Wednesday, October 07, 2015
Citation du 8 octobre 2015
Tuesday, October 06, 2015
Citation du 7 octobre 2015
Monday, October 05, 2015
Citation du 6 octobre 2015
Sunday, August 07, 2011
Citation du 8 aout 2011
Théophile Gautier, qui était à sa façon un philosophe, avec quelque chose de turc dans sa sagesse, remarquait, non sans mélancolie, que les hommes n'étaient pas même parvenus à inventer un huitième péché capital.
Anatole France – Le jardin d'Épicure (1894)
Enquête sur les péchés capitaux - II
Les hommes n'étaient pas même parvenus à inventer un huitième péché capital.
Notre enquête sur les péchés capitaux se poursuit aujourd’hui avec une question bien embarrassante : comment se fait-il qu’il n’y ait que 7 péchés capitaux ? Sommes-nous donc – nous les pécheurs impénitents – incapables d’en inventer ne serait-ce qu’un de plus ?
Bien entendu nous nous rappelons que les péchés capitaux sont des concepts classificateurs : ils permettent de ranger sous quelques catégories les innombrables péchés dont la nature humaine est grosse.
--> N’y aurait-il donc pas une catégorie de péchés en plus ? Une que les progrès de la civilisation rendraient imaginable aujourd’hui, alors qu’elle ne l’était pas hier ?
On s’en doute : ce sont les geeks qui sont dans mon collimateur, eux qui claironnent que le téléchargement illégal est ce qu’il y a de plus inoffensif et de plus normal. Péché condamné par Hadopi, notre Dieu tutélaire, dont l’omniscience veille avec sévérité sur les frontières du téléchargement pour foudroyer ceux qui tenteraient de les franchir…
J’en vois qui haussent les épaules : ça un péché ? Et qui plus est une catégorie nouvelle de péché ? Plaisanterie…
Reprenons les 7 péchés capitaux. Certes on pourrait considérer que l’envie et l’orgueil suffisent à caractériser le téléchargement illégal : l’envie de posséder ce qui ne nous appartient pas, l’orgueil d’en avoir plus que les autres. On aurait donc tort de voir dans ce comportement quelque chose de radicalement nouveau ?
Ecoutons les cris poussés par les Majors (Universal, Sony et autres) : à les entendre ces malfaisants portent atteinte à un des fondements de la société : la propriété privée. Il ne s’agit pas d’un larcin quelconque, mais d’un acte de piraterie qui s’assume, d’un vol militant. Le téléchargeur abusif dirait que la propriété privée n’existe pas et qu’on peut se servir là où l’on veut, comme on veut. Ni plus, ni moins.
Moi je n’ai pas trouvé dans la liste des péchés capitaux quoique ce soit qui ressemble à ce crime.
Reste qu’il n’est sûrement pas si nouveau que ça : qu’on relise le Mythe du Protagoras de Platon (ici). On voit que ceux qui sapent les fondements politiques de la Cité doivent être exterminés : tout homme incapable d'avoir part au respect et au droit sera mis à mort comme un fléau pour la cité. Et c’est Zeus qui parle ici.
Si on écoute Platon, on voit que la loi Hadopi est bien trop clémente avec ces Geeks qui piratent nos Majors : la mort est le châtiment qu’ils méritent. Mais, que voulez-vous ? Le christianisme est passé par là, et avec lui l’idée que le péché doit être rémissible.
Monday, April 18, 2011
Citation du 19 avril 2011
La reliure recommande un livre. Il faut qu'un livre rappelle son lecteur, comme on dit que le bon vin rappelle son buveur. Il ne peut le rappeler que par l'agrément. Un certain agrément doit se trouver même dans les écrits les plus austères.
Joseph Joubert – Carnets 1er avril 1797
Un blog consacré aux citations d’auteurs classiques mais qui ne dédaigne pas les faits d’actualité comme l’est celui-ci ne pouvait passer à côté du phénomène e-book.
Nous tous qui, sans
être des geeks (1), avons l’habitude de lire des textes sur un écran d’ordinateur nous sommes, ou allons être, confrontés à la question : faut-il bazarder nos bibliothèques et installer une machine comme celle qu’on voit sur l’image ci-contre ?
Il semble que beaucoup soient troublés par le phénomène de dématérialisation des livres : en effet, alors que je n’ai pas entendu pleurer sur la disparition du CD remplacé par le MP3, voilà que beaucoup ne supportent pas l’idée
- de lire sur l’écran d’un livre électronique (peur de se ruiner les yeux ?) ;
- de ne plus pouvoir feuilleter les pages ;
- de perdre le contact sensuel avec cet objet de papier et de carton qu’on appelle un livre.
Joubert souligne un autre grief qui n’a pas été évoqué mais qu’on a présent à l’esprit : c’est la séduction du livre. Il semble même – et c’est cela qui nous retiendra – que cette séduction soit personnalisée, que tel aspect de tel livre nous incline à le prendre sur l’étagère et à le lire.
La reliure recommande un livre. Bien sûr Joubert n’avait affaire qu’à des livres reliés alors que nous ne connaissons pratiquement plus que les livres de poche avec une couverture de papier (paper-back) ; mais nos livres restent ce qu’ils ont toujours été : des objets personnalisés, dont le format, la couleur, l’épaisseur nous fait signe et semble nous dire quelque chose de leur contenu.
- Par exemple j’ai tendance à être séduit par les gros pavés, ces livres qui dépassent allègrement les 500 pages. On est bien comme le dit Joubert dans l’agrément et non dans la réalité objective. Mais sans cet agrément ferions-nous l’effort de lire ?
Voilà donc qu’avec un e-book, vous avec entre les mains un objet anonyme, qui peut être n’importe quoi, et surtout n’importe quel livre : il peut aussi bien être la Bible que la dernière livraison de la collection Harlequin. Risquons-nous de nous détourner de la lecture pour des raisons aussi frivoles que l’aspect matériel du livre numérique ?
Je ne sais pas. Mais en tout cas le manque de séduction est peut-être le grief le plus sérieux qu’on puisse avoir à l’encontre de l’e-book.
Mais bien sûr, le fait d’avoir un pareil doute, prouve simplement que je ne suis pas un vrai geek.
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(1) Je ne me lancerai pas dans une exploration de la geek-attitude, d’autres l’ont fait beaucoup mieux que je ne saurais le faire.
