Monday, October 16, 2017

Citation du 17 octobre 2017

On persuade aux civilisés qu'ils volent à la perfectibilité, quand ils sont accablés de calamités nouvelles et récentes (...) Entre autres le fléau des dettes publiques, toujours croissant, et qui, à la première guerre entre les Occidentaux, amènerait une banqueroute universelle suivie de révolutions.
Charles Fourier – Le nouveau monde industriel et sociétaire (1829)

Fourrier, prophète du monde moderne
Il arrive parfois que les utopistes soient des visionnaires : ainsi de Fourrier qui en 1829 dénonce la dette publique comme source inévitable de banqueroute des Etat et de révolutions. En prime on trouve dénoncée la menace de guerre entre Etats Occidentaux, comme déstabilisant l’ordre mondial et amenant des troubles civils graves.
On cherchera donc quels sont les faits qui distinguent la vision de Fourier de la réalité présente.
- On dira par exemple que lorsqu’un utopiste promet des calamités on appelle ça « dystopie » et on passe à autre chose. Mais que nenni ! Si ce texte bientôt deux fois centenaire nous intéresse, c’est bien parce qu’il n’est pas une utopie-dystopie. Certes la guerre, ayant changé de forme, est devenue permanente et c’est au jour le jour qu’elle distille son poison dans un monde devenu très fragile aux désordres du commerce et des investissements – mais ça reste la guerre.
- On remarquera aussi que Fourrier semble nous dire : si la guerre est inévitable, la dette publique en revanche peut parfaitement être évitée. Elle n’a pas toujours existé, elle pourrait re-disparaitre comme elle est venue. Arrêtons de nous endetter et nous pourrons continuer à nous enrichir !
- Mais quoi ? Plus de dette en temps de paix ? Et faire quand même des profits ? Là est l’utopie, là est la fantaisie ! Nous ne sommes plus du tout d’accord avec Fourier, car voilà une idée bien étrange aujourd’hui ; car nous avons intégré le fait que la dette est aussi l’indice d’une économie saine qui, pour se développer, a besoin de capitaux qu’elle n’a pas encore produits.
- D’ailleurs, Fourrier ne le sait peut-être pas : il y a de par le monde des masses de capitaux extraordinaires détenues par des capitalistes qui ont besoin d’emprunteurs sans quoi ils ne pourront plus faire circuler leur argent et amasser des profits prélevés sur le travail de leurs débiteurs.

(N-B – On entend ces jours-ci l’avertissement du FMI (Cf. ici) : « Il y a trop d’entreprises surendettées du fait de l’existence d’une masse d’argent qui cherche à s’investir quelque part. Ça risque de faire des bulles! »)

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