Monday, January 12, 2015
Citation du 13 janvier 2015
Wednesday, October 29, 2014
Citation du 30 octobre 2014
Friday, February 14, 2014
Citation du 15 février 2014
Pour aimer il faut un cœur, pour consoler il faut une âme et un cœur.
Tuesday, February 11, 2014
Citation du 12 février 2014
Monday, October 13, 2008
Citation du 14 octobre 2008
Ou bien il faut dire, voilà ce que c’est que l’instinct, voilà ce que c’est que la pensée, et voilà comment l’un s’oppose à l’autre. Et on n’est pas sorti de l’auberge.
Je ne me risquerait donc qu’à considérer la dernière question : quelle différence entre l’instinct et la pensée ?
Et pour répondre sans recourir à des définitions qui appelleraient des contestations infinies, je prendrai un exemple.
Monsieur Jourdain – avouez que vous ne l’attendiez pas celui-là – quand il voit la belle marquise, que fait-il ?
Supposez qu’il ait une érection : voilà l’instinct, voilà l’âme de monsieur Jourdain à quatre pattes.
Maintenant, supposez qu’il lui dise : « Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour ». Voilà l’esprit debout (et pas sur les pattes de derrière).
Bien sûr ça n’empêche par Monsieur Jourdain de s’exciter pendant ce temps là comme une bête, et de regretter que les mots ne relaient pas la puissance de cet élan. Mais on a ici quelque chose de plus, et ce quelque chose passe par le langage.
Voilà où je voulais en venir : dès qu’il y a pensée, il y a langage. Le langage peut même transmuter l’instinct en pensée, quoiqu’il ne puisse le faire qu’en l’altérant.
Le propre de l’instinct c’est d’être corporel sans médiation : le cri en est une expression bien évidente (1). La pensée peut trouver son origine dans le corps, mais elle suppose toujours une distance, une médiation que le langage ne fait que rendre possible.
Alors, vous les amoureux, ne dites pas que les mots sont trop petits, trop étroits pour l’immensité de votre amour. Vous dites qu’après les mots il n’y a que d’autres mots. Peut-être.
Mais ne le regrettez pas, parce qu’en dehors des mots, il n’y a que le rut.
(1) Dans l’exemple choisi on penserait au brame de cerf (et en effet monsieur Jourdain ne brame pas).
Trouvé ça sur un site d’ami des cerfs :
Le brame du cerf – Au début de l’automne, des cris rauques et profonds retentissent dans la forêt. Le brame est le mot qui désigne à la fois le cri du cerf et la période du rut.
Les deux phénomènes sont très liés.
Le brame se déclenche chez le mâle en présence des femelles et à cause d’une poussée de testostérone (hormone sexuelle).
Friday, May 16, 2008
Citation du 17 mai 2008
Comme venant et nous en allant, nous touchons à la bête ! Il semble que l'âme ne préexiste pas et que c'est une acquisition des années.
Edmond et Jules de Goncourt - Journal - 31 octobre 1860
Qu’on ne s’y trompe pas : l’enfant est le seul être devant qui les Goncourt se pâment d’émotion et d’admiration. L’enfant, et non le nourrisson, comparé un petit cochon de lait (voir l’extrait du texte en annexe).
Qu’est-ce que l’âme ? C’est avec cette question que nous avions ouvert le Post du 28 avril 2008. Mais on ne fait pas si vite le tour d’une telle question.
L’originalité de cette citation, c’est que reprenant l’idée de Rousseau sur la perfectibilité humaine, les Goncourt observent que si l’âme est une création de la vie – il faudrait dire : de l’existence – alors elle peut être un peu plus courte qu’elle. Si elle ne commence pas avec la vie, elle peut aussi finir avant elle : nous en allant, nous touchons à la bête.
Voyez nos préjugés : il ne nous semble pas scandaleux de considérer que l’enfant qui vient de naître n’est pas tout à fait pourvu d’une âme – esprit ou conscience ; bref, qu’il n’existera vraiment comme être humain qu’un peu plus tard (1) - même si par précaution on dira que « le bébé est une personne ». Par contre qui donc dira que Mamie Alzheimer n’est plus un être humain, du moins qu’elle n’a plus d’âme ? Essayez simplement de dire cette phrase à haute voix, même sans personne pour vous entendre : n’allez-vous pas frissonner comme pris dans un mauvais courant d’air ?
(1) « L’enfant est un candidat à l’humanité » disait le psychologue Piéron.
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Voici l’extrait : J'ai vu deux enfants de quelques jours aujourd'hui. Ce sont vraiment des ébauches de créatures, que la mère devrait un peu plus longtemps nourrir dans son ventre. La guenille n'est pas assez formée, quand elle vient. C'est une pâte humaine, encore trop écrasée par la matrice et qui respire par tout le corps. Cela frémit et tressaute comme un petit cochon de lait. Comme venant et nous en allant, nous touchons à la bête ! Il semble que l'âme ne préexiste pas et que c'est une acquisition des années.
Friday, March 24, 2006
Citation du 25 mars 2006
« Le moi se compose d'une âme, d'un corps et d'un vêtement. »
William James
Bonjour les fashion victimes ! C’est à vous que s’adresse la Citation du jour. A vous les toxicos de la fringue, à vous les damnés de l’accessoire et de la fripe, vous qui désespérez de vous délivrer un jour de votre addiction : voici William James - soi-même - qui vient vous réconforter.
Qu’est-ce que le moi ? C’est la conscience que j’ai de moi-même. Bon. Je suis donc une âme et un corps. Oui, mais je suis aussi ce que les autres voient de moi ; et pour autant que nos sociétés le permettent, je peux tenter de traduire cette intuition dans cette apparence. Et cette apparence, c’est le vêtement.
En m’habillant, certes, je me cache : je me protège des intempéries, et je dissimule aux autres ce que ma maman m’a appris à dissimuler. Mais je ne me contente pas de cela : en m’habillant, je me montre aussi.
Alors bien sûr cette exhibition peut être dissimulation : l’habit ne fait pas le moine. Elle peut encore être une dénaturation contre laquelle a été inventée la pratique du vendredi libre (où l’on s’habille un jour par semaine comme bon nous semble). Mais elle est aussi une traduction en terme de formes de couleurs etc. de cette personnalité que nous voulons être. Et pas seulement pour moi : aussi pour les autres - surtout pour les autres.
Alors vous, les fashion victimes, qu’est-ce qui fait de vous des victimes ?
C’est le changement permanent de la mode. Depuis longtemps on l’a dit : la mode, c’est ce qui se démode. D’où la nécessité de renouveler des vêtements encore utilisables ; ruineux, mais banal. Mais surtout la mode c’est ce qui fabrique, de façon collective, une personnalité, un moi vestimentaire. Et là le changement, incontrôlable par l’individu, devient très gênant ; je ne peux plus me « traduire » dans le vêtement. Bien au contraire : c’est lui qui me traduit, c’est à dire qui me transpose dans un style qui ne m’appartient pas, qui m’est imposé, qui devient une marque d’appartenance à un groupe (par exemple celui des Djeun’z ou des Seniors ou des Ménagères de moins de 50 ans (non, là je blague)).
Bref, voilà le diagnostic : les fashion victimes ont un nous à la place du moi.
Vous le saviez déjà ? Bon je ferai mieux demain.

