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Tuesday, April 07, 2015

Citation du 8 avril 2015

Le jugement n'intervient pas d'un coup ; c'est la procédure qui insensiblement devient jugement.
Kafka – Le Procès
Ecoutez la triste histoire de Jean Germain, sénateur d’Indre-et-Loire
Le Sénateur Germain, qui avait été durant 19 ans maire de Tour, vient de se donner la mort pour ne pas avoir à comparaitre dans un procès où il est accusé, à tort selon lui, de complicité d’escroquerie dans une affaire où était impliquée une proche collaboratrice. Il pouvait bénéficier d’un  non-lieu, mais il estimait qu’il était déjà déshonoré par la suspicion dont il avait été l’objet dans les médias.

Aujourd’hui, les medias se déchainent à présent contre … les medias qui ont décrit les faits supposés à charge de telle sorte que le malheureux sénateur était (selon ses propres termes dans sa lettre d’adieu à la vie) « condamné avant d’avoir été jugé »  comme on dit « Calomniez, il en restera toujours quelque chose. » Le procès auquel Jean Germain, notre malheureux sénateur, n’a pas voulu comparaitre aurait donc été comme celui de Kafka un simulacre ne servant  qu’à confirmer une culpabilité décrétée bien avant.

Seulement, voilà : le message de Kafka est bien plus terrifiant. Chez lui, pas de rumeur, pas de medias, pas d’opinion publique. Rien que le silence feutré des bureaux, et la présence obsédante de dossiers poussiéreux. Le simple fait d’être convoqué à comparaitre devant des magistrats-instructeurs, d’avoir à préparer sa défense (même s’il n’a rien à se reprocher), de se justifier sans savoir de quoi il est exactement accusé, voilà les charges qui le condamnent. Joseph K. ne sait pas ce qui lui est reproché, mais il sait que le simple fonctionnement de l’institution judiciaire suffit à le perdre, que c’est elle qui établit la culpabilité.

Des prétoires de Kafka ou de la vox populi des medias d’aujourd’hui, que faut-il redouter le plus ?
Le livre de Kafka a été publié pour la première fois en 1925, époque où l’on ne connaissait pas encore les procès staliniens ; époque où BFM-TV n’existait pas encore ; ni les Réseaux-sociaux, Facebook, Tweeter, …
Bref : cette liste pour dire que si Kafka n’a pas connu le pire de l’injustice à son époque, rien ne dit que ce que nous soyons plus lucides.

Le dernier cercle de l’Enfer n’est peut-être pas pour aujourd’hui, mais seulement pour demain… ou après-demain !

Sunday, November 23, 2014

Citation du 24 novembre 2014

Insensiblement, je tomberais dans le défaut reproché trop justement à nos Français, de toujours faire de petites chansons sur les grandes affaires, et de grandes dissertations sur les petites.
Beaumarchais – Lettre modérée sur la chute et la critique du Barbier de Séville (Préface de la pièce donnée au Français en 1775)
Près de deux siècles et demi plus tard, que vaut ce jugement porté par Beaumarchais sur les français ?
Si l’on prend en compte l’inversion des valeurs dénoncée par l’auteur du Barbier de Séville, alors oui : il a toujours raison et peut-être plus encore aujourd’hui qu’en 1775. L’oubli des « grandes affaires », telles que la perte de compétitivité de l’économie française, l’appauvrissement des plus pauvres, l’enrichissement des plus riches, etc. : oui, tout cela après avoir été dénoncé a été très vite passé par pertes et profits – du moins sur la scène médiatique. Cette scène, on ne peut l’encombrer trop longtemps – en outre, l’importance de l’affaire n’a rien à voir avec l’intérêt qu’elle suscite : il n’est que de voir l’intérêt porté à la vie privée de nos dirigeants.
D’ailleurs je suis sûr que les mêmes évènements auraient eu le même traitement au 19ème siècle et aujourd’hui. Par exemple, qu’une cocotte ait suriné son amant, voilà qui aurait intéressé le public au moins autant (voire même d’avantage) qu’un ministre qui aurait fraudé le fisc.


Restent quand même quelques nuances : Beaumarchais oppose les petites chansons aux grandes dissertations. Au 18ème siècle, on n’est pas seulement dans la quantité ; on est aussi dans la qualité. Pas seulement dans la durée du « buzz », mais aussi dans l’intensité du discours (ce qui d’ailleurs renforce le côté risible de ces « dissertations » sur la longueur des vêtements ou la hauteur des perruques). Par contre, au 21ème siècle, plus de dissertations ; on a plutôt des « chansons » qu’on présente comme des « dissertations ». Du superficiel présenté comme du profond. Des spécialistes qui parlent comme s’il étaient branchés sur Dieu-le-Père en personne alors qu’ils ont dit autre chose la veille et qu’ils se contrediront le lendemain.

Wednesday, November 05, 2014

Citation du 6 novembre 2014


Vous appelez ça des nouvelles ?! C’est pas de l’information !
C’est des effets sonores ! C’est du divertissement ! C’est du sensationnalisme !
Heureusement, c’est la seule chose que j’ai la patience de regarder.
Bill Watterson – Calvin et Hobbes


La philosophie selon Calvin. 3
L’art du comic trip c’est d’obliger le lecteur à lire jusqu’à la 3ème et dernière vignette car sans elle le message est complètement différent – et il faut le dire : d’une affligeante banalité.

Oui, en effet, le contenu des deux premières images de cette bande est très ordinaire : on sait que l’information est proportionnelle à l’improbabilité d’apparition du message (1). Si je dis : « un évêque a mordu son chien », l’information est plus étonnante et donc plus grande que si je dis « un chien a mordu l’évêque. » D’ailleurs, on le sait bien – rappelez-vous : quand on a su que le Directeur du FMI était arrêté pour agression sexuelle sur une femme de ménage, c’était « si-dé-rant », plus encore que le coup de l’évêque.
Oui, mais, l’ennui c’est que chaque  jour on a beaucoup plus de faits insignifiants que d’évènements qui sortent de l’ordinaire.  Pour les médias, informer, c’est donc ça : rendre l’ordinaire extra-ordinaire, faire briller le banal, stupéfier le chaland. Et donc, si l’on en est réduit à la rubrique des chiens écrasés, faisons en sorte de dégotter un accident avec chien de Lady Gaga.
o-o-o
Bon : pas de quoi se tordre de rire – L’essentiel est dans la troisième image : si on nous sert des fausses informations, des sensations bidonnées, ce n’est pas seulement parce que l’évènement improbable ne surgit pas comme ça, d’un claquement de doigts. C’est principalement parce que nous aimons ça.
Oui, voilà le message : mettez-le dans votre poche et votre mouchoir par dessus. Si les médias vous baladent, s’ils vous donnent du divertissement en vous faisant croire que c’est de l’info, c’est parce que vous avez passé commande. L’audimat le prouve : sans ce clinquant, ce divertissement, ce sensationnalismepfiouhhh ! plus de téléspectateurs et donc plus de recettes publicitaires.
Ne vous plaignez pas : non seulement vous êtes responsable, mais en plus on vous a prévenu.
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(1) C’est la théorie de Shannon que l’on connait depuis plus de 60 ans.

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N.B. Je découvre que d'autres que moi veulent honorer Bill Wtterson. C'est ainsi que le festival d’Angoulême lui a demandé de réaliser l'affiche de sa session 2015 (Voir ici)

Sunday, October 21, 2012

Citation du 21 octobre 2012


Il y a deux choses qui ne supportent pas la publicité, c'est la police et l'amour.
Edouard Herriot – Notes et maximes

Ce n’est pas tant le rapprochement de l’amour et de la police, mais plutôt l’usage pour nous incongru  du mot publicité (1) qui retient notre attention. A tort : car aujourd’hui plus que jamais on le vérifie : rendre public la vie privée divulguée dans la presse spécialisée, ainsi que le non-respect du secret de l’instruction, divulgué partout dans la presse – c’est cela qui fait problème. On pense à l’exemple fameux de l’affaire DSK, qui cumule le non-respect du secret de la vie privée et celui de l’instruction judiciaire.
La « publicité » prise au sens indiqué (= action de rendre public) est de nos jours un fait qui a pris une dimension inimaginable : la multiplication des canaux de diffusion des informations entraine la démultiplication de celles-ci. Plus il y a de canaux, plus il faut de nouvelles fraîches pour les alimenter. Comme on ne peut malheureusement pas faire tourner en boucle indéfiniment les mêmes, on est bien obligé de les renouveler, donc de trouver de nouvelles informations à diffuser. Comment donc trouver de nouvelles informations ? En cherchant à élargir le champ de l’investigation – enquêter sur la vie privée des gens est tout indiqué. Les investigations policières secrètes sont une autre voie.
Seulement, ça a un coût. Ne parlons pas de DSK, après tout on a du mal à l’imaginer dans le camp des victimes. Mais parlons de ces pauvres femmes qui ont été violées et qui doivent affronter l’interrogatoire policier. C’est indispensable dira-t-on : oui. Seulement, voilà que la presse s’empare de l’affaire pour x ou y raisons : il leur faut affronter la forêt de micros et de caméras pour répondre : Où avez-vous été violée ? Dans quelle position ? Et qu’est-ce qu’il vous a fait ? Et combien de temps, et combien de fois…
Combien de fois, ma fille avez-vous péché ? Du temps des Inquisiteurs, malgré la rigueur de leur sanction, cela ne franchissait jamais la frontière du confessionnal.
De nos jours, les derniers confessionnaux qui existent se trouvent dans des émissions de TV-réalité, diffusés sur le réseau hertzien.
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(1) PUBLICITÉ, subst. fém. – Action de rendre public; résultat de cette action. (TLF)

Sunday, November 25, 2007

Citation du 26 novembre 2007

Devant le peuple également, Périclès voulait éviter d'être constamment présent et de saturer les gens de sa vue. Il ne se montrait à ses concitoyens que de manière intermittente, pourrait-on dire; il ne s'adressait pas à eux à tout propos et ne se présentait pas sans cesse devant eux

Plutarque Vie de Périclès (VII)

C’est tentant de se dire : « Décidément, ce Périclès, il n'aurait pas été sarko-compatible… ». C’est amusant et tentant, mais est-ce sérieux ? Nos grands esprits, ceux-là même qui conseillent le Prince, auraient-ils intérêt à lire et à méditer Plutarque ?

Quoiqu’il en soit, nous pensons comme Plutarque que durant le siècle de Périclès, la démocratie sortant juste de son berceau, nous révèle, dans leur simplicité inaugurale, quelques uns des ses secrets.

Dans son œuvre (à lire ici) Plutarque souligne que Périclès non seulement a évité de s’exposer devant le peuple, préférant laisser ses amis monter à la tribune, mais encore qu’il s’est interdit de paraître dans des dîners mondains, sacrifiant les relations amicales au seul travail du gouvernement. Conception austère de la vie politique, par opposition à la goulue surexposition médiatique de Notre Président ? Pas seulement.

Plutarque a autre chose en vue. Ce que les Athéniens redoutent par dessus tout, c’est la tyrannie du démagogue. Le tyran, en cette époque, c’est celui qui gouverne avec pour seule légitimité l’assentiment populaire. Non pas celui que procure le vote de l’Agora, réglé par la loi, là où ne siègent que ceux qui ont le droit de cité - les citoyens donc ; mais les acclamations de la populace, celle que les lois ont écarté de l’Agora, celle qui sera sensible aux décisions qui sont bonnes pour elle, sans se soucier de savoir si elles sont aussi bonnes pour la Cité.

Donc, même si la tentation est grande de lire dans cette citation une condamnation de la prétention d’un homme à se faire acclamer par le peuple, rabattant ainsi son attitude sur un narcissisme effréné, nous devons être vigilants : ce que dénonce Plutarque va bien au-delà de la simple jouissance affective.

Il y a quelque chose de dangereux à faire de l’opinion publique le guide de l’action politique.

Même si on a oublié le terme de tyran, nous n’avons pas oublié celui de clientélisme.

Monday, November 19, 2007

Citation du 20 novembre 2007

D'où une nouvelle sélection, cette fois devant l'ap­pareil [micro et caméra], de laquelle le champion, la vedette et le dic­tateur sortent vainqueurs.

Walter Benjamin - L’œuvre d’art à l’ère de sa reproductibilité technique (1ère version, 1935) Ch XII (1)

1935… Walter Benjamin pressent-il qu’un jour, un acteur de western deviendra président des Etats-Unis ? Peut-être : en tout cas, il sait déjà que les médias sont une cause de la crise politique des démocraties – et si à cette date (1935) le développement des médias est encore balbutiant, la crise de la démocratie, on sait ce que c’est.

Ce texte (1) est à la fois évident et obscur.

Trop évident parce qu’on sait bien au jeu de la sélection via les médias, les hommes – et les femmes – politiques les mieux placés ne sont pas forcément les plus compétents, ni les plus honnêtes : « devant l'ap­pareil, le champion, la vedette et le dic­tateur sortent vainqueurs. »

Obscur, parce qu’on ne voit pas clairement pourquoi le politicien en serait réduit à exposer ses performances comme un sportif quelconque (2).

Mais pour en rester au plus utile, je remarquerai ceci : nous pensons facilement aujourd’hui que les politiciens utilisent les médias, qu’ils les maîtrisent – n’ont-ils pas des coachs, des conseillers en com, qui sont plus importants encore que les conseillers politiques ? En bref, le discours politique serait formaté pour les médias, et non par les médias. Et c’est justement ça que rejette Benjamin.

Ici, Benjamin ne signale pas le rôle de l’image pour la propagation des émotions et la fascination des foules. Mais il n’en reste pas moins que ce message est précieux en ce qu’il relève quelque chose qui nous échappe aujourd’hui, mais qui n’a sans doute pas cessé d’exister : avant d’être manipulateur, le politicien est manipulé – ou si l’on veut, il est conditionné par les moyens techniques de reproduction.

Alors bien sûr, ça l’arrange : il ne s’expose plus devant le Parlement – si ce n’est sous l’œil des caméras – les députés sont remplacés par les spectateurs, le peuple est remplacé par le public. Mais pour Benjamin, c’est au prix de la démocratie : l’action politique n’est plus qu’un acte technique, parce que l’accord des volontés est devenu impossible du fait que le chef politique est face à la caméra et non face aux citoyens.

D’ailleurs ceux-ci ont bien compris la situation : ils s’exposent dans la rue, pour les caméras du 20 heures.


(1) Voir le texte complet en annexe. Ce texte sera repris presque sans modifications dans le dernière version de ce chapitre, datée de 1939 ( chapitre 10, note 1)

(2) Bien qu’il soit difficile d’exposer brièvement cette thèse de Benjamin, disons que ce qui disparaît avec la médiation de la caméra ou du microphone, c’est la personne réelle, avec sa présence, avec son mystère - bref, c’est son aura. Sur l’aura voir ceci (en ajoutant que la personne humaine aussi a une aura).

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Voici le texte de L’œuvre d’art… chapitre 12
« Ce changement du mode d'exposition provoqué par la technique de reproduction s'observe aussi dans le domaine politique. La crise des démocraties peut se comprendre comme une crise des conditions d'exposition de l'homme politique. Les démocraties l'exposent directement, en personne, devant des représentants. Le Parlement est son public. Avec le progrès des appareils d'enregistrement, qui permet de faire entendre le discours de l'orateur à un nombre indéfini d'auditeurs, au moment même où il parle, et, un peu plus tard, de diffuser son image devant un nombre indéfini de spectateurs, l'exposi­tion de l'homme politique devant cet appareil d'en­registrement passe au premier plan. Les parlements se vident en même temps que les théâtres. Radio et cinéma ne modifient pas seulement la fonction de l'acteur professionnel, mais de la même façon le rôle de celui qui, comme le fait l'homme politique, se présente devant eux en personne. Compte tenu de la différence de leurs tâches spécifiques, l'acteur de cinéma et l'homme politique subissent à cet égard des transformations parallèles. Il s'agit de pouvoir exposer, dans des conditions sociales déter­minées, certaines performances contrôlables, voire transparentes, telles que le sport avait été le premier à les exiger dans certaines conditions naturelles. D'où une nouvelle sélection, cette fois devant l'ap­pareil, de laquelle le champion, la vedette et le dic­tateur sortent vainqueurs. »

Tuesday, July 31, 2007

Citation du 1er août 2007

Sur les chaînes nationales, on constate que le fait divers l'emporte parce que l'émotion prime sur l'analyse: à peu près tout ce qui paraît complexe est banni de l'information télévisée.

Christine Ockrent - Les dossiers de l'Audiovisuel

Il est de bon ton de critiquer les « média », responsables d’à peu près tout ce qui déraille ici ou là : c’est ainsi que les cas de dopage des cyclistes sont attribués à l’impact médiatique du Tour, comme on a jugé que les erreurs judiciaires d’Outreau n’étaient que la conséquence de la pression malsaine des journalistes pour découvrir et étaler du hideux et du répugnant (voir Post du 15 février 2006).

Christine Ockrent avec son sang froid habituel fait retomber la pression : ne croyez pas que cette tendance résulte systématiquement d’une passion des journalistes pour la fange ; ne croyez pas non plus que ce soit une réponse à une telle passion dans leur public (du moins s’agissant de l’info Télé nationale). Non. La recherche de l’émotionnel est tout simplement la recherche de ce qui est le plus facile à faire passer.

Tout ce qui est analyse ou réflexion est valorisé et fui dans le même mouvement : c’est intéressant, mais qu’est-ce que c’est chiant ! Arte : chiant. France-Cul. : chiant. Emission d’analyse et de débat : après 23 heures pour endormir les insomniaques.

Paresse ? Solution de facilité ? Désir d’avoir quelque chose à dire même quand on n’a pas grand chose à dire ?

On peut le dire… Mais peut-être faudrait il mettre en cause une certaine forme de narcissisme. Le raisonnement est impersonnel : il n’est mon raisonnement que dans la mesure où je viens de le produire ; maintenant, que quiconque le reprenne et le redise, et il ne sera plus le mien - ni le sien d’ailleurs. Pas plus que le Théorème n’est à Pythagore, ce que je viens de démontrer n’est à moi. En revanche, mon émotion, mon indignation devant ces salopards de cyclistes ou de pédophiles, là, oui : ce n’est pas seulement à moi. C’est moi.