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Monday, August 28, 2017

Citation du 27 aout 2017

On roule confortablement  sur l'autoroute  de la vie, protégé par la ceinture de sécurité de nos certitudes  et l'air-bag  conducteur  de la routine.
Dave Barry – Chroniques déjantées d'internet

L'asile le plus sûr est le sein d'une mère.
Jean-Pierre Florian - La Mère, l'enfant et les Sarigues
Ah… La tranquille sécurité du petit enfant enfoui dans les bras de sa maman… Même les publicités les plus racoleuses émeuvent encore. Voyez celle-ci, dédiée à BMW série 3 Airbag, qui sans hésiter associe l’airbag de sa « Série 3 » à la généreuse poitrine de la maman.





Pourtant la sécurité suppose toujours plusieurs crans : il faut assurer la sécurité par un dispositif efficace, et puis assurer la sécurité du dispositif de sécurité. Double circuit, comme sur les automobiles de courses.
Voyez comment Volkswagen exploite cette situation :



Publicité Volkswagen
C’est la maman qui assure la sécurité du petit et c’est le papa qui assure celle de la maman. Et ppur la sécurité de toute cette petite famille ? Voilà Volkswagen ! Faut-il encore un cran supérieur, au risque de perpétuellement régresser dans les dispositifs qui assurent la sécurité de la sécurité de la sécurité… ? Bien sûr que non ! Volkswagen, « Das Auto » : sécurité ultime et absolue.

Friday, August 11, 2017

Citation du 12 août 2017

Propre en toute sécurité
Slogan du Papier de toilette Lotus « Ultra résist »

Je voudrais dire encore une fois ici mon admiration pour les « créatifs » de la pub. Quand je vois avec quelle richesse d’imagination ils traitent les sujets les moins agréables à valoriser, j’en reste ébloui. Ainsi du papier hygiénique. Oui, vous avez bien entendu : quand vous êtes missionné pour réaliser une campagne de pub pour ce qu’on appelle familièrement le « P.Q. », c’est bien difficile à aborder.
La solution passe généralement par le décalage du sujet : s’agissant de quelque chose de répugnant, le retourner pour en faire un thème glamour. Ainsi de Clara (ci-dessous), la fiancée abandonnée qui déprime sur ses W.C et qui, au contact du papier Lotus se remet à rêver à des noces en voile blanc.



Voyez la vidéo ici.

Oui… Mais il y a plus fort, et c’est le papier « Lotus  Ultra Résist » qui nous le propose en jouant la carte du réalisme : « Propre en toute sécurité »
Imaginons le message :
            1 – D’abord, un anus (désolé, il n’y a pas d’autre mot) ;
            2 – Ensuite des doigts.
            3 – Entre les deux : le papier de toilette.
Le chalenge c’est de frictionner le 1 avec le 2 sans que le 3 ne se déchire, obligeant le 2 à rencontrer le 1.

Ça, c’est clair ! Le P.Q. sert à se nettoyer proprement le c… et le summum de la pub consiste à ne pas le faire oublier.

Sunday, July 16, 2017

Citation du 17 juillet 2017

 La publicité, c'est la gloire du riche ; la gloire, c'est la publicité du pauvre.
Auguste Detoeuf
Constitue une publicité toute inscription, forme ou image, destinée à informer le public ou à attirer son attention.
Article 3 - Loi n° 79-1150 du 29 décembre 1979
Cet article de loi est rappelé par l’article de La Toupie qui est par ailleurs bon à lire et à relire pour discuter cette citation. On admettra que le mot « publicité » a ici deux sens différents : le sens initial (qualité de ce qui est publié) dans son second emploi ; et puis, dans le premier, le sens dérivé actuel, portant sur la moyen de faire connaître plus que sur la connaissance qui en résulte.
Bref, quant à la gloire, il n’y a pas une, mais deux questions à poser (résultat du chiasme utilisé dans cette citation) : « comment accéder à la gloire » d’une part ; et « que produit la gloire » d’autre part ? Mais on le voit, ce qui importe, c’est de saisir la différence entre le riche et le pauvre qui se révèle par là.
Selon notre auteur-du-jour, la richesse est la renommée du riche, alors que la renommée est ce qui fait connaître le pauvre. Du coup, si on n’a pas besoin de demander ce qui permet au riche d’arriver à cette gloire – étant entendu que la richesse y suffit – en revanche il faut s’interroger : que faut-il faire quand on est pauvre pour accéder à la renommée ?

Il n’est que de donner deux exemples pour saisir la différence entre le riche et le pauvre.
- Le Qatar par exemple est connu pour ses largesses financières quand il s’agit de montrer simplement par là qu’il est riche.
- Le coureur du Tour de France quant à lui a besoin de faire des exploits sur son vélo en haut de la montagne. Qu’il devienne riche par ce moyen  et du coup montrer sa richesse deviendra suffisant : rouler en Lamborghini par exemple (on pensera plutôt au tennisman ou au footballeur).


Reste que la richesse doit absolument se montrer pour obtenir l’effet de publicité. Raison pour la quelle de grand luxe est nécessaire. Rue de la Paix à Paris il y a une bijouterie où l’on vend une Rolex à 135000 euros. C’est le prix d’une moitié de Lamborghini.

Friday, November 25, 2016

Citation du 26 novembre 2016

Le fait qu'on se confesse de plus en plus à la radio et de moins en moins dans les églises semble indiquer que la publicité est plus précieuse que le pardon.
Philippe Bouvard, Maximes au minimum
Publicité – Subst. fém.
« Action de rendre public. Rendre notoire, faire connaitre de tous ou au moins du plus grand nombre de personnes. »
Définition TLF
On n’insistera pas sur cette définition de la publicité qui, pour ne pas être courante aujourd’hui, est pourtant la seule qui permette de lire la citation de Philippe Bouvard.
Quand Bouvard écrivait ceci, les psy de la radio faisaient des émissions très suivies où les auditeurs venaient au téléphone raconter leurs petits vices ou bien les défauts intimes de leurs amants. On sait qu’aujourd’hui, avec les réseaux sociaux dont tout le monde parle, plus besoin de radio : chacun peut tout déballer, le vrai comme le faux, au grand jour avec pour seul moyen son smartphone. Ceci suscite au moins deux questions :
- D’abord, à quoi bon se confesser, si ce n’est pas pour demander son pardon ? Car enfin, quand je tweete un message ce n’est pas pour être pardonné ni confirmé dans ce que je raconte. De plus, si je dis : « le samedi soir je ne peux pas me retenir de fumer de l’herbe, et après je vais faire des galipettes avec la gamine du voisin qui a tout juste 13 ans » je ne demande pas le pardon ; je ne demande pas non plus d’être félicité par mes followers (encore qu’un ecclésiastique me répondant : « Ce n’est rien mon fils : c’est Dieu qui vous a fait comme ça. D’ailleurs moi, c’est pareil, après la messe dominicale avec l’enfant de cœur etc…. » ça pourrait être intéressant).
Trêve de balivernes : me raconter au fil des tweets, c’est me donner de l’importance – ou plutôt, c’est m’accroitre de tous ces messages, eux mêmes démultipliés par tous les tweetos qui me suivent. Car comme n’importe quel écrivain, celui qui se raconte sur tweeter (ou sur facebook) espère être lu. Il sera à ses propres yeux d’autant plus  important – d’autant plus grand – qu’il sera lu par un plus grand nombre de gens.

On l’a compris : la confession est réservée à un seul auditeur et le pécheur murmure à l’oreille de son confesseur pour que personne d’autre n’entende. Mais avec les réseaux Internet, c’est comme si le confessionnal était branché sur un puissant amplificateur qui répandait les confidences partout sur la Terre. Volant par-delà les monts, mon gazouillis annonce mon existence à toutes ces consciences inconnues.

Monday, March 28, 2016

Citation du 29 mars 2016

La plus grande campagne de publicité de l’histoire de l’humanité… avec un logo admirable : la croix.
Olivero Toscani



Au sortir de cette semaine de célébration de la Passion du Christ, quoi de plus blessant et de plus choquant que cette citation d’un célèbre publicitaire ? (1) Ces gens-là ne respectent rien, ils sont prêts outrager la foi religieuse pour retenir l’attention des clients potentiels. Et pourtant je voudrais disculper ces publicistes en plaidant l’inconscience et l’irresponsabilité
- Oui, mesdames et messieurs les jurés, mon client n’a pas voulu offenser les fidèles qui nous trainent aujourd’hui devant ce tribunal. C’est vrai, il le confesse, il a bien profané la Sainte-Croix instrument du supplice de Notre-Seigneur Jésus-Christ en imaginant qu’elle ne servirait qu’à diffuser le message des Evangiles. Mais ce crime n’en est pas un, car la volonté de blasphème n’existe pas.
Car mon client ne vit que pour la publicité : tout ce qu’il voit, il le voit sous cet angle. Ainsi, il se dit non pas : « Qu’est-ce que je pourrais faire pour choquer », mais : « Si j’avais inventé la croix, qu’est-ce que j’en aurais fait ? ». Andy Warhol considérait la Joconde comme un simple support publicitaire. Eh bien pour mon client, la croix c’est la même chose.

… Relisant ce Post, je me dis que l’enfer est pavé de bonnes intentions : car voulant disculper un publicitaire, je l’enfonce dans une aliénation pire encore dans la mesure où je lui attribue un monde illusoire où rien de ce qui serait étranger à la publicité ne pourrait exister. Ne vaudrait-il pas mieux qu’il fut un blasphémateur méritant la lapidation ?
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(1) Publicitaire sulfureux, puisque connu pour avoir conçu les publicités Benetton.