Wednesday, September 20, 2017
Citation du 21septembre 2017
Tuesday, June 03, 2014
Citation du 4 juin 2014
Je pense que les tatouages sont horribles, c’est comme porter une robe Gucci à vie.
Saturday, June 02, 2012
Citation du 3 juin 2012
Friday, June 01, 2012
Citation du 2 juin 2012
Thursday, June 24, 2010
Citation du 25 juin 2010
de visualiser ce dont il parle : voyez par exemple ces sous-vêtements conçus par notre Miss préférée.Tuesday, June 22, 2010
Citation du 23 juin 2010
Une chose folle, et qui découvre bien notre petitesse, c'est l'assujettissement aux modes.
La Bruyère – Caractères
Non – Nous n’allons pas dénigrer la mode d’été qui s’étale dans nos vitrines, ni nous lamenter sur les fashion victime. Après tout que deviendrait notre beau Karl sans elle ?
Nous souhaiterions parler non de la mode, mais des modes. Vous pigez ? Non ? Vous le faites exprès ?
Je pense aux lieux à la mode, aux mots qu’on répète parce que tout le monde le fait, aux idées qu’il est bon de colporter… . Bref suivre ce genre de mode c’est adhérer à un conformisme paradoxal parce qu’il évolue constamment, et que s’il nous permet de faire partie de la tribu – c’est à condition de connaître le mot de passe qui change tout le temps.
Je crois que ce sont les jeunes qui aiment les modes, du moins qui les suivent – et les vieux comme moi (si, si) qui les détestent.
Pourquoi ? Parce que le temps passant et l’expérience aidant, nous constatons que non seulement les modes changent – ça c’est une banalité – mais aussi et surtout qu’elles reviennent.
Il ne suffit pas de brûler ce qu’on a adoré, pour faire comme tout le monde et pour ne pas paraître une pauvre cloche. Il faut aussi retrouver ce qu’on avait aimé avant de le détester il y a 20 ou 30 ans et le faire avec un ravissement tout neuf. Oublier qu’on l’a déjà fait, déjà dit, déjà porté. Et oublier aussi qu’on a dit et écrit que c’était le comble de la ringardise, que ceux qui fréquentaient ces bistrots ou adoraient ces chanteurs, c’étaient des pauvres ploucs.
Bref, non seulement les modes nous mettent sous la tutelle des autres ; mais en plus elles exigent qu’on se déjuge, et voire même qu’on soit en contradiction avec nous-mêmes.
Et ça, ça fait beaucoup.
Sunday, January 25, 2009
Citation du 26 janvier 2009
La nudité, c'est pire qu'indécent, c'est bestial ! Le vêtement, c'est l'âme humaine.
Michel Tournier – Le fétichiste, p.309, in Le Coq de bruyère
Le problème, voyez-vous avec ce genre de citations, c’est qu’elles sont piquantes et évidentes. Tant et si bien qu’on les colporte sans trop se demander si on a raison de le faire.
Car enfin, si Tournier a raison, l’âme humaine est :
- visible ;
- interchangeable (on en change comme de chemises) ;
- facultative (elle disparaît avec la nudité)…
Et réciproquement, la nudité c’est :
- l’animal humain, c'est-à-dire un corps sans âme ;
- ce qui prive l’homme de son humanité ;
- s’exhiber sans vêtements c’est une injure faite aux autres.
Nous avions déjà abordé la question du vêtement il y a bientôt trois ans (déjà !), pour conclure qu’il avait juste l’inconvénient de n’exprimer que ce que la mode a retenu comme signe intéressant à manifester. Exit l’âme dans ce qu’elle a de personnel, et bonjour le stéréotype…
Alors, bien sûr tout le monde n’est pas une fashion victime… Il y a tous ceux qui choisissent leur habillement pour exprimer ce qu’ils veulent faire apparaître d’eux-mêmes. Leur vêtement est un discours, une déclaration concernant ce qu’ils sont.
Mais vous n’empêcherez pas les gens de la rue de décoder votre tenue d’abord en fonction de l’écart qui la sépare de la tenue à la mode.
Car le vêtement est un signe, et le signe fonctionne à partir des autres signes qui auraient pu figurer à sa place. Le petit chandail en cachemire à la place du pull à col cheminée de chauffeur poids lourds.
Dans la langue, tout n’est que différence, disait Saussure. Dans la mode aussi.
Sunday, July 06, 2008
Citation du 7 juillet 2008
Karl Lagerfeld – Extrait d'une Interview
La citation du jour, dans un souci de civisme, offre gracieusement cette promotion du gilet réfléchissant (du moment que quelque chose se met à réfléchir, on est pour).
Qu’est ce que la mode si ce n’est pas du vêtement ?
Réponse avec la promo du « gilet-jaune » : si c’est Karl Lagerfeld qui assure cette promo, c’est pour souligner le contraste entre l’utilité (ça peut vous sauver la vie), et le style : porter des lunettes de soleil la nuit (on comprend que le gilet jaune n’aille pas avec).
La mode, c’est le style, c’est ce qui n’a pas besoin d’être utile, c’est peut-être même ce qui se doit d’être inutile. D’ailleurs les fashion victims ne me démentiront pas.
…Je sens la contestation monter, et pas seulement du coté de ces pauvres victimes : la mode est utile, et il faut être singulièrement borné pour croire que les fringues n’ont pour fonction que de nous habiller pour nous protéger du froid (ou des autres). Les articles de mode (pour exclure le terme méprisable de « vêtement », et pour inclure les « accessoires ») jouent aussi le rôle de signe de ralliement. Car si le style était le seul critère de la mode, alors à chacun sa mode comme à chacun son style. C’est vrai de Karl Lagerfeld, car personne ne s’habille comme lui. Seulement, le beau Karl, il ne ferait pas une thune si chacun s’habillait comme bon lui semble plutôt que d’acheter sa griffe.
Non, nous avons besoin de marqueurs sociaux – ou esthétiques – et la mode en tient lieu, même si elle n’en est qu’un élément (ajoutons la voiture et les gadgets pour faire bonne mesure). Ceux qui pratiquent le nudismes le savent : il faut se retrouver dans des endroits bien spécifiques – telle plage privée par exemple – pour retrouver ces marqueurs.
Même les sauvages qui vont tout nus, ne sont pas si nus que ça : certains ont des peintures sur le corps pour se différencier des autres tribus ; d’autres ont des étuis pén
iens ou des ceintures à la quelle attacher leur zizi.
Moi, je rêve d’un défilé de mode chez les Nambikwaras
Friday, March 24, 2006
Citation du 25 mars 2006
« Le moi se compose d'une âme, d'un corps et d'un vêtement. »
William James
Bonjour les fashion victimes ! C’est à vous que s’adresse la Citation du jour. A vous les toxicos de la fringue, à vous les damnés de l’accessoire et de la fripe, vous qui désespérez de vous délivrer un jour de votre addiction : voici William James - soi-même - qui vient vous réconforter.
Qu’est-ce que le moi ? C’est la conscience que j’ai de moi-même. Bon. Je suis donc une âme et un corps. Oui, mais je suis aussi ce que les autres voient de moi ; et pour autant que nos sociétés le permettent, je peux tenter de traduire cette intuition dans cette apparence. Et cette apparence, c’est le vêtement.
En m’habillant, certes, je me cache : je me protège des intempéries, et je dissimule aux autres ce que ma maman m’a appris à dissimuler. Mais je ne me contente pas de cela : en m’habillant, je me montre aussi.
Alors bien sûr cette exhibition peut être dissimulation : l’habit ne fait pas le moine. Elle peut encore être une dénaturation contre laquelle a été inventée la pratique du vendredi libre (où l’on s’habille un jour par semaine comme bon nous semble). Mais elle est aussi une traduction en terme de formes de couleurs etc. de cette personnalité que nous voulons être. Et pas seulement pour moi : aussi pour les autres - surtout pour les autres.
Alors vous, les fashion victimes, qu’est-ce qui fait de vous des victimes ?
C’est le changement permanent de la mode. Depuis longtemps on l’a dit : la mode, c’est ce qui se démode. D’où la nécessité de renouveler des vêtements encore utilisables ; ruineux, mais banal. Mais surtout la mode c’est ce qui fabrique, de façon collective, une personnalité, un moi vestimentaire. Et là le changement, incontrôlable par l’individu, devient très gênant ; je ne peux plus me « traduire » dans le vêtement. Bien au contraire : c’est lui qui me traduit, c’est à dire qui me transpose dans un style qui ne m’appartient pas, qui m’est imposé, qui devient une marque d’appartenance à un groupe (par exemple celui des Djeun’z ou des Seniors ou des Ménagères de moins de 50 ans (non, là je blague)).
Bref, voilà le diagnostic : les fashion victimes ont un nous à la place du moi.
Vous le saviez déjà ? Bon je ferai mieux demain.





