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Wednesday, November 01, 2017

Citation du 2 novembre 2017

Notre monde parviendra un jour à un raffinement tel qu'il sera aussi ridicule de croire en Dieu qu'aujourd'hui de croire aux fantômes.
Georg Christoph Lichtenberg – Aphorismes
J’avoue avoir un peu de mal à comprendre en quel sens l’athéisme, serait considéré comme un raffinement de la pensée, sauf à prendre au sérieux l’expression « esprit fort »
Mais restons au niveau de la vision qui nous est proposée de la foi. Car c’est bien d’elle qu’il s’agit ici et c’est elle qui est stigmatisée comme superstition craintive qui s’affole aux tremblements des feuilles dans la forêt à minuit.
Oui, la superstition qui fait craindre qu’un mot défendu, une pensée impure, l’oubli d’une génuflexion, produisent d’horribles catastrophes – c’est elle qui ressemble à s’y méprendre à ces effrois dont même les enfants s’amusent à Halloween.



La crainte de Dieu caractérise-t-elle effectivement la foi ? Ou bien s’agit-il d’une réaction marquée par le temps et par l’histoire, qui ferait que tel sentiment religieux à telle époque deviendrait ridicule aux générations suivantes ? Comme la crainte de Dieu jugée superstitieuse aujourd’hui.
La fureur de l’épiscopat quand la fête d’Halloween entra dans nos habitudes (avant d’en ressortir tout aussi vite), s’expliquait non par le blasphème à l’encontre d’une foi profonde dans l’âme du fidèle, mais au contraire par son caractère profane et mercantile.
Mais qu’on écoute un Dies irae (1) et on verra que le frisson n’est pas qu’une réaction superficielle. Et si ça ne suffit pas, qu’on se documente à propos des chapelles rayonnantes autour de l’abside des églises du temps jadis : elles permettaient la célébration simultanée de messes multiples pour demander le repos de l’âme des défunts. Des dizaines d’officiants opéraient en même temps, empochant de fortes sommes d’argent dont les héritiers abreuvaient l’église pour satisfaire aux vœux des moribonds terrorisée par la proximité des portes de l’enfer.
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(1) Celui du requiem de Verdi fera très bien l’affaire (à écouter ici)

Friday, September 22, 2017

Citation du 23 septembre 2017

La misère religieuse est tout à la fois l'expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée, l'âme d'un monde sans cœur, de même qu'elle est l'esprit d'un état de choses où il n'est point d'esprit. Elle est l'opium du peuple.
Marx – Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel (1843)
La misère a besoin de soupirer et de savoir qu’on entend son soupir. La religion est là pour ça, on dirait même que les soulagements qu’elle peut apporter aux pauvres êtres humains ne sont que cela mais que c’est suffisant. Sinon comment comprendre qu’elle continue a avoir de l’influence, alors qu’aucun résultat concret n’est jamais venu des prières adressées à Dieu ?
Ce genre de réflexions me venait à l’esprit récemment quand le Président Macron de passage à Marseille allait à la rencontre des manifestants qui protestaient dans la rue contre les ordonnances prises pour réformer le droit du travail.

En effet, au milieu de cris et de remontrances, ce qu’il a entendu c’était aussi le « soupir de la créature accablée », celle qui n’écoute pas les réponses parce qu’elle n’émet sa plainte que pour se faire entendre. Et le Président n’est là que comme oreille pour entendre sa souffrance.

Je me disais que pour le dirigeant politique la vie pouvait se diviser ne deux : d’une part, la prise de décision dans la solitude du bureau doré de l’Elysée à coup de paraphe olympien.


 Et puis oreille tendue dans les manifestations pour en recueillir les cris. 



C’est d’ailleurs ce que  la religion catholique a bien compris avec la confession, où l’oreille du confesseur est tout ce qui se devine derrière la grille du confessionnal.





Tuesday, August 08, 2017

Citation du 9 aout 2017

Une religion qui serait à la mesure de notre compréhension ne saurait suffire à nos besoins.
Arthur Balfour
Le mystère est consubstantiel à la religion, cela on le sait depuis longtemps – depuis toujours peut-être.
Par contre ce qui est relativement hérétique serait de croire que ces mystères ont été machinés intentionnellement par des hommes simplement pour faire croire aux autres qu’il y avait un au-delà à la connaissance.
Reprenons.
- D’abord, le mystère suppose connaissance et ignorances mêlées. Connaissance car il faut bien savoir qu’il y a quelque chose qui existe derrière les limites de notre savoir.
Par exemple, il y a beaucoup de choses que j’ignore absolument et que l’on connaitra que dans 1 ou  2 siècles. Simplement ça ne fait pas mystère parce que mon ignorance m’est inconnue.
- Une religion ne peut être à la mesure de notre compréhension : bien sûr puisque notre entendement étant limité ne peut connaître que ce qui est limité, selon le principe « le semblables connaît le semblable ». Depuis les théologiens médiévaux, on sait cela, et on sait donc que ce que nous pouvons connaître au-delà des limites de notre entendement a été octroyé par Dieu et prouve son existence (1).
- Une telle religion (donc : intégralement accessible à la raison), nous dit Balfour, ne suffirait pas à nos besoins.
Déjà, peut-on sans être athée prétendre que la religion doit « satisfaire nos besoins » ? Après tout, la religion peut tout aussi bien être l’expression d’une l’âme qui s’élève spirituellement.
- Réciproquement, lorsque notre connaissance nous met en présence d’un mystère, il y a je ne sais quel respect qui nous prend et qui nous impose de ne pas le réduire. Ainsi de la présence de Dieu dans le monde…
… et ainsi des lois de la physique quantique !
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(1) Ainsi de la preuve cartésienne de l’existence de Dieu fondée sur l’infini « Ces (attributs de Dieu sont des) avantages … si grands et si éminents que plus attentivement je les considère, et moins je me persuade que l’idée que j’en ai puisse tirer son origine de moi seul […] je n’aurais pas néanmoins l’idée d’une substance infinie, moi qui suis un être fini, si elle n’avait été mise en moi par quelque substance qui fût véritablement infinie » 3ème méditation

Wednesday, October 19, 2016

Citation du 20 octobre 2016

Jadis la religion révélée, sa divine vérité, ses lois, ses sacrements, descendus par Jésus-Christ du Ciel sur la terre, s’opposaient radicalement aux ténèbres de l’erreur et de l’impiété jaillies des enfers. Maintenant, toutes représentations et convictions religieuses ou philosophiques jaillissent également, uniformément, de la conscience humaine.
La liberté religieuse, subversion de la foi
La contre-réforme catholique au 21ème siècle.
Fondé par l’Abbé Georges de Nantes (A lire ici)
Dies irae.
Qu’on ne s’y trompe pas : ce qui est affirmé ici, c’est que la tolérance religieuse est une voie de perdition, que les catholiques (1) aveuglés par la propagande des sociétés secrètes, Franc-maçonnerie et autres, ont cru devoir suivre. A présent la conscience humaine est considérée comme source et mesure de la vérité ; elle destitue la parole révélée de Dieu de ce rôle que Lui seul peut assumer. Oui : la Parole de Dieu est la seule source de vérité, toutes les autres opinions, à commencer par celle des autres religions, sont d’abominables hérésies. Nulle liberté n’est tolérable en matière de Religion, à l’exception de la « liberté » venue de la FOI qui saisit l’âme et qui l'élève vers Dieu .
o-o-o
On l’a compris, il va falloir rallumer les bûchers – et pas seulement celui des vanités !  A moins de hausser les épaules et de dire : « Voilà les propos d’illuminés de gens qui se prennent pour Savonarole ! A quoi bon relayer ces élucubrations ? ».
Qu’on me pardonne de le dire, mais je ne crois pas que les Ecritures aient fondé la tolérance et le respect des opinions contraires à la foi. Si on tenait pour sacrées les Ecritures et les dogmes qui en découlent, cela fait longtemps qu’on aurait massacrés les matérialistes, chassés les protestants et les Juifs, et fait la guerre aux musulmans – en tout cas c’est cela que nous devrions faire aujourd’hui.
Tout cela pour en venir à cette constatation : la tolérance et la laïcité ne sont pas naturelles aux religions. Seuls les athées peuvent admettre cette pluralité d’opinions, parce que pour eux seuls en effet, c’est la conscience humaine qui est la source de toute pensée.

N.B. On peut faire une place à part aux polythéismes : je ne crois pas que les guerre de religion aient existé du temps des grecs ou des romains.
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(1) Il s’agit de l’Eglise post-conciliaire

Wednesday, December 16, 2015

Citation du 17 décembre 2015

Une justice sans morale devient injustice ; de même qu'une morale et une justice qui ne font pas référence à Dieu dégradent l'homme, parce qu'elles le privent de sa mesure la plus exigeante, de ses possibilités les plus hautes, en lui barrant le regard sur l'infini et l'éternel. Cette apparente libération soumet l'homme à la dictature des majorités régnantes, à des mesures humaines arbitraires, qui finalement ne peuvent que lui faire violence.
Benoît XVI

- Sans Dieu, pas d’infini ni d’éternel sur le quel porter notre regard.
- Donc, pas de valeurs qui tirent l’homme vers le haut,
- Donc pas de justice sans morale fondée sur la Révélation.
On retrouve la problématique pascalienne qui, prenant acte de l’impossibilité où sont les hommes de décréter des lois justes – et qui s’imposeraient donc à tous par leur propre force – demandait à Dieu une justice universelle, gage de paix et d’entente entre les hommes. Et pour ceux qui n’écoutent pas Dieu, il ne reste que la force qui plie tout le monde sous le même joug. D’ailleurs Benoit XVI relève lui aussi cette conclusion : les lois humaines sont soumission à la dictature des majorités régnantes (donc aussi des démocraties et leurs apparentes libertés !).

Tout cela fonctionne sur un principe très simple. Pour qu’une loi s’impose par autre chose que le violence, il faut qu’elle émane d’une transcendance : n’y a-t-il donc pas de transcendance là où il n’y a pas de Dieu ? N’avons-nous que cette l’alternative : ou bien être un dévot, ou bien un pourceau ? (1). On sait bien que les idéologies ont su depuis très longtemps injecter de la transcendance dans l’immanence : c’est ce que Luc Ferry appelle la transcendance horizontale, celle du progrès de l’humanité (vision philosophique de l’histoire), ou bien restauration de l’état originel de l’humanité qui découvre sa véritable place dans la Nature ; ou encore qui (ré)invente l’immortalité grâce au transhumanisme.
Il n’y a que l’embarras du choix – Justement, comment choisir ?
Eh bien, c’est au fruit qu’on juge l’arbre. Demandez-vous quelles conséquences engendrent ces différentes valeurs. La quelle nous porte a la morale le plus haute ? A la justice la plus équitable ? Mais  n’oubliez pas de soumettre les religions au même examen.
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(1) On retrouve le thème du Discours du Latran de Nicolas Sarkozy du 20 décembre 2007 (déjà en présence de Benoit XVI). Reportez-vous ici,  moi je ne peux plus en parler, ça me donne un ulcère à l’estomac.

Friday, November 13, 2015

Citation du 14 novembre 2015

Ah ! les prières des millions d'hommes qui s'élèvent en même temps vers le trône de Notre Père, comme elles doivent se faire concurrence et s'annuler mutuellement !.
John Steinbeck – Tortilla Flat
C’est à cette phrase que je pensais l’autre jour, lorsque des footballeurs pris dans la passion d’un match se mirent à remercier ostensiblement leur Dieu à chaque but marqué.
C’est ainsi qu’on lit dans le halalbook ceci : « L’international allemand d’origine turque … Mesut Özil, … a confié au journal Emarat Alyoum que "les prières et la lecture de versets coraniques avant chaque match étaient les secrets" de ses brillantes prestations sur les pelouses des terrains de football. Très fervent croyant, il s’en remet à Dieu et prie constamment pour la victoire de l’équipe dans laquelle il évolue. »


Bien sûr, en toute laïcité, je n’ai rien contre. Mais je n’oublie pas que d’autres Dieux et d’autres religions sont révérés par les footballeurs. Que par exemple, les sportifs catholiques aussi ont un Dieu vers qui montent leurs prières pour qu’Il leur donne la victoire. Ils ont eux aussi un site (à voir ici) dédié aux supplications par lesquelles ils peuvent demander à Dieu de la leur accorder.
Du coup, ne risque-t-on pas d’assister – par exemple dans un match Turquie/Italie – à un affrontement entre Allah et Notre-Seigneur (Celui des chrétiens) ? Que le meilleur gagne dit-on. Que l’Italie l’emporte devant la Turquie : dirons-nous que Notre-Seigneur a vaincu Allah par 3 buts à 2 ?

Mais soyons sérieux : rien d’étonnant ici, car enrôler les Dieux sous la bannière des combattants, ça se fait depuis la nuit des temps : rappelons que lorsque les Achéens ont affronté les Troyens dans l’Iliade, les dieux qui protégeaient chacun des deux camps combattaient aux cotés de leurs champions – Reste que ces Dieux étaient tous grecs. L’Iliade est une guerre civile des dieux.