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Wednesday, May 31, 2017

Citation du 1er juin 2017

Ce qui rend malheureux en amour, c'est moins de ne pas être aimé quand on aime, que d'être encore aimé quand on n'aime plus.
Alexandre Dumas –  Mademoiselle de Belle-Isle


(On aura reconnu dans cette photo le moment où Melania Trump refuse la main que son mari veut lui donner en descendant d’« Air force one » à l’arrivée en Israël)

- Chérie-amour, donne moi ta main !
… Qu’est-ce qui arrive, Chérie-Amour ? Tu ne veux pas ?
- Attends un peu, ce n’est pas le moment, on nous regarde ! On va être ridicules !
- Mais… Qu’est-ce qui se passe, Chérie-Amour ? Tu te rappelles, quand on s’est connu ? Un simple frôlement de ta main sur la mienne suffisait à remplir de soleil ma journée.
- Oui, et la mienne aussi. Mais cela, c’était il y a longtemps. Tu ne crois pas que nous avons changé depuis ?
- Mais non ! Je t’aime toujours autant, moi. Mes sentiments, mes élans de joie quand tu apparaît, mes émotions justement quand ta main prend la mienne : tout cela … Tout cela c’est toujours le même printemps !
- Et voilà la malheur : je suis missionnée pour être ton éternel printemps. Et si mon soleil avait tourné ? S’il allait éclairer d’autres lieux que les tiens ?
- Un malheur, dis-tu ? Ah… Oui, c’est un malheur que de ne plus être aimé !

- Tu te trompes, Donald : Ce qui rend malheureux en amour, c'est moins de ne pas être aimé quand on aime, que d'être encore aimé quand on n'aime plus.

Friday, March 14, 2014

Citation du 15 mars 2014



Ne discutez jamais, vous ne convaincrez personne. Les opinions sont comme des clous ; plus on tape dessus, plus on les enfonce.
Alexandre Dumas
Les opinions sont comme des clous ; plus on tape dessus, plus on les enfonce. Qui conque a tenté de dissiper les opinions racistes ou sexistes l’a constaté : on se heurte à un mur, et les arguments les plus rationnels ne convainquent pas, voire même, en irritant ceux qui les profèrent, ils ne font que les radicaliser. Les convictions qui les soutiennent semblent bien résulter d’autre chose que de la pure logique.
Les opinions sont des manières de penser et non des raisonnements : ça veut dire qu’elles reflètent un peu ce que sont les gens, qu’elles sont en quelque sorte attachées à leur nature, à leur personnalité – ou du moins à leur histoire. Les détruire, c’est leur arracher une partie d’eux-mêmes. Bref, elles relèvent de la mécanique des passions beaucoup plus que des mécanismes cognitifs.
Ce qui est vrai des opinions personnelles l’est encore plus des opinions qui viennent du milieu socio-culturel. Parce que le mécanisme est double alors : toute opinion est personnelle : on dit « Je » quand on signifie une opinion ; mais ce « Je » est alors redoublé par un « Nous ».
- Tous les profs de philo se sont colletés à cet obstacle : comment faire accepter que telle  opinion soutenue par un des élèves ne soit pas une vérité marquée du sceau de l’évidence, et donc qu’elle n’ait pas plus de valeur que l’opinion adverse ? Et pourtant, ce sont des gens qui supportent mal qu’on ne pense pas comme eux. (1)
On ne peut pas dépasser vraiment ce problème sauf à montrer que : si la vérité est objective, alors qu’importe ce que pensent les autres ? Qu’on y croit ou pas, ça ne change rien ; en revanche toute opinion nécessite un engagement personnel : il faut se mouiller – et donc qu’il est bon de savoir ce que pense l’adversaire. Soutenir une opinion qu’elle soit morale, religieuse, politique, artistique etc., c’est choisir un camp contre un autre, choix qui est en alternative avec d’autres choix également possibles – choix qui a des conséquences qu’il faut accepter au moment même où on le fait.
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(1) Rassurons tout de suite ceux qui en concluraient que le prof de philo se donne pour tâche soit d’endoctriner, soit de semer le scepticisme. Son rôle est d’ouvrir les esprits sur d’autres horizons.

Wednesday, August 25, 2010

Citation du 26 août 2010

L'homme naît sans dents, sans cheveux et sans illusions, et il meurt de même, sans cheveux, sans dents et sans illusions.

Alexandre Dumas

…l'homme reperdant par la vieillesse ou d'autres accidents tout ce que sa perfectibilité lui avait fait acquérir, retombe ainsi plus bas que la bête même.

Rousseau – Discours sur l’origine de l’inégalité, 1ère partie.

Deux citations différentes en bien des points sauf sur celui-ci : le vieillesse consiste pour l’homme à faire en marche arrière tout le chemin qu’il a accompli en passant de l’enfance à l’âge adulte.

Quel statut donner aux vieillards ?

- La 1ère thèse qu’on vient de voir consiste à lui assigner une place dans un cycle. Une telle idée est très prégnante, y compris chez les jeunes. C’est ainsi mes élèves, quand je leur demandais de réfléchir à ce qu’était un adulte, l’opposait d’un côté à l’enfance, et de l’autre à la vieillesse. Je leur demandais alors : « Un vieillard c’est quoi, si ce n’est plus un adulte ». Ceux qui ne s’embarrassaient pas de scrupules répondaient froidement : «Ils retombent en enfance… ».

- La thèse la plus courante aujourd’hui fait des vieillards des sujets économiques : ils rentrent dans la catégorie des consommateurs et puis c’est tout. Les voilà donc définis par leur capacité à rémunérer des assistantes de vie, des gens qui vont les promener, leur donner la becquée, les torcher, etc… Bref, ils ont une place dans un cadre économique.

- Du temps de l’Antiquité romaine, il en allait tout autrement. Les vieux par leur proximité avec le mort étaient considérés comme de intercesseurs avec le monde des Ancêtres, monde craint et vénérés à la fois. Voilà donc nos vieillards respectés et protégés quasiment comme des Dieux, parce qu’ils étaient plus proches de ceux-ci que des vivants ordinaires.

Bref : nous, avec nos vieillards qui font du jogging après avoir enfilé leur Téna, on n’a pas vraiment gagné au change.

Thursday, April 15, 2010

Citation du 16 avril 2010

Un pour tous, tous pour un !

Alexandre Dumas – Les trois mousquetaires. (1)

La solidarité n'existe pas : n'existe qu'une coalition d'égoïsmes. Chacun reste avec les autres pour se sauver soi-même.

Francesco Alberoni – Vie publique et vie privée

Un pour tous : OK, pas de problème… Paye tes impôts vieux frère.

Tous pour un : non mais dis donc ? Tu voudrais pas qu’on te paye ta retraite comme ça, pendant 45 ans ? Paresseux ! Parasite !

C’est devant cette évidente mauvaise foi que le scepticisme, pour ne pas dire le pessimisme prolifère.

Pourtant du cœur de ce désenchantement vient parfois une petite musique d’espérance :

- solidarité, coalition d’égoïsmes… Oui, mais solidarité quand même !

- Chacun reste avec les autres pour se sauver soi-même… Oui, mais on reste ensemble quand même.

Le bon angle pour aborder cette question serait de ce point de vue non pas l’angle moral, ni même celui de la citoyenneté avec ce que ça charrie de bien pensance – mais bien celui du pragmatisme (excusez-moi de suivre la mode : c’est pour faire court, mais j’aurais pu aussi écrire utilitarisme). On a développé souvent cette idée avec la notion de contrat social. Peine perdue : là encore, nul contrat ne tiendrait si l’intérêt privé n’était d’instant en instant présent avec évidence dans la politique sociale ou économique.

En France les socialistes revenant au pouvoir après 1981 on cru bon de mettre l’idée de solidarité au cœur de leur politique. La réalité avec les coups de boutoir des crises pétrolières et autres ont mis en pièce ce bel idéal.

Oui, mais… Ce qu’une crise emmène, une autre peut le ramener. Voyez un peu : quand on dit que le « bouclier fiscal » c’est un peu de la solidarité des pauvres vis-à-vis des riches, on entend un peu partout : Solidarité ? Banco ! Faisons un impôt sur la fortune spécial pour le financement des retraites. Histoire de montrer que la solidarité, oui, ça existe – mais pas à sens unique.

Et Hop ! Bye-bye le pessimisme.


(1) Unus pro omnibus, omnes pro uno – C’est aussi la devise nationale, quoique non officielle, de la Suisse. J’ai cru comprendre que c’était une formule très répandue au XIXème siècle, de sorte qu’il est oiseux de se demander si c’est Dumas qui a copié les Suisses, ou les Suisses qui ont copié Dumas.

Sunday, December 28, 2008

Citation du 29 décembre 2008


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Pour les gens qui ne peuvent pas le rendre, un cadeau n'a pas de prix que s'il n'a pas de valeur.
Alexandre Dumas, fils
Voilà la saison des étrennes, et les cadeaux sont de rigueur.
- Qu’est-ce qui fait la valeur d’un cadeau ?
Suivant la pratique du potlatch, décrite par Mauss, un cadeau est une forme d’affrontement, d’humiliation que l’on impose à celui qui ne peut le rendre. C’est à ça que ramène la citation d’Alexandre Dumas, et l’exemple de Rousseau recevant un paquet de café de Bernardin de Saint-Pierre en témoigne également (voir Post du 22 février 2006)
Mais réciproquement un cadeau sans valeur cesse d’être perçu comme cadeau, ainsi qu’en témoigne cet extrait de Libération :
« Chacun ramène un cadeau original, on tire au sort, et chacun ouvre son cadeau devant tout le monde… Certains retrouvent la merdouille qu’ils ont eux-mêmes offerte l’année précédente » (Pierre-Henri, Libération du 23 décembre 2008, p. 15). Car si l’on ne remet pas systématiquement de tels cadeaux en vente sur e-bay, en revanche on peut offrir en cadeau un cadeau qu’on a reçu précédemment. Qui ne l’a jamais fait ?
Mais en même temps, quelle honte…
Et si c’était l’intention qui primait ? Comme on dit, la façon de donner vaut mieux que ce que l’on donne ?
Dans l’Empire des signes, Roland Barthes, explique qu’au Japon, ce sont les boites et les emballages qui constituent l’essentiel du cadeau.
Alors, allez-y.
-->. Vous avez un ami dans la dèche ? Dites-lui : Pour les gens qui ne peuvent pas le rendre, un cadeau n'a pas de prix que s'il n'a pas de valeur. Et offrez-lui une boite vide.
Il va apprécier.

Wednesday, September 20, 2006

Citation du 21 septembre 2006

Une illusion de moins, c'est une vérité en plus.
Alexandre Dumas, fils
L’illusion est un écran qui nous cache la vérité. Supprimez l’écran, retrouvez la vérité. Voilà ce que nous dit Alexandre Dumas-le-Fils (1).
Je laisserai de côté la question de savoir si la vérité est une simple affaire de dévoilement : le débat philosophique que cela entraînerait excède les modestes dimensions de ce message. En revanche je vous demanderai si vous êtes d’accord pour estimer qu’on n’a rien à perdre en perdant ses illusions. Vous êtes à court d'imagination ? Voilà trois possibilités. Choisissez.
1ère hypothèse : en nous éloignant du réel, les illusions causent l’échec de nos tentatives pour le transformer. On n’agit bien qu’en connaissance de cause. C’est la position du réalisme.
2ème hypothèse : en nous éloignant du réel, les illusions nous protègent de ses atteintes, elles nous procurent un bonheur qui, pour être illusoire, n’en est pas moins préférable au désespoir. C’est la position hédoniste.
3ème hypothèse : la force de l’illusion n’est autre que celle du désir (Freud). Kant dira de même que l’illusion est l’effet de la faculté de désirer. Comme telle, elle n’est qu’un aspect de quelque chose de plus important : croire que ce que nous désirons est accessible parce que nous le désirons. Dans la plus petite de nos actions, ce mécanisme est à l’œuvre : nous faisons ce que nous désirons avant de savoirs si nous le pouvons. Nous ne sommes même pas étonné de réussir , tant il est évident que notre représentation du but est une garantie de succès.
Dans ce cas, l’illusion n’est qu’un passage à la limite ; lorsque l’échec est inévitable, le désir nous entraîne alors à croire que la réussite est néanmoins possible dans des conditions fantaisistes.
Disons donc qu’à la formule de Dumas il faudrait substituer celle-ci : « Une illusion de moins, c’est un désir de moins. »
(1) Voir citation du 2 août 2006