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Tuesday, December 28, 2010
Citation du 29 décembre 2010
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Tuesday, November 10, 2009
Citation du 11 novembre 2009
J'appelle culture la coïncidence entre une langue et un art de prier
Propos de Michel Rocard recueillis par Baptiste Legrand pour le Nouvelobs.com (le 2 novembre 2009)
Ça c’est vraiment ce que Rocard appelle le parler vrai ! Et en plus c’est dans une interview intitulée : « L’identité nationale est un débat imbécile ». (A lire ici)
Débat imbécile, parce que l’identité nationale est suffisamment évidente pour ne pas avoir besoin d’un débat pour être connue. La preuve : qui dit identité nationale dit culture, et la culture se définit tout simplement comme la coïncidence entre une langue et un art de prier.
Et vous, vous auriez dit la même chose ? Peut-être pas, hein ?
Moi, je ne sais pas. En tout cas j’ai dit ici même que être français, c’était parler français. Mais faut-il y ajouter l’art de prier ? Et d’abord, qu’est-ce que c’est que l’art de prier ? Faut-il donc posséder un art pour prier ?
Je comprends que c’est peut-être un style, une manière particulière en relation avec un dogme (on a parlé ici avec Lévi-Strauss des règles de la prière musulmane). Ce qui reviendrait à dire – à peu près – que la culture se définit par un rapport spécifique à la divinité.
Alors là, permettez-moi de vous dire qu’une telle affirmation fait débat ! Parce que le divin n’est pas forcément reconnu comme condition et horizon de la culture. Certes, on admet souvent qu’une transcendance – quelque chose qui nous fait désirer ce qui manque, ce dont notre monde porte la marque en creux – est nécessaire pour que la pensée humaine puisse prendre son vol (1), et donc pour que la culture ait une substance véritable. Mais faudrait-il donc dire aussi que la transcendance serait toujours religieuse ?
Je ne peux que renvoyer au débat entre Marcel Gauchet et Luc Ferry sur la transcendance horizontale (2): on y voit que ce débat-là n’est pas près d’être tranché.
(1) Certains, comme Régis Debray, ajouteraient que la fraternité humaine la présuppose
(2) Luc Ferry et Marcel Gauchet - Le religieux après la religion - Livre de Poche, évoqué le 26 septembre 2008
Thursday, May 24, 2007
Citation du 25 mai 2007
LA FRANCE ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part.
Michel Rocard - Le Monde du samedi 24 août 1996 (Point de vue).
Dans cet article de 1996 (lire), Michel Rocard revient sur cette phrase - qu’il avait prononcée en 1990 - pour souligner qu’elle avait été utilisée et tronquée par le gouvernement de droite afin de justifier ses mesures anti-immigration (lois Pasqua de 1993).
Qu’on me permette de ne pas rouvrir le débat sur l’immigration qui d’ailleurs n’a pas besoin qu’on le rouvre, vu qu’il n’a pas été refermé. Je noterai seulement que la phrase de Rocard a pour objet de délimiter une démarche d’accueil volontaire et raisonné, je dirai même planifié.
N’est-ce pas étonnant de croire qu’on va planifier ce qui se produit forcément de façon anarchique et incoercible ? Peut-on planifier l’écoulement des laves du volcan ? Peut-on canaliser la vague du tsunami ? Lorsque des millions d’hommes et de femmes meurent de faim, peut-on les empêcher de prendre la route, la pirogue, le camion du passeur pour aller chercher ailleurs les moyens de survivre un peu plus longtemps ? Ces pauvres gens n’ont rien à perdre que la vie ; ils sont exactement dans la situation des prolétaires auxquels s’adressait Marx (1).
En fait tout ça on le sait bien, mais on fait comme si on y pouvait quelque chose. « Ce mystère nous dépasse, feignons donc d’en être les organisateurs » disait à peu près Cocteau.
- Reconduite à la frontière : autant vouloir vider la mer avec une petite cuillère, à moins que vous ne soyez prêt à financer leur avion pour Bamako - mais si c’est pour Bagdad ou pour Kaboul, faites-le escorter par une escadrille de Rafales.
- Interdiction pour les sans-papiers de travailler (idem pour les demandeurs d’asiles) : bon, autant les encourager à vivre de larcins. C’est vrai les voleurs gagnent plus à voler les riches de chez nous que les miséreux de leur pays d’origine.
- Contrôle des frontières, arrestation des passeurs, démantèlement des filières clandestines : qui ne voit que les profiteurs de misère prolifèrent autant que la misère elle-même ? Et même qu’ils font leurs choux-gras de toutes les mesures coercitives qui, faute de décourager les candidats à l’immigration, renchérit les frais de passage.
Ces réflexions n’ont pas pour objet de désespérer les généreux (bobos ?), ni d’exciter les méchants <-----> (2). Je dirai que c’est pour moi un indice de sincérité politique : le fameux parler-vrai (Rocard encore) se révèle lorsqu’on me dit : « Solution de l’immigration : Co-développement » Tout autre propos sent l’idéologie, ou si vous préférez l’intox.
Si vous ne voulez pas être envahi par des crève-la-faim, aidez les à ne plus mourir de faim. Si vous ne le pouvez pas, ne prétendez pas que c’est en faisant autre chose que vous règlerez le problème. (3)
Ou alors, si : devenez fondateur d’Emmaüs-sans-frontière : la place est vacante.
(1) « Les prolétaires n’ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner.
Prolétaires de tous les pays, unissez-vous. » (Manifeste du parti communiste)
(2) Déminage 1 : je vous laisserai le soin de nommer qui vous voudrez
(3) Déminage 2 : j’entends bien que le plus pauvre bédouin a encore toute la richesse de sa civilisation à partager avec nous… (oui mais nous, nous lui proposons quoi en échange ?)