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Saturday, December 07, 2013

Citation du 8 décembre 2013



C'est toujours facile de donner quelque chose qu'on n'a pas.
Un concurrent de Free à propos de son offre 4G (Lire ici)

Bientôt Noël, l’époque des cadeaux. Et là, nous sommes bien fâchés d’en être réduits à n’offrir que ce qui reste dans les limites de notre compte en banque. Heureusement les Opérateurs Internet sont là pour nous montrer le chemin : offrez ce que vous n’avez pas, disent-ils, et alors vous pourrez en offrir toujours plus – puisque ce que vous offrez c’est du rêve.
En témoigne cette image si poétique de ce qui vous est promis lorsque vous aurez souscrit un abonnement 4G : l’univers qui sera alors le vôtre sera fait de beauté et de vitesse comme celui du colibri.
--> Il n’y a plus qu’à ajouter la gratuité pour que le rêve soit complet.
Seulement, voilà : si votre cadeau est une promesse de cadeau, il faut encore, avant de l’offrir, vous assurer que pour son destinataire votre offre est crédible. Si vous promettez à votre Dulcinée un week-end romantique à Venise au printemps prochain il se peut qu’elle vous dise que vous n’en aurez pas plus les moyens dans 6 mois qu’aujourd’hui. Mais par contre si vous lui signez un Bon pour une vaisselle quotidienne durant 6 mois et que vous mettiez ça dans sa mule au pied du sapin, là elle le recevra avec plaisir.
Et si la mule de votre chérie ressemble à ça, vous ne pourrez pas lui refuser.

Thursday, December 27, 2012

Citation du 28 décembre 2012


L'odorat est en quelque sorte un goût à distance, et il oblige les autres personnes, qu'elles le veuillent ou non, à en partager l'apport […] l'ingestion par l'odorat (dans les poumons) est encore plus intime que par les canaux absorbants de la bouche ou du gosier
Kant – L'anthropologie d'un point de vue pragmatique, § 21 (extrait en annexe)

Spécial cadeau – III
Avez-vous offert du parfum pour Noël ? En tout cas, les pubs de la télé nous en abreuvent à pleins spots : le parfum est le cadeau le plus facile, le plus évident.
Par ailleurs, mettre du parfum, c’est une façon d’affirmer sa personnalité, et, la publicité aidant, on parvient même à faire étalage de ce qu’on voudrait avoir comme nature profonde.


Courbes en tremplin pour l’amour, peau de satin, ombres attirantes… Un peu de Jaïpur entre les seins et l’annonce est faite. 
Mais Kant nous en  avertit : méfions-nous de cet effet d’annonce, car il cache la réalité du parfum. Il s’agit en fait de substances chimiques, qui vont se diffuser dans l’air ambiant et qui pénètreront dans nos poumons sans crier gare ! Jaïpur est peut-être aphrodisiaque, mais il est surtout un composé chimique d’essences odoriférantes, qui peut se révéler agressifs pour nos bronches. Et de surcroit, ce parfum s’impose à nous, à la différence de la nourriture que nous pouvons refuser si leur saveur ne nous convient pas.
Il semble donc que Kant nous conseille de ne pas succomber à la séduction exercée par le parfum d’une femme, mais c’est plutôt à sa table qu’on devrait en décider.
Plutôt qu’une Sylphide parfumée, choisissiez donc la matrone rougeaude aux bras comme des jambons de Parme : elle au moins, elle ne sera pas toxique.
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*Annexe :
"L'odorat est en quelque sorte un goût à distance, et il oblige les autres personnes, qu'elles le veuillent ou non, à en partager l'apport; de ce fait, contraire à la liberté, il participe moins de la sociabilité que le goût, le convive pouvant ici choisir selon son agrément entre nombre de plats et de bouteilles sans que les autres se trouvent contraints d'y goûter. La malpropreté, semble-t-il, n'éveille pas tant le dégoût par ce qu'elle peut avoir de repoussant pour l'oeil et pour la langue que par la puanteur qu'il faut en attendre. Car l'ingestion par l'odorat (dans les poumons) est encore plus intime que par les canaux absorbants de la bouche ou du gosier
Kant – L'anthropologie d'un point de vue pragmatique, § 21 (Extrait – Lire le texte dans son contexte ici)

Tuesday, December 25, 2012

Citation du 26 décembre 2012



Un cadeau qui ne peut pas être jeté n'est pas un cadeau mais un piège.
Tad Williams
Spécial cadeau – I
Que faire des cadeaux trouvés au pied du sapin ? Les utiliser ? Les offrir à quelqu’un d’autre ? Les revendre sur e-Bay ? Les jeter ?
Tad William (dont on dit qu’il est écrivain de SF américain) n’y va pas par quatre chemins : il devrait être possible dit-il de le jeter.
On évitera de dire qu’on doit pouvoir le jeter parce qu’un vrai cadeau est purement gratuit donc sans utilité : d’abord parce qu’on l’a déjà dit (ici) et ensuite parce qu’on passerait à côté du sens principal.
On laissera aussi de côté l’idée que le cadeau est parfois trop précieux pour être jeté : il a sans doute été offert par quelqu’un qui voulait simplement nous montrer sa magnificence, et nous avons déjà évoqué cette forme moderne de potlatch (ici).

--> Voilà donc ce qui vous est peut-être arrivé il y a deux jours.
- Mon amour ! Ferme les yeux s’il te plait… Ouvre-les maintenant.
- Oh ! Chérie ! La belle écharpe que voilà ! Bleu-blanc-rouge avec des petites Tour Eiffel et des Arc-de-Triomphe en surimpression… J’en aurais rêvé si j’avais su que ça existait…
--> On aura reconnu la scène-culte du film archi-culte Le père Noël est une ordure (voir ici)


Cette séquence illustre très bien ce que veut dire notre auteur : habituellement, obligation nous est faite d’utiliser nos cadeaux même si leur effet sur nous est désastreux – sauf si nous sommes suffisamment en confiance avec celui qui nous les a offerts pour lui dire :
- Mon amour comme je suis touché que tu m’aies offert cette si belle écharpe ! Mais voilà, quand je vais travailler à la Bourse, je n’ai pas trop l’occasion de la mettre. Et puis, tu sais aussi que nos voisins ne manquent pas une occasion de se moquer de nous. Alors je vais la mettre dans le tiroir et j’attendrai l’occasion de la mettre – plus tard.
Et votre belle et tendre amie devrait vous répondre :
- Mon chéri, tu sais que j’ai confiance en ton amour. Cette écharpe tu peux la jeter, je n’en serai pas choquée. Et même je prendrai ce geste comme une preuve ta confiance en moi.

Friday, May 28, 2010

Citation du 28 mai 2010

On est toujours ingrat pour le don du nécessaire, jamais pour le don du superflu. On en veut à qui vous donne le pain quotidien, on est reconnaissant à qui vous donne une parure.

Victor Hugo – Océan


Pour ceux qui cherchent des idées de cadeaux pour la fête de leur maman, voici déjà une indication : inutile de lui offrir un fer à repasser, ni un autocuiseur, ni une paire de pantoufles.

Offrez-lui plutôt un flacon de parfum ou une séance d’UVA chez l’esthéticienne du coin de la rue.

Attention ! Si vous avez bien compris la pensée de Victor Hugo, le parfum vous ne lui en offrez que si elle ne sent pas naturellement mauvais (beurk !), et chez l’esthéticienne vous ne lui offrez pas des séances d’épilation pour ses jambes poilues.

Plus sérieusement, le cadeau doit être superflu, c'est-à-dire complètement facultatif.

Facultatif, non seulement pour celui qui l’offre, étant entendu que rien ne l’y obligeait, mais aussi pour celui qui le reçoit. Quel plaisir aurait-on de recevoir en cadeau ce qu’on va de toute façon s’acheter demain ? Si le cadeau fait plaisir, c’est aussi parce qu’il est une surprise. Surprise, ça veut dire ce qu’on n’aurait pas pensé à acheter cela parce que justement on n’en avait pas besoin.

Je pense que cette citation de Victor Hugo éclaire aussi une pratique qu’on trouve un peu choquante : la revente des cadeaux sur eBay dès le lendemain de la fête (Noël, Etrennes, Fête des maman…). Après tout, si le cadeau doit être superflu, on peut fort bien s’en défaire – puis qu’il ne répond pas à un besoin.

Ce qui signifie que l’essence du cadeau réside dans l’acte du don : je veux dire qu’il est dans le geste qui offre, dans le moment où l’objet change de main. Le cadeau c’est d’abord et avant tout la situation qui le définit.

Je crois que c’est Roland Barthes qui disait qu’au Japon l’essentiel dans le cadeau c’était l’emballage. Hé bien offrez donc une boite vide – à condition que ce soit une jolie boite. D’ailleurs c’est bien ce qu’ont compris les parfumeurs puisque l’essentiel du parfum, c’est le flacon.

Wednesday, December 23, 2009

Citation du 24 décembre 2009


-->
Sans les cadeaux, Noël ne serait pas Noël.
Louisa May Alcott – Little Women
Le cadeau, dira-t-on, n'a rien de somptueux, / Mais venant d'un ami, tout nous est précieux
Théocrite – Idylles
Cadeau 2
Noël, Subst masc – [Au Moyen Age] cri de réjouissance poussé par le peuple pour saluer un événement heureux. (TLF)
Voilà où nous en sommes : si Noël est toujours un jour de réjouissance, il n’est plus une réjouissance sans cadeau. Même la Nativité de Notre Seigneur ne saurait nous suffire. Ah… Comme il est déjà loin le temps où il suffisait de chanter la Nativité pour être heureux…
Comment résister à cette disparition de la spiritualité ?
Je ne sais pas… Peut-être faudrait-il se dire que les cadeaux ont ceci d’important qu’ils nous révèlent nos sentiments à l’égard de ceux qui nous les offrent. C’est Théocrite qui nous le dit : « Le cadeau … n'a rien de somptueux, Mais venant d'un ami, tout nous est précieux. » (1)
Voilà donc une idée pour évaluer vos cadeaux : retrouvez ceux qu’on vous a fait l’an passé, et tâchez de vous souvenir qui vous l’a fait. Vous avez là un marqueur d’amitié fort pratique. Si vous ne vous rappelez même plus qui vous a offert votre écharpe, ou votre GPS, ou la pince à sucre : ne regrettez rien, c’est tout simplement que ce n’était pas un ami, du moins pas quelqu’un d’important pour vous (même si c’est votre Mémé, ou le grand oncle Albert)
Maintenant puisque c’est le jour des cadeaux, La citation du Jour va vous en faire un – il s’agit d’un conseil : n’hésitez plus, faites vous-même des cadeaux a minima. Le plus petit, et le meilleur marché que vous trouverez. Et si vous voyez une triste mine sur certains visages, si même on vous reproche de faire des cadeaux minables, alors dites que venant d'un ami, tout est précieux
Et si vraiment ça ne persuade pas vos amis, alors dites leur que c’est pour sauver la spiritualité de Noël, et que le vrai cadeau de ce soir-là c’est qu’un enfant nous est donné

(1) Théocrite : poète grec, né à Syracuse en (311-260)

Tuesday, December 22, 2009

Citation du 23 décembre 2009


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La baise, c'est la vie. Fort de cette certitude qui me hante depuis que j'ai ma lucidité et du poil autour, je considère que la femme est un merveilleux cadeau.
San Antonio
Cadeau 1
Je considère que la femme est un merveilleux cadeau : que voilà un galant compliment !
Mais, puisque Eve a été offerte à Adam, comme une aide sans qu’on nous dise jamais à quoi sert cette aide, on peut donc considérer que la femme est un luxe de l’existence, qu’elle nous donne l’accès au bonheur sans le quel notre vie ne serait qu’une survie.
What else ?
La baise, c'est la vie. Fort de cette certitude qui me hante depuis que j'ai ma lucidité et du poil autour, je considère que la femme est un merveilleux cadeau.
Hélas… Voyez comme l’art de la citation demande du discernement. San Antonio (1) a vraiment le génie de salir tout ce qu’il touche…Comment faire hommage à une dame de notre admiration pour sa beauté et son intelligence sans être instantanément suspect de mauvaises pensées ? Comment lui promettre notre amitié sans qu’on y voie du même coup une manœuvre d’approche frauduleuse ?
Pire. On doit aussi dire que, puisque la femme est un cadeau pour l’homme, c’est qu’elle existe pour lui, et non pas lui pour elle.
C’est pas sympa, ça…
Reste que malgré tout, avec ça la femme sait pourquoi elle existe, alors que l’homme ne le sait pas toujours.
Parce que ce n’est pas en disant : La baise, c'est la vie, que vous pourrez justifier votre existence.

(1) Alias Frédéric Dard. J’ai préféré utiliser son pseudo d’écrivain ; avouez qu’avec une citation pareille il valait mieux éviter l’allusion lourdingue qu’on aurait pu suspecter à l’évocation de son nom véritable.

Friday, December 18, 2009

Citation du 19 décembre2009

Oh! Que la providence est grande! Elle donne à chacun son jouet, la poupée à l'enfant, l'enfant à l'homme, l'homme à la femme, et la femme au diable!

Victor Hugo – Marie Tudor (1833), I, 2

De Kévin à Père Noël

Cher petit papa noël,

je viens de lire sur le Net que c’était toi qui te chargeait de trouver une meuf à ceux qui comme moi, sont bien pourvus, mais qui malgré tout n’en ont pas.

Alors voilà, je voudrais que tu me trouves une nana pas trop grande parce que moi je suis un peu râblé, mais qui ait de quoi satisfaire un homme qui est justement râblé de partout.

Si tu pouvais m’en trouver une qui fasse du 95-D, ça serait pas mal, vu qu’avec celles qui n’ont pas de nichons je m’ennuie plutôt. Je voudrais aussi qu’elle ait du tempérament (c’est comme ça qu’on dit pour expliquer ce qui se passe au dodo ?), mais pas le samedi soir, parce que ce soir là je suis au Stade avec mes potes.

Si tu as ça dans ta hotte, tu la déposes sur mon paillasson le 24 à minuit, un coup de sonnette et tu t’envoles.

Merci d’avance.

Kévin.

Comité de Censure à Monsieur Kévin.

Monsieur,

Le comité de Censure chargé de surveiller la moralité de la correspondance au Père Noël a intercepté votre courrier.

Sachez monsieur, que les seules demandes au père Noël qui soient admises sont celle qui visent des objets (nommés jouets) en vente dans les magasins.

Constatant que vous vouliez une femme véritable, nous supposons que le Père Noël ne pourrait vous satisfaire qu’en important frauduleusement une Béninoise ou une Philippine, contrevenant ainsi aux lois de monsieur Besson sur le séjour des étrangers sur notre territoire.

Nous attirons votre attention sur le fait qu’à insister auprès du Père Noël pour être satisfait, vous courez le risque de commettre une infraction à la loi concernant l’aide aux étrangers en séjour irrégulier.

Veuillez croire, Monsieur à nos salutations distinguées.

Sunday, December 28, 2008

Citation du 29 décembre 2008


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Pour les gens qui ne peuvent pas le rendre, un cadeau n'a pas de prix que s'il n'a pas de valeur.
Alexandre Dumas, fils
Voilà la saison des étrennes, et les cadeaux sont de rigueur.
- Qu’est-ce qui fait la valeur d’un cadeau ?
Suivant la pratique du potlatch, décrite par Mauss, un cadeau est une forme d’affrontement, d’humiliation que l’on impose à celui qui ne peut le rendre. C’est à ça que ramène la citation d’Alexandre Dumas, et l’exemple de Rousseau recevant un paquet de café de Bernardin de Saint-Pierre en témoigne également (voir Post du 22 février 2006)
Mais réciproquement un cadeau sans valeur cesse d’être perçu comme cadeau, ainsi qu’en témoigne cet extrait de Libération :
« Chacun ramène un cadeau original, on tire au sort, et chacun ouvre son cadeau devant tout le monde… Certains retrouvent la merdouille qu’ils ont eux-mêmes offerte l’année précédente » (Pierre-Henri, Libération du 23 décembre 2008, p. 15). Car si l’on ne remet pas systématiquement de tels cadeaux en vente sur e-bay, en revanche on peut offrir en cadeau un cadeau qu’on a reçu précédemment. Qui ne l’a jamais fait ?
Mais en même temps, quelle honte…
Et si c’était l’intention qui primait ? Comme on dit, la façon de donner vaut mieux que ce que l’on donne ?
Dans l’Empire des signes, Roland Barthes, explique qu’au Japon, ce sont les boites et les emballages qui constituent l’essentiel du cadeau.
Alors, allez-y.
-->. Vous avez un ami dans la dèche ? Dites-lui : Pour les gens qui ne peuvent pas le rendre, un cadeau n'a pas de prix que s'il n'a pas de valeur. Et offrez-lui une boite vide.
Il va apprécier.

Wednesday, December 17, 2008

Citation du 18 décembre 2008


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Le corps offre mille fois plus d'idées cadeaux que n'importe quelle Fnac ou Samaritaine réunies. Offrez du médical ! Les seuls cadeaux d'anniversaire remboursés par le Sécurité Sociale.
Philippe Geluck – Le Docteur G. fait le point
Encore le casse-tête des cadeaux de Noël ! Recevoir des cadeaux, passe encore : on peut toujours les revendre sur e-Bay. Mais qu’est-ce qu’on va trouver à offrir ?
Le Docteur G vient à votre secours :
Offrez du médical !...
Pour qui regarde la télé en ce moment, les pubs pour des cadeaux abondent. Et si vous allumez le poste à certaines heures, disons l’après-midi, alors ces publicités ciblent essentiellement les personnes âgées :
- Le siège mécanique qui vous monte à l’étage sans faire craquer vos veilles articulations.
- La colle pour empêcher le dentier de fiche le camp quand papy roule une pelle à mamie.
- Les comprimés de phytothérapie, pour les douleurs
- Les crèmes aux collagènes qui remontent les vieilles peaux
Et j’ai gardé le meilleur pour la fin :
- Les garnitures pour les petites fuites.

Donc, n’hésitez pas, pour Noël, mettez au pied du sapin un paquet de couches culottes et écrivez dessus : « Pour ma Mamie que j’aime ».
Toutefois, méfiez-vous : contrairement à ce qu’écrit le Docteur G., il n’est pas sûr que la Sécu rembourse ça.

Saturday, December 02, 2006

Citation du 2 décembre 2006

Il n'est poule si chère que celle reçue en cadeau.

Proverbe italien

Chers petits enfants,

aujourd’hui, c’est le Père Noël qui vous écrit. Si je vous écris, c’est pour vous mettre en garde : vous êtes en train de me faire vos commandes pour que je vous apporte plein de jouets, et moi je vous dis : méfiez vous des cadeaux ; réfléchissez bien avant de me faire votre demande.

Petits enfants, on vous ment ! Certains vous diront : « le Père Noël n’existe pas, n’y croyez pas ou vous serez déçus un jour ». Ce sont des méchants ou des ignorants qui vous diront cela : j’existe, oui, et la preuve en est cette lettre que je vous écris.

Mais ça, ce n’est rien ; on profite de votre jeunesse pour vous tromper, d’une façon bien plus perfide. Car, si le Père Noël existe, en revanche, les cadeaux, eux, n’existent pas. Alors, bien sûr, vous allez recevoir ceux que vous m’avez demandé : puisque j’existe, il est clair que j’apporte aussi aux petits enfants les jouets , tous les jouets qu’ils m’ont commandé. Mais ne l’oubliez pas : je ne les apporterai qu’aux petits enfants sages !

Voilà ce que vous devez savoir : en réalité moi, ça m’est complètement égal que vous soyez des gentils bambins ou pas : ma tournée terminée, je repars avec mes rennes et je ne penserai plus à vous jusqu’au Noël prochain. Mais ce sont vos parents qui vous font croire que je refuserai de venir si vous n’êtes pas sages : en réalité, ce sont eux qui m’empêcheront de vous apporter ce que vous avec demandé s’ils sont mécontents de vous. Vous ne pouvez pas imaginer tous les tours qu’ils me jouent pour m’empêcher de venir lorsqu’ils veulent vous punir : le feu dans la cheminée, le fenêtre du salon fermée toute la nuit, le Rotweiler couché au pied du sapin…

Pourquoi font ils ça ? Mais parce qu’ils profitent des cadeaux de Noël pour vous obliger à faire ce qu’ils veulent : ranger votre chambre, ne pas vous curer le nez avec les doigts, manger des épinards - oui : même ça, ils vont vous l’imposer en échange de votre console de jeu ou de votre baladeur MP3 ! Vos cadeaux, vous allez les payer très cher…

Que faire ? C’est très simple : ne m’écrivez plus ; ne me demandez plus rien pour Noël, vous ne recevrez plus de cadeaux, et alors il n’y aura plus ce contraintes à subir en échange.

Cette histoire, c’est vieux comme le monde. Tenez je vais vous faire une cadeau vraiment gratuit : allez sur l’excellllent blog La citation du jour, à la date du 22 février : vous y lirez la passionnante histoire du potlatch.

Votre ami,

le Père Noël

Sunday, October 22, 2006

Citation du 21 octobre 2006

Définition - L'amour, c'est offrir à quelqu'un qui n'en veut pas quelque chose que l'on n'a pas.
Jacques Lacan

Déconseillé aux moins de 12 ans

- Viens ici mon Bébé, là sur la canapé, tout près de moi. Eteins la télévision.
Tu sais ce que j’ai pour toi ?
- Quoi ? Tu as un cadeau pour moi ? C’est pourtant pas mon anniversaire ?
- Ça fait rien, mon Bébé… Tiens cherche au fond de ma poche
- Quelle poche ?
- Celle de mon pantalon
- Ouais… Mais y a rien !
- Cherche bien, tout au fond.
- Mais ??? Espèce de grand dégoûtant, c’est tout ce que t’as trouvé pour me dire que tu voulais me sauter ?
- Mais non Bébé, c’est que je sais que tu aimes ça et que c’est ce qu’il te faut. Tu trouves pas que tu es un peu nerveuse en ce moment ?
- Non mais dis donc toi, quand j’ai fait ma journée à l’usine et qu’il faut que je m’occupe des mioches et du repas pendant que tu regardes tes jeux débiles à la télé, tu crois pas que j’ai de quoi être agitée ?
- Ecoute mon Bébé, tu sais que je t’aime et que je veux que tu sois heureuse. J’ai ce qu’il te faut, et je te l’offre ce soir.
- Monsieur a ce qu’il me faut ! Qu’est-ce que t’en sais ? Tu crois me rendre heureuse avec tes pratiques de Cro-Magnon ? Et qu’est-ce que tu crois avoir de si extraordinaire ?
- Là tu vas trop loin, Bébé. Moi, je sais que je suis bien pourvu, et crois moi, j’ai fait du rugby et j'ai été sous les douches avec l'équipe ; je sais de quoi je parle.
- S’agit pas d’avoir la plus longue au concours des douches du club de rugby ; s’agit de savoir s’en servir. Et là, c’est le concours de vitesse que tu gagnes.
Alors, merci pour le cadeau !

Tuesday, February 21, 2006

Citation du 22 février 2006

"Timeo Danaos et dona ferantes" (« Je crains les Danaens (=Grecs), même porteurs de présents »
VIRGILE, Enéide, II, 49
Tous les lecteurs d’Astérix connaissent ce vers de l’Enéide. Ils ne savent peut-être pas tous que le présent perfide offert par les Grecs est le Cheval de Troie, qui symbolise généralement une ruse destinée à nuire à celui qui l’accepte. Il y a des cadeaux empoisonnés, on le sait. Mais ne sont-ils pas tous empoisonnés ?
Marcel Mauss dans son Essai sur le don a décrit la cérémonie du Potlatch (chez les Indiens de la côte ouest de l’Amérique) comme un rite agressif, consistant à offrir (voire même plus simplement à détruire) des présents de valeur au chef de la tribu voisine, qui devra à son tour faire de même, en plus abondant s’il le peut.
Il y aurait ainsi une humiliation à recevoir un don, sachant qu’il sera sans contrepartie, c’est-à-dire sans échange ; et on sort de l’échange dès lors que la contrepartie est simplement impossible en raison de la magnificence du cadeau. C’est donc le cas du potlatch. Autre exemple : Bernardin de Saint-Pierre raconte qu’un jour passant chez Rousseau en son absence il laisse sur sa table un paquet de café (très prisé et très cher à l’époque) ; rentré chez lui Rousseau lui renvoie l’objet avec un billet disant « Je vous rends votre cadeau parce que je serais incapable de vous en offrir un pareil. » Les petits cadeaux entretiennent l’amitié ; les gros cadeaux suscitent la rancœur et la hargne.
A première vue, il ne s’agit que d’un mouvement d’orgueil : je veux me montrer plus fort que l’autre, et je me sens agressé si je ne le peux pas. Mais tout cela veut peut-être dire aussi que la société du don ( du genre « A chacun selon ses besoins ») est une utopie, parce que toute société est fondée sur l’échange et que le don n’est pas à la base du lien social.
Au risque d’émouvoir les bonnes âmes, disons alors que la charité n’est pas une vertu sociale.