Wednesday, January 04, 2017
Citation du 5 janvier 2017
Monday, November 24, 2014
Citation du 25 novembre 2014
Sunday, July 16, 2006
Citation du 17 juillet 2006
Parce que tu m’as vu, tu as cru : bien heureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru.
Evangile selon Jean - 20, 29
C’est Jésus le Ressuscité qui parle. Thomas, l’apôtre sceptique a demandé à enfoncer ses doigts dans les plaies du Christ avant de croire au Miracle de le Résurrection.
Avait-il tort, Thomas de refuser de croire le récit de Marie qui a vu le tombeau vide? Avec les autres disciples elle a vu le Christ ressuscité, il leur a montré ses plaies… Ils ont tous raconté à Thomas ce qu’ils venaient de voir. Mais Thomas ne croit pas leur récit : il veut voir par lui-même. La parole peut être creuse, la réalité est pleine : pas de vérité qui ne soit un accord observable entre ce qui est dit et ce qui est. Thomas a donc raison, et d’ailleurs le Christ lui-même a présenté ses stigmates aux disciples pour les persuader de son identité. Alors, pourquoi lui reprocher son exigence ?
En fait nous sommes ici dans cette catégorie de vérité qu’on appelle « vérité de témoignage » : tous les jours nous croyons ce que nous lisons dans les journaux alors que nous ne pouvons pas vérifier l’exactitude de ces informations. Simplement nous ne croyons pas n’importe quelle source ; nous avons choisi un journal pour la fiabilité et le sérieux de ses reporters. Donc : Thomas ne croit pas les autres apôtres. Seulement il doit croire le Fils de Dieux lorsqu’il dit « Je suis ressuscité » ; comme on dit, c’est « parole d’Evangile ». La source est ici garantie absolue d’absolue vérité. Telle est l'origine de la Foi.
S’agit-il de définir, comme le faisait Alain, la foi par la croyance (1) ? La parole de Dieu est vérité. Ceux qui possèdent la foi rencontrent Dieu dans la certitude qu’ils éprouvent de l’évidence que ces vérités émanent de Lui. Pour la Foi, pas de preuves : la vérité fait partie d’une expérience mystique. Voilà pourquoi, « ceux qui, sans avoir vu, ont cru », sont des « bien heureux ».
Au pire, Thomas n'est pas à blâmer, mais à plaindre, car il n'a pas la foi.
(1) La foi consiste à « croire sans preuve, et même contre les preuves » dit Alain
Thursday, April 13, 2006
Citation du 14 avril 2006
« Vous n’y comprenez rien et vous ne comprenez pas que c’est votre avantage qu’un seul homme meure pour que la nation ne périsse pas toute entière . »
Evangile selon Jean – 26, 49-50
Le choix du Caïphe, ça vous dit quelque chose ? Non ? Vraiment rien ? Bande de mécréants, alors c’est moi qui doit vous l’expliquer ? On aura tout vu…
Voilà. Jésus fait beaucoup d’adeptes et certains juifs vont trouver les grands prêtres pour leur raconter ce qu’il a fait. Ceux-ci se réunissent en Conseil, et s’inquiètent : si les Romains croient qu’il menace leur autorité, ils risquent de détruire le Temple et même le peuple juif tout entier. C’est alors que le Grand Prêtre, nommé le Caïphe, se lève et déclare qu’il faut sacrifier Jésus en le dénonçant au Romains, pour le bien du peuple. Voir citation.
N’allez pas imaginer que je vous prépare à faire vos Pâques ! Il s’agit en fait d’un dilemme moral : peut-on, en calculant le plus grand bien réalisable, sacrifier un innocent, ou bien la vie d’un seul innocent est-elle sacrée quoiqu’il en coûte en perte d’autres vies innocentes ?
- Si vous faites le premier choix, vous êtes conséquentialiste : vous pensez qu’il faut accroître le bien et diminuer le mal globalement dans le monde ; et donc, dans certains cas il est possible de transgresser l’interdit moral (dénoncer un innocent), dans l’espoir d’en tirer profit pour un plus grand bien pour tous. Je respecte l’interdit « Tu ne tueras point » ; mais je le ferais si je sauve ainsi la vie de nombreux innocents.
- Si vous faites le second choix, vous êtes déontologiste : le devoir de respecter les valeurs est inconditionnel, et il est même inconcevable de faire un calcul rationnel là où la puissance de la valeur s’impose par le respect qu'elle inspire à notre conscience. « Il faut parce qu’il faut » disait Kant. Et donc je refuserai de dénoncer un innocent, même s’il en coûte un massacre des innocents. Car je resterai innocent moi-même.
Vous trouvez très ennuyeux de faire un tel choix ? C’est parce que vous n’êtes pas habitué : la vie morale, ça n’a rien à voir avec la gestion des conflits !