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Wednesday, October 07, 2015

Citation du 8 octobre 2015

La vitesse du son est définie par la distance entre la porte de la chambre et l’ordinateur, divisée par l’intervalle de temps nécessaire pour fermer le media player, et remonter ton pantalon quand ta mère crie « OH MON DIEU MAIS QU’EST-CE QUE TU FAIS! »
Les conseils de Papy Geek
Papy Geek connaît bien son petit fils. Il sait que la pratique de l’ordinateur impose une solitude parfois contraignante par rapport aux besoins d’un (post)ado, mais il imagine que la maman du fiston n’est pas au courant.
Pas au courant des possibilités offertes par la pratique d’Internet ? Certes ; mais surtout pas au courant des besoins d’un ado et de ce qu’il a trouvé pour parvenir à se soulager. Bon… Tout ça est un peu scabreux et on devine que je ne me suis pas aventuré par ici pour expliquer ce qu’est la libido d’un ado.
Non : il s’agit de relever l’écart qui existe entre la compréhension donnée par le sens commun d’un phénomène physique bien connu, à savoir la vitesse du son (qui se révèle à nous par exemple par le décalage entre l’éclair et le tonnerre), et une équation incompréhensible qui relie entre eux des paramètres qui n’ont rien à voir avec ce qu’on rencontre dans la vie courante. Et il en va de même pour beaucoup d’autres concepts de la physique :
            - Ainsi de la force (qui n’est pas celle du poing dans la figure),
            - de l’accélération (qui n’est pas celle de la Ferrari),
            - de la masse (qui n’est pas graisseuse),
            - de la vitesse (qui n’est pas – comme on le voit ici – celle du délai nécessaire pour remonter son pantalon).

Car voilà, quand on parle de physique, ce qu’on cherche, c’est retrouver l’intuition sensible, parce qu’on veut comprendre des phénomènes qui nous étonnent, comme
            - pourquoi les œufs ne durcissent pas en 10 minutes quand on est en montagne ?
            - pourquoi le pastis se trouble quand on met de l’eau dedans?
            - pourquoi un bateau à voile peut aller plus vite que le  vent qui le pousse ?

 Hélas ! Si la science connaît la réponse, serez-vous capable de la comprendre ? Mais, réciproquement, ne demandez pas à la science pourquoi le son va aussi vite entre les murs de votre chambre que dans un espace libre. Demandez plutôt à la psychologie pourquoi vous n’avez pas parlé à votre maman de vos besoins de (post)ado…

Tuesday, October 06, 2015

Citation du 7 octobre 2015

Sur le clavier de la vie, gardez toujours un doigt sur le bouton « Echap ».
Les conseils de Papy Geek
Etre Geek, c’est pouvoir regarder sa vie comme un clavier, sur le quel se trouve une série de boutons – en nombre certes limité – mais qui sont extrêmement fiables, car ils répondent à coup sûr à la commande. Notons toutefois qu’il convient de se focaliser sur les commandes programmées à l’avance plutôt que sur ces lettres qui permettent de composer des poèmes magnifiques, mais dont l’efficacité dépend de la capacité de l’individu, ce qui les rend très aléatoires. De fait, il y a deux touches absolument fondamentales : « Enter » et « Escape »



Définition : « La touche escape (echap) est utilisée dans de nombreuses combinaisons de raccourcis clavier. Elle sert par exemple à sortir d’une sélection, d’une fenêtre ou du mode plein écran … »
Dans le déroulement d’un programme il est essentiel en effet de pouvoir (en cas de fausse route) se dégager d’une sélection pour reprendre à l’étape antérieure. Si une telle possibilité est exclue – par exemple si vous avez une pub qui s’abat sur votre  écran, sans que la commande « esc » vous permette de la dégager – alors vous êtes obligé de tout refermer et de repartir à zéro, au lieu que, si la touche en question est active, vous n’auriez qu’à faire une nouvelle sélection.
Dans la vie une telle sélection s’appelle « projets ou engagement dans la vie ».

--> On comprend qu’il y a deux façon de faire des projets : l’une qui autorise la commande « esc » ; l’autre qui ne le permet pas. Tout dépend si vous voulez effacer le choix que vous venez juste de faire – par exemple, vous voulez vous marier et votre fiancée se révèle rapidement casse-pieds : vous faites « esc ! » et  vous en cherchez une autre. Ou alors il s’agit d’un choix fondamental (cf. Sartre – lire ici) et  là aucune marche arrière n’est possible : tous vos repentirs ne vous conduiront qu’à des nouvelles variantes de la même attitude vis-à-vis de la vie.

Monday, October 05, 2015

Citation du 6 octobre 2015

Les mots de passe sont comme les sous-vêtements. On ne devrait pas les laisser trainer là où des personnes pourraient les voir. On devrait en changer régulièrement. On ne devrait pas les prêter à des inconnus.
Les conseils de Papy Geek
L’Humanité se divise en deux parties : l’une qui apprend par cette citation ce qu’on doit faire avec les mots de passe qu’on invente pour son ordinateur ; l’autre qui apprend ce qu’on doit faire avec ses sous-vêtements. Il n’est pas sûr que l’exemple soit éclairant pour les Geeks qui sont des jeunes gens dont on ne doit pas approcher de trop près si on a l’odorat fragile – mais il est vrai également que ce n’est pas à ces jeunes gens qu’il faut expliquer à quoi servent les mots de passe et comment ils marchent.
Faisons donc comme si nous étions des « Papys-non-Geeks », et rappelons que ces « passwords » (il faudra habituer les ancêtres à ce langage) ont pour but d’empêcher n’importe qui de venir dans votre ordinateur personnel, de piller les numéros/codes sans les quels nous ne serions plus rien aujourd’hui. Car – oui ! Nous dépendons d’une série de numéros, et pas seulement de numéros de sécu, mais aussi des codes C.B., des clés wep, ou du mot-de-passe de votre boite-mail… Et quand des gens mal intentionnés connaissent ces  numéros qui devraient rester hautement confidentiels, c’est fou ce qu’alors ils peuvent faire à votre place – et à votre détriment.
o-o-o
Il faudrait aussi attirer l’attention des Papys-no-Geeks sur la nécessité d’inventer des passwords difficiles à « craquer » : certains d’entre eux pour soulager leur mémoire n’hésitent pas à utiliser leur année de naissance, ou – pire encore – « 1-2-3-4 » ou « azerty » ! (1)
… Maintenant, revenant à notre citation, je me demande comment compléter la métaphore des petites culottes pour exprimer cette nécessité d’originalité. Peut être faudrait il dire : « On ne devrait pas acheter ses sous-vêtements chez Tati. »
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(1) Pour trouver un échantillon de ces « pires passwords » voir ici.

Sunday, August 07, 2011

Citation du 8 aout 2011

Théophile Gautier, qui était à sa façon un philosophe, avec quelque chose de turc dans sa sagesse, remarquait, non sans mélancolie, que les hommes n'étaient pas même parvenus à inventer un huitième péché capital.

Anatole France – Le jardin d'Épicure (1894)

Enquête sur les péchés capitaux - II

Les hommes n'étaient pas même parvenus à inventer un huitième péché capital.

Notre enquête sur les péchés capitaux se poursuit aujourd’hui avec une question bien embarrassante : comment se fait-il qu’il n’y ait que 7 péchés capitaux ? Sommes-nous donc – nous les pécheurs impénitents – incapables d’en inventer ne serait-ce qu’un de plus ?

Bien entendu nous nous rappelons que les péchés capitaux sont des concepts classificateurs : ils permettent de ranger sous quelques catégories les innombrables péchés dont la nature humaine est grosse.

--> N’y aurait-il donc pas une catégorie de péchés en plus ? Une que les progrès de la civilisation rendraient imaginable aujourd’hui, alors qu’elle ne l’était pas hier ?

On s’en doute : ce sont les geeks qui sont dans mon collimateur, eux qui claironnent que le téléchargement illégal est ce qu’il y a de plus inoffensif et de plus normal. Péché condamné par Hadopi, notre Dieu tutélaire, dont l’omniscience veille avec sévérité sur les frontières du téléchargement pour foudroyer ceux qui tenteraient de les franchir…

J’en vois qui haussent les épaules : ça un péché ? Et qui plus est une catégorie nouvelle de péché ? Plaisanterie…

Reprenons les 7 péchés capitaux. Certes on pourrait considérer que l’envie et l’orgueil suffisent à caractériser le téléchargement illégal : l’envie de posséder ce qui ne nous appartient pas, l’orgueil d’en avoir plus que les autres. On aurait donc tort de voir dans ce comportement quelque chose de radicalement nouveau ?

Ecoutons les cris poussés par les Majors (Universal, Sony et autres) : à les entendre ces malfaisants portent atteinte à un des fondements de la société : la propriété privée. Il ne s’agit pas d’un larcin quelconque, mais d’un acte de piraterie qui s’assume, d’un vol militant. Le téléchargeur abusif dirait que la propriété privée n’existe pas et qu’on peut se servir là où l’on veut, comme on veut. Ni plus, ni moins.

Moi je n’ai pas trouvé dans la liste des péchés capitaux quoique ce soit qui ressemble à ce crime.

Reste qu’il n’est sûrement pas si nouveau que ça : qu’on relise le Mythe du Protagoras de Platon (ici). On voit que ceux qui sapent les fondements politiques de la Cité doivent être exterminés : tout homme incapable d'avoir part au respect et au droit sera mis à mort comme un fléau pour la cité. Et c’est Zeus qui parle ici.

Si on écoute Platon, on voit que la loi Hadopi est bien trop clémente avec ces Geeks qui piratent nos Majors : la mort est le châtiment qu’ils méritent. Mais, que voulez-vous ? Le christianisme est passé par là, et avec lui l’idée que le péché doit être rémissible.

Monday, April 18, 2011

Citation du 19 avril 2011

La reliure recommande un livre. Il faut qu'un livre rappelle son lecteur, comme on dit que le bon vin rappelle son buveur. Il ne peut le rappeler que par l'agrément. Un certain agrément doit se trouver même dans les écrits les plus austères.

Joseph Joubert – Carnets 1er avril 1797

Un blog consacré aux citations d’auteurs classiques mais qui ne dédaigne pas les faits d’actualité comme l’est celui-ci ne pouvait passer à côté du phénomène e-book.

Nous tous qui, sans être des geeks (1), avons l’habitude de lire des textes sur un écran d’ordinateur nous sommes, ou allons être, confrontés à la question : faut-il bazarder nos bibliothèques et installer une machine comme celle qu’on voit sur l’image ci-contre ?

Il semble que beaucoup soient troublés par le phénomène de dématérialisation des livres : en effet, alors que je n’ai pas entendu pleurer sur la disparition du CD remplacé par le MP3, voilà que beaucoup ne supportent pas l’idée

- de lire sur l’écran d’un livre électronique (peur de se ruiner les yeux ?) ;

- de ne plus pouvoir feuilleter les pages ;

- de perdre le contact sensuel avec cet objet de papier et de carton qu’on appelle un livre.

Joubert souligne un autre grief qui n’a pas été évoqué mais qu’on a présent à l’esprit : c’est la séduction du livre. Il semble même – et c’est cela qui nous retiendra – que cette séduction soit personnalisée, que tel aspect de tel livre nous incline à le prendre sur l’étagère et à le lire.

La reliure recommande un livre. Bien sûr Joubert n’avait affaire qu’à des livres reliés alors que nous ne connaissons pratiquement plus que les livres de poche avec une couverture de papier (paper-back) ; mais nos livres restent ce qu’ils ont toujours été : des objets personnalisés, dont le format, la couleur, l’épaisseur nous fait signe et semble nous dire quelque chose de leur contenu.

- Par exemple j’ai tendance à être séduit par les gros pavés, ces livres qui dépassent allègrement les 500 pages. On est bien comme le dit Joubert dans l’agrément et non dans la réalité objective. Mais sans cet agrément ferions-nous l’effort de lire ?

Voilà donc qu’avec un e-book, vous avec entre les mains un objet anonyme, qui peut être n’importe quoi, et surtout n’importe quel livre : il peut aussi bien être la Bible que la dernière livraison de la collection Harlequin. Risquons-nous de nous détourner de la lecture pour des raisons aussi frivoles que l’aspect matériel du livre numérique ?

Je ne sais pas. Mais en tout cas le manque de séduction est peut-être le grief le plus sérieux qu’on puisse avoir à l’encontre de l’e-book.

Mais bien sûr, le fait d’avoir un pareil doute, prouve simplement que je ne suis pas un vrai geek.

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(1) Je ne me lancerai pas dans une exploration de la geek-attitude, d’autres l’ont fait beaucoup mieux que je ne saurais le faire.