Sunday, March 01, 2015
Citation du 2 mars 2015
Tuesday, September 23, 2014
Citation du 24 septembre 2014
Je ne fais pas le bien que je veux, mais le mal que je déteste.
Monday, July 02, 2012
Citation du 3 juillet 2012
Sunday, January 29, 2012
Citation du 30 janvier 2012
Qui ne mange pas n’a pas besoin de travailler.
Mais en généralisant un peu, on arrive à des idées subversives, telles que : évitons de passer notre vie à travailler. Et donc : pour faire des économies de travail, entrainons-nous à moins consommer.
Idées subversives aussi parce qu’on trouve aujourd’hui que, ce qui paraît moral, ce n’est pas de cesser de consommer, mais plutôt de consommer le plus possible, à condition de ne consommer que français.
L’idée de Thoreau est donc qu’il faudrait prendre à l’envers le processus qui nous est habituel : au lieu de se demander comment gagner plus, et à partir de là, comment dépenser tout ce bel argent, demandons-nous : de quoi avons-nous vraiment besoin ?
Puis une fois réalisé cet inventaire, demandons-nous : combien de temps faut-il travailler pour satisfaire nos besoins utiles – et seulement eux.
Quand on lit Walden, le livre où Thoreau raconte son expérience de vie dans une cabane au fond des bois, on est surpris d’y trouver des pages détachées de son livre de comptes (3). Quel intérêt ?
C’est que, justement, Thoreau veut nous montrer qu’on peut vivre – et bien vivre – avec très peu d’argent, et que ce peu d’argent, on peut le gagner en peu de temps.
C’est donc cela la morale de Thoreau : plutôt que de gagner de l’argent, gagnons du temps.
Pourquoi ne suivons-nous pas ce conseil ? Pour faire ce que saint Paul nous prescrit, mériter de vivre en accédant à l’autonomie ? J’en doute – et de toute façon l’ermite est auto-suffisant.
Ce que je crois, c’est que pour beaucoup de gens, le temps sans travail, qui est un temps libre, et que le temps libre est d’abord un temps vide.
- Or le temps vide est notre ennemi, parce qu’on ne sait quoi en faire, sinon penser à notre misère comme le disait Pascal. Simplement notre misère s’appelle maintenant : anxiété, angoisse, stress.
Travailler plus, c’est gagner plus ; mais c’est aussi et surtout penser moins – pour éviter l’angoisse existentielle.
Mais ça, l’ermite de Thoreau, il n’en avait pas besoin.
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(1) Déjà cité le 8.5.07
(2) Thoreau – Walden ou la vie dans les bois, à lire en ligne ici.
(3) Par exemple dans le chapitre 7, avec le coût de la culture des haricots.
Sunday, March 13, 2011
Citation du 14 mars 2011
C'est reposant, la tragédie, parce qu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir, le sale espoir.
Jean Anouilh – Antigone (1942)
Dans la tragédie on sait qu'il n'y a plus d'espoir... La tragédie se distingue du drame en ce que le héros tragique est condamné dès le début, pour la raison qu’il affronte des forces qui le dépassent infiniment. Il n’est héros que parce qu’il combat sans espoir.
Reste donc à commenter le début de cette phrase d’Anouilh : ne plus espérer, c’est reposant, dit-il…
Eh bien, oui. Etes-vous angoissé, stressé, déprimé ? Etes-vous dans la crainte et le tremblement (1) de voir le pire se produire ? Si vous êtes dans ce cas, c’est parce que, au fond de vous, vous pensez que le meilleur est toujours possible et que vous devez lutter pour y arriver – ou pour le conserver.
Même le croyant qui s’en remet à Dieu pour la réussite de ses entreprises (Inch’ Allah !) espère, et il doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour se concilier la bonne grâce de Dieu. Et, on l’aura compris en lisant l’extrait de l’Epitre de Paul (ci-dessous, note 1), l’avenir est toujours incertain, parce que même la foi ne nous est pas garantie.
L’espoir fait vivre dit-on ; mais dans quel état !
Devons-nous donc désespérer pour vivre mieux ? Y aurait-il non pas un réconfort, mais au moins un « confort » du désespoir ? Les amateurs de paradoxes y trouveraient leur compte, mais pas forcément la vérité.
En réalité, il existe un état extérieur à l’alternative espoir/désespoir, que les sages de l’antiquité ont nommé l’apathie ou l’ataraxie (impassibilité) et que la plupart des religions orientales ont exploré et qu’on pourrait nommer avec elles la divine indifférence.
La divine indifférence… Si la chose vous intéresse, allez-vous documenter, mais faites bien attention : regardez où vous mettez vos clics – il y a semble-t-il bon nombre de charlatans et d’illuminés qui exploitent le filon.
Preuve que ça répond à un véritable besoin – le besoin de repos.
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(1) Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, travaillez à votre salut avec crainte et tremblement, non seulement comme en ma présence, mais bien plus encore maintenant que je suis absent; [13] car c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. (Saint Paul, Epitre aux Philippiens, 2-12)
Tuesday, November 04, 2008
Citation du 5 novembre 2008
Pureté-Impureté 1
Tout est pur pour ceux qui sont purs. Mais pour ceux qui sont souillés et qui refusent de croire, rien n’est pur […] Ils sont abominables, rebelles, inaptes à toute œuvre bonne.
Saint Paul Epître à Tite, I-15-16
Il est des mots dont la définition contredit le sens. Ainsi le mot pur qui devrait être défini d’une ligne (par exemple : sans mélange) remplit plusieurs pages de dictionnaires avec des cascades de sens dérivés. On se prend à songer que cette définition est bien impure…
Pur, pureté, … Que d’abominations n’a-t-on pas commises au nom de cette perfection ? La plus récente, la purification ethnique n’étant que le dernier – mais non l’ultime hélas - avatar de cette histoire. Car l’impureté est à la fois la condition humaine et ce qui rejette l’homme dans l’inhumanité.
Tout dépend donc du contexte. Dans la Bible, les choses sont simples... ou presque ! L’impureté n’est autre que la souillure, et la souillure vient par contamination, du contact de l’être impur (la femme en couches par exemple), ou de l’ingestion de nourriture impure. Il n’est que de lire le Lévitique pour être édifié à ce sujet.
On comprend qu’il n’est pas besoin d’aller plus loin pour voir comment l’impureté a servi de caution aux pires atrocités.
Par contre il est plus délicat de saisir ce qu’est la pureté. On critique la Marseillaise pour avoir appelé à répandre le sang impur. Mais c’est quoi la pureté du sang ? C’est la pureté de la race ? Et c’est quoi la pureté de la race ? Le non-métissage ? Mais à ce compte, toutes les races, la blanche, la noire, la jaune, sont pures dès lors qu’elles existent en tant que telles. C’est ainsi que les nazis en étaient venus à prétendre – sur les traces de Gobineau – que les juifs n’étaient pas une race, mais le résultat du métissage des autres races. C’est de là que venait leur impureté.
On a compris sans doute déjà que nous sommes dans une idéologie de l’excellence de l’origine. Dès lors que cette origine se perd, ou qu’elle se mélange à une autre, ce métissage devient impureté, souillure.
D’où l’embarras devant la reproduction sexuée qui impose ce métissage. Les nazis - encore eux, les « spécialistes » de la pureté – ont voulu contourner cette difficulté avec les centres de « production » et d’éducation d’enfants de race aryenne pure qu’étaient les napolas.
Monday, May 07, 2007
Citation du 8 mai 2007
Si quelqu' un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus
Saint-Paul - Seconde épitre aux Thessaloniciens - 3, 10
Si j’ai bien compris ce que j’ai entendu il y a deux jours de la part du 6ème président de la 5ème république, l’ordre morale est de retour. Il va falloir s’y mettre : toutes les valeurs que « mai-68 » (que le démon le consume) avait déglingué devront être réapprises.
Morale - 1ère leçon : le travail est bon, c’est une valeur qui permet à l’homme de … de quoi au fait ?
C’est Max Weber que nous devons lire ici (1). Il nous rappelle que ce sont les puritains - et en particuliers ceux d’Amérique - qui ont sanctifié le travail. Notre Très-Haut et Très-Eclairé Président semble donc avoir pris des leçons du côté des Néo-conservateurs américains qui eux-mêmes diffusent le message des premiers colons puritains d’outre-atlantique.
Selon eux, Dieu nous a mis sur terre avec une mission : celle de réaliser notre être de la façon la plus valable possible (voir la parabole des talents (2)). La vie contemplative est du temps perdu ; c’est l’activité seule qui nous permet de faire notre salut (3). La mission que Dieu nous a confiée, vaut pour chacun ainsi que cette citation de St. Paul nous le rappelle. Pour les puritains, la répugnance au travail est l’indice d’une absence de grâce.
Le travail est un commandement que Dieu nous fait, et la richesse ne nous libère pas de cette nécessité. S’il advient que l’on s’enrichisse par le travail, c’est que Dieu l’a voulu ; acceptez-le sans orgueil et sans faillir : « Travaillez donc à être riches pour Dieu, non pour la chair et le péché. » (M. Weber - idem)
Lorsque donc on nous dit : « si vous voulez gagner plus, travaillez plus », comprenez que la formule est biaisée pour de motifs politiques ( ?) : en réalité le message est : si vous voulez mériter le Paradis, travaillez plus.
Let it be.
(1) Max Weber - Ethique protestante et esprit du capitalisme. En ligne ici
(2) Voir citation du 23 janvier 2006
(3) Voir Genèse : «Il dit à l'homme: Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l'arbre au sujet duquel je t'avais donné cet ordre: Tu n'en mangeras point! le sol sera maudit à cause de toi. C'est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie,
C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière. » - Genèse 3, 17-19