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Saturday, October 21, 2017

Citation du 22 octobre 2017

Je bande donc je suis (Turgeo ergo sum)
Les fauteuses de trouble
(Commentaire de la correspondance de Diderot avec Sophie Volland - Lire ici)




Propos d’un Porc
Si j’étais un Porc frôleur de jupons je dirais pour ma défense que je ne me sens exister que quand je suis en état d’excitation.
Ontologie de la bandaison !!! Voilà ce que la philosophie après des millénaires de cogitations apporte comme contribution dans le débat – s’il y débat. Car les Porcs ne disent pas grand chose, sauf qu’ils n’en sont pas.
Mais s’ils parlaient, au lieu de crier Grouiiiic, ils nous diraient à n’en pas douter : « Je bande donc je suis », ou mieux (comme l’aurait dit Descartes) : Turgeo ergo sum.
Qu’est-ce qui fait que ces violeurs, ces pelotteurs de fesses, ces frotteurs de métro soient compulsifs à ce point ? N’est-ce pas qu’ils ont une carence dans leur être profond et que pour se sentir exister ils ont besoins des femmes ?
Alors bien sûr les dames n’en ont rien à faire : que le cochon soit en état de carence ontologique ne leur fait ni chaud ni froid, parce que voyez vous l’ontologie c’est comme un système de vases communicants : lorsque ça se remplit d’un côté, ça se vide de l’autre.

Tuesday, October 04, 2016

Citation du 3 octobre 2016

Tu dois construire ta confiance toi-même et dire « Fuck » à tous tes adversaires
Le père et coach du nageur canadien Santo Condorelli
Le nageur canadien Santo Condorelli a un étrange rituel : avant la compétition il fait un doigt d’honneur destiné à son père, suite à une injonction de celui-ci : « Tu dois construire ta confiance toi-même et dire ‘Fuck' à tous tes adversaires. A chaque fois que tu seras derrière le plot de départ, fais-moi un doigt d'honneur et je te le rendrai».


Bizarre ne trouvez-vous pas, ce doigt d’honneur exhibé non pour insulter mais pour manifester la confiance en soi ? Mais en même temps, c’est extrêmement révélateur de la mentalité intime de l’homme, qui s’éprouve lui-même à travers sa puissance sexuelle. L’homme dirait-on ne se sent fort que s’il ressent dans son sexe les prémisses de l’érection. Principalement dans la compétition, où il retrouve sa mentalité de petit garçon qui vérifie en faisant pipi à la récré qu’il en a une plus longue que celle des copains.
Mais il y a plus : ce sentiment de gloire ne se développe vraiment que quand cette puissance érectile est en même temps associée à un fantasme de pénétration : « Fuck » dit le nageur. Autrement dit l’organe n’est rien sans la fonction.

Anecdote : un jour mon fils assis à côté de moi dans la voiture à insulté un automobiliste qui venait de nous faire un refus  de priorité : « Manche à couilles ! » lui a-t-il crié.
Outre le fait qu’il me révélait ainsi l’étendue de son vocabulaire, je découvrais également qu’en effet, le pénis même en érection est dérisoire s’il ne sert qu’à soutenir les couilles qui, ne l’oublions pas, sont ridicules parce que pendant l’acte, elles restent à ballotter sottement au lieu de pénétrer glorieusement l’organe féminin.
C’est peut-être plus sérieux qu’il n’y paraît : dans les troupeaux comme dans les hordes sauvages le mâle dominant mime l’acte sexuel en chevauchant les mâles dominés, façon sans doute d’affirmer sa supériorité. Au point que les éleveurs de chiens parlant d’un animal dominé disent « le mâle du dessous ».

Imaginez vous le nageur qui sodomiserait ses concurrents avant la compétition pour leur montrer sa force ?

Saturday, August 20, 2016

Citation du 21 aout 2016

- Mademoiselle, je ne vous ai pas plutôt aperçue que, fou d'amour, j'ai senti mes organes génitaux se tendre vers votre beauté souveraine et je me suis trouvé plus échauffé que si j'avais bu un verre de raki. (…le prince Mony Vibescu tenait ces propos à une jolie fille svelte qui, vêtue avec élégance, descendait vers la Madeleine.)
Apollinaire – Les onze mille verges (ch. 2)

Ce que cache mon langage, mon corps le dit. Mon corps est un enfant entêté, mon langage est un adulte très civilisé…
Roland Barthes – Fragments d’un discours amoureux (Cité le 11-07-2009)

Avant d’aborder ces Citations-du-jour, rappelons d’abord que Roland Barthes explique, dans le Plaisir du texte, que l’une des sources de jouissance pour le lecteur est dans le décalage entre le niveau de langage et le contenu de la phrase. Il prend pour exemple Sade, dont les héros emportés dans les élans sexuels les plus déréglés, s’exclament en des termes que Vaugelas n’aurait pas désavoués. (1) Cet attrait repose sur la rupture de ton entre un contenu jugé trivial et le langage châtié et relevé utilisé pour le signifier.

--> A présent : que disent nos Citations-du-Jour ? Si la surprise opérée par ce décalage est complète, c’est qu’on est habitué à ce que le langage cache ce que dit le corps. Or voici que  c’est justement dans ce langage que le Prince Mony Vibescu interpelle une jeune femme croisée sur le boulevard, faisant état de sa surproduction hormonale.
o-o-o
- Mais enfin, à quoi sert donc le langage, si le corps dit déjà – et beaucoup mieux – la vérité sur l’émoi dans le quel se trouve notre Prince à observer les avantages de la demoiselle ? Les plus belles déclarations d’amour ne sont-elles pas celles que les galants laissent lire dans leurs yeux (ou ailleurs) – galants qui d'ailleurs n’ont généralement que fort peu de moyens oratoires pour exprimer leur flamme ?
Généralisons : le langage est-il vraiment indispensable, alors que le geste peut également signifier de façon très efficace l’intention ? D’ailleurs, ne dit-on pas qu’une bonne claque est plus efficace qu’on long discours ? Et qu’on ne vienne pas dire que les mots sont plus nuancés que les gestes, car ils peuvent aussi être extrêmement blessants.
A chaque fois qu’on a essayé de deviner quelle fut l’origine du langage, on suppose qu’il a rempli une fonction qui sans cela serait restée à l’abandon ; ainsi de l’amour, qui permet d’interpeler – et donc d’intercepter – plus facilement la gentille petite femme qui passe sur le boulevard.
Mais, c’est vrai qu’aujourd’hui, il suffit de sortir le Smartphone et d’activer le GPS de l’amour
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(1) « … il me demanda, quand il eut fini, s’il n’était pas vrai que son foutre fût excellent… De la crème, monseigneur, de la crème, répondis-je, il est impossible d’en avaler de meilleur » Sade – Juliette ou les prospérités du vice (à lire ici)

Saturday, January 16, 2016

Citation du 17 janvier 2016

 - Les dents, la bouche. / Les dents la bouchent.
- Les dents bouchent l’entrée de la bouche et la bouche aide et contribue à cette fermeture : Les dents la bouche, l’aidant la bouche. Les dents sont l’aide, le soutien en la bouche, et elles sont aussi trop souvent laides en la bouche.
Jean-Pierre Brisset – La grande loi ou la clé de la parole (1)

Oui, Jean-Pierre Brisset avait vu juste : la bouche sans les dents est laide – voire même inquiétante.
1 – Par exemple, Louis XIV, roi édenté :


Trouvé ici, avec de bien intéressantes précisions sur les malheurs de Louis XIV en matière de santé buccale.
Perdre ses dents, et c’est tout le visage qui s’en ressent – sans parler du statut social (on se rappelle que Valérie Trierweiler a accusé François Hollande de nommer les pauvres les « sans dents »)
2 – Mais plus ambiguë et plus inquiétante, la bouche qui cache ses dents :


Cette bouche rutilante paraît être en même temps un piège vénéneux, lèvres entrouvertes sur un espace sombre et menaçant…
3 – Mais en réalité, derrière cet effroi de la bouche sans dents se cache une autre obsession – symétrique de la première : celle du sexe féminin armé de dents, transformé en bouche dévoratrice de pénis. On aura reconnu le vagina dentata, vagin fantasmé, source de fameuses angoisses qu’on a mises en scène récemment dans un film d’épouvante (2).

On doit à Roland Topor, cette leçon de vocabulaire : « De « conin, qui signifiait lapin en vieux français, mais désignait également le sexe féminin, ne demeure que le con. On a remplacé lapin par chatte. Le sexe est devenu carnivore. » Roland TOPOR.
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(1) L’aidant la bouche. / L’aide en la bouche. / Laides en la bouche. / Laid en la bouche. / Lait dans la bouche. / L’est dam le à bouche. / Les dents-là bouche. Brisset, tout comme Platon estime qu’il y a un rapport nécessaire entre signifiant et signifié (voir ici)

(2) Il s’agit de Teeth, le film de Michell Lichtenstein, sorti en 2008. Bande annonce ici.

Thursday, September 10, 2015

Citation du 11 septembre 2015

J’ai le souvenir d’un petit garçon qui disait « C’est mon bébé », en désignant son zizi.
Sandra Franrenet – Quand Junior joue à touche-pipi (Le Figaro-Madame)
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Ci-dessus : photo vue ici.
On a tort de stigmatiser la conduite des petits enfants qui jouent à « touche-pipi » ou au docteur. On devrait plutôt remarquer que la curiosité enfantine à l’égard des différences sexuelles est bien naturelle dès lors que l’enfant a pris conscience que tout le monde n’était pas forcément fait comme lui. Cette photo est touchante dans la mesure où nulle ambiguïté, nulle « mauvaise pensée » ne semble troubler ces enfants. La petite fille montre ingénument son sexe, et on peut supposer que le petit garçon en a fait autant – ou qu’il va le faire. Ils se montreraient un petit oiseau tombé du nid ou une limace, ce serait pareil.

Si la différence des sexes est une découverte capitale pour les petits, c’est resté un sujet qui fait problème pour les adultes : en témoigne ce débat : « Comment nommer le sexe du petit garçon et celui de la petite fille ? » (Voir ici). Quoiqu’en réalité on discute du nom à donner au sexe de la petite fille, parce que celui du garçon est tout trouvé : c’est zizi et voilà tout.
Moi, je trouve ces débats un peu inutiles : en réalité comme le montre notre citation, c’est l’enfant lui-même qui va trouver le nom de son sexe – pas tout à fait spontanément toutefois, car l’éducation pèse aussi là dessus et les noms proposés par les adultes sont pour la petite fille très dévalorisants. Voir ce commentaire d’Alain Rey. (1)
Mais, écoutons notre Citation-du-Jour : « C’est mon Bébé » dit le petit garçon donnant à son sexe un nom qui est celui d’un petit être qu’on doit choyer, caresser, conserver avec soin et amour dans son berceau. Pour lui, son sexe est un être unique en son genre et ce qui lui conviendrait le mieux serait non pas un nom commun, mais un nom propre. – D’ailleurs, qui nous dit que les hommes devenus adultes ne désignent pas secrètement leur sexe par un prénom ? Je suis sûr que ça existe.
Là dessus on me dira que la petite fille ne fait pas la même chose parce que son sexe n’est pas un objet identifiable et manipulable ; d’ailleurs, je n’ai jamais entendu dire que des femmes  désignaient leur sexe par un prénom féminin. Peut-être. Mais une de mes amies m’a confié avoir, dans sa jeunesse, nommé ses seins par des prénoms – je veux dire : un prénom différent pour chacun.

Là où les messieurs n’ont qu’un « bébé », les femmes en ont deux.
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(1) Alain Rey évoque le "sadinet" qui a une double signification : comme adjectif : doux, mignon. Comme substantif : vulve. C'est quand même plus sympathique ! (Voir ici)