Friday, December 05, 2014
Citation du 6 décembre 2014
Sunday, April 06, 2014
Citation du 7 avril 2014
[L’]originalité, consiste à se priver de certaines choses. La personnalité s’affirme par ses limites.
Wednesday, January 11, 2012
Citation du 11 janvier 2012
Lorsque l'humanité sera enfin sage, Nous passerons de la compétition, Dans l'individualisme à l'individualité, Dans la coopération.
Passons sur l’originalité qui consiste à faire des abeilles non un exemple d’activité féconde, pas plus que d’organisation sociale, mais bien plutôt d’anarchie.
Oui, ça c’est vraiment original, parce qu’au fond de tout ça, il y a l’idée qu’en oubliant le principe de la propriété privée on peut parfaitement prospérer, que l’on n’est ni dans l’affrontement de la rapine, pas plus que dans l’échange, mais dans la complémentarité des besoins individuels, puisque – faut-il le dire ? – c’est en satisfaisant leurs besoins que les abeilles fécondent les fleurs aux quelles elles dérobent leur nectar. (2)
Pas d’échange… Belle idée, sauf qu’on oublie un peu que le nectar ne sert qu’à attirer l’abeille, qu’il n’intervient en rien dans la reproduction de la plante, et que s’il existe, c’est que la nature a anticipé l’échange avec l’insecte fécondateur : tu me pollinises et en échange je te donne mon nectar - qui n’existe que pour ça.
Même chose avec la reproduction chez les humains : il faut bien que la nature nous ait donné des organes à la fois reproducteurs (pour l’espèce) et jouisseurs (pour les individus), sans quoi ça ne marcherait pas. (3)
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(1) Voici le texte entier : « Mes abeilles couvrent deux mille cinq cent kilomètres carrés de terres dont je ne suis pas propriétaire, à la recherche de leur pitance, butinant de fleur en fleur pour lesquelles je ne paye aucune location, volant le nectar, mais en retour pollinisant les plantes. C’est une forme d’agriculture anarchique et paisible, et de gagner ainsi sa vie exerce sur moi un tel attrait par son côté sauvage, erratique, maraudeur qu’il me rend inapte à toute autre méthode, sauf peut-être le cambriolage des banques. » Sue Hubbelle- Une année à la campagne
(2) Il est vrai qu’on trouverait une idée assez proche chez Mandeville
(3) Ceux qui se sont posé la question : « Pourquoi les femmes ont-elles un clitoris ? » trouveront du même coup la réponse.
Friday, November 26, 2010
Citation du 27 novembre 2010
Jadis le moi se cachait dans le troupeau ; à présent, le troupeau se cache encore au fond du moi.
Nietzsche – La volonté de puissance
Le moi – La banalité est de critiquer l’orgueil qui se révèle dans l’adoration du moi – de son propre moi. Il suffit pour s’en persuader de se reporter aux posts qui lui ont été déjà consacré ici même.
Mais voilà que Nietzsche nous en avertit : de nos jours, il n’y a plus rien à critiquer, parce que le moi est mort et enterré, qu’il a disparu dévoré par l’esprit de troupeau. Qu’il s’agisse d’un troupeau de mouton ou de la meute des loups ne change rien à l’affaire : l’individualité authentique et fière d’elle-même a disparu. Il ne reste plus que des conformismes, même si ces conformismes s’échinent à se ridiculiser les uns les autres. (1)
Il faut en effet le souligner : quand Nietzsche parle du troupeau qui se cache en nous il ne veut pas dire que nous sommes composés d’influences diverses, que notre moi serait une rhapsodie de personnalités hétéroclites. Non : le troupeau pour Nietzsche, est toujours caractérisé par l’uniformité, par le consensus qui unit les individus (moutons de Panurge) – d’ailleurs parler d’individus est un peu abusif. Il s’agit plutôt d’unités physiquement distinctes mais parfaitement interchangeables, un peu comme à l’armée où les individus, Pierre, Paul, Jacques, ne se nomment plus indistinctement que des « hommes ». Quand l’un d’eux tombe sous le feu ennemi, un autre « homme » vient et prend sa place. Aucune différence.
Ainsi, le troupeau se cache encore au fond du moi : comprenons que le moi est une illusion dont nous nous berçons, parce qu’il est quand même bien agréable de penser que nous sommes des individus uniques, irremplaçable, et qu’en nous regardant dans la glace le matin, nous pouvons vérifier non seulement que nous sommes bien le même que la veille, mais aussi que nous sommes bien différents de tous les autres.
Comment s’appelle le troupeau quoi se cache au fond de notre moi, celui qui nous guide sans qu’on le sache ?
- CSP+
- 18-25 ans
- Ménagère de moins de 50 ans
- Senior….
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(1) Finalement j’avais quand même consacré un Post non à épingler des critiques de l’orgueil, mais à relever justement ce phénomènes qui substitue des effets de modes à la personnalité originale.
Saturday, March 27, 2010
Citation du 28 mars 2010
Recevoir un grand nombre de journalistes est un plaisir. Un petit nombre un ennui. Un seul d'entre eux : un supplice.
Charles de Gaulle
Quand il y a un ça va... C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes!
Brice Hortefeux (Propos off lors de l’université d’été de l’UMP)
Qui a tort, qui a raison ? Les deux mon Général !
J’ai lu quelque part que le vol des criquets se déclanchait quand il y a avait une certaine densité de ces insectes sur un territoire. Autrement dit, le nombre détermine le comportement – voire la nature – des individus. D’où ces propos sur les journalistes et sur les arabes – heu, non : les corréziens.
Faute de faire un exposé sur les vols de criquets, je me contenterai de cette question : le nombre, qu’est-ce que ça change dans les rapports humains ?
Je suis sûr que vous, mes chers lecteurs, vous avez une réponse à donner… mais en votre absence permettez que j’occupe le terrain.
- Le nombre – le grand nombre – efface l’individu pour mettre à sa place le peuple – ou la race. Tel est le sens de la remarque de Brice Hortefeux, qu’on a eu vite fait de cataloguer dans le clan des racistes. C’est aussi ce qu’on a remarqué dans le passé, principalement à propos des juifs. Il y a avait des juifs admis au plus haut rang de l’Etat – les juifs de cour – en raison de leur richesse il est vrai, mais quand même. Les pogromes, c’était pour le quartier, où la ville. Bref, c’était pour le peuple.
Dans cette perspective, le raciste se reconnaît à ce qu’il rejette l’individu pour son appartenance à un groupe au quel on l’identifie.
De ce point de vue Brice Hortefeux n’est pas raciste (heu… disons pas trop raciste).
- D’autre part, le nombre, ça éloigne les gens, ça les met à distance en les confondant en une masse confuse. L’individu seul est beaucoup plus proche de nous que la foule. Il est plus facile – je suppose – de larguer des bombes sur une ville que d’étrangler de ses mains un seul individu.
Le Général n’aimait pas les journalistes – du moins on peut le supposer. Les rencontrer en troupeau, parqués dans la grande salle de l’Elysée lors d’une conférence de presse, ça va. Par contre la conversation au coin du feu, qui rapproche de l’individu, qui expose à son regard, voilà le supplice.
Saturday, January 23, 2010
Citation du 23 janvier 2010
Saturday, July 11, 2009
Citation du 12 juillet 2009
Beaucoup d'hommes se défont, peu d'hommes meurent.
Marguerite Yourcenar – Feux
Mes chers lecteurs, La citation du jour vous apporte un peu d’optimisme aujourd’hui : peut-être ne mourrez-vous pas !
Oh, certes, il vous arrivera sans doute de disparaître un jour et vos proches vous pleureront en parlant du « Cher disparu »…
Mais ce qu’ils oublieront c’est que ce n’est pas vous, vous l’être conscient, l’être qui s’est construit au cours de toute l’existence, vous que leur souvenir gardera à tout jamais, qui est mort : parce que cet être là s’est défait progressivement, qu’il s’est effiloché, détricoté, maille après maille au cours du temps.
Alors certes, comme le dit Marguerite Yourcenar, ce n’est pas le cas de tout le monde : c’est même trop évident pour qu’on soit obligé de le détailler.
Mais avec les progrès de la médecine, qui prolongent la vie au-delà des pathologies mortifères qui l’emportaient autrefois, voilà que certains en arrivent à disparaître avant que d’être morts. On pense bien sûr à la maladie d’Alzheimer : que reste-t-il de la personne – au sens moral – quand vient l’heure de son trépas ? Quand vous ne reconnaissez plus ni vos enfants ni votre époux(-se), quand l’instant qui vient de s’écouler est parti sans laisser de trace, quand juste sorti dans la rue vous avez oublié votre adresse, qui donc êtes vous ? Votre âme immortelle, celle qui est la source de vos sentiments de vos actes, de vos vertus comme de vos vices – bref : celle qui a fait de vous un être unique – où est-elle passée ?
Quand la mort viendra sonner à votre porte, que restera-t-il à perdre ?
Alors voilà : pour moi, ça, c’est plutôt réconfortant. Comme je l’avais dit il y a déjà longtemps, je veux mourir usé jusqu’à la corde pour ne rien regretter.
Comme le chantait notre – regretté – Daniel Balavoine.

