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Sunday, October 09, 2016

Citation du 10 octobre 2016

Partir partir / Même loin de quelqu'un / Ou de quelqu'une / Même pas pour aller chercher fortune / Oh partir sans rien dire / Vivre en s'en allant
Julien Clerc – Jean-Loup Dabadie – Partir (Chanson)
Partir 2.
Dans un post récent, le départ était vu depuis le quai par celui qui restait. Aujourd’hui, contrechamp : c’est le voyageur qui s’en va sans se retourner, insouciant de qui reste derrière…
L’intérêt des paroles de la chanson de Julien Clerc c’est qu’on y célèbre le départ, sans songer à l’arrivée, et d’ailleurs il semble qu’il n’y en ait pas – Car vivre, c’est Vivre en s'en allant.

Partir pour ne jamais arriver… Qui donc rêve de partir pour partir ? Qui se figure que le bateau s’élance vers un horizon sur lequel nul point n’indique l’arrivée ? Qui imagine qu’à l’inverse du navigateur solitaire espérant le port, celui-ci soit redouté plus que désiré ?...
Oui, la chanson de Julien Clerc est un rêve d’adolescent qui sent en lui les trépidations de la vie, comme le moteur du bateau qui monte en régime et qui fait ressentir la nécessité de larguer les amarres.

Ce rêve nous l’avons réalisé, peut-être de façon imparfaite lors d’un départ en vacances – seul ! Mais il ne nous a pas quitté pour autant, même si nous avons appris depuis que les bateaux ne sont pas tous bleus et les trains ne vont pas toujours vers l’ailleurs. Car s’il est vrai qu’on a gardé quelques chose de l’enfant que nous avons été, de même nous avons gardé quelque chose de cet adolescent qui embrassait sa première fille et qui rêvait du train quittant le quai…

Friday, October 07, 2016

Citation du 8 octobre 2016

L'existence, c'est comme ça: tu fais des gosses et tu attends qu’ils s'en aillent. Et puis, quand ils sont partis, tu attends qu'ils reviennent.
Frédéric Dard – Les pensées de San-Antonio

Partir 1
Partir… Revenir… la vie ne serait-elle que va et vient ? Un peu dépressif le San-A du jour, ne trouvez-vous pas ?
Tâchons de préciser un peu :
La vie : cercle ou spirale ? Dans ce second cas : spirale ascendante ou descendante ? En tout cas la ligne droite, celle qui nous représente la vie comme allant d’un point de départ inaugural à un point final ne conviendrait pas.
Quel est votre avis ? Ligne droite quand même ? Alors pas de marche arrière dans la vie ; tout juste des suspensions qui nous permettraient de faire du surplace, et puis de passer d’époques en époques, comme dans l’Histoire de France (Mérovingiens, Capétiens, Siècle des Lumières, etc.)
Ou bien vous êtes plutôt cercle ? Eternel retour ? Comme le paysan attelé à la même tâche qui revient au rythme des saisons, priant le ciel pour que demain soit comme aujourd’hui ?
Hum… Je vous sens plutôt spirale : avide de retrouver les mêmes émotions que dans votre jeunesse, mais de penser aussitôt que demain devrait être un autre jour – par exemple en corrigeant ici ou là des erreurs fâcheuses, des fêtes suivies de gueules de bois bien désagréables, des amours éternels qui ne vont pas plus loin que demain…

Tout cela n’a de véritable intérêt que si on gouverne sa vie, si on peut la diriger comme ci ou comme ça, selon notre volonté. Oui, mais à supposer qu’on le puisse, comment savoir d’où on vient ? Et où on va ? Et comment ça marche tout  ce bazar ? Par exemple, comment être sûr que demain recommencera comme aujourd’hui ? Ou qu’il sera comme avant hier ? A moins qu’il soit le premier matin du monde ? Bergson disait qu’il fallait déjà être parvenu assez loin dans l’existence pour en percevoir le plan secret, la destination finale qui organise toutes ses époques en une seule aventure.

Par exemple, attendre d’être devenu Grand-Père comme San-Antonio pour comprendre que les petits enfants sont faits pour rester et les grands enfants pour partir…