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Friday, October 16, 2015

Citation du 17 octobre 2015

Et c'est comme ça qu'l'on vit doucement dans les cieux / Monter l'âme d'un chien avec l'âme d'un gueux
Raoul Le Peltier - A.Valsien – Mon vieuxPataud (Chanson) 1934
Regarde ton chien dans les yeux et tu ne pourras pas affirmer qu’il n’a pas d’âme
Victor Hugo
…s'il y avait de telles machines qui eussent les organes et la figure extérieurs d'un singe ou de quelque autre animal sans raison, nous n'aurions aucun moyen pour reconnaître qu'elles ne seraient pas en tout de même nature que ces animaux.
Descartes – Discours de la méthode, 5ème partie

A la suite de mon éloge des chats, la société des amis des chiens m’écrit pour me demander de respecter la parité chat/chien. Ce que je fais bien volontiers.

On sait le scandale soulevé dès sa publication par la thèse de Descartes affirmant que les animaux n’ont point d’âme, entendez que ce ne sont que des automates. On s’est récrié : « Mon chien a un âme ! » et comprenez que les chiens ou bien prouvent que les animaux ont une âme, ou bien qu’ils ne sont pas des animaux.
Et vous, quel est votre point de vue ? Aucun ? Comment savoir ?
--> Voyez ceci :



Ces deux chiens ont-ils également une âme ? Sinon le quel des deux en a une ?
Facile : il suffit de suivre le conseil de Victor Hugo : Regarde ton chien dans les yeux et tu ne pourras pas affirmer qu’il n’a pas d’âme. Vous voyez bien que le chien de gauche à des yeux remplis d’âme et celui de droite ... en fait il n’a que des dents et il n’est pas dit que le chien ait une âme dans les dents.
Retenons donc ceci :
            1 – Quand le chien a une âme elle est dans ses yeux.
            2 – Du fait qu’il a une âme, le chien est plus qu’un animal.
            3 – Par contre, quand le chien a des dents, il n’est qu’un animal.
Peut-on généraliser à l’être humain ? Descartes l’a tenté et a conclu que l’homme n’est pas une machine (donc pas un animal) parce qu’il possède la faculté de parler. D’autres, comme Rabelais, on dit que l’homme n’est pas un animal parce qu’il dispose du rire.

Et vous ? Oui, vous, cher lecteur : a quoi attribuez-vous le fait que vous ne soyez pas seulement un animal ?

Saturday, February 22, 2014

Citation du 22 février 2014

Le chien a son sourire dans sa queue.
Victor Hugo


Victor Hugo souligne que le chien et l’homme se distinguent anatomiquement par le fait que le sourire se situe du côté du visage pour l’un et du côté de la queue pour l’autre.
Ce qui laisse apparaitre que, si le rire est le propre de l’homme, en revanche nous partageons le sourire au moins avec le chien.
Bien sûr, ce qu’on veut dire c’est que le contentement animal existe et qu’il se manifeste de façons différentes, mais toujours visibles : le chien remue la queue, le chat ronronne – quant aux éléphants et aux rhinocéros, on ne sait pas mais on suppose qu’eux aussi se manifestent d’une façon ou d’une autre.
- Mais le sourire est-il seulement l’expression d’un contentement ? N’est-il pas plutôt un moyen d’entrer en communication à distance avec autrui ?
En effet, si l’on peut dire que le chien sourit en remuant la queue, c’est parce qu’on peut, grâce à ce signe, s’approcher de lui en supposant qu’il ne nous mordra pas.
Et de même si nous sourions à quelqu’un c’est qu’on lui signifie : « Je suis content de te voir. Tu peux approcher sans crainte : je t’accueillerai avec bienveillance ».
Alors, je ne sais pas si le chien est le seul animal qui manifeste son contentement en remuant la queue (1) ; mais on a signalé que l’homme est le seul primate qui ne cherche pas à montrer son agressivité lorsqu’il montre ses dents en souriant.
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(1) Ceux qui diront que l’homme le fait aussi sont priés de passer leur chemin : ce Blog n’est pas fait pour eux.

Sunday, February 24, 2013

Citation du 25 février 2013



Le concept de chien n’aboie pas.
Attribué à Spinoza (Pour un débat éclairant sur la question de cette attribution, voir ici)

Quand je dis « le chien aboie », c’est le chien dans la pensée qui aboie, ce chien assimilé à qui j’impartis mon énergie de sujet ; je répète en court l’action, j’en deviens moi-même l’auteur, l’acteur.
Claudel – Op. Posthume
Le chien animal-aboyant aboie-t-il ? Question saugrenue, comme de demander « quelle est la couleur du cheval blanc etc... » ?
Pas tant que ça, si l’on admet qu’« animal-aboyant » est en réalité une définition de dictionnaire. Selon Spinoza si cet « animal » n’aboie pas c’est qu’il s’agit en réalité d’un concept.
Pour transformer des choses réelles en concept, il faut faire une abstraction de leur originalité, de leurs particularités physiques, de ces « grains » de matière sans laquelle elles ne seraient pas. On opère ainsi la réduction à l’indenté d’objets divers moyennant l’élimination de tout ce qui distingue telle occurrence de telle autre. A tel chien – Médor – tel aboiement, qui sera unique et qui disparaitra avec lui ; et à tel autre – Mirza – tel aboiement également unique, etc… : c’est cela qui est éliminé dans le concept de chien animal-aboyant.
--> En sorte que le chien en général ne peut aboyer, à moins que l’aboiement en général existe lui aussi. Et pourquoi le concept d’aboiement n’existerait pas ? Quelque chose qui me permettrait de classer les différents cris d’animaux, et de distinguer le ouah-ouah du chien du miaou du chat ?
Admettons. Mais alors comment cela va-t-il fonctionner, si l’on suppose qu’il y a une cloison étanche qui sépare l’intellect conceptuel et l’imagination des qualités sensibles ?
Peut-être s’agit-il d’un mécanisme en trois étapes : entre le chien qui aboie derrière le portail et le concept (ce chien, comme tous les chiens aboie), il y aurait le souvenir qui en revient dans ma mémoire et que j’entends en imagination.
- Et en effet, selon Paul Claudel, s’il est vrai de dire que le chien dans la pensée aboie, c’est que je l’imagine. Il s’agit d’un aboiement produit en moi par ma pensée, un peu comme je produis le bleu du ciel quand j’imagine l’été. Quand je pense que le chien aboie, j’opère une véritable action : c’est comme si j’aboyais moi-même. Comme le dit  Claudel, cet aboiement  peut bien avoir lieu dans mon esprit, silencieusement,  il n’existe pas moins réellement par l’intermédiaire de l’énergie que j’injecte dedans.
Et donc, cette énergie se mobilise plus facilement quand elle est stimulée par l’imagination que par la conceptualisation. Par exemple, regardez ceci :


A voir ça, moi, j’entends déjà les gueulements rauques de cet effrayant animal. J’arrive même à sentir son haleine fétide : c’est dire à quel point je mobilise mon « énergie de sujet » – pour fuir à toutes jambes !

Friday, April 02, 2010

Citation du 3 avril 2010

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Personne plus que moi n'a le droit de dire la vérité aux chiens. J'ai appartenu pendant dix années à un très beau chien de Terre-Neuve ; entre nous, les relations ordinaires étaient renversées : j'étais soumis, humble, fidèle comme un chien ; il était capricieux, bizarre, ingrat comme un homme. C'était moi qui étais son ami. Eh bien ! après une liaison de dix ans, il a entrepris par deux fois de me dévorer, et m'a forcé de résumer ainsi notre amitié : 1e les chiens ne valent pas mieux que les hommes ; 2e mon chien m'aimait comme on aime le bifteck.
Alphonse Karr – Une poignée de vérités
…mon chien m'aimait comme on aime le bifteck. Voilà qui fait frémir et on se prend à se demander combien de personnes dans notre entourage nous aiment de cette façon…
Mais, détournons notre regard l’espace d’un instant de cette conclusion pessimiste, et constatons qu’Alphonse Karr ignorait absolument tout du chien et que c’est cela qui a failli lui coûter la vie.
Car s’il lui est arrivé d’appartenir pendant 10 ans à un très beau chien Terre-Neuve, alors il a eu de la chance que ça dure si longtemps sans souci.
C’est que le chien est un animal de meute, et que dans la meute il y a une hiérarchie qui se détermine à coup de crocs. Il s’agit pour l’homme d’être le maître de la meute même si celle-ci se réduit à un seul animal – et malheur à celui qui laisse son chien devenir le chef de meute. C’est vrai des chiens ; c’est vrai des hommes.
On s’indigne du comportement des supporters de football, considérant que ce sont des abrutis qui se sont réunis uniquement pour assouvir plus commodément leur passion de la violence. Mais on se trompe : un supporter isolé est un brave garçon qui ne ferait pas de mal à une mouche, sauf si elle portait le maillot de l’équipe adverse. C’est que les hommes aussi ont besoin de se retrouver en meute pour sentir grandir en eux l’instinct de la violence. S’agit-il d’une tendance ancestrale qui a permis à l’humanité de survivre dans le monde dangereux des origines ? Peut-être. A moins qu’il s’agisse du comportement des foules décrit par Gustave Le Bon, pour qui c’est la conscience individuelle qui défaille alors, laissant place au comportement irrationnel.
Toute la question est alors de savoir combien il faut d’individus pour constituer une foule.
P.S. J’avais il y a longtemps discuté un proverbe constituant l’antithèse de cette citation : Plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien.

Sunday, June 08, 2008

Citation du 9 juin 2008

Les bons toutous ! Ah ! Ils sont chouettes, les bons toutous !
Le chien est aimant et fidèle, dit-on, mais quel mérite à s'attacher au premier venu uniquement parce qu'il s'intitule votre maître, beau ou laid, drôle ou rasant, bon ou mauvais ?
On a vu des chiens, dit-on encore, se faire tuer en défendant leur maître contre un bandit.
Parfaitement, mais le même chien aurait pu être aussi bien tué en attaquant l'honnête homme pour le compte du bandit, si ce bandit avait été son maître et si l'honnête homme avait détenu l'indispensable revolver.
Alphonse Allais - Le bec en l'air (1897)
Voilà une citation qui a le mérite de ne pas être dans le droit fil de l’opinion commune.
- Quoi, ce bon toutou dont je vous donne une photo si émouvante – et n’en dites pas de mal s’il vous plaît car ce chien est un ami – serait le pire ennemi de l’homme ? Considérez ce regard tendre, ces oreilles suppliantes (oui, suppliantes), cette truffe gercée par le grand âge : ne dirait-on pas que c’est là le meilleur ami de l’homme ? Déçu par les hommes ? Jamais par mon chien (1).
… Oui, mais voilà : même si votre chien ne vous aime pas exactement comme un bifteck (2), il n’en reste pas moins que les sentiments du chien ne sont pas tout à fait ceux des humains.
Déjà, on reste surpris que la pire des brutes soit encore aimée par son chien ; mais aussi que la plus attentionnée maîtresse soit dévorée par ses molosses : quel manque de discernement se dit-on.
Seulement, le chien est un animal de meute, qui ne connaît qu’une chose : le respect du chef – le célèbre mâle alpha, et la violence à utiliser pour l’être. Si vous parvenez à vous faire « aimer » de votre chien c’est que vous êtes pour lui le mâle alpha, ce qui fait que ses manifestations d’intérêts ne sont que des efforts pour se maintenir dans les bonnes grâces du chef.
Maintenant si vous êtes le mâle oméga… méfiez-vous ! Parce que dans les meutes, lors de certains accouplements, le mâle oméga est celui qu’on appelle « le mâle du dessous » : vous voyez la scène ?
(1) Cf. « Plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien. » citation du 22 mars 2007
(2) « Mon chien m'aime comme on aime le bifteck.», disait Alphonse Karr

Tuesday, January 15, 2008

Citation du 16 janvier 2008

Dans quelques années, les avions seront pilotés par un commandant et un chien. Le travail du chien sera de surveiller les boutons pour que le pilote ne touche à rien.
Scott Adams (né en 1957 ; créateur du personnage Dilbert)
Citation idiote : parce que, si le travail du chien est d’empêcher le pilote de piloter, quel va être le rôle du pilote ? De taquiner l’hôtesse de l’air (ou le steward selon ses goûts) ? De porter un bel uniforme pour rassurer les passagers (Y a-t-il un pilote dans l’avion ?).
Là où la machine fait mieux que l’homme dans les tâches techniques, y aurait-il encore des fonctions dont l’homme serait l’unique titulaire ?
On connaît la réponse habituelle : l’homme est là pour assumer la responsabilité. La machine est non responsable, et l’homme doit confirmer ses options, quitte à les modifier le cas échéant : c’est lui le maître à bord.
Oui, mais s’il est maître à bord après le chien, que lui reste-t-il comme responsabilité ?
Aucune, parce qu’en tout état de cause, la machine fait mieux que l’homme. Et ça ne concerne pas que les avions et les fusées; et ça ne date pas d’hier. La catastrophe de Tchernobyl aurait-elle eu lieu sans l’intervention des techniciens ?
Alors, que faire des hommes ? Les pilotes dans les avions auront-ils un jour pour seul rôle de taper le carton avec les passagers en attendant l’heure de l’apéro ?
Mais non, pas du tout : il y aura toujours un forcené à ramener à la raison, ou une femme à accoucher avant d’atterrir…

Thursday, June 29, 2006

Citation du 30 juin 2006

«L’amour, c’est l’infini à la portée des caniches.»
Céline
Après la cristallisation (Cf. Citation du 28 juin), le rut. Après Stendhal, Céline. Où allons-nous ?
On aurait dû le fusiller Céline. On aurait dû. Pas seulement parce que c’était un collabo hostile à Pétain parce qu’il le trouvait trop tiède ; pas seulement parce que c’était un antisémite pire que les nazis ; mais aussi parce qu’il a osé humilier le plus noble sentiment humain : l’amour. Quel Salaud ! Au mur… Douze balles dans la peau…
Pas besoin de réfléchir pour écrire ça. Et si on réfléchissait ?
L’amour, chez le caniche relève de la mécanique des instincts : vous avez vu comme il est capable de confondre votre jambe avec sa femelle ? Donc l’amour chez l’homme déjà c’est ça. Mais c’est aussi l’infini du sentiment qui vous soulève, vous emmène dans un monde sublime, où peut-être même vous rencontrerez le divin. Ce que dit Céline c’est que cet infini là, c’est l’effet de la testostérone qui inonde vos veines (1) dès que l’occasion s’en présente ; c’est le fruit du prurit de la chair.
Alors, c’est là qu’on a envie de le fusiller, Céline. Blasphème ! Insulte à ce que l’humanité a de plus sacré !
Alors il va falloir fusiller aussi Freud, et tous les psys qui vont avec. Un seul exemple : la sublimation. La sublimation, c’est bien l’infini à la portée des caniches, sauf que les caniches n’auraient pas besoin de créer des activités socialement valorisées pour éprouver de la jouissance : pas besoin d’être musicien, pas besoin d’être sœur Thérésa, pas besoin d’être Héloïse aimant Abélard même après son petit accident. Le caniche n’en a pas besoin pour jouir, mais l’homme si. Toute la différence est là.
L’amour, chez l’homme, c’est le caniche plus l’infini.
(1) Le dames traduiront dans leur propre système physiologique