Thursday, January 14, 2016
Citation du 15 janvier 2016
Wednesday, March 25, 2015
Citation du 26 mars 2015
Il n’y a que dans les contes pour petites filles que le Prince est charmant, et qu’il suffit de l’espérer pour le voir venir.
Saturday, May 19, 2012
Citation du 20 mai 2012
Sunday, March 13, 2011
Citation du 14 mars 2011
C'est reposant, la tragédie, parce qu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir, le sale espoir.
Jean Anouilh – Antigone (1942)
Dans la tragédie on sait qu'il n'y a plus d'espoir... La tragédie se distingue du drame en ce que le héros tragique est condamné dès le début, pour la raison qu’il affronte des forces qui le dépassent infiniment. Il n’est héros que parce qu’il combat sans espoir.
Reste donc à commenter le début de cette phrase d’Anouilh : ne plus espérer, c’est reposant, dit-il…
Eh bien, oui. Etes-vous angoissé, stressé, déprimé ? Etes-vous dans la crainte et le tremblement (1) de voir le pire se produire ? Si vous êtes dans ce cas, c’est parce que, au fond de vous, vous pensez que le meilleur est toujours possible et que vous devez lutter pour y arriver – ou pour le conserver.
Même le croyant qui s’en remet à Dieu pour la réussite de ses entreprises (Inch’ Allah !) espère, et il doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour se concilier la bonne grâce de Dieu. Et, on l’aura compris en lisant l’extrait de l’Epitre de Paul (ci-dessous, note 1), l’avenir est toujours incertain, parce que même la foi ne nous est pas garantie.
L’espoir fait vivre dit-on ; mais dans quel état !
Devons-nous donc désespérer pour vivre mieux ? Y aurait-il non pas un réconfort, mais au moins un « confort » du désespoir ? Les amateurs de paradoxes y trouveraient leur compte, mais pas forcément la vérité.
En réalité, il existe un état extérieur à l’alternative espoir/désespoir, que les sages de l’antiquité ont nommé l’apathie ou l’ataraxie (impassibilité) et que la plupart des religions orientales ont exploré et qu’on pourrait nommer avec elles la divine indifférence.
La divine indifférence… Si la chose vous intéresse, allez-vous documenter, mais faites bien attention : regardez où vous mettez vos clics – il y a semble-t-il bon nombre de charlatans et d’illuminés qui exploitent le filon.
Preuve que ça répond à un véritable besoin – le besoin de repos.
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(1) Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, travaillez à votre salut avec crainte et tremblement, non seulement comme en ma présence, mais bien plus encore maintenant que je suis absent; [13] car c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. (Saint Paul, Epitre aux Philippiens, 2-12)
Wednesday, May 20, 2009
Citation du 21 mai 2009
Il est des cas, oui, il en est, où toute consolation abaisse, où le devoir est de désespérer.
Goethe – Les affinités électives (Folio, p.164)
Il est des cas… où toute consolation abaisse – Sommes-nous en présence d’une proclamation de stoïcisme romantique, du genre de celle de Vigny dans La mort du loup (rappelez-vous votre récitation d’écolier : Gémir, pleurer, prier est également lâche…) ?
Ce serait je crois une erreur de s’en tenir là, car voici la suite : le devoir est de désespérer.
Au fond, c’est là le contenu véritable de notre citation : comme la plus part des philosophes pessimistes, ce que dit Goethe dans ce texte, c’est qu’il faut lutter non pas contre ce monde mauvais, mais contre les dispositifs mis en place pour le cacher.
Des dispositifs comme ceux-là, nous en avons : voyez l’oubli de la mort – contre les quels ont lutté des philosophes comme Heidegger, parce qu’en réalité ils nous font oublier bien plus que ça.
Car il ne s’agit pas simplement de lâcheté :
– Dis moi que la mort ne me concerne pas, ou bien que, parvenu au moment où elle devient inévitable, elle n’est qu’un sommeil, ou qu’un grand voyage.
Ces dispositifs sont autant de moyens de fuir notre réalité, c'est-à-dire de fuir la vie humaine.
Alors, c’est vrai, Goethe ne nous dit pas exactement ça : la lucidité nous appelle au devoir de désespérer.
Qu’est-ce que cet étrange devoir ? Faut-il le prendre au sérieux ? Est-il plus que la simple contrepartie de l’exigence de lucidité dont nous parlions ? Peut-être.
Pour ma part, j’estime que s’il y a du désespoir à constater qu’il n’y a rien au-dessus de l’horizon de l’existence, sans doute y a-t-il de l’espoir à voir qu’il y a quelque chose en dessous.
Le désespoir est peut-être dû à un éblouissement qui nous empêche de voir cet en deçà de la mort, qui se révèle selon Heidegger dans le souci de la vie.
Thursday, March 02, 2006
Citation du 3 mars 2006
"Ô toi qui entres ici abandonne tout espoir !"
Dante - La divine comédie (L’Enfer)
C'est cette phrase, gravée sur la porte de l’Enfer, qui accueille les damnés; elle ouvre aussi l’œuvre de Dante. C’est un peu plus honnête que le « Arbeit macht frei » du portail d’Auschwitz…
L’enfer, et après ? Après rien. Ou plutôt si : après l’enfer, l’enfer. Il faut s’appeler Rimbaud pour ne vivre qu’« une saison en enfer » !
Nous avons là une idée de l’éternité. Outre les tortures, l’enfer est désespérant par la certitude de l’avenir. « Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir » dit la sagesse populaire ; parce que l’irréversible de la mort ne s’est pas accompli. Mais l’enfer, c’est l’irréversible dans la vie éternelle : car les damnés vivent, c’est certain : ils vivent en tout cas suffisamment pour souffrir. Mais justement, quelle est la première souffrance en Enfer ? A celle des tourments complaisamment imaginés par l’Eglise médiévale, il ne faudrait-il pas substituer celle du désespoir ?
Dans ce cas nous aurions une idée de l’Enfer dès cette vie. De même que Sartre imaginait l’enfer comme un enfermement dans une chambre d’hôtel de trois personnes qui se détestent et se déchirent sans jamais en finir, la vie quotidienne avec son lot de lassitude, avec ses efforts bientôt abandonnés nous donne une idée de cette déprimante stagnation.
C’est Nietzsche qui a raison. Si tu veux savoir ce que c’est qu’aimer la vie, pense à l’« Eternel Retour » : vouloir que tout ce que tu as vécu, y compris les échecs et les blessures, les souffrances et les deuils, se reproduise indéfiniment, car c’est cela aussi la vie. Aimer la vie pour les sourires de l’enfant et le gazouillis des oiseaux, c’est l’imaginer comme le paradis, un jardin édénique dont on ne sortirait jamais : c’est banal. Aimer la vie au point de vouloir qu’elle se prolonge indéfiniment y compris avec ses désolations, ses chagrins et ses douleurs voilà qui l’est moins.
L’enfer c’est l’éternel retour, c’est sauf pour le Surhomme.



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