Showing posts with label fête. Show all posts
Showing posts with label fête. Show all posts

Friday, December 29, 2017

Citation du 30 décembre 2017


La Citation-du-jour
vous offre de vous entrainer pour le nouvel an.
Aujourd’hui : la fête.
Il n'y a pas de bonne fête sans lendemain
Proverbe français
 Je suis triste comme un lendemain de fête
Alfred de Musset
Une bonne conscience est une fête continuelle
Proverbe anglais

Oui, c’est bientôt la fête et vous préparez fiévreusement tout, les achats, le décor du salon, la musique, les invitations des amis à confirmer.
Vous avez pensé à tout. Quoique… Tout compte fait, il y a un petit détail auquel vous n’avez semble-t-il pas pensé : c’est que votre fête n’aura pas seulement un effet sur le moment pour le quel vous l’avez préparée, mais aussi pour le jour du lendemain – pour le quel vous n’avez pourtant rien demandé.
Car c’est évident : pas de fête sans lendemain de fête ; et pas de lendemain de fête sans tristesse de revenir à la banalité grisâtre des jours ordinaires.
Comment faire donc pour préparer la fête de dimanche soir, tout en ménageant le lundi matin ? N’oubliez pas la circonstance aggravante de cette année : lundi matin sera non seulement un lendemain de fête, mais encore ce sera le 1er janvier, jour où tous les commerces sont désespérément fermés et où il va vous falloir commencer à réaliser les bonnes résolutions que vous avez prises. Comme de faire un jogging dans le parc à côté, qui sera noyé dans le brouillard alors que vous aurez la tête congestionnée et un estomac qui soubresautera au rythme des bulles de champagnes encore coincées dedans…
Vous voyez ce que je veux dire ? Non ? Alors regardez ceci :



Charmant n’est-ce pas ? Alors pour que la fête soit totale, pensez au lendemain qu’elle vous promet. Et pour cela, remplacez le champagne par du Perrier, le foie gras par du tofu, les escargots par des haricots verts roulés dans une feuille d’épinards et pour finir abandonnez le gâteau-crème-au-beurre pour une petite madeleine trempée dans une tasse de tilleul (façon Marcel)
Quoi ? J’en vois que se frappent le front de l’index comme pour dire que je suis barjot ? Et qui me demandent quel est mon âge ?
Et alors ? A 75 ans on peut encore faire la fête, non ?

Saturday, December 23, 2017

Citation du 24 décembre 2017

Noël, c'est le printemps de l'esprit ; c'est tout promesse.
Alain ; Les saisons de l'esprit (1935)
Noël, c'est la veille, c'est l'attente.
Georges Dor ; Après l'enfance (1975)
L'année n'est jamais si longue que la veille de Noël ne soit trop courte.
Dictionnaire des proverbes danois (1757)

o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o

Ding-Dong ! Sonnez cloches de la nuit ; sonnez à minuit…



Oui, mais il n’est que 18 heures et les enfants courent comme des fous dans la salle à manger, en attendant que les préparatifs du Réveillon avancent. Ils attendent… Ils espèrent… Ils célèbrent Noël à leur façon. Noël, c’est l’espérance. Même les payens qui fêtaient ce jour-là le solstice d’hiver marquaient leur espoir de voir bientôt le jour revenir et la nuit reculer.  Mais Noël, ce n’est pas que le renouveau ; c’est aussi et surtout la fête de la Promesse – ou plutôt des promesses :
- Promesse de rachat des fautes – pour les fidèles accablés qui avancent, courbés sous le poids de leurs péchés.
- Promesse de fête, de beuverie, d’ivresse – promesse à très court terme.
- Mais aussi, promesse de recommencer un cycle nouveau avec ses joies et ses peines, ses semailles et ses moissons. C’est celle-là, la véritable fête – je veux dire : non pas celle qui fut rhabillée en célébration chrétienne mais fête païenne qui marque la fin de la nuit et le progrès du jour enfin revenu.

Et vous, chers lecteurs, qu’attendez-vous de Noël, ou plutôt de la fête en général ? Son paroxysme de ce soir avec sa chute dans le néant qui suit ? Dans un lointain post je citais Philippe Labro qui comparait la dépression à un « décembre du désir » : n’était-ce pas pour dire que le déprimé verra Noël comme un « jour-de-fête » au travers du quel se profile le « lendemain-de-fête » ? Mais tout cela ne vaut que parce qu’on fait de la fête quelque chose qui fonctionne à très court terme. Je ris, je picole, je caresse des femmes, et puis hop ! Plus rien, si ce n’est – le lendemain – le mal de la tête et l’asthénie de l’esprit.

Non, mes chers amis, la fête peut être autre chose, comme la promesse d’un nouveau cycle qui va durer … jusqu’à la prochaine !

Tuesday, December 20, 2016

Citation du 21 décembre 2016

L'homme est fou. Il a tout pour être heureux, les langoustes, les truffes, la gastronomie, les grands vins, la terre qui est si belle et les femmes si jolies, mais il s'obstine à vouloir des sous.
Roland Topor « L'argent qu'est-ce ? » - Contes de fins de nuits, Journal de Topor
Commentaire I
Noël ! Bientôt Noël !
Vous qui avez sans doute fréquenté les magasins avec des caddies débordants de plein de bonnes et belles choses, vous vous arrêtez, essoufflé, et vous vous demandez : Est-ce que tout ça va me garantir de passer de bonnes fêtes de fin d’année ?
Et là Topor vient vous expliquer ce qu’il en est. Le reste de l’année, vous cherchez à gagner des sous, vous remplissez votre bas de laine, vous courez après les primes et vous cumulez les heures supplémentaires quitte à frôler le burn-out. Pourquoi ? Simplement parce que, pour être heureux, il vous faut « les langoustes, les truffes, la gastronomie, les grands vins, la terre qui est si belle et les femmes si jolies ». Et pour avoir tout ça ? Il vous faut des sous. La folie n’est donc pas de chercher à en gagner le plus possible, mais bien de le faire sans avoir pour objectif d’acquérir toutes ces bonnes choses.
Certains chicaneurs vont m’embêter en me demandant pour quoi les femmes qui-sont-si-jolies sont traitées comme la dinde aux truffes. Je n’en discuterai pas car ça nous ferait manquer l’objectif, qui est de comprendre qu’au moment de la fête on ne philosophe pas mais on consomme
- Y compris les belles femmes ?
- Oui.
Si l’on se scandalise, alors il faut renoncer à faire la fête, du moins en la prenant telle que la longue histoire des sociétés nous la présente, c’est à dire comme un rite de passage qui implique entre autre qu’on fasse ripaille – pour comprendre cela, on se reportera à ce Post où je reprenais l’analyse de la fête par Roger Caillois. Pour lui la fête n’est pas seulement consommation, elle est excès de consommation, et c’est à ce titre qu’elle assume une fonction sociale essentielle : clore un  cycle ancien en vidant les réserves de leurs ressources afin de permettre d’amorcer un cycle nouveau ; pour faire la fête, il faut tout consommer, sinon il faudra détruire ce qui resterait des récoltes précédentes ; on dira aujourd’hui qu’il faut non seulement vider le compte en banque, mais en plus tirer sur le revolving (1) pour faire bonne mesure. : cela ce n’est pas notre scandaleuse société de consommation qui l’a inventé, ce sont les sociétés traditionnelles qui ont à gérer des cycles naturels.

Maintenant qu’on assume le fait que la fête soit une consommation et rien de plus, reste à se demander si vraiment, une fois qu’on a tout ça, est-ce qu’on a tout pour être heureux ?
Pour le savoir revenez demain … si vous le voulez bien ?
----------------------

(1) Revolving : « Le crédit "revolving" est un type de crédit à la consommation. Il se caractérise par le fait que l'établissement financier prêteur de ce crédit, met d'une manière permanente à la disposition de l'emprunteur une somme d'argent avec laquelle ce dernier peut financer les achats de son choix. A chaque remboursement sa faculté d'emprunt est régénérée à due concurrence du montant fixé par le contrat de prêt. » Lu ici

Thursday, November 28, 2013

Citation du 29 novembre 2013


Par-tout aujourd'hui [1790] les plaisirs naissent sur nos pas : festins, spectacles, bals, illuminations ; c'est à qui célèbrera & frères des départemens. Les filles, les filles seules veulent mettre un obstacle au cours naturel des CHOSES. Les bourses sont devenues l'objet de leur vorace cupidité.
Anomyme – Tarif des filles du Palais-Royal, lieux circonvoisins et autres quartiers de Paris, avec leurs noms et demeures. (1790)
A l’heure ou le débat sur la pénalisation des clients des prostituées bat son plein, La Citation-du-jour reprend ses recherches historiques : nous voici à Paris en 1790 au moment de la Fête de la Fédération.
Pas de Fêtes sans plaisirs ; par de plaisirs sans prostituées. Pas de plaisirs avec prostituées sans  contrôle sévère de leurs tarifs : en 1790 le juste prix d’une passe est limité par l’argent que l’honnête citoyen détient dans sa bourse.
Dans le débat du jour, il y a une personne qu’on n’interroge pas, c’est le client. Est-il un vieux cochon si obsédé par le sexe que ce soit seulement pour ce soulagement-là qu'il a recours aux descendantes des filles du Palais-Royal ?
- Pas forcément : voyez donc notre texte : en 1790 déjà la prostitution va avec le plaisir, elle fait couple avec la fête, l’interdire c’est condamner les hommes à la tristesse – ne risquent-ils pas alors de se tourner vers la boisson ou vers des substances encore plus illicites ?
- Il y a plus : certains hommes qui fréquentent les escorts (c’est comme ça qu’on désigne les prostituées aujourd’hui) sont en déficit amoureux. Non pas seulement de libido, mais d’être entre les bras d’une femme, de sentir sa peau, son parfum ses cheveux contre son corps. Et on voudrait pénaliser ça ? Il viendra un jour où ça sera remboursé par la sécu (comme les auxiliaire sexuelles pour les handicapés).
Remboursé par la sécu ? Vite, relisons le tarif reproduit par notre document du jour : on y lit par exemple que Pauline, bâtiment des Variétés, prend 3 livres.
Il ne manque que le tableau de conversion de la livre en euros : ça je ne l’ai pas trouvé chez Wiki…

Wednesday, July 10, 2013

Citation du 10 juillet 2013


De Démocrite : Une vie sans fête est une longue route sans auberges.
Stobée – Florilège III, XVI, 22
La sagesse antique et nous I
Démocrite : le Philosophe qui rit (« portrait » ci-contre)… contredisant à ce point l’image revêche qu’on se faisait autre fois du sage qu’on le considérait à son époque comme fou ! Mais c’était aussi un sage admiré de ses contemporains – en témoignent les nombreuses citations qu’ils nous en ont transmises.
On a souvent dit que les fêtes permettaient, de rompre la monotonie du quotidien,  d’oublier les soucis de la vie, voire même  de renverser l’ordre social habituel (comme avec le Carnaval). Telle est en tout cas la thèse de Roger Caillois dans un ouvrage que nous avons cité bien des fois (1).
La conception de Démocrite, sans infirmer ces thèses, donne une autre vision de la fête, en la comparant à l’auberge sur le chemin du voyageur. De même que l’auberge nous permet de faire une pause, de reconstituer les forces qui viennent à nous manquer, le fête est ce qui  nous aide à avancer sur la longue route de la vie.

C’est particulièrement évident pour les fêtes qui marquent des étapes : les mariages, les communions - voire même les enterrements. Mais il faut mettre sur le même rang les fêtes saisonnières, celles qui ponctuent l’année en fermant une saison et en ouvrant une autre, comme les fêtes des moissons, des vendanges, de la lumière, etc..
En lisant ces remarques, on sera frappé de la similitude de fonctions entre les fêtes et les vacances. Nous aussi, nous avons besoin de restaurer nos forces, et nous avons pour cela la rupture des vacances. Remarquez qu’il ne s’agit pas seulement de se reposer, ni même de changer d’horizon – sans quoi la retraite serait comme une longue période de vacance.
Plutôt que d’une halte, il s’agit de rupture dans le quotidien : les vacances sont la négation du travail, et c’est pour cela qu’il est non seulement permis de se lever tard, de déjeuner à n’importe quelle heure et de faire la sieste tous les jours – mais c’est de surcroît indispensable si l’on veut se sentir en vacances.
Le Club Med, ce n’est pas n’importe quelle auberge !
-------------------------------------
(1) Caillois – L’homme et le sacré.

Sunday, December 30, 2012

Citation du 31 décembre 2012



La ripaille est la fête de l'affamé comme l'évasion est la fête du prisonnier et l'insurrection la fête de l'opprimé.
Roland Escarpit
Alors que je m’apprêtais à rédiger mon 7ème billet du 31 décembre (comme le temps passe !), j’ai été pris d’un doute : ai-je une fois, une seule fois, dit comment il convient de faire la fête un 31 décembre ? Non – Jamais, pas une seul fois. Au lieu de cela, des considérations plus ou moins salutaires sur l’utilité de la fête, mais jamais sur sa méthodologie.
Car il y a, on le voit bien avec Roland Escarpit une méthodologie de la fête.
La fête consiste à s’adjuger – souvent avec excès – ce qui justement, nous manque : la ripaille pour l’affamé, l’évasion pour le prisonnier, l’insurrection pour l’opprimé.
Ce soir donc, inutile de convoquer vos amis en leur promettant qu’on va s’en fourrer jusque là (1) s’ils ne sont pas affamés ni assoiffés.
En tout cas, si vous leur promettez de les abreuver d’alcool, assurez-vous d’abord qu’ils ont le vin gai. Inutile de faire dégénérer votre soirée en rixe, sauf à considérer que c’est cela qu’il vous faut.
Je devine que certains d’entre vous se proposent de faire de leur réveillon une soirée très spéciale avec mets aphrodisiaques, lumières tamisées et matelas jetés dans les coins sombres : très bien, ça marche. Qui donc ne s’estime pas en carence amoureuse ? Mais vérifiez aussi que vos invités soient suffisamment motivés pour tenir la nuit entière. Imaginez le mari épuisé qui s’énerve parce que sa Dulcinée remonte, infatigable qu’elle est, pour la 10ème fois au 7ème ciel – alors que lui vient de se louper lamentablement avec la voisine…

Mais bon !  Que tout cela est minuscule ! Faites donc un réveillon à thème, mais choisissez plutôt ce que suggère Escarpit.
Voici comment rédiger vos cartons d’invitations :
« Ce soir, chez moi (ici ajoutez votre adresse) : Evasion collective. Nous jetterons la télé par la fenêtre, nous déchirerons notre carte d’électeur et puis nous consommerons des petites pilules très efficaces pour voir le monde autrement. »
Ou bien :
« Réveillon anti-pouvoir. Apportez les drapeaux noirs et les pancartes, et retrouvons-nous devant la Préfecture (ou : le Commissariat – ou, si vous êtes parisien, indiquez le ministère qui vous convient le mieux). Sur les pancartes, vous aurez écrit « Ni Dieu ni Maître » ou quelque slogan plus précis. Evitez quand même les battes de baseball – comme ça quand la police nous aura alpagués, nous finirons tous ensemble en cellule de dégrisement, ce qui nous permettra de continuer entre nous notre fête spéciale-insurrection. »
Amusez-vous bien !
 ---------------------------------------
(1) Comme le dit le Brésilien de la Vie parisienne évoqué ici.