Saturday, September 16, 2017
Citation du 17 septembre 2017
Tuesday, October 04, 2016
Citation du 5 octobre 2016
Saturday, April 11, 2015
Citation du 12 avril 2015
Friday, February 22, 2013
Citation du 23 février 2013
Wednesday, January 18, 2012
Citation du 19 janvier 2012
Il m’arrive parfois de donner une citation uniquement parce qu’elle est un prétexte à évoquer une idée.
Aujourd’hui c’est un peu le cas : l’idée est celle de la virginité qu’on pourrait – ou non – refaire.
La question est : peut-on « refaire » une virginité – la virginité n’est-elle pas, comme la pureté dont elle est le signe, ce qu’on ne peut retrouver après l’avoir perdu ?
L’exemple étant bien sûr la virginité féminine, dont certaines cultures font encore aujourd’hui la condition de l’acceptation des femmes non mariées dans la société. Sans parler des religieux …
La preuve que la virginité est irrémédiablement perdue dans le mariage est bien que, pour la Vierge Marie, il n’a pas fallu moins de trois miracles pour sauver sa virginité (1) : vierge même mariée ; vierge après avoir été fécondée ; vierge après avoir enfanté.
Je laisserai de côté la question du sens de la perte de virginité des femmes mariées ; après tout l’enfantement est saint et le sourire de l’enfant est un reflet de celui du Seigneur.
Par contre, élargissant le sens de la virginité à la pureté morale, on pourrait se demander d’où vient cet aspect irrémédiable de sa perte : pourquoi ne pourrait-on pas, comme le suggère Christine Angot, se refaire une virginité ?
Je suggèrerai que cette impossibilité renvoie au temps de la faute : la faute morale est essentiellement temporelle, inscrite dans l’histoire du sujet. Ce qui veut dire que, pas plus qu’on ne peut remonter le temps pour modifier les évènements passés, on ne peut faire que la faute n’ait pas été commise.
C’est cela qui fait la souffrance morale et le remord cuisant : « A tout jamais tu seras celui qui a commis cette faute. Tu peux toujours te faire pardonner : ta faute sera surmontée ; ce n’est pas pour autant qu’elle sera effacée ».
Certains torturés de la conscience font le même syndrome avec l’échec : « A tout jamais tu seras celui qui a loupé son bac l’année de tes 18 ans ! »
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(1) Une gâterie pour vous, chers lecteurs : la vidéo de l’abbé Guy Pagès consacrée à la virginité perpétuelle de la Mère de Jésus. Un régal.
Tuesday, March 16, 2010
Citation du 17 mars 2010
Nos fautes sont des dettes contractées ici et payables ailleurs. L'athéisme n'est autre chose qu'un essai de déclaration d'insolvabilité.
Victor Hugo – Littérature et philosophie mêlées
Ici et ailleurs 1 –
Avec tout le respect que je dois à Victor Hugo, je crois qu’il s’est un peu mépris sur le terme d’insolvabilité. Car si je dis : ma faute est une dette si et seulement si Dieu existe, alors l’athéisme ne consiste pas à dire : je supposerai que Dieu n’existe pas, parce que n’ai pas de quoi le dédommager de mes péchés, mais bien : Dieu n’existe pas, donc mes fautes ne sont plus des dettes.
Concentrons-nous donc sur le début de cette citation : Nos fautes sont des dettes contractées ici et payables ailleurs.
Au cas où notre faute serait en effet une dette que nous aurions contractée, la question est de savoir qui est notre débiteur. Celui qui en est victime ? Celui qui a édicté la loi par rapport à la quelle ce que je viens de faire est une faute ? Ou moi-même, en rapport avec mon propre jugement ?
Déjà je suppose que si je suis coupable envers moi-même, alors il n’y a aucune raison que je paie ailleurs. Et puis, ailleurs, ça veut dire aussi plus tard. Si je suis coupable envers moi-même, pourquoi attendre ? A moins que j’attende le soir pour faire pénitence en m’infligeant une flagellation, et le lendemain pour enfiler mon cilice.
Si je ne suis pas coupable envers moi-même, il reste alors que je puis l’être envers ma victime. Mais pourquoi irais-je réparer le mal que je lui ai fait ? Si je l’ai spoliée, c’est que je me sentais bien comme cela et que ses souffrances n’avaient aucune importance pour moi.
C’est donc toujours devant l’autorité que nous commettons une faute :
- Si l’autorité est en nous, comme avec le sur-moi, alors comme on vient de le dire nous devons payer notre faute tout de suite ;
- Si l’autorité est dans le monde, comme la police, ou le juge, ou le chef, alors nous devons rester inconnus pour ne pas payer la faute, avec la crainte d’être démasqué un jour et de payer ailleurs.
- Si l’autorité est au-dessus du monde, comme c’est le cas avec Dieu, alors impossible d’y échapper : Dieu nous voit et, comme Caïn, il nous faudra payer.
… D’où l’idée que l’athéisme est quand même assez confortable. Mais ce que la citation de Hugo nous a aidé à dépister reste significatif : c’est qu’au fond la conscience morale n’est pas autre chose que le sentiment d’avoir à payer une dette, et que cela implique la reconnaissance d’une autorité.
- On parle beaucoup en ce moment de l’absence de conscience morale à propos d’une émission télé qui réactive l’expérience de Milgram. Cette expérience et ses divers avatars montrent que l’autorité nous lave de nos fautes, parce que c’est elle qui conditionne notre conscience morale. Je crois qu’on a tout dit là-dessus
…Sauf que l’expérience originaire mettait en scène des participants complices qui jouaient le rôle d’élèves et un sujet à qui on assignait le rôle le professeur, en lui demandant d’envoyer une décharge électrique au pseudo-élève à chaque fois qu’il fournissait une mauvaise réponse.
--> Chers lecteurs professeurs, dites moi si vous n’avez pas des fois rêvé de faire ça ?
Et puis, si vous en avez rêvé, dites moi si vous avez eu l’impression d’avoir commis une faute et si vous avez le sentiment de devoir la payer un jour pour ça ?
Wednesday, November 05, 2008
Citation du 6 novembre 2008
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