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Wednesday, June 17, 2015

Citation du 18 juin 2015

Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
Charles De Gaulle – Appel du 18 juin 1940
Pourquoi les grands hommes de bien ont-ils entraîné derrière eux des foules ? Ils ne demandent rien, et pourtant ils obtiennent. Ils n’ont pas besoin d’exhorter ; ils n’ont qu’à exister ; leur existence est un appel.
Bergson – Les deux sources de la morale et de la religion.
On voit la différence entre ces deux formes d’appel : l’un est lancé avec une confiance inébranlable – y a-t-il seulement quelqu’un pour l’entendre ? Qu’importe !  Il est comme une bouteille à la mer, mais il a toute la force nécessaire pour la traverser ; l’autre suppose un peuple qui vit dans l’attente de le recevoir.
- Le premier n’existerait pas sans cette forme d’autorité qui se fait écouter parce qu’elle a quelque chose à dire : en juin 40, le général de Gaulle inconnu des français ne peut fédérer les patriotes que parce qu’il constitue un point de convergence : Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres mettez-vous en rapport avec moi.
- L’autre est silencieux, il n’est appel que par décalage d’altitude entre lui et les autres : c’est comme le dit Bergson l’appel du saint, qui descend sur la France auréolé d’or. Le Maréchal Pétain a cru pouvoir revendiquer cette forme d’autorité qui n’a qu’à exister pour agir : J’ai fait don de ma personne à la France. Comme s’il était Jésus, le Fils sacrificiel, le Maréchal pense que sa mort serait salvatrice. C’est lui qui aurait pu dire : Je n’ai pas besoin d’exhorter ; je n’ai qu’à exister ; mon existence est un appel.
On devine que cette mise en perspective des deux appels n’est pas innocente : que l’exemple du saint devrait être étudié avec suspicion et que plutôt qu’à son appel, c’est à celui du « transmetteur » qu’il faudrait éventuellement répondre.
Transmetteur ? Entre quels pôles ? Entre la France et elle-même ?

--> C’est ça qu’on veut célébrer le 18 juin.

Friday, June 16, 2006

Citation du 17 juin 2006

« Je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur. »

Philippe Pétain - Discours à la Nation 17 juin 1940

Au sein de la tragédie de la capitulation, voici la bouffonnerie de ce vieillard calamiteux qui s’offre en victime sacrificielle, afin que, grâce à l’équation Moi-Pétain= la France, celle-ci soit épargnée. Que ce corps brisé par l’âge devienne le dernier rempart de l’intégrité du territoire et de la souveraineté nationale, voilà qui nous ferait tordre de rire si l’épouvantable réalité de la défaite et de l’occupation n’était là pour nous en dissuader.

Mais Philippe Pétain n’est pas un bouffon tragique ; il nous conduit bien au-delà : certes il joue sur le charisme comme source de pouvoir, mais plus encore il s’approprie la légitimité divine dont jouissaient les rois capétiens. Et il est encore bien plus que ces rois, lieutenants de Dieu sur terre : le maréchal, victorieux de Verdun, devient le Rédempteur qui se sacrifie pour la Patrie. Il va ainsi racheter les pêchés d’un peuple qui a préféré écouter les mensonges des dégénérés judéo-marxistes plutôt que les appels virils de la droite nationale.

Imaginez aujourd’hui le tableau. Notre chef d’Etat, au lieu de nous dire : je suis le rassembleur qu’il vous faut, venez donc chez moi, dans mon grand salon il y a la lumière de la démocratie et la chaleur de la prospérité, nous dirait : « En moi bat le cœur de Condorcet, de Rousseau et de Saint-Just( !) : Je suis le Rempart de la Démocratie, Je vous protègerai de la dictature fasciste. Je garanti votre sécurité, Je sauvegarderai votre liberté, et Je vous rendrai le pouvoir confisqué par des politiciens corrompus. »

« Dieu est mort » disait Nietzsche ; et il enchaînait : « Hélas », sous entendant : car voici revenu le temps des idoles. Staline ; Mao ; Hitler ; le Maréchal ; etc. ; le XXème siècle a été le siècle des idoles ; espérons que le XXIème sera celui de l’homme.