Saturday, July 23, 2016
Citation du 24 juillet 2016
Monday, April 04, 2011
Citation du 5 avril 2011
Sunday, April 03, 2011
Citation du 4 avril 2011
Rien n'est jamais sans conséquence, En conséquence, rien n'est jamais gratuit.
Confucius
Gratuité III
[Gratuit - Qui est fait sans but déterminé, qui constitue une fin en soi; qui ne sert à rien.]
Aujourd’hui, j’envisage le dernier sens donné par le TLF au concept de gratuité. Et il faut avouer qu’on a un peu l’impression qu’ils ont fourré là-dedans tout ce qui restait : 1 - sans but déterminé ; 2 - qui constitue une fin en soi ; 3 - qui ne sert à rien.
Un vrai bric-à-brac sémantique !
Quoique… On peut sans doute réduire la polysémie, voire même en tirer des conclusions bien intéressantes. Je m’y attellerai peut-être un jour prochain, pour le moment, je retiens que cette idée de gratuité concerne un acte que l’on fait sans viser un but précis et extérieur à l’acte lui-même : un acte gratuit est un acte qui n’est pas un moyen d’atteindre une fin autre que lui-même.
Illustrons l’idée avec cet exemple (trouvé chez Aristote) :
- Je travaille pour obtenir un salaire, ou un statut social, ou pour modifier la nature. Le travail n’est pas un acte gratuit. On vivrait très bien sans travailler si nous avions tout ce qui nous est nécessaire sans avoir besoin le faire.
- Maintenant supposons que je fasse de l’exercice physique ; c’est pour conserver la santé, parce que la santé est la condition du bonheur. Et être heureux, c’est précisément une fin en soi, qui répond à une exigence de la nature humaine : donc à la différence du travail, l’exercice physique, à condition qu’il ne fasse qu’un avec la santé et avec le bonheur, est un acte in fine gratuit. (1)
Mais tout cela ne fonctionne pas avec la thèse de Confucius : celle-ci suppose qu’on ne fasse pas de distinction entre la conséquence indirecte (l’action est un moyen par nature extérieur au but poursuivi), et la conséquence directe (l’action est solidaire du but recherché).
Et alors ?
- Alors, chez nous on fait la différence entre la contrainte personnelle et la contrainte extérieure : la première est compatible avec la liberté ; la seconde ne l’est pas. Et cette distinction n’a pas de sens pour un chinois confucéen. Sans doute pas plus que l’idée de liberté individuelle.
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(1) J’en vois qui grimacent parce que selon eux l’exercice physique est fatiguant et tout comme le travail ils s’en passeraient bien s’ils pouvaient conserver la santé sans cela. Alors ? Ils ne savent pas que les marathoniens sont shootés aux endorphines ? Certains l’appellent même l'hormone du bonheur pour le coureur à pied…
Saturday, April 02, 2011
Citation du 3 avril 2011
J’ai longtemps pensé, déclare Prométhée, que c’était là que se distinguait l’homme des animaux. Une action gratuite… Comprenez-vous ?... l’acte… né de soi… donc sans Maître ; l’acte libre ; l’acte autochtone ?
Gide – Prométhée mal enchaîné (1899)
Gratuité II
[Gratuit – Qui ne repose sur rien, qui n'est pas fondé, justifié.]
Combien de fois est-on revenu sur l’acte gratuit gidien, avec ce Lafcadio qui assassine un petit vieux uniquement pour se prouver qu’il est possible de faire ça sans raison… et puis on en reste là. Rien n’en subsiste dans la pensée sauf l’exemple qui n’éclaire finalement rien du tout.
Je préfère quant à moi remonter à cette version de l’acte gratuit qui émerge dans Prométhée mal enchaîné, ouvrage méconnu de Gide.
L’acte gratuit n’est pas seulement un acte libre ; il est aussi un acte autochtone. Ça on ne vous l’avait pas dit, n’est-ce pas ?
L’histoire de la philosophie nous livre en effet le mythe des autochtones, dans la République de Platon, où les citoyens d’Athènes sont dits « autochtones » parce que leurs ancêtres sont nés du sol même de la cité. Pour un tel homme, être autochtone, c’est être parfaitement homogène à la nature de la Patrie, et pour une idée – ou pour un acte – c’est se confondre avec la nature de l’être qui la conçoit. Comprenez-vous ?... l’acte… né de soi…
L’acte gratuit n’est donc pas essentiellement un acte immotivé, c’est simplement un acte qui apparait comme une excroissance de celui qui l’accomplit – et c’est ce sens qu’il convient de donner à la liberté (1). S’il paraît non justifié, c’est simplement que pour lui, la question du Pourquoi ? n’a pas de sens.
Un exemple ? Montaigne à la question : « Pourquoi Etienne de La Boétie était-il mon ami ? » Répond : « Parce que c’était lui ; parce que c’était moi. »
L’amitié : quel plus bel exemple d’acte autochtone trouver ?
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(1) Liberté au sens moral donc, et non liberté comme libre-arbitre.