Monday, July 27, 2015

Citation du 28 juillet 2015

Le bonheur en toi tu le trouveras le jour où tu cesseras de porter un masque. Sois juste toi-même.
Anonyme
Encore une de ces leçons de morale qu’on donne sous forme de maxime pour que les gens la retiennent plus facilement – mais qui en réalité est terriblement banale ?
Oui, bien sûr. Mais si on l’examine un peu « de biais », on découvre quelque chose qui nous conduit à repenser les masques, non seulement comme ce qui cache notre visage sous une autre apparence, mais aussi comme ce qui le rend anonyme en le démultipliant. Ainsi de ces masques Anonymous,
qui effacent l’individu derrière son appartenance à un groupe (on pourrait aussi penser à ces uniformes qui cachent l’individu sous le soldat). Bref, le meilleur moyen d’être anonyme est d’être absolument identique à tous les autres, afin de cesser d’être un individu.
A partir de là on peut développer notre citation-du-jour dans deux directions :
- L’une qui souligne que l’objectif prioritaire est bien sûr de différer des autres, non pas spécialement pour briller par notre originalité, mais principalement pour coïncider avec nous-même.
- L’autre qui décrit le bonheur comme résultant de cette parfaite coïncidence avec soi-même, ce qui exclut qu’il y ait un modèle, valable pour tous, de vie heureuse.

Ce qui nous amène à deux orientations morales différentes :
- La première que je dirais volontiers anarchiste, qui rejette l’autorité extérieure si elle ne conduit pas au développement de la volonté personnelle.
- L’autre qui critique la marchandisation du bonheur qui l’aligne sur le désir et le désir sur le besoin.

--> Qu’est-ce qui fait que vous avez réussi votre vie ? Le fait de posséder une Rolex ?

Sunday, July 26, 2015

Citation du 27 juillet 2015

Tout est poison, rien n’est poison : c’est la dose qui fait le poison.
Paracelse (1493-1541)
C’est la dose qui fait le poison : c’est à propos des « perturbateurs endocriniens » comme le Bisphénol A que cette sentence de Paracelse a repris de l’actualité : on l’a contestée en disant que ces substances étaient au contraire actives à très faibles doses, donc toujours des poisons. On a dit aussi que certaines substances comme les allergènes étaient encore plus actives à faibles doses qu’à fortes doses.
On a également corrigé cette affirmation en disant, à propos de l’alcool, que c’est non la dose mais la période qui fait le poison. Ainsi des femmes enceintes chez les quelles une très faibles dose d’alcool expose le fœtus à des perturbations de développement.
o-o-o
Aujourd’hui ce débat est peut-être une affaire de scientifiques spécialisés, le lobbyistes affairés à leur commerce – ou encore d’hypocondriaques convaincus qu’ils ne peuvent survivre qu’à condition de surveiller tout ce qu’ils absorbent.
Et donc moi, consommateur ordinaire, que pourrais-je ajouter à de telles affirmations et à de telles études ? (1)
--> Si, quand même : je pourrais dire, par exemple, que la formule de Paracelse peut fort bien valoir ailleurs que dans le domaine de la chimique. Ainsi des relations humaines : il y a des personnes qu’on supporte très bien à des doses « homéopathiques », mais qu’on jetterait par la fenêtre si on partait en vacances avec elles : ainsi de « l’effet belle-mère », femme délicieuse à condition de la fréquenter parcimonieusement, et extrêmement toxique à plus forte fréquence. On se rappellera aussi de ma théorie de l’effleurement : glisser dans la vie en frôlant les personnes qui nous entourent sans jamais chercher à approfondir notre relation avec elles – comme nos « amis » Facebook. Il en va également ainsi de ces amants du théâtre classique qui proclament être des « séducteur-jamais- séduits », des amants qui ne se laissent jamais piéger par l’amour. Car selon eux l’amour est, à n’en pas douter, un poison dès qu’il atteint une certaine intensité.
Oui, la formule de Paracelse vaut bien aussi pour l’amour…
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(1) Qu’on lise celle-ci – ou celle-là.

Saturday, July 25, 2015

Citation du 26 juillet 2015

A mauvais payeur, mauvaises garanties.
Homère – Odyssée (Voir ici)
Dette garantie : Se dit d'une dette dont l'emprunteur garantit le remboursement en y adossant un actif qui pourra être saisi en cas de non remboursement de la dette. Ce type de dettes peut être exigé par le prêteur qui souhaite se garantir le remboursement de l'emprunt, car le débiteur apporte de faibles garanties de solvabilité. Pour les petites entreprises, cette pratique est courante. Les dettes sont alors garanties sur le patrimoine personnel du dirigeant.
Edubourse.com –  Lire ici
Bien sûr tout a été dit sur la dette grecque, et en particulier que les grecs n’ont qu’à vendre des actifs pour la rembourser. Par exemple, certains avaient pensé à leur demander de vendre quelques iles des Cyclades, oubliant qu’un Etat a l’obligation de préserver l’intégrité du territoire.
D’autres plus avisés ont proposés de leur faire vendre des ports comme le Pirée. Mais je crois que c’est déjà fait, ou à peu près. Il reste donc des trésors archéologiques qui pourraient être rachetés, démontés et remontés chez le débiteur qui accepterait échange d’effacer l’ardoise grecque.
Ainsi, je propose de racheter le Parthénon (on gardera l’Acropole pour plus tard). Le problème est de savoir quoi en faire ?
--> On démolit l'affreux Sacré-Cœur et on reconstruit le Parthénon à la place.

Les Lumières de la Civilisation y gagneraient certainement

Friday, July 24, 2015

Citation du 25 juillet 2015

Now this is not the end. It is not even the beginning of the end. But it is, perhaps, the end of the beginning.
Churchill, discours du 9 novembre 1942,
au lendemain du débarquement allié au Maroc et en Algérie.

Churchill parlait alors de ce débarquement qui constituait la première victoire des alliés face aux armées du 3ème Reich, rappelant que c’était une victoire mais non pas la victoire : l’ennemi n’est pas vaincu, mais on sait qu’on en a fini avec son invincibilité. Ne pas confondre « le commencement de la fin » avec « la fin du commencement » 
o-o-o
Retenons ce conseil et demandons nous si, dans notre existence, nous savons effectuer cette distinction.
- Déjà, observons que la vie est un  long processus : qui donc croirait que la fin commence là où le début s’achève ? Si, tout de même : tous ceux qui ne veulent pas en finir avec leur jeunesse, ces post-adolescentes trentenaires qui se fringuent comme des minettes en chaleur ou comme des rock-stars. Ou alors ces quadragénaires qui refusent de vivre autrement que comme des étudiants. Car pour eux, après la fin de ce commencement, c’est le commencement de la fin.
- Long processus avons-nous dit ? Ou plutôt succession de processus ? Mais ce n’est pas mieux : chaque étape de la vie, pour autant que nous acceptions de les distinguer, finit de commencer pour commencer à finir. Après tout, ce déchirement de la perte de la jeunesse cet enlisement qui lui succède annonçant la vieillesse, c’est à chaque étape de notre vie que nous risquons de le vivre.
- Désespérant ? Pas tant que ça, car voici Bergson qui arrive. – Considérez, nous dit-il, la vie comme une seule étape, quelque chose qui commence de se construire à votre naissance et qui ne cessera qu’à votre mort. Du coup plus de fin, du moins plus de fin du commencement. Plus de commencement non plus, du moins plus de commencement de la fin.

J’en vois qui s’agitent ? Quoi, me dit-on : vous avez fustigé les post ado qui à 30 ans s’évertuent à l’être encore et ces étudiants qui en ont 45. Et vous nous présentez comme un miracle qu’on soit de sa naissance à sa mort le même ? Vous vous moquez ?
En réalité, ce que nous dit Bergson est un peu différent : ce qui se conserve toute une vie, c’est son sens profond, ce qui confère une signification à toutes nos décisions, à tous nos actes. Mais ne croyons pas que ce sens émerge à notre conscience dès notre naissance ;  ce serait ridicule. Il faut admettre que ce sens n’apparaît que progressivement, comme ce qui donne rétrospectivement une valeur à ce que nous avons choisi de vivre.

Donc pas d’étapes. Juste un point de basculement lorsque ce sens nous apparaît clairement.