Showing posts with label surveillance. Show all posts
Showing posts with label surveillance. Show all posts

Tuesday, January 29, 2008

Citation du 30 janvier 2008

Les inventeurs visionnaires : Diderot et la vidéo-surveillance
Si j’avais seulement un miroir magique qui me montrât mon amie dans tous les instants ; si elle se promenait sous mes yeux dans une glace comme dans les lieux quelle habite (…) combien je me lèverais de fois la nuit pour l’aller voir dormir…
Diderot - Lettre à Sophie Volland 1er août 1765
Incroyable Diderot ! L’amour (le grand, l’industrieux amour, comme dit Platon) lui suggère encore une invention qui va mettre plus de deux siècles à voir le jour. Car son miroir magique n’est rien d’autre que nos écrans de contrôle relié aux caméras de vidéo-surveillance. Quelle imagination ! (1)
Ce qui stimule l’imagination de Diderot, c’est que ce miroir magique sépare la vue du toucher. Oui, parce que, imaginez que vous êtes Diderot. Votre bonne amie est là dans son lit. Elle dort, adorable dans le sommeil plus encore que dans la veille. Qu’est-ce que vous faites ? Bon, je vois : vous la réveillez, n’est-ce pas ? Maintenant vous êtes devant le « miroir magique » : vous devez la contempler sans la toucher. Vous admirez sa beauté dans le sommeil, son corps alangui, la douceur de son expression, l’éclat de son teint dans la lueur de la lune qui filtre à travers les persiennes… Tout ça, vous le contemplez maintenant à loisir, alors que l’impulsion de la nature ne vous l’avait pas permis tout à l’heure.
Vous tous, les couples vieillissants (et ça vieillit vite, un couple), écoutez Diderot : faites chambre à part, et installez une vidéo entre les deux.
Et expliquez à votre petite femme que ce n’est pas pour la surveiller.
Encore qu’elle aurait peut-être aimé ça ?

(1) Toutes les inventions de Diderot n’ont pas encore été réalisées. Dans les Bijoux indiscrets, il imagine une bague magique qui a le pouvoir de faire parler… le sexe de femmes (voir ici). Encore un défi pour les inventeurs fous de notre époque.

Tuesday, January 15, 2008

Citation du 16 janvier 2008

Dans quelques années, les avions seront pilotés par un commandant et un chien. Le travail du chien sera de surveiller les boutons pour que le pilote ne touche à rien.
Scott Adams (né en 1957 ; créateur du personnage Dilbert)
Citation idiote : parce que, si le travail du chien est d’empêcher le pilote de piloter, quel va être le rôle du pilote ? De taquiner l’hôtesse de l’air (ou le steward selon ses goûts) ? De porter un bel uniforme pour rassurer les passagers (Y a-t-il un pilote dans l’avion ?).
Là où la machine fait mieux que l’homme dans les tâches techniques, y aurait-il encore des fonctions dont l’homme serait l’unique titulaire ?
On connaît la réponse habituelle : l’homme est là pour assumer la responsabilité. La machine est non responsable, et l’homme doit confirmer ses options, quitte à les modifier le cas échéant : c’est lui le maître à bord.
Oui, mais s’il est maître à bord après le chien, que lui reste-t-il comme responsabilité ?
Aucune, parce qu’en tout état de cause, la machine fait mieux que l’homme. Et ça ne concerne pas que les avions et les fusées; et ça ne date pas d’hier. La catastrophe de Tchernobyl aurait-elle eu lieu sans l’intervention des techniciens ?
Alors, que faire des hommes ? Les pilotes dans les avions auront-ils un jour pour seul rôle de taper le carton avec les passagers en attendant l’heure de l’apéro ?
Mais non, pas du tout : il y aura toujours un forcené à ramener à la raison, ou une femme à accoucher avant d’atterrir…

Sunday, December 17, 2006

Citation du 18 décembre 2006

Le problème de la nature et de l'origine du criminel m'apparut résolu : les caractères des hommes primitifs et des animaux inférieurs devaient se reproduire de nos temps.
Lombroso, 1908, p. XXXII
Ce message est un appel au secours.
Parti sur la piste de la criminologie « scientifique », j’étais persuadé de parvenir à montrer que la théorie des stigmates avait été abandonnée par Lombroso lui-même : outre les criminels-nés qui sont caractérisés par des stigmates anatomiques, physiologiques et psychologiques, il établissait la liste suivante : - les criminels-fous ; - les criminels d'occasion ; - les criminels d'habitude ; - les criminels passionnels. Bref, tout cela devait être l’occasion de soulever la question du déterminisme dans le crime.
Et voilà que je tombe (merci à Google) sur la machine de Lombroso. Je reproduis le document (voici l’adresse : http://www.bartproject.com/FRlombroso.htm - ne manquez surtout pas la vidéo)
« La Machine de Lombroso s'inspire des travaux des criminologues anthropologistes du dix-neuvième, tels Cesare Lombroso et Havelock Ellis, qui pensaient pouvoir détecter les déviances en analysant les traits physiques des criminels. Notre société, confronté au défi du terrorisme et de la criminalité, tente, par le biais de logiciels et bases de données de plus en plus sophistiqués, de trouver des moyens automatiques pour se défendre. Il n’est pas improbable que les travaux de Lombroso et Ellis seront un jour mis à nouveau à contribution, en les croisant avec les nouvelles techniques d’anthropométrie. En attendant cette avancée technologique, La Machine de Lombroso est déjà capable de «détecter» le caractère (bon, méchant, altruiste, égoïste…) qui se cache derrière un visage. Les observateurs sont filmés et leur image est rediffusée en temps réel sur un écran LCD. Dès qu’un spectateur s’approche de l’écran, son visage disparaît progressivement et laisse place à une silhouette qui se superpose et qui le poursuit, telle une ombre. Cette image irréelle indique le caractère de la personne. L’installation est donc une composition surréaliste, ludique et dynamique. La Machine de Lombroso a été exposée, lors de la quatrième Nuit Blanche, à la Mairie du 4e arrondissement à Paris, dans le cadre de l’exposition "L'envers de la vidéo surveillance", organisé par Méta Zone. »
Pour l’instant, cette machine est une « installation [qui] est donc une composition surréaliste, ludique et dynamique ». Pour demain : Au secours !