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Saturday, July 29, 2017

Citation du 30 juillet 2017

… il n'y a pas de sondage, aussi difficile soit-il (…) qui puisse interrompre le mandat que donne le peuple au président de la République.
François Hollande – le 5.9.2014
On le sait, à supposer qu’il faille révoquer un chef d’Etat durant son mandat, un référendum révocatoire est indispensable (à condition que cette possibilité existe) et nul sondage, si « difficile » soit-il (pour parler comme François Hollande), ne saurait l’imposer.
Et pourtant c’est sur la foi de ces mêmes sondages que l’on voudrait créer une telle juridiction « 70% des français le jugent incompétent ? Qu’il s’en aille ! »

C’est une occasion de réfléchir à la différence entre sondage d’opinion et scrutin. Il n’est pas indispensable de songer aux cas où les statistiques se sont révélées fausses quand il s’est agi de prédire le comportement électoral. Ni même d’y voir le risque d’une manipulation de l’opinion, quelque chose comme un trucage opéré par d’habiles techniciens passés maitres dans l’art de tourner le questionnaire de sorte que les réponses soient « forcées ».
Parlons plutôt d’un contournement de la souveraineté du peuple, qui doit impérativement prendre la forme que l’on connaît : déposer un bulletin dans l’urne en toute indépendance et en toute confidentialité. Quelle différence avec le sondage d’opinion ? Eh bien c’est que dans un cas on dit : « Voilà ce que je veux pour mon pays », et dans l’autre on dit : « Voilà mon avis sur l’état du pays » (ou : « Ce qu’on devrait faire » ou etc.)
On l’a compris sans doute : en votant il s’agit bien d’engager sa volonté propre et non un sentiment si fort soit-il. 
Certes rien n’empêche le sondage de capter cet engagement, mais il peut aussi capter bien d’autres choses : je peux communiquer mon engagement de citoyen par sondage, mais je peux aussi bien faire état de mon affect de l’instant. D’ailleurs, c’est ce que répètent les techniciens de ces instituts de sondage : il s’agit d’une « photographie instantanée » de l’opinion et non d’un pronostic. Et c’est justement le propre de l’opinion que de varier au grès des émotions médiatiques; d’ailleurs quand on fustige les médias, c’est bien en raison de leur influence sur les sondages, et non sur les citoyens.

Quoique... Il arrive sans doute que le citoyen se mette à voter avec ses tripes comme s’il répondait à un sondage.

Saturday, May 06, 2017

Citation du 7 mai 2017

Apollon. – … Si une seule voix est oubliée, ce sera un grand malheur. Un seul suffrage peut relever une maison !
Eschyle – Les Euménides
Le contexte : Oreste, meurtrier de sa mère, est menacé de la peine de mort. A la fin de son procès, le jury vote pour définir la sentence et les voix se répartissent à égalité entre la mort et l’acquittement. Il sera libéré grâce à Athéna, qui a voté pour lui et dont la voix l’emporte sur celle des autres jurés.


« Mes chers concitoyens,
je voudrais qu’en ce jour de scrutin vous ayez en mémoire l’avertissement d’Apollon.
Oui, qu’au moment de mettre votre bulletin dans l’urne vous imaginiez que le décompte des voix est déjà fait, qu’il est à égalité et que votre vote va faire basculer le résultat d’un côté ou de l’autre. Bref : que vous soyez, vous, simple citoyen, dépositaire de destin de votre pays.
Ainsi vous êtes responsable de ce qui va arriver, c’est vous qui l’aurez voulu, et…

Ah !... Mes amis, que le résultat du vote vous déplaise, et je vous entends déjà : « C’est un peu fort quand même ! Ces abrutis d'électeurs n’ont qu’une demie-cervelle et en plus ils l’ont mise en vacances pendant la campagne électorale. Et maintenant qu’ils vont voté pour le (la) plus bête des candidat(e), il va falloir que je me considère comme si j’avais moi-même voté pour ça ? »
C’est en effet exactement cela qui doit arriver, quoiqu’il en soit du résultat. Si, au moment de voter, vous devez penser comme vous le dit Apollon, vous devez donc aussi accepter d’être soumis au résultat quel qu’il soit.  Car, voyez-vous, le peuple ne fait qu’un : La République est une et indivisible. Quelque soit le (la) chef (cheffe), que le peuple s’est choisi(e), vous devrez en reconnaître l’autorité.
Si vous dites que la démocratie ce n’est pas de se soumettre à la majorité simplement parce qu’elle représente une force qui l’emporte physiquement sur la minorité, hé bien pensez que vous vous soumettez à la volonté populaire, et que le peuple ne se trompe jamais dans ses vœux, mais qu’il a pu être mal conseillé.
D’ailleurs, si votre candidat(e) est battu(e) c’est peut-être parce que vous n’avez pas su vous engager suffisamment pour convaincre vos concitoyens de se ranger à vos cotés.
Et si vous estimez que vos concitoyens sont des abrutis qui ne devraient pas avoir le droit de voter, c’est que vous n’êtes pas un démocrate, mais un anarchiste.

Vive la République, Vive la France ! »

Saturday, November 26, 2016

Citation du 27 novembre 2016

Jadis le moi se cachait dans le troupeau ; à présent, le troupeau se cache encore au fond du moi.
Nietzsche – La volonté de puissance
Le troupeau est une réalité qui peut très bien faire envie : dans la foule qui le symbolise très bien, être un individu anonyme permet de rester caché même quand est vu parce que le regard glisse sur soi, n’ayant aucune aspérité, aucun détail qui le différencie des autres et justifierait qu’on s’y arrête. Oui dans la foule on est abrité tout comme le petit mouton dans son troupeau.


On l’a compris, le moi est forcément antagoniste au troupeau et sans un danger imminent ou en dehors de la contrainte du berger, on ne voit pas comment il pourrait se fondre dans la masse.
Sauf que ce troupeau peut fort bien être intériorisé par le moi. Selon un phénomène bien connu de massification, la personne s’identifie à la multitude, elle en adopte les valeurs et le comportement. Me voilà donc moi, seul dans ma chambre, devenu véritablement un exemplaire de tous les autres – mieux même : j’en adopte le comportement sans même avoir besoin d’être au milieu d’eux. Comparons avec le banc de poisson : chacun des petits poissons, sans même avoir besoin de regarder les autres, se déplace instantanément dans la même direction que tous, faisant demi-tour à l’instant même où ils le font. Le troupeau est dans le moi, au sens où non seulement il est déterminé par l’aspect de tous les autres, mais encore où il impose le même comportement.
Un exemple ? Le comportement électoral. Il y a une semaine le candidat du parti libéral à la primaire aux présidentielles voyait son score exploser les pronostics : d’un bout à l’autre  de la France, sans se concerter ni être manipulée, une quantité d’individus est allée voter pour lui, faisant un demi-tour surplace, exactement comme les poissons dont nous parlions tout à l’heure.

Qu’on ne sache pas pourquoi, cela importe peu ; certes, on voit bien que sans cela les sondages d’opinion ne serviraient à rien, mais on doit comprendre aussi que ces derniers ne créent pas le phénomène, puisqu’ils ne peuvent exister que si lui-même existe déjà.

Sunday, March 15, 2015

Citation du 16 mars 2015

Il n'est rien d'égal au tabac : c'est la passion des honnêtes gens, et qui vit sans tabac n'est pas digne de vivre.
Molière – Dom Juan
Commentaire 2
Je profite de cette citation pour revenir sur le risque qu’on court à faire l’éloge du tabac, à une époque où même le vapotage est devenu suspect. Eh oui : comment interdire le tabac sans interdire le vapotage ? Cela me rappelle l’époque où l’on préparait la loi anti-foulard. Il y a eu des musulmans pour dire : et si nos femmes portent un bandana, ça ira ? NietNein : ça ne va pas du tout !
Du coup la vapoteuse est comme la clope : verboten !

Bon… Je m’emporte, mais quand même il faut reconnaître que nous vivons une drôle d’époque, où après avoir clamé sur tout les ton « Il est interdit d’interdire », on arrive à la multiplication des lois liberticides.
Tout ce qui n’est pas autorisé par la Loi est strictement interdit !
Voilà que ça me reprend… Excusez-moi : je suis dans cet état depuis qu’on parle sérieusement de pénaliser les abstentionnistes aux élections : le vote n’est plus seulement un droit, il n’est plus essentiellement un devoir, il est une obligation. Bien entendu, il ne s’agit pas de pénaliser les abstentionnistes historiques, les pécheurs à la ligne, ni les adeptes de la matinée grassouillette qui irait jusqu’au soir. Il s’agit des abstentionnistes militants, ceux qui votaient hier et qui aujourd’hui disent : « Tant que vous tiendrez si peu et si mal vos promesses ; tant que vous ne songerez qu’à votre réélection ; tant que vous irez pioncer dans votre fauteuil de sénateur ; tant que vous voterez des lois pour obliger les citoyens à payer leurs impôts pendant que vous fraudez allègrement le fisc… : nous on refusera d’aller voter. »
Jusqu’ici, on se contentait de chasser les élus d’hier en élisant les candidats d’aujourd’hui.

A présent on refuse même de les remplacer : à quoi bon les élire si c’est pour les mettre dehors dès le lendemain ?

Saturday, May 05, 2012

Citation du 6 mai 2012


Nous, qui trouvons aujourd’hui toutes les voies libres, qui pensons que tout est à dire, [nous] sommes pris de vertiges, parfois, devant ces espaces vides qui s’étendent devant nous.
Sartre – M. François Mauriac et la liberté – Situations 1 (1947)
Sartre écrivait ces lignes où il assimile la liberté à l’expérience du vertige en 1947, époque où la contrainte de l’occupation allemande était encore dans toutes les mémoires. Nous qui n’avons plus – Dieux merci ! – ce genre de référence, nous avons encore une expérience de la liberté dans les moments démocratiques que constituent les élections.

Et si nous faisions une « expérience de philosophie quotidienne » (comme le propose Roger-Pol Droit) ?
Aujourd’hui : expérience du vertige de la liberté.
Matériel : un bureau de vote, un isoloir, une carte d’électeur.
Procédure à suivre : Vous vous munissez de deux bulletins de vote et vous pénétrez dans l’isoloir. Et là, avant de glisser l’un des deux bulletins dans l’enveloppe, vous vous dites : « Je suis libre, rien ne peut contraindre ma conduite, je peux mettre dans l’enveloppe le bulletin avec le nom de l’« autre ». Tant que je n’ai pas glissé mon enveloppe dans l’urne, tout reste possible. Tout dépend de moi seul. »
Si vous vous persuadez de l’absolue contingence de votre geste, que rien ne vous contraint, qu’aucun argument (ni aucun sondage) n’a le pouvoir de vous imposer un choix, que votre passé n’est pas non plus déterminant – et que pourtant de votre geste dépend l’avenir de votre pays – vous êtes saisi d’angoisse devant votre écrasante responsabilité, et de vertige devant l’absence de guide balisant votre chemin.
--> L’idée de cette expérience m’est venue en  entendant un électeur dire, lors d’un micro-trottoir, que sa décision de voter pour l’un ou pour l’autre des deux candidats ne serait prise que dans l’isoloir, que quelque chose le déterminerait alors – et seulement alors.
Certes, on se dit que si l’élection dépendait de pareilles situations, il vaudrait mieux tirer l’élu à pile ou face, ce serait plus vite fait.
Mais justement : nous sommes en réalité tous dans la situation de cet électeur :  bien sûr il se trompait en croyant que c’est l’isoloir qui allait lui souffler ce qu’il devait faire ; mais il est vrai que c’est dans l’isoloir qu’il était en situation de faire un choix et de le traduire en action. Et nous, même si nos décisions sont prises en amont du vote, même si nous suivons des arguments rationnels et décisifs – en réalité nous sommes comme lui entièrement responsables de notre choix, nous avons la possibilité de l’inverser – puisque nous sommes des citoyens libres. (1)
Je vous sens un peu angoissés – vous trouvez peut-être que ce n’est pas sympa de vous mettre dans un pareil état un dimanche ?
Allez, je vais vous réconforter : Sartre – toujours lui – nous dit : la liberté, c’est le pouvoir de changer un acte par d’autres actes.
Et donc ?
- Pensons aux législatives qui se profilent maintenant.
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(1) C’est d’ailleurs pour ça que nos Candidats ont mouillé leur chemise dans des meetings jusqu’à la dernière minute.

Tuesday, April 10, 2012

Citation du 11 avril 2012

Liberté d’indifférence – « Mais peut-être d'autres entendent-ils par indifférence la faculté positive de se déterminer pour l'un ou l'autre de deux contraires, c'est-à-dire de poursuivre ou de fuir, d'affirmer ou de nier. Cette faculté positive, je n'ai pas nié qu'elle fût dans la volonté. Bien plus, j'estime qu'elle s'y trouve »
DESCARTES – Lettre au Père Mesland du 9 février 1645
- Dis donc pour qui tu vas voter, toi ?
- Moi ? Je ne le sais pas encore.
- Je te crois pas ! Tu le sais mais tu veux pas me le dire.
- Et d’abord, pourquoi tu me demandes ça ?
- Mais… c’est tout simple : je ne sais pas pour qui voter ; j’hésite. Un matin je me réveille en me disant : Ça y est, c’est décidé, je vote Sarko. C’est lui le plus couillu.
- Et puis ?
- Et puis, j’entends Bayrou qui lui fait honte en disant qu’il n’a pas de constance dans ses promesses. C’est un Président, qui un jour dit blanc et qui, le lendemain, fait noir : ses mensonges sont la preuve qu’il n’a pas de moralité.
- Bon, alors vote Bayrou.
- Oui mais juste après on diffuse un discours de Mélenchon, qui promet de zigouiller tous les capitalistes et leurs valets centristes avec. Alors je me dis : « C’est sûr, il faut voter Mélenchon », quand j’entends Marine…
- Je vois : tu es comme la balance qui oscille dans le courant d’air : tu penches d’un côté, et puis, au moindre souffle, tu penches de l’autre.
C’est une chance pour toi, tu sais. Tu es libre de choisir ton candidat, libre parce qu’aucune force ne te contraint à l’avance à voter de telle façon. Par contre, si tu étais irrévocablement décidé, tu serais comme la pierre qui roule sur la pente : alors tu ne serais plus libre. Tu sais, Descartes disait bien que l’indifférence par indécision c’est un degré inférieur de liberté, mais que c’est de la liberté quand même.
- Alors, si j’ai bien compris, toi : tu es comme moi ?
- Oui et non. Car moi, je penche pour Jean-Luc Mélenchon, ça c’est tout à fait sûr.
- Mais alors, pourquoi tu me dis que tu ne sais pas pour qui tu vas voter ?
- Parce que pour rester libre, je dois pouvoir choisir en toute liberté, sans y être contraint par quelque tendance que ce soit. Pour ça je dois me retenir de poursuivre un bien clairement connu, puisque j’affirme par-là mon libre arbitre.
Il me faut donc faire comme si, jusqu’au dernier moment, je pouvais choisir quelqu’un qui ne s’impose pas à moi. Par exemple, justement Bayrou, ou Marine.
Ça vois-tu c’est la seconde forme de liberté d’indifférence selon Descartes. Et elle est supérieure à la tienne.
- Alors, tu vas voter Marine – c’est ça que tu vas faire ?
- Pas du tout.
- ???
- Je t’explique : je vais voter pour Jean-Luc Mélenchon, en pensant que si je le voulais je pourrais voter Le Pen.
Simple, n’est-ce pas ?

Friday, October 16, 2009

Citation du 17 octobre 2009

Il importe donc, pour avoir bien l’énoncé de la volonté générale, qu’il n’y ait pas de société partielle dans l’Etat, et que chaque Citoyen n’opine que d’après lui.

Rousseau – Du contrat social, livre II, ch. 3

A l’heure où la société française s’offusque des rumeurs de népotisme (1) entourant la nomination de fils du Président à la tête d’abord du conseil général des Hauts-de-Seine, puis de l’organisme gérant les affaires du quartier de la Défense à Paris (EPAD), la réponse du pouvoir est invariablement la suivante : Jean Sarkozy a été élu, et n’obtiendra de nouvelles fonctions à l’EPAD que s’il est régulièrement élu.

L’élection est donc la garantie de l’honnêteté du processus et une garantie contre le népotisme.

Comme si les élections africaines – entre autre – ne nous avaient pas déniaisés au sujet des élections soit disant démocratiques.

Mais, dira-t-on courroucé, pourquoi parler d Afrique ? Y a-t-il en France, à n’importe quel niveau des urnes bourrées, des listes électorales trafiquées ? (2)

Bien sûr que non. Mais il y a d’autres moyens tout à fait réglementaires ceux-là de fausser une élection démocratique. Il s’agit des élections sous influence, où l’on vote comme l’a demandé le curé (3), comme l’exige le patron, comme le souhaite le député qui vous a fait obtenir un HLM avant votre tour. Et il ne s’agit pas seulement de clientélisme.

Déjà, Rousseau (nous y voilà) en 1762 avait abordé le sujet : que chaque Citoyen n’opine que d’après lui. Dans une élection, personne ne doit voter selon les préconisations d’un parti, d’un syndicat, d’une chapelle, etc… La démocratie, c’est le vote d’un citoyen opinant en son âme et conscience sur ce qu’il considère comme étant le bien public. Dès lors que les citoyens votent selon des intérêts privés, il n’y a plus de démocratie, mais seulement une oligarchie.

Toutefois, il est évident que les membres d’un parti ne vont pas voter pour un autre candidat que le leur, même si ce candidat n’est pas le meilleur en lice. Que faire alors ?

Rousseau préconisait d’interdire les sociétés partielles, c'est à dire les partis, les syndicats, les corporations, et de faire jurer aux prêtres fidélité à la Constitution.

Amusant de penser que la démocratie pourrait passer par un régime d’interdits digne de la pire dictature. Telle est l’inconséquence des hommes…


(1) Népotisme ?... Vous avez dit né-po-tis-me ??? Ah… Heureusement que les médias sont là pour cultiver notre vocabulaire : quand un malheureux intello lâche un gros mot comme ça sur un plateau de télé il se fait vertement remettre en place. Mais quand c’est la média-sphère, alors là ce n’est plus la même chose.

(2) Je me place dans la perspective d’élections « officielles » engageant la responsabilité administrative de la République.

(3) Petit rappel : ce sont les partis de gauche qui ont refusé systématiquement, tout au long de la IIIème république que le droit de vote soit accordé aux femmes : parce que, croyait-on, elles vont voter comme le curé le demande – pour la droite conservatrice.