Monday, November 28, 2016
Citation du 29 novembre 2016
Monday, June 20, 2016
Citation du 21 juin 2016
Sunday, September 30, 2012
Citation du 1er octobre 2012
Thursday, August 04, 2011
Citation du 5 août 2011
Celui qui a le pouvoir a le droit : si vous n’avez pas l’un, vous n’avez pas l’autre non plus. Est-il si difficile de comprendre cette vérité ?
Max Stirner
Qu’est-ce que le droit ? La réponse facile consiste à dire, comme Kant, que le droit est l’accord des volontés selon une règle.
Mais Stirner ne s’en laisse pas conter : le droit, dit-il, n’est pas l’accord selon une règle, mais la soumission à une force commune.
Vous êtes d’accord avec Stirner ? Bien : vous voilà anarchiste ! Mais vous avez un pas à franchir encore pour l’être tout à fait : cette force commune n’existe que par la complicité des pauvres gens qui renoncent à leur liberté et se soumettent à la force d’un seul. De La Boétie à Stirner, la route est droite (1), et le sens est clair : le droit n’est qu’une idéologie destinée à rendre possible la domination d’un seul sur la foule. Et les révolutions arabes nous l’ont montré, avec leur incroyable réussite (du moins en Tunisie et en Egypte) : quand le peuple, comme l’âne qui refuse d’avancer, refuse de faire une concession de plus, alors on voit que le droit n’est plus du côté du tyran, ni de l’Etat, mais du peuple.
Est-il si difficile de comprendre cette vérité ? Où est donc la difficulté alors ? On entend en ce moment que les Frères musulmans d’Egypte mobilisent les foules pour demander que l’Egypte devienne une république islamique : pour moi, cela signifie que les égyptiens ont chassé un tyran afin de pouvoir se précipiter dans les bras d’un autre.
Cela nourrit aussi le pessimisme issu de La Boétie : le peuple accepte de se soumettre à la servitude parce qu’il aime ça. Simplement, il s’ennuie au bout d’un certain temps d’être à genoux devant un même tyran ; il lui faut en changer.
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(1) Et on ne peut même pas dire qu’elle monte comme le prétend la célèbre raffarinade (« La route est droite, mais la pente est forte »)
Wednesday, January 19, 2011
Citation du 20 janvier 2011
Quand ils voudront / Leur aide au roi retireront, / Et le roi tout seul restera, / sitôt que le peuple voudra.
Jehan de Meung – Le roman de la rose
Bien loin qu’un roi fournisse à ses sujets leur subsistance, il ne tire la sienne que d’eux, et selon Rabelais un roi ne vit pas de peu. Les sujets donnent donc leur personne à condition qu’on prendra aussi leur bien ? Je ne vois pas ce qu’il leur reste à conserver.
Rousseau – Du contrat social, livre I, chapitre 4
La récente révolution tunisienne a pris tout le monde de court, tant le départ du Président-Dictateur a été rapide. Comment ? Voilà un homme qui a les pleins pouvoirs depuis plus de 20 ans et qui s’enfuit alors qu’on ne dénombre que quelques dizaines de morts, tombés sous les balles de sa police ?
C’est tellement étrange que même les dictateurs les plus endurcis de la région (1) s’empressent de faire toutes sortes de promesses à leur peuple. On ne sait jamais …
--> Laissant de côté La Boétie et son utopie (2), je me contenterai la tradition médiévale, évoquée ici par Jean de Meung et rappelée par Rousseau : le roi n’est roi que parce que le peuple accepte de lui apporter son « aide ». Ce qui veut dire que, non seulement le roi doit mater les révoltes quand elles se produisent, mais qu’il lui faut encore obtenir que le peuple travaille pour lui. Ce n’est pas par la complicité du peuple qui se laisse écraser sous la férule du despote et qui en redemande parce qu’il aime ça (sic : La Boétie) que s’explique la pérennité des dictatures ; c’est par la collaboration du peuple avec le régime que le roi peut être pleinement roi.
Là est la faiblesse des dictatures : sans même avoir à résister à la révolte,
– elles peuvent tomber si le peuple refuse l’impôt
– ou s’il refuse de se contenter de ce qu’on lui laisse quand on lui a pris l’impôt ;
– ou s’il proteste parce qu’on ne lui donne pas le travail qui lui permettra de payer l’impôt (comme les jeunes diplômés de Tunisie).
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(1) Sauf bien sûr le « bouillant colonel » Kadhafi.
(2) On peut consulter les Posts qui lui ont été consacrés ici.
