Tous les mots sont des outils. Ni plus ni moins. Des outils de communication. Comme les voitures. Des outils techniques, des outils utiles. Quelle idée de les adorer comme des dieux !


De Platon à San Antonio, toutes les citations que vous aimez, avec en prime le commentaire du philosophe.


J’ai donc choisi de réfléchir à l’étude de l’oeuvre intégrale comme moyen pour réutiliser et affiner les outils de lecture propres au texte de théâtre, à propos d’un texte déroutant à première lecture : La Cantatrice Chauve.
Auteur : Cécile LEBOT - Maîtrise des outils de lecture du texte théâtral dans le cadre de l'étude d'une oeuvre intégrale : La Cantatrice Chauve de Ionesco
Pour qui a le temps de musarder sur le Net, Google réserve de délicieux moments. Comme celui des mémoires de maîtrise. Loin de moi l’intention d’offenser les auteurs de ces travaux dont l’éventuelle vacuité est plus souvent la conséquence des exigences du directeur de mémoire que de l’inconsistance de l’auteur.
Mais avouez que lire Ionesco, et puis enchaîner avec une phrase comme celle-là est plutôt décapant : on imagine madame Smith pontifiant sur les outils de lecture…
Les outils de lecture… tout est outils aujourd’hui. Si je dis « outil », à quoi vous pensez ? A un marteau ? A un tournevis ? Peut-être. Mais vous pourriez aussi penser à un logiciel comme Word ou comme Excel. Ça se dit beaucoup, et on n’arrête pas d’apprendre à maîtriser des outils, comme le rappelle opportunément notre citation. Hier, le président de la France a inauguré le satellite d’embarquement S3 à Roissy, outil pour Air France qui pourra ainsi accueillir les passagers dans les meilleures conditions. Un bâtiment de 750 mètres de long : un outil. Ça ne s’invente pas.
Alors vous croyez peut-être que je vitupère contre les manies de langage qui émaillent les propos de nos contemporains ? Sans doute, mais pas seulement. Je veux dire que pour y comprendre quelque chose, il faut absolument maîtriser la conceptualisation. Outil est ici un concept, qui se définit comme une idée générale, très générale même. Si vous ne généralisez pas le contenu du concept (ce qu’on appelle sa connotation), vous ne parviendrez pas lui faire désigner autant d’objets (sa dénotation). La règle est que plus le champ dénoté est vaste, plus le contenu connoté est restreint. Conséquence : vous avez un seul mot qui n’a finalement presque plus de sens, mais vous pouvez désigner n’importe quoi..
Supposons que cette inflation de certains termes se développe. Au lieu des 2000 ou 3000 mots qu’il faut pour se faire comprendre (oui, c’est vrai : certains se débrouillent avec 500), un dizaine suffirait. Quel repos !
Vous me schtroupfez ?
P.S. Si un mémoire de maîtrise sur la langage schtroumpf vous tente, allez-y ; je ne crois pas quel ce sujet ait déjà été tenté.