Tuesday, April 07, 2015
Citation du 8 avril 2015
Sunday, November 23, 2014
Citation du 24 novembre 2014
Wednesday, November 05, 2014
Citation du 6 novembre 2014
Vous appelez ça des nouvelles ?! C’est pas de l’information !
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N.B. Je découvre que d'autres que moi veulent honorer Bill Wtterson. C'est ainsi que le festival d’Angoulême lui a demandé de réaliser l'affiche de sa session 2015 (Voir ici)
Sunday, October 21, 2012
Citation du 21 octobre 2012
Sunday, November 25, 2007
Citation du 26 novembre 2007
Devant le peuple également, Périclès voulait éviter d'être constamment présent et de saturer les gens de sa vue. Il ne se montrait à ses concitoyens que de manière intermittente, pourrait-on dire; il ne s'adressait pas à eux à tout propos et ne se présentait pas sans cesse devant eux
Plutarque Vie de Périclès (VII)
C’est tentant de se dire : « Décidément, ce Périclès, il n'aurait pas été sarko-compatible… ». C’est amusant et tentant, mais est-ce sérieux ? Nos grands esprits, ceux-là même qui conseillent le Prince, auraient-ils intérêt à lire et à méditer Plutarque ?
Quoiqu’il en soit, nous pensons comme Plutarque que durant le siècle de Périclès, la démocratie sortant juste de son berceau, nous révèle, dans leur simplicité inaugurale, quelques uns des ses secrets.
Dans son œuvre (à lire ici) Plutarque souligne que Périclès non seulement a évité de s’exposer devant le peuple, préférant laisser ses amis monter à la tribune, mais encore qu’il s’est interdit de paraître dans des dîners mondains, sacrifiant les relations amicales au seul travail du gouvernement. Conception austère de la vie politique, par opposition à la goulue surexposition médiatique de Notre Président ? Pas seulement.
Plutarque a autre chose en vue. Ce que les Athéniens redoutent par dessus tout, c’est la tyrannie du démagogue. Le tyran, en cette époque, c’est celui qui gouverne avec pour seule légitimité l’assentiment populaire. Non pas celui que procure le vote de l’Agora, réglé par la loi, là où ne siègent que ceux qui ont le droit de cité - les citoyens donc ; mais les acclamations de la populace, celle que les lois ont écarté de l’Agora, celle qui sera sensible aux décisions qui sont bonnes pour elle, sans se soucier de savoir si elles sont aussi bonnes pour la Cité.
Donc, même si la tentation est grande de lire dans cette citation une condamnation de la prétention d’un homme à se faire acclamer par le peuple, rabattant ainsi son attitude sur un narcissisme effréné, nous devons être vigilants : ce que dénonce Plutarque va bien au-delà de la simple jouissance affective.
Il y a quelque chose de dangereux à faire de l’opinion publique le guide de l’action politique.
Même si on a oublié le terme de tyran, nous n’avons pas oublié celui de clientélisme.
Monday, November 19, 2007
Citation du 20 novembre 2007
D'où une nouvelle sélection, cette fois devant l'appareil [micro et caméra], de laquelle le champion, la vedette et le dictateur sortent vainqueurs.
Walter Benjamin - L’œuvre d’art à l’ère de sa reproductibilité technique (1ère version, 1935) Ch XII (1)
1935… Walter Benjamin pressent-il qu’un jour, un acteur de western deviendra président des Etats-Unis ? Peut-être : en tout cas, il sait déjà que les médias sont une cause de la crise politique des démocraties – et si à cette date (1935) le développement des médias est encore balbutiant, la crise de la démocratie, on sait ce que c’est.
Ce texte (1) est à la fois évident et obscur.
Trop évident parce qu’on sait bien au jeu de la sélection via les médias, les hommes – et les femmes – politiques les mieux placés ne sont pas forcément les plus compétents, ni les plus honnêtes : « devant l'appareil, le champion, la vedette et le dictateur sortent vainqueurs. »
Obscur, parce qu’on ne voit pas clairement pourquoi le politicien en serait réduit à exposer ses performances comme un sportif quelconque (2).
Mais pour en rester au plus utile, je remarquerai ceci : nous pensons facilement aujourd’hui que les politiciens utilisent les médias, qu’ils les maîtrisent – n’ont-ils pas des coachs, des conseillers en com, qui sont plus importants encore que les conseillers politiques ? En bref, le discours politique serait formaté pour les médias, et non par les médias. Et c’est justement ça que rejette Benjamin.
Ici, Benjamin ne signale pas le rôle de l’image pour la propagation des émotions et la fascination des foules. Mais il n’en reste pas moins que ce message est précieux en ce qu’il relève quelque chose qui nous échappe aujourd’hui, mais qui n’a sans doute pas cessé d’exister : avant d’être manipulateur, le politicien est manipulé – ou si l’on veut, il est conditionné par les moyens techniques de reproduction.
Alors bien sûr, ça l’arrange : il ne s’expose plus devant le Parlement – si ce n’est sous l’œil des caméras – les députés sont remplacés par les spectateurs, le peuple est remplacé par le public. Mais pour Benjamin, c’est au prix de la démocratie : l’action politique n’est plus qu’un acte technique, parce que l’accord des volontés est devenu impossible du fait que le chef politique est face à la caméra et non face aux citoyens.
D’ailleurs ceux-ci ont bien compris la situation : ils s’exposent dans la rue, pour les caméras du 20 heures.
(1) Voir le texte complet en annexe. Ce texte sera repris presque sans modifications dans le dernière version de ce chapitre, datée de 1939 ( chapitre 10, note 1)
(2) Bien qu’il soit difficile d’exposer brièvement cette thèse de Benjamin, disons que ce qui disparaît avec la médiation de la caméra ou du microphone, c’est la personne réelle, avec sa présence, avec son mystère - bref, c’est son aura. Sur l’aura voir ceci (en ajoutant que la personne humaine aussi a une aura).
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Voici le texte de L’œuvre d’art… chapitre 12
« Ce changement du mode d'exposition provoqué par la technique de reproduction s'observe aussi dans le domaine politique. La crise des démocraties peut se comprendre comme une crise des conditions d'exposition de l'homme politique. Les démocraties l'exposent directement, en personne, devant des représentants. Le Parlement est son public. Avec le progrès des appareils d'enregistrement, qui permet de faire entendre le discours de l'orateur à un nombre indéfini d'auditeurs, au moment même où il parle, et, un peu plus tard, de diffuser son image devant un nombre indéfini de spectateurs, l'exposition de l'homme politique devant cet appareil d'enregistrement passe au premier plan. Les parlements se vident en même temps que les théâtres. Radio et cinéma ne modifient pas seulement la fonction de l'acteur professionnel, mais de la même façon le rôle de celui qui, comme le fait l'homme politique, se présente devant eux en personne. Compte tenu de la différence de leurs tâches spécifiques, l'acteur de cinéma et l'homme politique subissent à cet égard des transformations parallèles. Il s'agit de pouvoir exposer, dans des conditions sociales déterminées, certaines performances contrôlables, voire transparentes, telles que le sport avait été le premier à les exiger dans certaines conditions naturelles. D'où une nouvelle sélection, cette fois devant l'appareil, de laquelle le champion, la vedette et le dictateur sortent vainqueurs. »
Tuesday, July 31, 2007
Citation du 1er août 2007
Sur les chaînes nationales, on constate que le fait divers l'emporte parce que l'émotion prime sur l'analyse: à peu près tout ce qui paraît complexe est banni de l'information télévisée.
Christine Ockrent - Les dossiers de l'Audiovisuel
Il est de bon ton de critiquer les « média », responsables d’à peu près tout ce qui déraille ici ou là : c’est ainsi que les cas de dopage des cyclistes sont attribués à l’impact médiatique du Tour, comme on a jugé que les erreurs judiciaires d’Outreau n’étaient que la conséquence de la pression malsaine des journalistes pour découvrir et étaler du hideux et du répugnant (voir Post du 15 février 2006).
Christine Ockrent avec son sang froid habituel fait retomber la pression : ne croyez pas que cette tendance résulte systématiquement d’une passion des journalistes pour la fange ; ne croyez pas non plus que ce soit une réponse à une telle passion dans leur public (du moins s’agissant de l’info Télé nationale). Non. La recherche de l’émotionnel est tout simplement la recherche de ce qui est le plus facile à faire passer.
Tout ce qui est analyse ou réflexion est valorisé et fui dans le même mouvement : c’est intéressant, mais qu’est-ce que c’est chiant ! Arte : chiant. France-Cul. : chiant. Emission d’analyse et de débat : après 23 heures pour endormir les insomniaques.
Paresse ? Solution de facilité ? Désir d’avoir quelque chose à dire même quand on n’a pas grand chose à dire ?
On peut le dire… Mais peut-être faudrait il mettre en cause une certaine forme de narcissisme. Le raisonnement est impersonnel : il n’est mon raisonnement que dans la mesure où je viens de le produire ; maintenant, que quiconque le reprenne et le redise, et il ne sera plus le mien - ni le sien d’ailleurs. Pas plus que le Théorème n’est à Pythagore, ce que je viens de démontrer n’est à moi. En revanche, mon émotion, mon indignation devant ces salopards de cyclistes ou de pédophiles, là, oui : ce n’est pas seulement à moi. C’est moi.
