Friday, December 30, 2016
Citation du 31 décembre 2016
Wednesday, June 03, 2015
Citation du 4 juin 2015
Monday, October 20, 2008
Citation du 21 octobre 2008
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Saturday, July 12, 2008
Citation du 13 juillet 2008
André Gide – Les nourritures terrestres
Familles je vous hais ! Connaissez-vous une citation plus célèbre que celle-ci ? Il y a quelques dizaines d’années (en mai-68 par exemple), elle était le lieu commun qui expliquait la crise de l’autorité. Les jeunes qui s’engageaient chez les maos ou qui se livraient à la consommation de marie-jeanne, voire même se débauchaient avec toutes les Marie-Jeanne, Marie-Chantal et les autres qu’ils rencontraient, le faisaient parce que c’était défendu chez leurs parents.
Seulement voilà : ce n’est pas tout à fait ça que voulait dire Gide. Possessions jalouses du bonheur, la famille est haïe non pas par celui qui en fait partie, mais par celui qui reste à l’extérieur, et qui en est exclu. Amour et bonheur font partie du lot que la famille réserve à ses membres. Mais elle est aussi refus du partage, refus de l’ouverture aux autres. Heureuse, oui, mais d’un bonheur égoïste.
Voilà : non seulement ça change radicalement le sens supposé de cette condamnation de la famille, mais on pourrait encore se demander si ceux qui écrivaient Familles je vous hais ! sur les couvertures de leurs cahiers d’écoliers, auraient accepté ce partage du bonheur que regrette Gide.
Séquence nostalgie : il y a de ça bien longtemps, mes chers enfants, je discourais devant mes élèves, exposant la thèse de Wilelhm Reich sur la jalousie, forme d’amour pervertie par le capitalisme et son obsession de l’appropriation ; il en résultait que l’union libre, entendue comme communauté des femmes ou des hommes, était l’aboutissement de la libération politique de la vie amoureuse. Là dessus un de mes élèves, qui était très amoureux de sa voisine de classe est venu me demander si je croyais sérieusement à ce que je venais de dire. Il était stupéfait qu’on puisse imaginer que l’amour ne soit pas exclusif.
Finalement la famille, c’est un couple élargiFriday, October 19, 2007
Citation du 20 octobre 2007
J'ai connu une femme qui voulait divorcer pour ne pas rester l'épouse d'un mari trompé.
Georges Courteline
Naïf Courteline… Il veut nous faire croire que le principal motif de divorce, c’est l’amant que madame a caché dans la penderie… Pas de divorce sans cocu : on est bien dans le vaudeville. Ça ne marche plus comme ça aujourd’hui… (1)
On l’a dit (2) : le mariage est la cause principale de divorce. Il s’agit donc non pas d’une rupture affective, mais de la rupture d’un contrat d’un genre un peu spécial : le mariage. (3)
Vous l’avez deviné : délaissant l’insipide et décervelante actualité, je ne parle du divorce que pour viser le mariage.
Je ne vais pas redire ici tout ce qu’on se dit devant monsieur le maire et monsieur le curé : en se mariant, on s’engage pour la vie à supporter un tas de choses dont on sait seulement qu’elles se situeront quelque part, entre le pire et le meilleur. C’est vague.
Parce qu’enfin est-ce que je sais moi, si mon épouse aura de la moustache et ronflera comme un sonneur dans 20 ans ? Est-ce qu’elle sait, elle, si dans le même délai je me serai transformé on outre de bière et si mon tiercé m’intéressera plus que les après-midi coquins au plumard ?
- Monsieur le juge, je demande le divorce parce que mon mari est devenu chauve. En plus il a rangé la guitare et il ne me chante plus de berceuses pour m’endormir.
- Désolé madame, le code civil ne prévoit pas une telle clause.
Assistance et fidélité : voilà les clauses du contrat. Si vous voulez divorcer, c’est là qu’il faut frapper. Pour l’assistance, ça permet à l’Etat de se défausser en cas d’infirmité : sans intérêt. Par contre pour la fidélité, c’est plus intéressant : en s’engageant sur la voie de la monogamie, on s’engage en même temps sur la voie de la filiation. Le couple marié est resté une unité de reproduction. Plus fort que tous les tests ADN, c’est lui qui garantit la filiation. C’est pour cela qu’il est indissoluble, sauf dans l’infidélité qui brouille les cartes justement pour l’attribution de paternité.
Tiens: un petit karaoké pour finir?(1) Quoique…
(2) Oscar Wilde
(3) Que ceux qui s’intéressent à la différence entre la rupture amoureuse et la rupture politique (rupture-fin et rupture-commencement) se reportent à mon Post du 18 septembre 2006
Tuesday, October 09, 2007
Citation du 10 octobre 2007
La filiation, c'est une notion de sentiments plus que de gènes.
Jean Gastaldi - Le petit livre de maman
La filiation … sentiments … pas de gènes… Allez dire ça au ministre de l’Immigration ; vous allez voir ce que ça donne…
Qu’est-ce qui choque tant dans la décision de vérifier par des tests ADN la filiation des candidats au regroupement familial ?
Rassurez-vous, je ne vais pas rouvrir un débat pour le quel vous avez déjà sans doute beaucoup donné ; je serais intéressé plutôt par un débat sur le débat.
Je suis frappé par le fait que les arguments donnés contre cette décision sont extraordinairement variés ; comme si aucun ne pouvait résumer tous les autres, comme si la vérité ne se disait pas d’une seule voix.
Trop d’arguments tuent l’argument. Vous connaissez peut-être cette histoire racontée par Freud pour illustrer cette méfiance à avoir devant la pléthore des justifications : « Une femme reproche à sa voisine de lui avoir rendue percée la casserole qui était en bon état lorsqu’elle lui avait prêtée. Et la voisine de se justifier : - D’abord je n’ai jamais empruntée ta casserole, et ensuite quand je te l’ai rendue elle était en parfait état. D’ailleurs quand tu me l’as prêtée, elle était déjà percée.»
Freud pensait que trop d’arguments cachent l’argument véritable. D’où le retour de ma question : qu’est-ce qui nous choque vraiment dans ces tests ?
La filiation, c'est une notion de sentiments plus que de gènes, dit notre auteur : les gènes seraient contradictoires avec les sentiments ; ça serait quelques chose qui rabattrait les liens de la famille sur l’engendrement biologique, la procréation des enfants sur l’élevage des bestiaux. Mon fils, génétiquement attesté, ça ressemble à l’étiquette de mon beefsteak : race bovine, variété laitière, produite par l’exploitation XXX.
Bref, ce qui nous gène dans ces tests c’est qu’ils instituent la traçabilité humaine.
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En raison de brèves vacances la chronologie des Posts risque d'être légèrement perturbée. Retour à la normale ; Samedi dans la journée.
Thursday, February 15, 2007
Citation du 16 février 2007
Le sort fait les parents, le choix fait les amis.
Abbé Delille - Malheur et pitié
On raconte que Napoléon III, reçoit un message de félicitation du Czar pour son couronnement : le Czar l’appelle « mon cher ami », ce qui est humiliant car l’usage pour les souverains était de s’appeler « mon cousin ». Napoléon rétorque : « on ne choisit pas sa famille, mais on choisit ses amis ».
Pouvons-nous espérer réconcilier famille et amis ? Faire que ce qui relève de la règle, deviennent aussi séduisant que ce qui relève du choix?
De ce point de vue, notre monde est sans doute mieux fait que celui de Napoléon : on choisit toujours ses amis, mais on peut choisir certains de ses parents : les couples se font et se défont au gré des amitiés/inimités ; et avec le conjoint qui s’en va, part aussi la « belle famille ». Ces parents là deviennent ainsi comme des amis dans la mesure où on peut cesser de les fréquenter.
Ce qui pourrait être encore mieux, c’est que les amis deviennent des parents. Ça se faisait autrefois par le biais du parrainage : parrains, marraines choisis dans le cercle des amis devenaient ainsi des « compères » et des « commères ». Bon, vous allez donc donner à votre meilleur(e) copain/copine le rôle de parrain/marraine du petit dernier. Si vous le voulez vraiment, rien ne vous en empêche. Mais, allez chercher des gens qui ont fait baptiser leur enfant et qui s’en rappellent encore l’année suivante…
Reste donc à épouser votre meilleur(e) ami(e). On a dit ici même (23 sept 2006) les doutes qu’on pouvait avoir à ce sujet.
Mais voilà la bonne idée : épousez la sœur (le frère) de votre meilleur(e) ami(e) !