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Monday, December 25, 2017

Citation du 26 décembre 2017

On se réfugie dans ce qu'on ignore. On s'y cache de ce qu'on sait. L'inconnu est l'espoir de l'espoir.
Paul Valéry
L'inconnu est l'espoir de l'espoir.
Belle formule n’est-ce pas ? Qu’on pourrait développer : L’inconnu rend possible l’espoir qu’il y ait de l’espoir.
Un peu comme le malade à qui le médecin vient d’annoncer qu’il a une tumeur, et qui se retient de demander : « Est-elle maligne ? Si oui, peut-on la guérir ? Sinon, combien de mois (d’années) me reste-t-il à vivre ? » - Et si son patient ne lui demande rien, le médecin ne dira rien car il sait qu’il y a un pacte tacite qui le lie à lui : celui de lui donner de l’espoir tant qu’il le peut ; et de ne pas l’empêcher d’espérer quand il ne peut rien de plus.
Mais la merveille n’est pas là ; elle est dans ce ressort intime du psychisme qui nous fait oublier ce qu’on ne veut pas savoir. Voyez cet homme qui a fait un test de dépistage du sida sur la demande exprès de ses proches. Voilà que le résultat arrive ; mais l’enveloppe reste intacte sur le bureau, il ne va pas l’ouvrir parce qu’il a peur de savoir.
C’est un peu comme la mauvaise foi chez Sartre : le refus de savoir ce qui nous blesse réside d’abord dans le fait de détourner le regard, comme cet exemple, dans l’Etre et le néant, de la femme courtisée par un amant très empressé et qui se met à parler des beautés de l’art, pendant qu’elle abandonne sa main entre celles de l’homme.


- Reste à savoir si la volonté d’ignorer est première et si elle est suffisante lorsqu’on veut cultiver « l’espoir de l’espoir ». Ne faut-il pas aussi un désir enraciné dans notre cœur et qui dit : « Je sais bien… Mais quand même »

Monday, July 25, 2016

Citation du 26 juillet 2016

Nous nous plaignons de notre ignorance, mais c'est elle qui fait presque tout le bien du monde : ne prévoir pas, fait que nous nous engageons.
Bossuet – Œuvres complètes (édition 1863)
L'ignorance et la bêtise du peuple font la force du dictateur.
Jdan Noritiov

Que penser de l’ignorance ? D’un côté on la rejette, parce qu’elle paraît complice des dictateurs qui assoient leur domination sur la croyance en leur pouvoir démiurgique ; de l’autre on l’apprécie – par exemple quand on évite de dire à quelqu’un qu’il est désigné pour mourir bientôt ; ou encore quand on refuse les tests qui révèleraient une prédisposition génétique à une maladie incurable : c’est qu’alors l’ignorance est une condition de la vie normale.
Imaginons que par magie on puisse lire le « Journal du lendemain », et que celui-ci annonce à son lecteur son propre décès ; celui-ci serait-il allé tranquillement travailler comme chaque jour ? Et qu’est-ce qui se passerait dans les étables si les cochons savaient que la bétaillère pour l’abattoir arriverait le lendemain ? (1)
Mais il y a plus : ne pas savoir, ne pas prévoir, ce n’est pas seulement le secret du bonheur ; c’est aussi, comme le dit notre Auteur-du-Jour, que l’ignorance encourage l’engagement : comme nous imaginons facilement que l’avenir nous sourira, l’ignorance de ce qu’il nous réserve véritablement nous aide à formuler des projets que nous tenterons de réaliser.

Oui, bien heureux l’ignorant ! Si de surcroit il a foi en un Protecteur qui étend sur lui sa Providence, alors il s’en remet à lui : Inch’Allah ! A quoi bon se soucier de l’avenir ? Fais ce que tu dois, et quand au résultat remets en au Seigneur-Dieu.
L’ignorance est une grâce.
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(1) Voir (ici) le film Babe, le cochon devenu berger

Thursday, July 30, 2015

Citation du 31 juillet 2015

Il y aura toujours dans la foule un crétin qui, sous prétexte qu'il ne comprend pas, décrétera qu'il n'y a rien à comprendre.
Amélie Nothomb – Péplum (1996)
CRÉTINISME, subst. masc.
A. MÉD. État pathologique, caractérisé par une diminution ou une absence totale des facultés intellectuelles…
TLF

« C’est chiant ». Ça, c’est l’exclamation du crétin à qui on demande un peu de réflexion et quelques minutes d’attention – à supposer que ce ne soit pas au service de l’« entertainment » habituel.
C’est cette confiance aveugle dans leur ignorance qui assure aux crétins que leur bêtise est l’aune de la sagesse ; car, ce qui est crétinisme en solo devient sagesse collective. D’ailleurs cela ne nous surprendra pas : c’est comme ça que les « gourous » des sectes actuelles ont une influence suffisante pour prendre le contrôle des cerveaux : faire que la « vérité » ne soit rien d’autre que l’opinion infusée par eux dans la collectivité.
Mais il y a plus dans cette citation : l’idée est aussi que pour certains, l’ignorance n’existe pas. Tout ce qu’on ignore est en réalité erreur, ou plutôt question inappropriée. Du coup on a mille fois raison de s’en détourner en haussant les épaules. Vous vous doutez bien qu’en écrivant cela le prof de philo que j’ai été se réveille. La philo est en effet conçue par beaucoup comme l’art de poser des questions idiotes, des questions qui ne se posent pas et  - pire ! – de tordre les questions évidentes pour les rendre incompréhensibles. Et c’est un peu vrai : on le sait, le philosophe est un déménageur de questions ; mais une fois qu’il a fait cela, il se transforme en monteur de problématique, c’est à dire qu’il fabrique un système de questions. Il ne lui reste plus qu’à élaborer des concepts pour résoudre tout ça et à les organiser en système. Hop là !
Amélie Nothomb précise que ce refus de l’effort intellectuel conduit tout droit au crétinisme, c’est à dire à la déficience intellectuelle : je veux croire en effet que cette déficience n’est pas originelle et qu’elle résulte de ce mépris de la réflexion. Occasion de le rappeler : le cerveau a en commun avec les muscles de se développer – ou du moins de se conserver – par l’effort. C’est le refus de l’effort qui conduit à l’atrophie. Alors quand les séniors font des mots cachés pour entretenir leurs facultés cérébrales, ce qu’ils sauvent est proportionné à leur effort, c’est à dire pas grand chose. Mais ceux qui en veulent plus, n’ont qu’à faire de la philo ! Car en plus ils sauront répondre aux questions de Kant :
            - Que puis-je savoir ?
            - Que dois-je faire ?
            - Que m’est-il permis d’espérer ?
            - Qu’est-ce que l’homme ? (1)
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(1) Lire ici. Les petits facétieux qui affirment qu’il faut ajouter à cette liste « Dans quel état j’erre ? » et puis « Pourquoi elle veut pas cette s… ? » découvrirons ainsi qu’ils sont affectés de crétinisme.

Friday, April 20, 2012

Citation du 21 avril 2012

L'ignorance savante est supérieure au savoir ignare.
Marc Gendron – Minimal Minibomme
«  L’oxymore est une figure de style qui vise à rapprocher deux termes (un nom et un adjectif) que leurs sens devraient éloigner, dans une formule en apparence contradictoire.
L'oxymore permet de décrire une situation ou un personnage de manière inattendue, suscitant ainsi la surprise. Il exprime ce qui est inconcevable. Il crée donc une nouvelle réalité poétique. Il rend compte aussi de l'absurde. »
Wikipédia – Définition
[La citation de Gendron servira ici d’exemple pour une évocation de l’oxymore.]
Selon la définition de Wikipédia, l’oxymore, en accouplant des mots, fait jaillir des réalités. Qui  plus est, ces chimères verbales doivent être inconcevables, incongrues, puisqu’on va réunir par l’oxymore deux termes que leurs sens devraient éloigner.
Reste que ces « réalités » nouvelles sont de l’ordre de la poésie ; aucun espoir d’en tirer quelque chose qui soit de l’ordre de la philosophie, puisqu’à sortir de la poésie, on tombe dans l’absurde.
Voyons un peu : « l’ignorance savante » est supérieure au « savoir ignare » - est-ce du non-sens ? Ne peut-on en tirer autre chose qu’un effet rhétorique ?
Pour cela, laissons de côté le fait qu’il s’agit d’un accouplement d’oxymores, et que, comme l’oxymore est déjà un accouplement, on a ici affaire à un accouplement de couples. De toute façon, comme on va le voir, il ne s’agit pas d’un ménage à quatre.
Car en effet, on pense dans cette formule les rapports possibles entre la science et l’ignorance. Et comme on le sait, Socrate avec sa formule : « Je suis le plus sage parce que je sais que je ne sais rien » - et Nicolas de Cues à qui l’on doit la « Docte ignorance » n’ont pas craint d’offenser le bon sens avec ce genre de rapprochement. Nous en avons déjà  parlé (ici) : les ignorants curieux s’y reporteront.
Par contre qu’est-ce donc que ce « savoir ignare » ? Comment la science peut-elle rendre ignare, puisqu’il est, comme le dit le dictionnaire, celui qui manque d'instruction, de culture; qui est profondément ignorant.
On trouvera pourtant la réponse facilement, d’abord chez Platon, ensuite chez tous ceux qui l’ont glosé : la savoir est toujours partiel, je dirai même « régional ». Le savant ignare est celui qui croit que sa science est sans bornes et qu’il peut donc tout expliquer grâce à elle ; ce qu’il ignore ce sont donc les frontières qui bornent son esprit. C’est ainsi, dit Platon (1), que les artisans vont se croire, parce qu’ils savent faire des chaussures ou construire des maisons, compétents pour gouverner la Cité. Ce sont des gens malcommodes et prétentieux – comme le sont également les généraux, comme les poètes, etc….
Il peut donc se faire que l’oxymore ne soit pas seulement poétique.
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(1) Platon – Apologie de Socrate : « Socrate : Seulement, Athéniens, ces bons artisans me parurent avoir le même défaut que les poètes. Parce qu'ils pratiquaient excellemment leur métier, chacun d'eux croyait tout connaître, jusqu'aux choses les plus difficiles, et cette illusion masquait leur savoir réel. »

Monday, April 16, 2012

Citation du 17 avril 2012


L'ignorance est l'ignorance. Nul droit à croire quelque chose n'en saurait dériver.
Freud – L'avenir d'une illusion
Lorsqu'on ne sait pas la vérité d'une chose, il est bon qu'il y ait une erreur commune qui fixe l'esprit des hommes 
Pascal – Pensées, Frg 628 (Le Guern)
On peut aborder la croyance de divers côtés : par exemple, en parlant de son rôle pour pallier une ignorance ; ou bien en l’envisageant comme un moyen de se réunir avec tous ceux qui partagent une opinion commune.
On peut bien sûr dériver de cette ignorance un droit à la croyance, quelque chose qui se justifierait par le fait que nous avons besoins de certitudes – justement comme le dit Pascal (ci-dessus) – ou de lien social (opinions partagées en commun).  
Nous, on veut bien – encore que la croyance soit un fait et qu’il soit peut-être facultatif d’en faire un droit. Mais enfin…
On justifie la croyance parce qu’elle répond à une exigence naturelle chez l’homme : celle de trouver une explication à ce qui  lui arrive : qu’il y ait un orage de grêle sur son champ de blé avant la moisson, ou que sa vache avorte, ou que ses lapins crèvent, alors il aurait absolument le droit d’en accuser quelqu’un, parce que tout ce qui arrive a une cause, et qu’il lui faut savoir pourquoi – et à cause de qui – ça arrive. (1)
Bon. Mais alors en quoi consiste ce droit qui se trouve ainsi fondé ?
Qu’on lise cette plaque commémorative à l’entrée de l’ancien Ghetto d’Apt :



Lors des épidémies de peste, les juifs mourraient – mais pas forcément de maladie.
C’est ça, le droit à la croyance fondé sur l’ignorance.
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(1) Certains me reprocheront de ne viser que l’obscurantisme paysan, celui des culs-terreux barbares et superstitieux. Et ils auront raison : qu’on se rappelle la liste des responsables de la crise économique et financière, telle qu’elle se dégage de notre campagne électorale : pas mal, n’est-ce pas ? Et encore j’ignore ce qui se passe dans les prêches des prêcheurs du dimanche….

Wednesday, March 14, 2012

Citation du 14 mars 2012

Je revendique le droit à l’ignorance.
Roland Barthes

Cette citation me rappelle les petits sujets de réflexion que certains profs de philo donnent à leurs élèves en début d’année pour opérer un décrassage d’opinion. Car le piège ici consiste à ne pas voir que le problème est de définir le « je » qui parle. Il est évidemment important que ce soit le sémioticien Roland Barthes qui parle, et non mon médecin ou le pilote de l’avion.
- Un peu plus tard dans l’année scolaire, le même sujet servira à dégager la différence entre le fait et le droit : l’ignorance est un fait ; pourquoi en faire en plus un droit ?
C’est cet aspect qui me retiendra aujourd’hui.
1 – Qu’est-ce que je n’ai pas le droit d’ignorer ? C’est-à-dire, dans quelle mesure mon ignorance devient-elle non pas une erreur, mais une faute ?
La première idée qui vient à l’esprit est que c’est le cas de la loi : nul n’est censé ignorer la loi. Ce qui ne veut pas dire que je sois coupable de l’ignorer, comme si on faisait des interrogations écrites sur le droit civil ou pénal. Mais par contre si je contreviens à la loi, je ne peux excuser mon forfait en disant que j’ignorais l’interdit. Par exemple, si je n’ai pas mis à jour mon GPS et éliminant les avertisseurs radars (1).
2 – Qu’est-ce que j’ai le droit d’ignorer ? Autrement dit, dans quel cas mon ignorance est-elle justifiée par la Loi ou par l’usage ?
Bien sûr, on trouve la réponse dans la loi elle-même : partout où l’ignorance excuse la faute, il y a un droit à l’ignorance. On ajouterait même que tout ce que la loi n’interdit pas est autorisé.
Mais il serait sans doute plus intéressant de rappeler que l’ignorance s’entend de différentes façons, et que l’ignorance peut être l’« action délibérée de ne pas prendre en compte les connaissances acquises pour aborder un sujet – Qu’elle peut même être l’action de ne pas reconnaître la nature, la valeur de quelque chose » (Source : TLF).
C’est peut-être ce que voulait dire Roland Barthes, qui avait, nous le savons, un langage plus châtié que certains Premiers ministres de la France qui ont dit, sans hésiter : « La bourse, j’en ai rien à cirer. » (2)
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(1) La Citation du jour l’apprend à ceux qui l’ignorent: ça peut leur couter très cher.
(2) Edith Cresson (référence ici)

Sunday, November 13, 2011

Citation du 14 novembre 2011

La vraie science est une ignorance qui se sait.
Montaigne – Essais
Le beaucoup savoir apporte l'occasion de plus douter.
Montaigne – Essais
Que vaut la science ? Je veux dire : que valent, non pas ses applications, mais les connaissances qu’elle apporte ?
On peut en effet obtenir toute sorte d’effets utiles en mettant en œuvre des connaissances complètement erronées. Sans vouloir me fâcher avec les chinois dont je respecte énormément la Civilisation, la médecine chinoise (et l’acuponcture en est un exemple) me parait, en tant que science, des plus fantaisistes – même si elle guérit ses malades.
Donc, si on écarte les succès techniques, reste que la science doit d’abord nous apporter des certitudes. Or, voilà que Montaigne nous dit : Le beaucoup savoir apporte l'occasion de plus douter.
Et d’évoquer sans le dire Socrate qui se vantait de son non-savoir : Je suis le plus savant des Athéniens parce que moi, je sais que je ne sais pas.
La docte ignorance (1) est donc ignorance qui se sait, une ignorance consciente d’elle-même. On peut en effet ignorer sans le savoir : ignorer ce qui se passe à l’autre bout de l’Univers ; on peut encore ignorer ce qu’on croit dur comme fer savoir. En revanche comment savoir qu’on ne sait pas ?
--> En touchant les limites de notre savoir : je sais que je sais jusque-là et pas plus loin. Ce qui renvoie aux frontières du savoir – ou aux trous qui le percent.
--> Mais aussi en doutant de notre science, en sachant que notre savoir est peut-être provisoire, qu’il est une vérité admise jusqu’à maintenant, mais qu’une nouvelle expérience risque bien de le remettre en cause demain.
Moyennant quoi, la vérité, comme dit Popper, n’est jamais que « verisimilitude ». D’ailleurs le terme est de Montaigne, justement (Apologie de Raymond Sebond – cité ici)
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(1) J’emprunte l’expression de Nicolas de Cues sans prétendre en évoquer le contenu spécifique.

Wednesday, September 29, 2010

Citation du 30 septembre 2010

Je sais que je ne sais rien.

Maxime attribuée à Socrate.

Le plus sage d'entre vous, c'est celui qui, comme Socrate, reconnaît que sa sagesse n'est rien.

Platon – Apologie de Socrate, 23b

Dans ce passage de l’Apologie de Socrate, notre philosophe, accusé de corrompre la jeunesse, et également d’impiété, présente sa défense devant le tribunal.

- J’ai été, dit-il, désigné par l’oracle d’Apollon comme étant le plus sage – c'est-à-dire le plus savant – de tous les athéniens. Surpris d’une telle révélation, je suis allé auprès de tous ceux qui prétendent détenir un savoir (politiciens, généraux, poètes, etc.) Et tous m’ont paru ignorer ce que pourtant ils prétendaient savoir. De sorte, que si je suis le plus savant des athéniens, c’est parce que moi, je ne prétends pas savoir ce que je ne sais pas.

Occasion de rappeler qu’il y a deux formes d’ignorance :

- une ignorance inconsciente d’elle-même qui porte non seulement sur tout ce que nous pourrions savoir et que nous ne savons pas (par exemple, je ne sais pas ce que font mes voisins à l’instant où j’écris ces lignes) ; mais encore et surtout qui prétend savoir quelque chose qu’en réalité nous ignorons. On aura reconnu ici l’ignorance pourchassée par Socrate.

- mais il existe aussi une forme plus « noble » d’ignorance qui est consciente d’elle-même et qui apparaît comme un trou dans le savoir – ou comme sa borne. Par exemple, je connais telle tel évènement qui s’est produit à telle époque historique, mais je suis ignorant de ce qui est arrivé juste après.

C’est cette ignorance qui est la « science » de Socrate : car c’est elle qui produit la recherche de connaissance.

Soyons comme Socrate : délimitons notre savoir et évitons de parler de ce que nous ne connaissons pas. Ça nous permettra peut-être de guérir de notre ignorance.

Et surtout, ça nous évitera de dire des bêtises.