Wednesday, September 20, 2017

Citation du 21septembre 2017

Il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu.
Evangile de Luc, 12 : 2
Commentaire II
Loin de toute paraphrase (cf. Post d’hier), on a pu entendre cette sentence de Jésus comme une condamnation de tout ce que nous machinons afin de nous dissimuler aux autres.
A commencer – par exemple – par le vêtement.
Pourquoi donc porter des vêtements ? Suivant cette parabole rapportée par saint Luc, disons : pour cacher nos parties honteuses et les laideurs de notre corps, qui pourtant ne cesseront pas d’exister !
- Messieurs, vous avez des mollets de coq et des biceps de gringalet ? Portez chemises et pantalons : mais sachez bien que vous resterez pourtant un minus ! Et pour ce qui pendouille tristement, n’oubliez pas le caleçon… Et vous, mesdames, qui avez les seins qui tombent sur le ventre et le ventre sur les genoux, remontez donc tout ça avec des soutifs’ et des corsets ; mais ça n’empêchera pas que ça retombe quand vous voudrez faire la donzelle sur les planches à Deauville.

- On pourrait aussi prétendre qu’au contraire le vêtement, loin de cacher, est plutôt là pour montrer ; ou plutôt pour se montrer.




Vanitas, vanitatum ! Ce que vous montrez ce n’est pas vous, ce n’est que la mode du jour – et en plus vous êtes peut-être une fashion victim
- On dira que finalement le vêtement sert avant tout à se protéger du froid, et que si l’humanité est née en Afrique, là où le climat est chaud, elle en est sortie depuis bien longtemps, qu’elle a du affronter les glaciations et les hivers qui n’en finissent plus et que, faute d’avoir la toison de l’ours, les hommes ont du obtenir sa peau pour survivre.



Ötzi, chasseur du néolithique (reconstitution)

Tuesday, September 19, 2017

Citation du 20 septembre 2017

Il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu.
Commentaire I
Ce passage est extrait de ce texte : « Sur ces entrefaites, les gens s'étant rassemblés par milliers, au point de se fouler les uns les autres, Jésus se mit à dire à ses disciples : Avant tout, gardez-vous du levain des pharisiens, qui est l'hypocrisie. 2 Il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu. 3 C'est pourquoi tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres sera entendu dans la lumière, et ce que vous aurez dit à l'oreille dans les chambres sera prêché sur les toits. »
Ce qui se trouve récusé ici, c’est la prétention des créatures à rester opaques à leur créateur, tout comme Adam et Eve, cachés dans les roseaux après avoir mangé le fruit défendu. Mais Yahvé sait la vérité, Il voit tout ce que nous voulons Lui cacher.
- On rétorquera qu’Il est bien fort s’Il sait ce que nous ignorons nous-mêmes ; il y a peut-être des pharisiens qui s’ignorent, car que savons-nous des raisons qui nous poussent à agir ? Sont-elles bonnes, sont-elles mauvaises ? Où est-elle donc cette chambre secrète où se disent les secrets que nous n’aimerions pas entendre clamés sur les toits ? Ne s’agirait-il pas de ce retrait inconscient qui nous masque nos propres désirs et ne les laisse filtrer qu’après les avoir rendus méconnaissables à nous mêmes ? Dieu serait-il le « Psychanalyste Suprême » installé au point de passage entre l’inconscient à la conscience, et capable de repérer nos mobiles ?
- Trêve de blasphème. Ce qui est en cause, ce n’est pas le rôle ni la personne de Dieu. C’est le sujet responsable que nous sommes censés être devant Lui.
Avant même de savoir pourquoi nous agissons, demandons nous s’il existe ce « Je » qui décide et qui choisit le bien plutôt que le mal, le mal plutôt que le bien. Car si nous ne savons pas pourquoi nous faisons, comment serions-nous capable d’assumer cette responsabilité ? Jésus en croix s’écrie : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ! » (Luc, 23 : 34).
Mais je divague ! Il n’est aucunement nécessaire d’assumer la faute pour en être châtié. Il suffit d’enfreindre l’interdiction. Et là, inutile de dire que nous ne savions pas, car il est dit :

« Nul n’est censé ignorer la loi »

Monday, September 18, 2017

Citation du 19 septembre 2017

Celui qui peut, agit ; celui qui ne peut pas, enseigne.
George Bernard Shaw – Maximes pour révolutionnaires (1905)

Paraphrasons la citation de Bernard Shaw : enseigner ce qu’il faut faire présuppose qu’on soit incapable de le faire soi-même. – Non pas qu’on ait déjà fait et que devenu trop vieux et incapable de continuer, on transmette son expérience pour que d’autres, plus jeunes, soient à leur tour en état de faire ; car Bernard Shaw pense qu’on n’est absolument pas obligé de savoir vraiment ce qu’on enseigne ; d'ailleurs, si on ne le fait pas soi-même sans doute est-ce qu’on n’en sait rien du tout.

Pour Bernard Shaw, enseigner est une escroquerie où des hommes dépourvus de savoir véritable mettraient un bonnet carré pour faire croire qu’ils savent.


 On peut s’interroger : pourquoi tant haine ? On dirait que Bernard Shaw identifie l’enseignement à une activité parasite, qui fait oublier l’essentiel qui est de faire et non de dire comment faire ?
Aujourd’hui, on reformulerait cette phrase : « Celui  qui sait agit; celui qui ne sait pas apprend. » Et comment apprendre, si non auprès de ceux qui savent et qui peuvent enseigner ? On retrouve alors les normes modernes de l’enseignement qui n’est plus rien d’autre que de la « formation », où l’individu est considéré comme un exécutant et jamais comme une personne libre et porteuses de ses propres valeurs.
Car, voilà ce qu’il faudrait répondre à Bernard Shaw : « Oui, celui qui enseigne n’enseigne pas à faire ; mais il enseigne à être ». Et qu’on ne considère pas que cette promesse soit une escroquerie parce que personne ne pourrait nous enseigner quoique ce soit qui nous aide à être.

Car on peut encore de nos jours enseigner la philosophie.

Sunday, September 17, 2017

Citation du 18 septembre 2017

L'art du gouvernement consiste à organiser l'idolâtrie.
Bernard Shaw ; L'homme et le surhomme (1903)
Ce n'est pas l'incrédulité qui est dangereuse dans notre société, c'est la croyance.
Bernard Shaw ; Androclès et le lion (1912)

On lira de surcroît la Citation-du-jour du 5 septembre : Tout Etat social a besoin des fictions. – Paul Valéry (Cité par Emanuel Macron dans son interview au magasine Le Point)

Cultiver ou refuser l’imaginaire dans la vie sociale ? Il faudrait un très long développement pour clarifier cette alternative, et je n’en chercherai pas tant pour aujourd’hui.
Mais on peut quand même réfléchir à cet état de fait que soulignent nos Auteurs-du-jour : aucune société humaine ne peut exister sans le recours à une fiction, que ce soit celle d’un Etre tout puissant ou celle d’un chef qui l’incarnerait.
Et si le Tout-Puissant ou le chef « délégué » ne sont pas en cause, alors il s’agit d’un idéal d’avenir porté par une représentation du « destin de l’humanité ».

Je retiens donc que la fiction (qu’on nommera selon les cas avenir transcendant ou idolâtrie) est inévitable dans le développement des sociétés – et que partout où le pouvoir est centralisé dans quelques mains, un idéal d’espérance ou une représentation d’un châtiment futur existe. On a dit que là se trouve le véritable point d’origine des sociétés humaines (1), ce qui signifie qu’on ne saurait en faire l’économie.
Le Président Macron dont je rapportais les propos récemment (réf. ci-dessus), disait fort honnêtement (à moins que ce ne soit cyniquement ?) que la France avait besoin de croire à l’avenir et qu’elle devait porter en elle une représentation de ce qu’il faut espérer. Bien sûr il ne disait pas en quoi il faut espérer. Car tel est le privilège du philosophe-président : une fois qu’il a dit que la cause première existe, il retourne finir sa sieste, nous plantant là sans nous en dire plus.
--> Mais quelle est donc cette « cause première » en la quelle nous devons espérer ?

La Citation-du-jour veut bien vous dire en quoi faut-il espérer : 
            - En la venue du règne de Dieu ?
            - Dans l’avènement de la société sans classe ?
            - Dans la société sans régulation ni frein permettant de s’enrichir sans limite ?
À vous de choisir : il faut bien vous mouiller un petit peu…
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(1) Yuval Noah – Sapiens, une brève histoire de l’humanité.

Saturday, September 16, 2017

Citation du 17 septembre 2017

Je chéris ta personne et je hais ton erreur.
Racine
Dieu aime les homosexuels mais il déteste l’homosexualité
Propos d’intégristes catholiques, au début de l’épidémie de sida

Faire une telle distinction entre un être et son acte, n’est-ce pas un peu hypocrite ? C’est un peu de cette façon qu’au début de l’épidémie de sida on considérait cette maladie comme un châtiment des homosexuels, et les cathos de l’époque précisaient : « Dieu aime les homosexuels mais il déteste l’homosexualité »
Quel salmigondis ! Peut-on faire plus hypocrite que de dire une pareille chose ; c’est comme si  on disait que l’assassin est un homme qui n’a aucun rapport avec l’assassinat qu’il a pourtant commis.
Tentons de réfléchir un peu – Peut-être voudrait-on dire : « De même qu’un homme reste un homme même quand on lui a coupé la jambe, de même cet homme-là reste un homme même quand il a commis un crime monstrueux. »
Voilà le point : s’agit-il de disjoindre un homme d’un acte qui révèle son essence ou bien qui se trouve (comme l’erreur involontaire) attaché accidentellement à lui ? Dans ce dernier cas, non seulement cet acte ne révèle pas un vice fondamental de l’être humain (car, n’est-ce pas, l’erreur est humaine), mais on peut – et même on doit – en débarrasser l’individu ; c’est là que l’ami véritable se révèle.
Revenons alors aux homosexuels : certains justifient la formule citée en disant que l’homosexualité est un péché capital, comme la fornication. Et comme on dit : à tout péché miséricorde, alors il faut bien admettre que les homos n’ont pas perdu l’amour de Dieu.
Les homos sont-ils d’ailleurs différents des fornicateurs ordinaires dans la mesure où ceux-ci n’ont pas en tête de faire des enfants lorsqu’ils forniquent ?
Au fond les homos seraient simplement des gens qui désobéissent à l’ordre divin : Croissez et multipliez !
« Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme. 28Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. » (Genèse 1 :28)

En matière de copulation aussi le « comment » importe moins que le « pourquoi ».