Sunday, March 09, 2014
Citation du 10 mars 2014
Saturday, October 05, 2013
Citation du 6 octobre 2013
3 – La propreté,
est l'image de la netteté de l'âme, elle contribue à réaliser ce que le
fidèle doit être pour se tourner vers son Dieu. Les ablutions sont des rituels
religieux extrêmement détaillés et rigoureux, qu’on ne peut se dispenser de faire,
même quand l’eau devient rare comme dans les déserts.Tuesday, May 10, 2011
Citation du 11 mai 2011
Le début de l'hygiène, c'est haïr les microbes des voisins.
Réjean Ducharme – L'hiver de force
Ce sont nos amis québécois qui pourraient nous parler plus savamment que je ne saurais le faire de Réjean Ducharme. Moi ce qui me fascine en cet homme, dont je ne connais pas l’œuvre – pour l’instant du moins – c’est le fait qu’il n’existe que deux photos de lui : l’une quand il était jeune homme et une autre où il est jeune encore et en trappeur. Comme il doit avoir aujourd’hui 70 ans, je trouve que cette constance dans le refus de l’image est un exemple magnifique de volonté et de persévérance.
Hygiène rime avec exogène – ou plutôt endogène. Enfin, vous m’avez compris : se considérer pollué par des microbes, c’est aussi se sentir envahi par des corps étrangers, radicalement différents de ceux qui sont en nous.
Nos microbes, ça va – Mais ceux des autres : danger !
Je note que selon notre auteur, la haine des voisins est un sentiment qu’on va valoriser et juger positivement, parce que nécessaire à la santé. Les étrangers sont malsains et malpropres, mais bien entendu l’hygiène n’est ici qu’une allégorie.
Tout cela est bien connu, et je ne m’y attarderai pas. Sauf que… Si les étrangers sont tellement inquiétants, c’est pour l’étrange paradoxe qu’ils manifestent. C’est que les étrangers sont à la fois différents de nous mais aussi comme nous : ces hommes, ces femmes, ces enfants pourraient faire partie de notre famille – et c’est bien pour cela que nous les rejetons comme une menace.
C’est à Freud qu’on doit l’analyse de cette angoisse soulevée par la présence de cette « inquiétante étrangeté » (1) : je ne me risquerai pas à détailler en si peu de lignes la thèse développée par Freud, mais qu’on se rappelle simplement que l’exemple qui lui sert de support est celui du conte d’Hoffmann Der Sandmann (p. 55 de l’édition électronique) mettant en scène un automate étrangement ressemblant à une femme véritable ; où l’on découvre finalement que ce qui inquiète c’est précisément que cette machine nous ressemble, mais sans pour autant s'identifier à nous : l’étranger nous angoisse parce qu’il apparait comme notre double.
En tout cas voilà une thèse qui renouvelle la question de la xénophobie en nous épargnant les propos si convenus sur la concurrence économique et les flux migratoires : car l’étranger, c’est peut-être déjà mon voisin qui est berrichon.
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(1) Sigmund Freud – L’inquiétante étrangeté – Traduction de Marie Bonaparte et E. Marty – On peut lire ici le texte de Freud accompagné d’une fort intéressante introduction de François Stirn.
Saturday, September 11, 2010
Citation du 12 septembre 2010
Ne sait-on pas que la morale est pour les prêtres ce que l'hygiène est pour les médecins ?
Rivarol – Seconde lettre à Necker
Hier, nous avons établi que pour que certaines citations soient aujourd’hui admissibles il faudrait en inverser la formulation.
Avec cette citation de Rivarol, c’est à peu près la même chose, à cette différence près que cette inversion était nécessaire déjà à l’époque où elle a été écrite. L’hygiène médicale a repris presque textuellement les prescriptions morales des prêtres, dans le domaine de la vie sexuelle particulièrement.
On lira à ce propos le livre d’Alain Corbin intitulé : l’harmonie des plaisirs, et sous-titré : Les manières de jouir du siècles de Lumières à l’avènement de la sexologie.
Pour faire simple, Corbin rappelle que les médecins hygiénistes, ont repris les interdits religieux concernant l’exercice de la sexualité. Mais ils l’ont fait en établissant une rigoureuse économie de la semence mâle, doublée d’un contrôle de la sexualité féminine. Il ne s’agit plus ici de salut de l’âme, mais de préservation de la fertilité des individus, et aussi de préservation de leur santé. Là où les prêtres parlaient d’interdits divins, ils parlent de « vœu de la nature ». Là où la religion voit dans l’excitation sexuelle un péché mortel, les hygiénistes parlent de dégénérescence et de risque de mort. On pense bien sûr au manuel de Tissot (voir ici l’article bien documenté de Wikipédia), mais Corbin en cite bien d’autres.
On ne saurait être plus explicite.
Mais, alors que l’église voit dans la procréation la seule justification de la sexualité, en sorte que c’est vu sous cet angle que la masturbation est un vice particulièrement odieux (1), la médecine fait de la semence mâle un liquide précieux qu’il convient de ne répandre que dans le « vase féminin ».
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(1) Nous avions eu l’occasion de rappeler que le péché d’Onan est bel et bien d’avoir préféré répandre sa semence sur le sol plutôt que d’en féconder sa belle sœur comme il en avait reçu l’ordre de son propre père (voir ici).
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