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Tuesday, April 28, 2015

Citation du 29 avril 2015

Jamais rien n'arrive sans qu'il y ait une cause ou du moins une raison déterminante, c'est-à-dire qui puisse servir à rendre raison a priori pourquoi cela est existant plutôt que non existant et pourquoi cela est ainsi plutôt que de toute autre façon.
Leibniz – Théodicée, I, 44
Allez ! Un peu de philo-philo, pour changer.
Aujourd’hui, le Principe de raison suffisante, tel qu’énoncé ci-dessus par Leibniz et analysé ci-dessous par Schopenhauer (les exemples pour montrer que ce principe fonctionne aussi dans la vie quotidienne).
Schopenhauer écrit en 1813 De la quadruple racine du principe de raison suffisante :

1. Principe de raison suffisante du devenir. Tout état nouveau par lequel passe un objet a été nécessairement précédé par un autre état qui se nomme cause, alors que l'autre se nomme effet. C'est la loi de causalité.
Exemple : Comment vous m’avez fait, Maman-Papa ? Et avec quoi ?
2. Principe de raison suffisante de l'être. Chaque être réel est déterminé par un autre être.
Exemple : Dis, Maman, c’est bien avec Papa que tu m’as fabriqué ?
3. Principe de raison suffisante de l'agir. La volonté agit quand elle est immédiatement ou médiatement sollicitée par une sensation. Il s'agit de la loi de motivation, qui est une causalité vue de l'intérieur.
Exemple : Maman-Papa, qu’est-ce qui vous a donné envie d’avoir ce joli petit enfant que je suis ?
4. Principe de raison suffisante du connaître.
Exemple : Hein que vous avez voulu que je naisse ? Montrez-moi comment votre amour m’appelle chaque jour encore à l’existence.


… Aïe ! Il y a des racines qui sont plus difficiles les autres à dégager.

Saturday, December 06, 2014

Citation du 7 décembre 2014

… la sauvegarde des bricoles fonde l'éclosion des grandes choses. Entre le dérisoire et le grandiose, il n'y a même pas l'espace d'un ongle.
Fred Vargas – Coule la Seine (2002)
Commentaire I
L’avantage que possèdent les écrivains sur les philosophes, c’est qu’ils n’ont pas à justifier leur propos : ils les pondent et puis les voilà partis en faisant cot-cot-codec.
Et c’est là que le philosophe arrive, ramasse l’œuf et se gratte la tête, perplexe : c’est qu’il doit maintenant en extraire la « substantifique moelle ».
Pas facile… Mais en même temps l’absence de contexte et le caractère paradoxal du jugement nous rendent libres de l’interpréter comme nous voulons – sous réserve de produire du sens. Car pour nous, philosophes, le sens est roi. Sans lui nous ne serions plus rien.
o-o-o
Laissons de côté l’idée que Fred Vargas serait entrain de justifier une pathologie étrange (1) et prenons au sérieux son affirmation : c’est dans les bricoles que les grandes choses trouvent leur origine.
Des bricoles fondent l'éclosion des grandes choses : petite cause, grands effets ? C’est ici que nous sommes confrontés à un interdit de la pensée classique : car ça revient à dire que les grands effets sont engendrés par des causes qui ont une moindre perfection en elles. Pour le philosophe classique, voilà une horreur – engendrée il faut le dire par la philosophie matérialiste qui affirme que l’univers dans sa splendeur peut très bien être le résultat, non d’un Fiat du Seigneur-Dieu-Tout-Puissant, mais d’un grain de matière qui arrive par hasard à s’accrocher à un autre grain.
Alors c’est vrai : entre ce dérisoire-là et le Monde il y a plus que l’épaisseur d’un ongle. Mais qu’il ait fallu des milliards d’années après le Big-Bang pour en arriver à ce que nous sommes, n’y change rien : la formidable chaleur des premières secondes de l’univers ne suffit pas à faire de cette matière en ébullition autre chose qu’une bricole.
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(1) Celle qui consiste à refuser de ne rien jeter : on en parle demain