Thursday, June 22, 2017
Citation du 23 juin 2017
Sunday, December 20, 2015
Citation du 21 décembre 2015
Thursday, May 30, 2013
Citation du 30 mai 2013
Tuesday, November 04, 2008
Citation du 5 novembre 2008
Pureté-Impureté 1
Tout est pur pour ceux qui sont purs. Mais pour ceux qui sont souillés et qui refusent de croire, rien n’est pur […] Ils sont abominables, rebelles, inaptes à toute œuvre bonne.
Saint Paul Epître à Tite, I-15-16
Il est des mots dont la définition contredit le sens. Ainsi le mot pur qui devrait être défini d’une ligne (par exemple : sans mélange) remplit plusieurs pages de dictionnaires avec des cascades de sens dérivés. On se prend à songer que cette définition est bien impure…
Pur, pureté, … Que d’abominations n’a-t-on pas commises au nom de cette perfection ? La plus récente, la purification ethnique n’étant que le dernier – mais non l’ultime hélas - avatar de cette histoire. Car l’impureté est à la fois la condition humaine et ce qui rejette l’homme dans l’inhumanité.
Tout dépend donc du contexte. Dans la Bible, les choses sont simples... ou presque ! L’impureté n’est autre que la souillure, et la souillure vient par contamination, du contact de l’être impur (la femme en couches par exemple), ou de l’ingestion de nourriture impure. Il n’est que de lire le Lévitique pour être édifié à ce sujet.
On comprend qu’il n’est pas besoin d’aller plus loin pour voir comment l’impureté a servi de caution aux pires atrocités.
Par contre il est plus délicat de saisir ce qu’est la pureté. On critique la Marseillaise pour avoir appelé à répandre le sang impur. Mais c’est quoi la pureté du sang ? C’est la pureté de la race ? Et c’est quoi la pureté de la race ? Le non-métissage ? Mais à ce compte, toutes les races, la blanche, la noire, la jaune, sont pures dès lors qu’elles existent en tant que telles. C’est ainsi que les nazis en étaient venus à prétendre – sur les traces de Gobineau – que les juifs n’étaient pas une race, mais le résultat du métissage des autres races. C’est de là que venait leur impureté.
On a compris sans doute déjà que nous sommes dans une idéologie de l’excellence de l’origine. Dès lors que cette origine se perd, ou qu’elle se mélange à une autre, ce métissage devient impureté, souillure.
D’où l’embarras devant la reproduction sexuée qui impose ce métissage. Les nazis - encore eux, les « spécialistes » de la pureté – ont voulu contourner cette difficulté avec les centres de « production » et d’éducation d’enfants de race aryenne pure qu’étaient les napolas.
Friday, August 22, 2008
Citation du 23 août 2008
Crainte et intelligence. - Si ce que l'on affirme maintenant expressément est vrai, qu'il ne faut pas chercher dans la lumière la cause du pigment noir de la peau : ce phénomène pourrait peut-être rester le dernier effet de fréquents accès de rage accumulés pendant des siècles (et d'afflux de sang sous la peau) ? Tandis que, chez d'autres races plus intelligentes, le phénomène de pâleur et de frayeur, tout aussi fréquent, aurait fini par produire la couleur blanche de la peau ? - Car le degré de crainte est une mesure de l'intelligence : et le fait de s'abandonner souvent à une colère aveugle est le signe que l'animalité est encore toute proche et voudrait de nouveau prévaloir, - gris-brun, ce serait peut-être là la couleur primitive de l'homme, - quelque chose qui tient du singe et de l'ours, comme de juste.
Friedrich Nietzsche - Aurore. 1881
D’où viennent les races ? Les caractéristiques héréditaires qui les distinguent ont-elles une explication ? Ont-elles une fonction ?
Nietzsche répond : chez les noirs, la peau est ainsi colorée par l’afflux du sang sous la peau. Thèse courante, un siècle plus tôt Kant disait la même chose (1), et je suppose qu’il n’était pas le seul.
Mais ce qui est plus original – plus « nietzschéen », c’est le rapport entre la crainte et l’intelligence, et l’idée que la colère soit diamétralement opposée à la crainte.
Si en effet on passe sur le jugement dépréciatif de Nietzsche sur l’intelligence des noirs (2) (jugement tellement tenace que jusqu’à aujourd’hui les élites africaines ont dû se barder de diplômes et de doctorats pour compenser – et même surcompenser – cette idée), alors on a ici un véritable inventaire des idées de Nietzsche :
- d’abord relation entre la couleur de la peau et le degré d’évolution ;
- en suite, relation entre les passions et l’intelligence ;
- enfin l’idée que l’espèce humaine issue d’une variété animale, s’est arrachée à l’animalité en accédant à la frayeur – c'est-à-dire à la conscience de sa situation dans le monde.
Voilà : même s’il n’y avait que cette dernière idée, ça vaudrait le coup de lire le reste du livre pour y parvenir.
(1) Kant – Définition du concept de race in La philosophie de l’histoire.
Selon Kant, le rôle de la peau est de déphlogistiquer (phlogistique = substance apportant la chaleur) le sang, et en Afrique, il y a beaucoup de phlogistique dans l’air qui passe dans le sang par l’intermédiaire des poumons. La couleur noire de la peau des africains s’explique donc par les résidus sanguins qui y restent.
(2) Je comprends parfaitement qu’on jette le livre au feu en lisant de pareilles choses. Mais c’est un peu dommage, parce qu’on jette aussi tout ce qui suit.
