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Monday, August 07, 2017

Citation du 8 aout 2017

Robin des Bois n’a pas pris aux riches pour donner aux pauvres, il a pris à l’Etat pour rendre aux victimes des taxes.




Robin des Bois
Alors les riches sont toujours gagnants ? Soutenu par le gouvernement ils font la pluie et le beau temps dans le royaume – entendez : la pluie pour les pauvres et le beau temps pour les riches ? Il n’y a donc personne pour les secourir ?
Mais si ! Voici Robin des Bois !
Mais, que fait-il ? « Défenseur avec ses nombreux compagnons des pauvres et des opprimés, il détroussait les riches au profit des pauvres ou rendait au peuple l'argent des impôts prélevés, selon les idéaux des auteurs. » nous dit Wiki.
Oui, certes : il a détroussé aussi les riches pour rendre aux pauvres. Mais ce que certains veulent retenir aujourd’hui, c’est surtout qu’il a été un héros libéral, luttant contre un Etat qui, non seulement assomme le pauvre peuple d’impôts, mais aussi – et surtout –  qui prive les entreprises des ressources de leur industrie par les taxes qui grèvent leurs bénéfices et réduisent les dividendes versés aux actionnaires.
Certes du temps de Robin, on ne se posait guère la question de savoir si ces taxes seraient ou non dans l’intérêt du peuple. Les services publics sont à cette époque inconnus, le chemin qui dessert Sherwood passe par la forêt et on se doute qu’il n’a pas couté un centime à la voierie du comté. Quant à l’école communale et au centre de santé publique, n’exagérons pas : nous sommes au moyen-âge quand même !
Bref : imaginez que vous soyez aujourd’hui adepte des méthodes de Robin des Bois. Que faites-vous ? Vous allez à Notre-Dame des Landes, vous construisez une cabane dans les arbres et vous occupez le terrain prêt à jeter des tomates et des œufs pourris sur les CRS ?
Très bien. Mais pendant ce temps, les taxes et les impôts vont grimper. Si vous ne faites rien, personne ne viendra pour aider le pauvre peuple.
Vite ! Descendez de votre arbre et allez faire des barrages sur les routes, occuper les sorties de raffineries et les barrières de péages autoroutières.

Mais réfléchissez bien avant, en consultant les statistiques d’opinion : si vous n’êtes pas majoritaire, vous allez sentir la brutalité des forces de l’ordre s’abattre sur vous. Les Robins d’aujourd’hui ne peuvent rien sans les sondages. Leurs vrais alliés s’appellent BVA, SOFRES ou encore CSA.

Saturday, August 05, 2017

Citation du 6 aout 2017

Il faut prendre l'argent là où il se trouve, c'est-à-dire chez les pauvres. Bon d'accord, ils n'ont pas beaucoup d'argent, mais il y a beaucoup de pauvres.
Alphonse Allais (1856-1905)
Chers amis, ne vous énervez pas tout de suite : oui, je prendrai également le point de vue du peuple et ce sera même pour bientôt. Mais en attendant, suivons s’il vous plait l’ordre logique.
- Si on veut trouver beaucoup d’argent, l’ordre logique consiste à prendre non pas à ceux qui ont le plus, mais qui ne sont pas nombreux, mais à ceux qui n’ont pas beaucoup mais qui sont des myriades. On se lamente parce que 1% de la population mondiale possède 50% des richesses ? Éh bien tirons-en les conséquences et prenons aux pauvres, qui constituent 99% de la population. Et même, au lieu de prendre beaucoup aux riches, prenons partout pareil, et sur cent fois, les pauvres payeront 99 fois alors que les riches ne payeront qu’une.
Inutile de faire durer le suspens, et d’ailleurs vous avez déjà deviné : il s’agit, non pas de créer un impôt sur la pauvreté mais d’augmenter les taxes à la consommation. Et en plus, ni vu ni connu : le percepteur et l’huissiers sont des personnages fort peu populaires et il est très difficile de les montrer. Les taxes passent mieux parce qu’elles peuvent rester inaperçues. Elles sont indolores pour les riches et elles sont payées par des ribambelles de pauvres, sans que leurs protestations soient audibles.
Oui, mais, quand même : augmenter les taxes, ça se remarque : un point de TVA en plus et vous allez avoir les assoc’ et les syndicats dans la rue : comment faire ?
Notez alors que les nécessiteux ont souvent recours à des subventions pour survivre. Donc la solution à l’impécuniosité de l’Etat est facile à trouver : plutôt que de prendre aux pauvres, évitons de leur donner : d’où l’initiative consistant à retirer aux plus démunis 5 euros par mois sur les APL. Bon ça a râlé, ça c’est sûr. Mais n’empêche que cette mesure reste efficace puisqu’elle va remettre de l’argent dans les caisses de l’Etat.

Souvent le problème est que ce qui remplit les caisses de l’Etat vide les urnes où le gouvernement vient chercher un nouveau mandat. Mais voyez comme c’est : à l’heure actuelle cette seconde préoccupation est encore très lointaine.

Sunday, November 06, 2016

Citation du 7 novembre 2016

Il [le prince d'Orange] a montré de bonne heure ce qu'il savait faire, il a mordu le sein de sa nourrice : elle en est morte, la pauvre femme ; je m'entends, il suffit.
La Bruyère – Les caractères XII
Et sur les seins cléments met sa bouche lassée / Mais il ne tente plus comme au cours du combat / De mordre méchamment les chairs endolories / Et d’arracher du lait aux mamelles taries
Pierre Louÿs – (Lu dans Le Clavier Cannibale)

On lit dans le Littré : « mordre le sein de sa nourrice » signifie attaquer les choses ou les personnes auxquelles on est redevable de son éducation, de sa fortune. On dit dans le même sens : « battre sa nourrice ».
Oui, pour faire comprendre la cruauté de l’homme, le plus fort est sans doute de montrer comment par cet acte se transforme la reconnaissance et l’amour qui devrait résulter de ce don merveilleux du sein maternel, en le mordant au lieu d’en jouir avec bonheur.



Mais bien sûr ce n’est pas cela qui retient l’attention aujourd’hui : l’image du bébé mordeur fait long feu, les bib’ on remplacé les seins lactifères.
C’est qu’à présent notre nourrice a changé de nature : au lieu de la maman c’est de la générosité l’Etat que nous recevons les biens qui vont nous permettre de vivre, non seulement quand nous sommes petits enfants, mais aussi quand devenus plus grands et que le moindre écueil s’oppose à notre vie, nous touchons remboursements, indemnités, RSA… et même Revenu Universel !


Alors, si on mord la nourrice, ce n’est plus par férocité mais, par avidité : comme le dit Pierre Louÿs, « on mord méchamment le sein endolori / (Pour) arracher du lait aux mamelles taries. » 
- Ce Revenu Universel, c’est pour bientôt ? 
Mais déjà on entend que le montant envisagé (Maximum : 1000 euros mensuels) ne satisfait personne. Toujours plus !
o-o-o
On me reprochera peut-être de reproduire un discours que les néoconservateurs américains ne désavoueraient pas.  Bien sûr, il n’est pas question de remettre en cause un principe de solidarité qui, depuis plus de deux siècles, est un idéal que notre société porte avec fierté.

Toutefois, quand je ressors de la pharmacie avec les médicaments payés par la S.S., il se trouve que je ne sais même pas combien ça a coûté : est-ce que je ne suis pas un peu irresponsable ? Est-ce que je ne fais pas le bébé-suçeur ?


Pour plus informations sur l'allaitement maternel, revenez demain... si vous le voulez bien.

Tuesday, February 23, 2016

Citation du 24 février 2016

Le vrai moyen de faire contribuer tout le monde, c'était de mettre des impôts sur les consommations    
Condillac – Le Commerce et le gouvernement considérés relativement l’un à l’autre (1776)
Faire contribuer tout le monde ? En 1776 ? Voilà des propos révolutionnaires qui risquaient de faire embastiller leur auteur. Car la société d’Ancien Régime est une société de privilèges, qui se traduit (entre autre) par l’inégalité de l’impôt. La noblesse aimait répéter qu’elle payait déjà un impôt : celui du sang puisqu’elle devait porter les armes pour protéger le Royaume.
Restaient donc les taxes (= impôts sur les consommations) qui sont alors considérées comme l’impôt le plus égalitaire, puisque chacun quelque soit son rang ou sa fortune acquitte les mêmes.
Occasion de rappeler ce qu’on sait depuis Aristote : il ne faut pas confondre l’égal et l’équitable. Lorsque vous achetez votre baguette de pain, vous acquittez la même taxe, que vous soyez riche ou pauvre. Mais pas besoin de sortir de Polytechnique pour comprendre qu’en raison de l’inégalité des ressources, ça n’est quand même pas tout à fait la même chose.
Ce que nous voulons aujourd’hui, c’est que, d’une part, tout le monde ne paye pas l’impôt, mais qu’en outre celui-ci soit progressif et proportionnel à la fortune. Ce qui est diamétralement opposé aux principes de l’Ancien Régime, puisqu’à présent ce sont les riches qui payent et les pauvres qui sont exonérés. Mais voilà : aujourd’hui certains réclament un retour à l’égalité arithmétique,  considérant qu’il s’agit d’un aiguillon de l’économie.
--> S’agirait-il d’un retour à « l’égalité inéquitable » ? Mais non ! Ecoutons nos élus : l’impôt ne doit pas être confiscatoire (1) ! Il faut encourager les entrepreneurs en leur assurant un revenu proportionnel à leur mérite ! (etc.)
L’impôt inéquitable hier est devenu équitable aujourd’hui. Alors certes, pas besoin de faire Polytechnique pour comprendre comment est calculé l’impôt ; mais sortir de l’ENA, ça oui, ça peut être utile.
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(1) Qu’on se rappelle la promesse de François Hollande pendant la campagne des présidentielles 2012 : taxer à 75% les revenus supérieurs à 1 million d’euros (premier bourbier dans le quel il perdit ses premier points de popularité)… Sur la suppression de cette taxe voir ici.

Friday, November 07, 2014

Citation du 8 novembre 2014

Il faut instituer un "impôt-homme"... Dès leur naissance, les hommes devraient payer une taxe pour protéger les femmes de la prostitution.
Daniel Cohn-Bendit
Il y a fort à parier que si l’acte sexuel dépendait de l’excitation et du plaisir de la femme comme il dépend de ceux de l’homme, l’espèce humaine aurait depuis longtemps disparu de la planète.
Isabelle Sorente – L
Nous écrivions hier : « ce qu’on peut faire, c’est que plus aucune femme ne soit assez misérable pour être contrainte à conclure ce marché (rapport sexuel contre argent). » Et puis nous avons esquivé la question du « comment financer ça ».
Or Dany (permettez que je l’appelle ainsi, on se connait depuis si longtemps…) propose un « impôt-homme », une taxe que chaque mâle payerait pour abonder une caisse de secours aux femmes en état de pauvreté. Et pour bien ajouter les points sur les i, il précise qu’il s’agit de faire payer les hommes dès leur naissance c’est-à-dire bien avant qu’ils soient en état de solliciter les services d’une prostituée. C’est donc une disposition naturelle qui légitime cet impôt -->  la quelle ?
Ça veut dire je suppose qu’il est dans la nature de la sexualité masculine de violenter le sexe féminin, de le considérer comme une simple chose dont on peut user et abuser comme bon nous semble. C’est du moins ce qui résulte logiquement, non seulement de la phrase de Daniel Cohn-Bendit, mais encore de la citation d’Isabelle Sorente. Selon elle, la nature ne se préoccupe pas du confort de l’individu mais plutôt ce qui assure la survie de l’espèce. Or, pour la survie de l’espèce, il faut se reproduire, donc copuler. Que faut-il donc pour copuler ? Il faut être deux. Oui, mais il n’est pas nécessaire d’être deux consentants. Le mâle peut bien, poussé par le rut et animé par la violence de sa force, contraindre la femelle (voir comme la lionne est traitée par le lion au cours de l’accouplement – ou la chatte par le chat).
Il faudrait donc dire que c’est par nature que tout homme est un violeur en puissance et que, s’il lui répugne d’accomplir un acte aussi horrible, peut-être est-ce parce que des prostituées sont disponibles ?

Si vous n'êtes pas d'accord avec ça, c'est donc que vous estimez que les hommes  ne sont pas par nature des soudards ni des violeurs, mais que seule leur mauvaise éducation est responsable?