Wednesday, October 04, 2017
Citation du 5 octobre 2017
Tuesday, October 03, 2017
Citation du 4 octobre 2017
- L’ombre paraît la moins consistante des choses – on le sait depuis l’allégorie de la caverne, quand Platon nous explique que ce que nous prenons pour la réalité n’est en fait que l’ombre des choses, projetée sur la paroi de la caverne. Derrière nous les objets réels ; devant nous : leur ombre.
Monday, October 02, 2017
Citation du 3 octobre 2017
Monday, June 10, 2013
Citation du 11 juin 2013
Il n'y a pas au monde de pire malheur que la servitude.
Friday, May 15, 2009
Citation du 16 mai 2009
Sophocle – Les Trachiniennes
Dis-moi comment tu interprètes cette sentence et je te dirai qui tu es.
- S’agit-il de considérer qu’une vie heureuse est une vie dans la quelle le bonheur l’emporte sur le malheur ? Que la colonne où l’on décompte les évènements heureux, soit plus longue que celle qui additionne les évènements malheureux ? Bref, qu’une vie ne peut être déclarée heureuse qu’en terme de bilan.
Je salue en toi, cher lecteur le gestionnaire qui organise sa vie en comptable pointilleux.
- S’agit-il au contraire de dire que la vie ne s’évalue qu’à son terme parce qu’elle forme un tout dont chaque partie n’a de sens que par rapport l’ensemble ? Qu’une vie heureuse est une vie réussie, et que réussir sa vie ce n’est pas autre chose que la construire comme on construit sa maison ? Que chaque bonheur ou chaque malheur n’est en réalité qu’un détail qu’on ne peut évaluer pour lui-même mais par rapport seulement à l’édification qu’il parachève ou qu’il détruit. Bref, une vie, c’est une œuvre dont la réussite n’existe que par la totalité achevée.
Je salue en toi l’artiste ou le philosophe qui pense sa vie et qui vit sa pensée.
Mais tout compte fait, je me demande si on doit opposer l’une à l’autre ces deux évaluation.
Que notre vie soit faite de petites jouissances qui se succèdent, comme les perles d’un collier, mais qu’il y ait un fil pour les relier entre elles de telle sorte qu’elles tiennent ensemble, quoi d’étonnant ?
Et que ce soit au terme de notre vie que seulement, oui seulement là, au seuil du trépas, nous jouissions du bonheur est-ce plausible ? Nous serions jugés heureux mortel en mourant ? Et par qui le serons-nous si nous mourons ? Par la renommée ?
La belle affaire !
Thursday, May 14, 2009
Citation du 15 mai 2009
Qui juge lentement juge sûrement.
Sophocle – Oedipe Roi
C’est curieux comme ce précepte a traversé les âges au point qu’il sert encore aujourd’hui à justifier les lenteurs de la justice.
On nous dit : c’est parce que la justice est sérieuse, parce qu’elle prend tout le temps nécessaire pour instruire l’affaire, qu’il ne faut pas tenir compte des jours et les années à attendre que justice soit rendue, mais être seulement attentif à la mise en lumière de la vérité. Et d’opposer à la vénérable justice, la justice expéditive, celle des émeutes, de la populace et des lynchages.
Oui, mais les victimes protestent : pour elles pas de justice sans punition, et pas de coupable non châtié. Le délai mis à le condamner est autant de jours de justice volés aux victimes. En témoigne la revendication de l’emprisonnement préventif : que je croise dans la rue mon agresseur en instance de jugement et c’est un épouvantable déni de justice – alors que ce n’est que la stricte application d’une principe fondateur de celle-ci, je veux dire l’habeas corpus.
- Oui, mais interrogeons cette hâte à châtier : n’y a-t-il pas là quelque chose qui se dit ?
Quelque chose qui aurait à voir avec la vengeance ?
La condamnation du criminel ne serait alors qu’un substitut de vengeance – une vengeance institutionnelle. Or, la vengeance est une passion de l’ordre de la réaction à l’agression. Et comme telle elle n’a qu’une hâte, c’est qu’au crime succède instantanément le châtiment.
Et même si on dit d’elle que c’est un plat qui se mange froid, il faut entendre je crois qu’elle se consomme même froide. Mais qu’elle est meilleure chaude.
Sunday, May 14, 2006
Citation du 15 mai 2006
Créon : Et ainsi, tu as osé violer ces lois ?
Antigone : C'est que Zeus ne les a point faites, ni la justice qui siége auprès des dieux souterrains. Et je n'ai pas cru que tes édits pussent l'emporter sur les lois non écrites et immuables des dieux, puisque tu n'es qu'un mortel.
Sophocle - Antigone
Antigone c’est cette femme qui se rebelle contre la loi du tyran de Thèbes, son oncle Créon, qui refuse une sépulture à son frère qui est mort en le combattant. La loi de Dieu l’emportant sur celle des hommes, Antigone obéit au commandement religieux en ensevelissant sa dépouille ; elle désobéit donc à la loi humaine, en l’occurrence celle de son oncle. La rébellion est donc un acte héroïque (qu’Antigone paiera de sa vie), et légitime parce qu’il repose sur l’existence d’un ordre (ici religieux) supérieur à la loi humaine.
Alors ça vous fait penser à quoi ? Les jeunes musulmanes voilées de nos lycées ne se sont-elles pas réclamées du Coran pour refuser de retirer leur foulard ? Leurs Imams n’ont-ils pas dit que les lois de Dieu étaient des prescriptions que personne, pas même la République laïque, ne pouvait dispenser d’observer ?
On a appelé au bon sens et à la tolérance ; après tout dit-on il faut vivre les uns avec les autres, acceptons nos différences, ce n’est pas un foulard qui va révolutionner nos rapports sociaux… En réalité il s’agit de savoir si la laïcité est simplement une attitude passive ou si c’est une conception de l’homme, issue de la philosophie des lumières, fondant la déclaration de droits de l’homme et donc à l’origine de notre société politique.
On connaît la suite, le problème paraît réglé dans les faits mais en réalité il ne l’est pas du tout parce que ce débat n’a rien donné et on n’en sortira que par une transformation soit de notre démocratie, soit de l’islam.
Si la port du foulard n’était qu’une coutume sociale et non une prescription religieuse on pourrait facilement tomber d’accord pour l’interdire comme contraire à nos coutumes, ou pour le tolérer comme insignifiant. Mais le fait qu’il y ait une telle résistance, montre qu’il y a un tout autre enjeu.
S’il y a des Antigones dans nos banlieues, qui donc sera Créon ?
