Monday, May 27, 2013
Citation du 27 mai 2013
Sunday, May 26, 2013
Citation du 26 mai 2013
Saturday, May 25, 2013
Citation du 25 mai 2013
Monday, April 01, 2013
Citation du 2 avril 2013
Monday, September 12, 2011
Citation du 13 septembre 2011
Il suffit d'ouvrir un manuel de littérature grecque ou latine pour constater que les belles époques littéraires sont d'un demi-siècle alors que les littératures dites de décadence durent six cent ans.
Julien Benda – La France Byzantine
On a souvent tendance de mesurer la valeur et le prestige des civilisations à leur durée. Durée par rapport à laquelle le siècle est un minimum : siècle de Périclès, siècle d’or, siècle de Louis XIV…
Là-dessus, Benda nous inflige une douche froide : non seulement les belles époques littéraires durent bien moins (1/2 siècle), mais encore les périodes de décadences paraissent beaucoup plus stables, pérennes comme on dit aujourd’hui.
Je ne vais pas discuter de la question du bien-fondé de l’expression « littérature de décadence ». Par contre je trouve un peu piquant de constater qu’il se pourrait que la durée ne soit pas, dans la culture, un indice de la valeur : que ce qui vaut ne dure pas, mais en revanche que ce qui est entré en décadence puisse se maintenir pendant 6 siècles !
Qu’est-ce que la décadence selon Julien Benda ?
Si l’on prend l’exemple des écoles ou des courants dans la peinture, on a l’habitude de décomposer leur existence en quatre moments : l’avant-garde, la maturité, l’académisme ; enfin vient en quatrième la décadence « maniériste » caractérisée par l’excès des procédés inventés par le courant.
Je suppose que ce que Benda vise est notre troisième moment, l’académisme et non le « maniérisme » qui serait sans doute beaucoup plus bref, puisqu’on ne peut accentuer un procédé sans sortir inévitablement des limites de l’œuvre d’art.
Voilà donc la conclusion : la décadence est durable parce qu’elle est le moment de la répétition et de la stabilité. Elle est donc aussi le moment du pouvoir, la possibilité pour des « élites » de s’établir dans un statut qu’on ne remettra pas en cause puis qu’il s’agit désormais non plus d’inventer ou de créer mais de reproduire.
