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Wednesday, July 12, 2017

Citation du 13 juillet 2017

Mon mari m'a dit qu'il voulait passer ses vacances dans un endroit où il n'était jamais allé. - J'ai répondu: « Et pourquoi pas la cuisine? »
Nan Tucket (Post du 7-7-2007)

Dans la cuisine : Outre la confection de vos petits plats, votre plan de travail peut également s'avérer d'une grande utilité pour accomplir certaines positions du Kâma-Sûtra.
Le Kâmasûtra dans la cuisine (Lire ici –
Citation complète en annexe)



Ah ! L’été, la chaleur et les vacances ! Saison érotique où, sur la plage, deux corps abandonnés, souples comme des lianes, oublieux des conventions, des regards, s’enlacent comme si le Kâma-Sûtra n’avait été écrit que pour eux.
Seulement voilà : en guise de plage vous n’avez que la salle de bains, car de vacances : point. De regards envieux non plus – mais d’ailleurs, comment chercher une émotion sensuelle entre les robinets de l’évier et celui du gaz ? Désespoir d’être comme cela réduit à l’étreinte furtive achevée bien avant que se soit déchainé l’animal qui est en vous !



Image : le-kamasutra-dans-la cuisine 

Ne désespérez plus ! Allez plutôt voir le site indiqué et puis revenez vers votre popote et regardez-là maintenant avec de nouveaux yeux.
- Un plan de travail… Oui, asseyez votre dulcinée sur le bord, les jambes sur vos épaules. Position du papillon.
- Le lave-linge ? Vous pouvez tenter la même position, mais bien sûr en attendant le moment de l’essorage : occasion de délicieuses vibrations que Vâtsyâyana n’avait pas imaginées.
- Une chaise ? Faites monter madame dessus, et enlacez-là par derrière pendant qu’elle est accroupie. Position de l’amazone.


Mais je vous sens très … tendu : j’arrête-là mes évocations. Vous voyez, monsieur, que la cuisine est un endroit où il est fort possible de prendre des vacances. Quant à vous madame, laissez vos images de sable blanc et de cocotier au vestiaire et prenez un mètre pour mesurer la largeur du lave-vaisselle et la hauteur de la table de cuisine.
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Annexe

"Outre la confection de vos petits plats, votre plan de travail peut également s'avérer d'une grande utilité pour accomplir certaines positions du Kâmasûtra. La position du cadenas par exemple, où la femme est assise appuyée sur les bras et enlace son partenaire avec ses jambes, ou le sexy V, qui consiste à s'asseoir au bord d'une table ou d'un plan de travail et à avoir les jambes posées sur les épaules de son partenaire. Vous pouvez également tester la position du papillon, la femme étant allongée, les jambes appuyées sur les épaules de l'homme qui peut ensuite facilement soulever les fesses de sa partenaire. Votre lave-linge peut également convenir pour ces positions, avec une option plaisir supplémentaire s'il est en marche pendant vos ébats ! Ne négligez pas non plus vos chaises et tabourets qui peuvent parfaitement convenir à la position de l'amazone ou à celle du défi où la femme est accroupie sur une chaise pendant que monsieur l'enlace par-derrière."

Monday, June 09, 2014

Citation du 10 juin 2014

Le plus souvent l'amour n'a pour objet un corps que si une émotion, la peur de le perdre, l'incertitude de le retrouver se fondent en lui. […] A ces êtres-là, à ces êtres de fuite, leur nature, notre inquiétude attachent des ailes.
Proust – La Prisonnière (Voir ci-dessous la citation complète)
La mort révèle l'amour, c'est l'inconsolable qui pleure l'irremplaçable.
Vladimir Jankélévitch (Cité le 24 avril 2014)

Éloge de l’inquiétude II
J’aime que Proust et Jankélévitch se rejoignent par citation interposée. Cette convergence des esprits nait de leur co-naisance à partir d’un terreau commun, et nous pouvons du coup espérer, à condition d’y plonger nous-mêmes nos racines, en profiter pour générer de belles pensées, cousines des leurs.
o-o-o
Ce que nous apprend Jankélévitch, c’est qu’au fond de tout amour véritable, de tout grand amour, il y a une inquiétude : celle de le perdre. C’est cette intuition qui donne à l’amour une nuance de tragédie, mais elle ne fait pas que cela : selon Proust, c’est elle qui transcende le rapport au corps de l’aimé(e), qui fait de cette étreinte-là autre chose qu’un rut ordinaire. Je veux me fondre dans le corps de ma bien-aimée, parce que c’est le seul moyen de la retenir. Au petit matin, on le sait déjà, elle partira, car comme l’ange ce corps est pourvu d’ailes ; mais c’est pour mieux s’envoler au loin.
Si on ne peut retenir l’insaisissable, peut-on au moins le prolonger ?
Je ne vois qu’un moyen : profiter des vacances pour vivre un amour destiné à vivre au-moins jusqu’à la fin de l’été.
--> Vous voilà, dans la moiteur de la fin de la nuit, sur le dancefloor du Macumba, entrain de tanguer un slow, enlacé étroitement avec le corps de cette fille que vous ne connaissiez peut-être même pas au début de la soirée. Et c’est là que l’inquiétude va s’insinuer en vous. Avant de vous dire : « Vite, trouver un coin tranquille pour consommer la chose ! » vous vous dites : « Bientôt le jour, elle sera partie… » Ou même, « Bientôt la fin des vacances ; elle repartira chez elle et je ne la verrai plus ». Inquiétude de pourceau qui aurait une étincelle de conscience et qui s’en servirai pour se demander si son auge serait encore pleine demain.
Mais, si vous êtes un peu humain, et donc métaphysicien, vous vous dites : « En l’étreignant, je n’étreindrai qu’un corps. C’est cette âme que je sens frissonner sous mes doigts, qu’il faudrait retenir. Mais elle va s’envoler parce qu’elle est insaisissable ! »
Et c’est là que Proust vient pour vous rassurer : Quelle chance tu as ! C’est justement parce que tu as peur de la perdre que tu devines que cette fille est un être de fuite.

Monday, August 19, 2013

Citation du 20 août 2013


Le vent chaud, la mer, / Ou ta voix m'ont jeté un sort. / Mon cœur voyage dans les nuages, / Embrasse-moi encore. / Je sais pas si c'est ton corps, / Ou si j'suis amoureuse du décor. / J'voudrais t'enlacer tous les jours, / Jeter mon billet de retour.
ADICT – Amour d’été (A voir ici - A lire ici)
Ça y est… Encore un retour de vacances avec les larmes adolescentes qui pleurent un amour d’été, laissé là-bas sur la plage…
Faut-il donc les consoler ? Leur dire que leur amour d’été ne pouvait pas durer, que les vacances sont un moment fait pour oublier la vie réelle et que les amours qu’on y rencontre ne sont juste que des mirages ?
Détrompez-vous : cette chanson n’est pas un navet qui tartine de la banalité fleur bleue pour justifier les larmes du retour à la ville. C’est un peu plus cynique (ou un peu plus subversif – comme on voudra).
Déjà, que pourrait-on expliquer de plus à une jeune fille qui dit à son amoureux : Je sais pas si c'est ton corps, / Ou si j'suis amoureuse du décor. Autrement dit, le jeune homme il n’a plus qu’à remballer son orgueil de mâle – sans la playa, ça marche pas.
Mais, n’aurait-on pas, en plus, atteint une autre revendication ? Car, écoutez le refrain :
On vit juste un amour d'été, / On sait bien que ça peut pas durer, / Mais j'veux du soleil hey. / J'veux pas qu'on s'réveille hey. / On vit juste un amour d'été, / Demain on va devoir s'oublier, / Mais j'veux du soleil hey. / J'veux pas qu'on s'réveille hey.
Les demoiselles du groupe ADICT savent parfaitement ce qu’il en est, mais justement – et c’est ça qui importe – elles ne veulent pas revivre dans la réalité, elles ne veulent même plus que le temps continue de s’écouler : comme Lamartine elles veulent qu’il « suspende son vol ».
Les vacances et leurs amours doivent être des voyages sans retour. Marcher au pas du réel, c’est une contrainte que nos jeunes chanteuses nous invitent à ne plus supporter. Trouvons donc un nouveau Larzac où planter notre tente et nous enlacer dans le foin – on sait comment ça finit…
Tragique ? Heureusement qu’il y a le lycée et les copines qui ont pleine de belles expériences amoureuses à raconter – ça aide.

Thursday, August 01, 2013

Citation du 2 août 2013



Ainsi pour faire l'amour. Il y faut une femme. Mais c'est trop, ou trop peu. Un sexe devrait suffire. Deux seins, des lèvres, une chevelure. Un certain mouvement qui animerait toutes ces merveilles. D'où une femme, quand même. Mais à faire, non faite.
Georges Perros – Papiers collés 1 (1973)
De l’érotisme par temps de canicule – I
Laissant de côté la complexité du « corps morcelé » freudien – qui est d’abord ce corps qui sera mon corps – voyons plutôt la relation, sur le mode érotique, au corps morcelé de l’autre.
Ah !... La chaleur moite et les parfums entêtants… La musique sinueuse de la fin de nuit dans cette boite, avec cette fille accrochée à votre cou …
Et vous voici, monsieur, au lit – justement avec cette fille, que est comme un matelot qui tangue et vient mouiller… (C’est extra).
Oui, vous venez de faire  l’amour avec elle, et maintenant en fumant la cigarette post-coïtum vous méditez.
Que faut-il donc pour faire l’amour ?  Il y faut une femme : oui, ça c’est vrai. Mais n’est pas un peu trop ? Un sexe devrait suffire : c’est indispensable – mais est-ce bien suffisant ? Deux seins, ça ne sera pas de trop. Et puis, tant qu’on y est, des lèvres, une chevelure : on fait tant de choses avec ça…
Attention ! N’êtes-vous pas en train de fantasmer sur une poupée gonflable ? Bien sûr ! Il faut encore un certain mouvement qui animerait toutes ces merveilles. Il faut que ça vive, mais aussi que ça bouge, au rythme du désir, aux pulsations de notre sang, que ça vibre sous l'archet qui coule ma chanson… (c’est toujours Extra). Bref, si vous connaissez un moyen d’avoir tout ça sans que ce soit une femme vous me le direz.
Donc, il faut une femme. Oui, mais quelle banalité ! A quoi bon dire tout ça si c’est pour arriver à cette lapalissade ?
Sauf que… Il faut une femme, quand même. Oui –  Mais à faire, non faite.
Je sens que je sème le trouble dans les cervelles (appelons ça comme ça) : où trouver une femme en kit prête-à-monter avec les outils et le mode d’emploi - genre Ikéa ?
Nulle part, bien sûr. Mais on sait maintenant avec qui faire l’amour : d’abord avec une femme. Mais attention ! Une femme qui serait faite uniquement pour satisfaire nos désirs, une femme fantasme,  ou, pour mieux dire, une vraie femme dont on saurait qu’elle existe non pas pour faire la vaisselle ou pour soutenir une thèse sur les indiens d’Amazonie – mais seulement pour ça.