai connue / C’est un peu toi que je cherchais » dit la chanson d’Adamo.

Tuesday, June 27, 2017

Citation du 28 juin 2017

Nous continuons à vivre ensemble, mais ça fait bien longtemps qu’on ne s’aime plus
Xavier Bertrand (interview au JDD du 25 juin 2017)
Ces paroles désabusées ont été prononcées à propos du parti Les Républicains à l’occasion des dissensions qui accompagnent leurs échecs répétés aux différentes élections : les électeurs sont partis ailleurs et certains « militants » qui se disent prêts à prendre la tête du parti sont des amants volages qui dans le même temps envoient des billets doux au parti de Marine Le Pen – à moins que ce ne soit à Edouard Philippe..
… Qu’on se rassure : je ne vais pas entrer dans un débat concernant la droite française et ses nouveaux avatars libéraux. Je me contenterai de prendre au premier degré notre Citation-du-jour : oui, il y a des couples qui vivent ensemble mais qui ne s’aiment plus depuis longtemps.
Et alors ? A quel moment devrait-on s’arrêter et dire : « Stop ! Nous n’avons toi et moi plus rien en commun : il est temps de nous séparer » ? Comment savoir où l’on en est ? Où se situe le Rubicon de la séparation ?
Et bien, c’est très simple : sortez la carte de tendre et regardez où vous en êtes :

Carte de Tendre – « Représentation topographique et allégorique » des différentes étapes de la vie amoureuse selon les Précieuses du 17ème siècle
Etes-vous sur l’itinéraire : Négligence–tiédeur–oubli ?  Alors, attention !  Vous allez droit au Lac d’indifférence, et si vous tombez dedans plus d’espoir d’en sortir.
Mais quoi ? Je vous vois retournant la carte dans tous les sens incapable que vous êtes de vous situer quelque part là dessus.

Ah !... Vous réclamez un GPS d’amour pour vous situer sur la carte de Tendre… Pourquoi pas ? Mais méfiez-vous : ça risque bien d’être une charlatanerie de plus.

Sunday, October 23, 2016

Citation du 24 octobre 2016

De Chine sont venus les pihis longs et souples
Qui n’ont qu’une seule aile et qui volent par couples.
Guillaume Apollinaire – Alcools (1913), Zone (1)
Selon la légende chinoise, les pihis sont des oiseaux fantastiques qui n’ont qu’une seule aile et qui sont donc obligés pour voler de se mettre en couple – de convoler au sens propre.

Vu ici –

On dira peut-être que ce n’est là qu’une variante du mythe des androgynes de Platon, qui ont été coupés en deux, devenant ainsi des moitiés d’hommes et de femmes, et qui cherchent à s’unir amoureusement pour reconstituer leur « antique nature » ? Il y a ici pourtant une différence qui n’est pas mince : les oiseaux chinois ne s’assemblent pas pour « se réparer », ni pour surmonter un handicap ; chez eux l’union du couple permet de s’élever au-dessus de la condition rampante qui est la leur, de dépasser leurs limites. Cette vision chinoise est nettement plus stimulante, moins culpabilisante, moins misérable que la notre.

En tout cas elle illustre l’importance accordée au couple, et sans doute aussi à sa stabilité ; car qu’adviendrait-il de nos oiseaux si l’un d’eux décidait de suivre un chemin différent ? Au lieu d’un oiseau on aurait deux pierres tombant lourdement. Cela nous renvoie à l’article cité en note : aujourd’hui, le couple se défait mais il se refait ailleurs ; il se « recompose ».  Ne nous laissant pas troubler par l’indice sans cesse croissant de « divorcialité » nous considérerons plutôt le taux de cohabitation sans mariage.
Au fond ce qui a changé, ce n’est pas le couple, c’est sa stabilité. Alors que nos pihis paraissaient unis à vie, voilà que nos époux d’aujourd’hui rejettent la notion d’un engagement à vie. Loin de refuser l’union, c’est le parchemin qu’on signe pour toujours qu’ils ne veulent plus : Ne gravons pas / Nos noms au bas / D'un parchemin dit Brassens dans La non-demande en mariage (On les paroles de la chanson ici)

--------------------------
(1) Cf.l’article de Gérard Salem et Francine Ferguson-Aebi : La fin des pihis – Le divorce comme rite de passage.


Tuesday, June 16, 2015

Citation du 17 juin 2015

Le comble de l'optimisme, c'est un couple d'homosexuels qui achète un landau.
José Artur

Un couple d’homo avec landau : ridicule…Mais ça, c’était avant ! Voilà la réalité d’aujourd’hui :



Dites-moi : cette photo vous choque-t-elle ? Pas du tout ? Un peu quand même ? Allez, parlez sincèrement : est-ce que ça ne provoquerait pas chez vous un sursaut, quelque chose de viscéral et de spasmodique ?
1 – Déjà, on aurait une réaction moins dégoutée si ce couple était fait de deux femmes. Après tout, l’une d’entre elle a sûrement mis au monde ce ravissant bébé, elle l’a bercé, elle l’a allaité comme n’importe quelle maman depuis que le monde est monde. Et l’autre dame à côté d’elle ? Une amie sûrement. Oui, mais elle la tient par le cou, est-ce normal ? Qu’importe, ce qui compte c’est que ce petit soit sur les genoux de sa maman.
2 – Du coup, on est renvoyé à l’impossibilité pour ces deux messieurs de procréer un enfant. Ce petit peut bien avoir l’air heureux choyé par ces hommes : on peut quand même penser qu’il le serait encore plus si on ne l’avait pas arraché à sa vraie maman pour le confier à ce couple contre-nature.
3 – Oui, je sais… Mais quand même : tout le monde a l’air parfaitement heureux sur cette photo : les deux hommes et le bébé – deux mecs et un garçon, ça va faire une sacrée équipe ! D’ailleurs, qui sait si la vraie maman dont on faisait l’éloge il y a un instant aurait été si attentionnée pour lui ? Peut-être l’aurait-elle déposé dans une crèche ou des nourrices mercenaires lui auraient filé son bib’ sans même le regarder. Et le soir venu, la mère, un peu éméchée, l’aurait ramené à la maison comme un paquet de linge sale et elle se serait enfermée dans sa chambre avec un sale type.

Quoi ? Vous vous plaignez parce que maintenant vous avez encore plus de nausées ? Vous avez un estomac vraiment délicat !

Sunday, June 14, 2015

Citation du 15 juin 2015

Les couples sont de quatre espèces : toi et moi égale toi, toi et moi égale moi, toi et moi égale nous, toi et moi égale toi et moi.
Gilbert Cesbron
(Le couple) c'est un ménage à quatre : lui, elle, l'idée qu'elle se fait de lui et l'idée qu'il a d'elle.
Claude Roy
Pour bâtir un couple, il faut être quatre : un homme plus sa part de féminité, une femme plus sa part de virilité.
Bernard Werber
Manifestement un couple se reconnaît au problème d’arithmétique qu’il pose à ceux qui veulent le définir. Quand on aura dit qu’il pose aussi un problème de genre : masculin ou féminin ? (1) on aura bien chargé la barque (et encore on vous aura fait grâce des dérivés tels que couple/copuler)
D’où vient cette étrange difficulté ?
1 – De la diversité des couples – sachant qu’ils ont toujours une seule apparence (deux personnes qui sont ensemble) qui recouvre bien des réalités différentes.
2 – Ou bien de leur instabilité – au meilleur de la liaison chacun croyoit que son couple est éternel alors qu’en réalité il est pris dans une succession.
3 – Ou encore parce que c’est dans le couple fusionnel que se trouve l’expérience de l’absolu, raison pour la quelle on peut vivre mais non pas dire ?
Oui, c’est cela : l’expérience du couple est indicible. C’est pourquoi, pour expliquer sa nature, Platon renonçant à la déduction dialectique faisait appel au mythe des androgynes (Banquet, 189d-193d). (2)
o-o-o
Et puis encore :
- Qu’est-ce qui nous dit que le couple doit être unique ? Pourquoi ne vivrait-on pas plusieurs vies de couple au cours de son existence ? Mais non pas comme avec l’amour fou, en faisant comme si c’était toujours la première fois, mais plutôt comme une série d’expériences permettant de mettre côte à côte toutes ces facettes qui vont se compléter et feront, à terme, découvrir le Couple absolu ?
- Enfin, toutes ces difficultés ne tiennent-elles pas à nos préjugés sur le couple ? En particulier, faut-il nécessairement n’être que deux pour constituer un couple ? Ne serait-on pas mieux à trois ? Même le problème technique du baiser-à-trois n’est pas insurmontable, ainsi que le montre cette photo venue de Love, le film de Gaspar Noé.


---------------------------------
(1) Doit-on dire un couple ou une couple ? – Réponse ici

(2) Rappelons que dans ce texte, Platon fait une place de choix aux couples homosexuels.