Ça, jamais !
Wednesday, April 12, 2017
Citation du 13 avril 2017
Ça, jamais !
Monday, April 20, 2015
Citation du 21 avril 2015
Thursday, December 04, 2014
Citation du 5 décembre 2014
Lisons la suite : Et leurs émotions, leur amitié, leurs gestes nobles gardent à mes yeux leur valeur entière de miracle : un entier effet de la grâce. Ne plus exiger le miracle, mais le recevoir comme une grâce.
Wednesday, May 21, 2014
Citation du 22 mai 2014
Saturday, July 10, 2010
Citation du 11 juillet 2010
Tuesday, October 20, 2009
Citation du 21 octobre 2009
S’offrir quand tout se vend.
Miss.Tic – Siné Hebdo – Août 2009
Comment échapper à la société marchande et à l’inéluctable logique de l’échange et du profit ?
Réponse : c’est le don et lui seul qui peut casser cette abominable nécessité.
Mais on sait que le don est en général suspect d’être en réalité un échange suspendu – ou différé. Je donne pour recevoir.
Comment échapper à ce soupçon ?
La réponse est très simple : offrir ce qui ne peut absolument pas se vendre, parce qu’aucune contre partie n’est pensable. C’est donc s’offrir soi-même, faire don de soi. Si se donner soi-même était un échange, alors contre quoi est-ce que je m’échangerais ? Rousseau l’a dit : se vendre dans la totalité de son être, c’est se faire esclave et c’est un marché de dupe parce que rien ne peut compenser ce qu’on fournit en se faisant esclave d’autrui (1).
Attention : s’offrir, c’est un acte total, qui ne se rencontre dans l’amour ou dans l’union mystique, quelque chose de très absolu. Si j’offre mon corps, en supposant par là qu’il y a un résidu qui est mon âme et que je conserve dans mon intimité, alors je reste dans l’échange. Je te donne du plaisir à condition que tu m’offres en échange de la jouissance – sinon de l’argent, ou la sécurité, ou une famille avec enfants, chien et belle-mère….
Voilà donc le message : seul l’amour est résolument anarchiste et c’est pour ça qu’il a droit à sa page dans Siné-Hebdo.
Maintenant, tout n’est peut-être pas si simple. Même si on laisse de côté le soupçon qui plane sur la réalité du don amoureux (la jalousie, n’est-ce pas, suppose qu’on réclame un droit sur l’autre en contre partie), il reste à trouver celui qui va accepter ce don, avec l’écrasante responsabilité qui l’accompagne.
Et si c’était plus facile d’aimer que d’être aimé ?
(1) Rousseau (Contrat social – I, 3)
Il est vrai que dans le même chapitre il considère que le fait de se donner est l’acte d’un fou. L’amour serait donc folie ?
Saturday, August 15, 2009
Citation du 16 août 2009
C'est une des pires humiliations de la vieillesse, de ne rien recevoir que de la pitié.
Lamennais
La pauvreté, c’est comme la richesse : ça pourrit tout.
Quand vous êtes riche toute l’affection qu’on vous donne est suspecte d’être intéressée.
Quand vous êtes pauvre les secours qu’on vous apporte le sont par pitié.
Est-il donc si difficile de donner ? Je veux dire : vraiment donner, sans chercher une contrepartie (reconnaissance ou part de Paradis), sans vouloir effacer une culpabilité ou je ne sais quoi ?
Chacun répondra en son âme et conscience, mais je remarquerai simplement que nous ne vivons pas dans une société du don – et encore moins dans une société charitable.
La vieillesse était autrefois respectée, les vieux étaient non seulement dépositaires d’une expérience et d’un savoir dont les plus jeunes avaient besoin, mais encore ils étaient par leur proximité de la mort les intercesseurs avec les mânes des ancêtres dont ils allaient bientôt faire partie : mieux valait être en bons termes avec eux…
Mais il faut croire que déjà à l’époque de Lamennais c’était fini : la vieillesse n’était plus que ce qui rime avec faiblesse. Des économiquement faibles comme on disait autrefois…
Où est le progrès depuis le 19ème siècle ? A-t-on réussi à faire une petite place aux vieux dans nos cœurs ? Sont-ils respectés, à défaut d’être aimés ?
Bien sûr que non… Mais on a trouvé quand même quelque chose : ça s’appelle la retraite, et c’est sonnant et trébuchant. Oh, bien sûr ce ne sont pas des parachutes dorés, mais ça amortit bien quand même les aléas de l’existence. Pas de chômage à craindre, pas de perte de revenus. Le retraite, ça tombe tous les mois, et ça ne dépend pas de la pitié des autres.
Enfin : pas pour le moment…
Friday, June 19, 2009
Citation du 20 juin 2009
Tout créateur sort de la norme. Toute innovation est anormale.
Boris Cyrulnik – L'Ensorcellement du monde
- Dites donc, les Parents, votre gamin, là, il serait pas surdoué par hasard ?
- Lui ? Comment pouvez-vous dire une chose pareille ? A l’école, on fait comme s’il n’existait pas ; il est toujours seul et il ne joue jamais avec les autres dans la cour de récréation. Et puis en classe, c’est un rêveur qui n’écoute pas ; ou bien, il fait autre chose que ce qu’on lui demande.
Mais qu’est-ce qu’on va pouvoir faire de lui ?
- Rassurez-vous, chers parents : les surdoués ne sont pas seulement ceux qui battent leur père aux échecs à 6 ans ou qui savent jouer Jésus que ma joie demeure à 2 ans et 8 mois (1).
Car, voyez-vous, les plus doués de nos contemporains sont de deux ordres : il y a ceux qui font marcher ce que d’autres ont inventé – ou qui inventent ce qu’on voudrait voir fonctionner. Et puis il y a ceux qui créent ce à quoi on n’avait jamais pensé, des ingénieurs de génie ou des artistes. J’ai toujours été déçu qu’Einstein ait été impliqué dans le projet Manhattan : non pas que ce fut un projet criminel, mais parce que le génial inventeur de la Relativité ne pouvait être aussi le technicien qui applique ses découvertes à une réalisation aussi prosaïque que la Bombe.
Revenons à nos bambins : voyez ce petit garçon. C’est bientôt Noël, et sa grand-mère lui dessine un paysage de neige avec des sapins sur une feuille pendant qu’il la regarde. Le dessin est terminé : il prend une gomme, efface les sapins et redessine par-dessus ceux qu’il préférait imaginer.
C’était pas le mieux pour recevoir de beaux cadeaux à Noël, mais ça permet d’espérer de devenir quelqu’un d’intéressant plus tard…
(1) Le surdoué de l’année il s’appelle Edwin, et son histoire est racontée ici
Sunday, December 28, 2008
Citation du 29 décembre 2008
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Sunday, November 23, 2008
Citation du 24 novembre 2008
Quoi qu'on fasse d'illustre et de considérable, / Jamais à son sujet un roi n'est redevable.
Corneille – Le Cid
Nous ne sommes point redevables à celui de qui nous recevons un bienfait par contrainte, et on ne nous donne point ce qu'on ne saurait nous refuser.
Corneille – La Place Royale (À Monsieur)
Grandeur et misère de la condition de roi…
Un roi, du fait de sa toute puissance, ne recevra jamais un don. Le plus pauvre de ses sujets lui ne recevra que des dons.
Traduction pour notre époque :
Pour le riche tout s’achète. Pour le pauvre, tout est gratuit. (Voir post du 12 septembre 2008)
N’est-ce pas un peu naïf ? Car on pourrait dire que si le pauvre crève de faim, c’est précisément parce qu’il dépend de la générosité des autres…
On pourrait aussi revenir sur cette difficulté du don, gratuit et pourtant indispensable pour que la vie continue son cours…
Nous nous contenterons de réfléchir aux prolongements socio-politiques de cette situation.
1 – Dans nos sociétés démocratiques bâties sur un contrat social (au minimum une déclaration des droits de l’homme), la générosité est instituée : les pauvres sont à la charge de la communauté qui doit les secourir. Il n’y a donc pas de générosité (au sens moral), pas de charité (au sens religieux). Du moins ce n’est pas la base du lien social.
2 – Justement : le lien social qui ne vient pas de la générosité, d’où vient-il ?
Qu’est-ce qui fait que ma retraite est payée par ceux qui travaillent, que l’impôt des autres serve à payer les soins que je reçois (puisque trou dans la sécu il y a), et que, s’il y a une guerre, des braves jeunes gens vont se faire tuer pour protéger ma maison ? Puisque ce n’est pas un don gratuit, qu’est-ce que c’est ? La contrainte ? L’espoir de réciprocité ? Ceux qui "donnent" le font soit parce qu’ils ont les gendarmes à leur porte ou alors parce qu’ils espèrent bénéficier des mêmes avantages ?
Pour trouver la réponse, on va aller voir chez les grecs :
--> Le roi en grec se dit soit basileus, soit anax. L’anax de l’Iliade n’est pas tout à fait synonyme du basileus : l’anax est bien le roi, mais en tant qu’il rassemble un peuple – ici les Hellènes. Agamemnon est dit « anax » ; Ménélas est simplement « basileus ». Le souverain c’est celui qui rassemble un peuple, comme le berger son troupeau. Réciproquement, un peuple n’existe que quand il est rassemblé par un pouvoir souverain (1). Le peuple est alors appelé « laos » (et pas demos).
--> Dans les démocraties, le peuple est solidaire parce qu’il s’est assemblé dans une volonté unanime de former un tout. C’est ce que rappelle Rousseau dans le Contrat social ; et c’est de cela que découle le lien social qui il est d’abord un lien politique.
Appelons ça la "solidarité"
(1) Façon de dire aussi que le pouvoir souverain est antérieur à un choix du peuple. Voir Agamben - Homo sacer